L’Antarctique se casse // Antarctica is breaking

drapeau-francaisDepuis quelque temps, les scientifiques qui étudient l’Antarctique observent attentivement l’évolution d’une longue fracture dans Larsen C, l’une des plus grandes plateformes glaciaires au monde. Larsen C est la plus septentrionale du continent antarctique et la quatrième par la taille. A titre de comparaison, elle est à peine plus petite que l’Ecosse.
La fracture qui tranche Larsen C s’est allongée d’environ 30 kilomètres entre 2011 et 2015. Elle s’est également élargie; en 2015, elle présentait une largeur d’environ 200 mètres qui a encore augmenté depuis cette époque. L’équipe de chercheurs qui observe Larsen C explique qu’avec la fin de la nuit polaire sur l’Antarctique, ils ont pu avoir un aperçu de l’évolution de la fracture, ce qui était impossible par satellite au cours des derniers mois. Ils ont constaté que la fracture s’était allongée de 22 kilomètres depuis la dernière observation de mars 2016 et qu’elle s’était élargie d’environ 350 mètres. La longueur totale de la fracture est actuellement 130 km.
On va donc peut-être assister bientôt au détachement d’un énorme bloc de Larsen C. Ce serait un événement historique qui rappellerait la perte de glace de la plateforme Larsen A en 1995 et la rupture soudaine de Larsen B en 2002. Lorsque ce dernier événement s’est produit, le National Snow and Ice Data Center a fait remarquer que la Terre venait de perdre un élément majeur qui avait «probablement existé depuis la fin de la dernière grande glaciation il y a 12000 ans. »
La surface de glace que pourrait perdre Larsen C serait d’environ 6000 kilomètres carrés, à peu près la taille de l’Etat du Delaware. Il est toutefois impossible de prédire quand cela se produira. Comme l’a dit un chercheur: « Probablement pas demain, mais pas plus que quelques années »
Les chercheurs qui étudient la fracture sur Larsen C ont écrit dans un article en 2015 que, après la perte de cette glace, le reste de la plateforme glaciaire pourrait devenir instable et continuer à perdre davantage de masse. Une fois que le bloc se sera détaché complètement, le front de glace pourrait avoir tendance à s’écrouler et à reculer. Le phénomène pourrait s’accélérer si la température de l’air ambiant augmentait en provoquant la formation d’un grand nombre de lacs d’eau de fonte à la surface de la plateforme.
La crainte est que la plateforme glaciaire Larsen C connaisse une perte de glace semblable à la plus petite plateforme Larsen B. Dans les années 1980, cette dernière a subi un intense épisode de vêlage jusqu’à finalement disparaître complètement. C’est probablement le même sort qui attend Larsen C.
Lorsque les plateformes glaciaires perdent de gros blocs, cela ne fait pas forcément s’élever le niveau de la mer. En revanche, le détachement d’une partie de la plateforme peut accélérer l’écoulement vers la mer de la glace qui ne flotte pas à l’arrière de la plateforme, et cette glace peut contribuer à l’élévation du niveau de la mer. Les chercheurs ont estimé que la perte de toute la glace retenue par Larsen C actuellement ferait monter le niveