Sismicité dans la région du Bárðarbunga (Islande) // Seismicity in the Bárðarbunga area (Iceland)

Chaque fois que l’on observe une augmentation de la sismicité quelque part sur le glacier Vatnajökull, il y a des voix qui s’élèvent pour dire qu’une éruption pourrait être imminente. Bien sûr, cela peut arriver, mais la plupart du temps, une telle sismicité n’a pas de conséquences spectaculaires.
Une centaine de séismes affecte la région du Bárðarbunga depuis samedi soir, avec une certaine concentration autour de la montagne de Skjaldbreið.
Le premier événement avait une magnitude de M 3.5. Il a été suivi de deux autres séismes de M 3.2 et M 3.7. Eux-mêmes faisaient suite à un événement de M 4.1 enregistré samedi matin.
Les scientifiques de l’Office météorologique islandais (OMI) estiment que cette sismicité n’annonce pas une éruption dans le court terme. Il n’y a pas eu de sismicité aussi significative dans la région de Skjaldbreið depuis 1992. Cependant, on a enregistré des secousses fréquemment dans la région ces derniers temps. La situation est sous contrôle..
Sources : Iceland Review & OMI.

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Each time there is an increase in seismicity somewhere on the Vatnajökull Glacier, there are voices that say an eruption could be imminent. Of course, this might happen but most of the time such seismicity has no dramatic consequences.

Another series of a hundred or so earthquakes has hit the area around Bárðarbunga volcano since Saturday evening, with the focal point revolving around Skjaldbreið mountain.

The first event measured M 3.5. It was followed by two other large earthquakes measuring M 3.2 and  M 3.7. They followed a larger M 4.1 earthquake on Saturday morning.

Experts from the Icelandic Meteorological Office (IMO) believe that these are not signs of an imminent eruption. There have not been earthquakes as large as these in the area around around Skjaldbreið since 1992. However, there have been regular earthquakes in the area recently. The situation is being monitored.

Sources: Iceland Review & IMO.

Sismicité actuelle sur le Vatnajökull (Source: IMO)

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12 réflexions au sujet de « Sismicité dans la région du Bárðarbunga (Islande) // Seismicity in the Bárðarbunga area (Iceland) »

  1. Bonsoir,

    Peut-on réellement trouver un lien entre le système du Bárðarbunga sous le Vatna et le volcan bouclier du Skjaldbreiður pas bien loin de Reykjavik, juste au sud-ouest du Langjökull?
    J’ai tendance à penser que chacun appartient à une branche différente du « Y » qui fracture l’Islande.

    Intéressant et assez rare voir une séquence sismique dans ce secteur du Langjökull, je suis intrigué que les séismes aient tous précisément lieu au niveau du cratère sommital du Skjaldbreiður. Mais que peut-on en penser?

    La grande question à propos des séismes récurrents sous le Vatna, c’est est-ce que on a un phénomène de vases communicants entre par exemple le Bárðarbunga et l’Oraefajokull, qui j’ai l’impression n’arrivent jamais à avoir de grands séismes (>3) dans les mêmes 24heures. Si l’un entrait en éruption, l’autre « se dégonflerait-il »? Je penserai à l’observer…

    Merci pour l’activité et la qualité de ce blog, j’en suis un lecteur toujours plus assidu.

    Benoit Rioland

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    1. Bonjour Benoît,
      Comme je l’écris souvent, sismologie et volcanologie n’en sont qu’à leurs balbutiements et nous ne savons pas faire grand-chose. Comprendre la sismicité en Islande n’est pas chose facile. On se trouve sur une émergence de la dorsale médio-atlantique avec la sismicité que cette situation suppose. Au départ, il est difficile de savoir si la sismicité enregistrée en un point est due 1) à la tectonique entre la plaque eurasienne et la plaque nord-américaine, ou 2) à la mise en route d’une activité volcanique, ou 3) à une activité géothermale. S’agissant de l’activité enregistrée en ce moment au niveau du Bardarbunga, je penche pour une activité géothermale car il n’y a pas de paramètres annonçant une éruption à court terme. Pour ce qui est de l’Oraefajökull, il semblerait qu’il y ait une intrusion magmatique. A confirmer. Quand à la relation entre deux systèmes volcaniques distants de plusieurs dizaines de km l’un de l’autre, je n’y crois pas trop. De plus, ils se situent de part et d’autre du rift. Il est donc peu probable qu’ils aient une alimentation commune. Mais je peux avoir tout faux! Ce ne sont que des suppositions.
      Merci pour votre confiance.
      Très cordialement,
      Claude Grandpey

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      1. Merci beaucoup, je suis ravi que vous me répondiez, je prends bien note de vos explications.

        C’est vrai que ce n’est pas parce que des volcans sont sous un même glacier qu’ils vont par conséquent avoir des similitudes dans leur fonctionnement.

        Il me manque des connaissances mais l’observation régulière sur l’IMO permet de repérer certains mécanismes. Là c’est vraiment atypique ce qui se passe ces dernières heures sur le Skjaldbreiður dans le sens où tous les séismes sont très proches sur la carte les uns des autres (il faudrait tout de même connaître la profondeur!).

        Je reviens sur les 3 causes des séismes que vous évoquez:

        +le 1 ne finit-il pas toujours par entraîner le 2: l’écartement des plaques ne crée-t-il pas un espace par lequel la lave s’infiltre?

        +le 3 n’est-il pas une conséquence du 2: des poches de lave chauffent de l’eau qui à la surface apparaît sous formes de fumerolles, marmites de boue…
        Donc si une activité géothermique s’intensifie ou prend forme, de la nouvelle lave n’est-elle pas arrivée en profondeur?

        Par conséquent, à partir du moment où en Islande les séismes sont fréquents dans une zone, n’y a-t-il pas toujours une histoire de lave derrière?

        Peut-être reste-t-il cependant les séismes de « réajustement » post-éruption, comme vous le suggérez je crois pour le Bardarbunga.

        Une dernière remarque: étant très fluide, la lave islandaise n’a-t-elle pas la propriété d’être relativement mobile dans le sous-sol?
        Je me souviens que lors de la dernière éruption du Grimsvötn les séismes au déclenchement de l’éruption formaient des ramifications, comme des dendrites, et des séismes importants avaient eu lieu à des endroits éloignés de l’éruption, notamment sous le Myrdalsjökull si je ne m’abuse. Sur le moment, sur la carte d’IMO, on aurait cru à un réveil massif de 3/4 volcans répartis dans le tiers sud de l’île.

        Très cordialement, merci par avance,
        Benoît Rioland

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      2. Re-bonjour,
        En fait, les questions que vous posez contiennent les réponses!
        1) L’écartement des plaques provoque périodiquement des remontées de magma, un peu comme quand on se coupe avec un couteau. La dernière éruption du Krafla est est une parfaite illustration.
        3) C’est bien sûr le magma des profondeurs qui provoque le réchauffement des nappes d’eau souterraines (ne pas oublier que le sous-sol de l’Islande abonde en eau de fonte) et ensuite le jeu de fumerolles etc auxquelles se mélangent des gaz volcaniques.
        La lave islandaise peut-être très fluide (voir la dernière éruption), mais pas toujours. Des régions comme le Lannmanalaugar présentent des laves acides comme les rhyolites ou l’obsidienne.
        Je vous conseille de continuer vos observations. Les conclusions que vous en tirez sont fort pertinentes.
        Cordialement,
        Claude Grandpey

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  2. Bonjour Claude,
    Effectivement, cette partie de l’Island sous l’action directe du point chaut dont le Bardarbunga est à l’aplomb, est définitivement un vrai casse tête de volcanologue, comme vous l’avez déjà fort bien exprimé. Telle une souris que l’on croyait venir par la droite, elle réapparait à gauche et finalement vous file entre les jambes. Je me souviens qu’il n’y a pas bien longtemps, la sismicité croissance du coté du Bardarbunga, avait fait chercher partout sous le Vatnajokull une possible piste et puis c’est le Grimsvötn qui entrait en éruption. Il est vraiment à douter qu’un jour nous puissions cerner véritablement les différents points de sortie de cette fin de panache volcanique qui se situe bizarrement à l’écart du graben, alors que l’on aurait pu croire qu’il en aurait été un peu l’instigateur ou du moins le « complice ». On dirait presque, que réputé géostationnaire, ce point chaud dérive vers le Sud-est un peu emmené par le mouvement de la plaque qu’il traverse, puisque nous voila rendu bien au Sud chez l’Oraefajökull. Ou bien, tel que décrit par Alain Gallien (Académie de Dijon) le panache est déstabilisé par les mouvements de convection générateurs du rift, et suit un chemin en zigzag en alimentant au passage telle chambre ou telle autre, au point même, comme semble l’imaginer Benoit Rioland, de traverser le rift. Il semblerait cependant que dans un tel méchant mélange, la volcanologie atteigne ses limites et faute de description et d’analyse du comportement des panaches mantellique arrivés proches de la surface, elle ne puisse plus vraiment progresser sans cette aide. Ne croyez-vous pas ?
    Bonne journée
    Amitiés
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      C’est vrai que le volcanisme islandais est un sacré casse-tête. Le fait que l’on se trouve dans une zone d’accrétion y est pour beaucoup et vient brouiller les cartes. On attend une éruption d’un côté et elle arrive de l’autre. On pense que la lave va sortir à un endroit et elle suit un dyke pour aller sortir ailleurs (voir la dernière éruption dans l’Holuhraun). En plus, la tectonique est déroutante car il est parfois difficile de faire la distinction entre des événements tectoniques et volcano-tectoniques. A cela s’ajoute l’activité géothermale qui fait fondre la glace et provoque des effondrements sous-glaciaires qui font s’agiter les sismographes! Il va bientôt falloir demander l’aide des elfes!
      Très amicalement.
      Claude Grandpey

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      1. J’apprécie également beaucoup votre « s’elfe » humour.
        La question est cependant de savoir à qui ressembleront nos elfes de secours, créatures anthropomorphes.
        J’ai des noms, mais préfère les garder secrets pour l’instant.
        A bientôt
        Pierre Chabat

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  3. Bonjour,

    Et la pression du glacier en lui-même ne provoque-t-il pas la sortie des laves sur les marges?

    Je m’explique:
    1/si la lave arrive « vite » ou « fort » elle sortira par le Grimsvötn (dans ce cas-là j’aurais tendance à situer le point chaud sous ce volcan)

    Et effectivement le Grimsvötn n’a pas beaucoup prévenu en 2011.

    2/si la lave ne parvient pas à dominer la pression du glacier –> elle sortira par les marges où la pression est moindre, par le Bardarbunga, l’Oraefajokull…

    D’ailleurs la lave de l’Holahraun est sortie par un point de pression faible où la glace ne pesait plus, comme le col du Fimmvorduhals pour l’Eyjafjallajökull.

    En tout cas on observe peu de séismes au beau milieu du Vatnajökull.

    Merci beaucoup à vous deux!
    Benoît Rioland

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    1. Bonjour,
      S’agissant de la pression de la glace, je ne pense pas qu’elle joue un grand rôle au moment d’une éruption. C’est plus la fracturation sous le glacier qui conduit la lave vers un point de sortie ou un autre.
      Par contre, avec le réchauffement climatique et la fonte des glaciers, leur masse s’amoindrit et l’Islande a tendance à se soulever. Certains pensent que l’allègement de la pression glaciaire pourrait favoriser la remontée du magma et provoquer des éruptions plus fréquentes. A voir! Pour le moment, ça ne s’est pas vraiment vérifié.
      Amitiés.
      Claude Grandpey

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  4. Bonsoir Benoit,
    Comme Claude, je pense que la glace recouvrant un volcan au moment de son éruption, à supposé bien sur qu’elle soit cataclysmale, n’a pas beaucoup d’impact sur les forces en présence qui sont énormes à ce moment là. Balancer un panache de téphras à des milliers de mètres d’altitude, dont la densité avoisine les 2.8 pour du basalte ou même 3.5 pour du Rhyolite et à une température de 1000°C, nécessite un pouvoir d’expansion gazeuse qui volatilisera vite fait une petite glace de rien du tout, même épaisse. Pour moi elle ne pourra en rien dévier ou orienter un tel jet de matière. Même lorsqu’il s’agit de petites explosions, la glace peut bien sûr fondre en profondeur, et provoquer une apparition d’explosion phréatique, voir phréato-magmatique en surface avec un peu de temps. Par contre, effectivement, la fonte des glaces produit un allègement sur un édifice volcanique, allègement qui pourrait bien faciliter son « gonflement » de temps à autre, mais le gonflement d’un volcan n’est-il pas une manière qu’il aura trouvée pour contenir (certes provisoirement) son explosion ?
    A voir
    Très bonne soirée
    Pierre Chabat

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  5. Merci et entendu, fausse piste pour la pression du glacier alors.

    Vu l’activité sismique du Vatna présente sur deux pôles, s’il devait y avoir une éruption pour l’un ce serait intéressant d’observer ce que devient l’activité sismique pour l’autre.

    Encore faudrait-il qu’à ce moment-là la configuration ressemble à celle des derniers mois!

    Excellente soirée à vous,
    Benoît Rioland

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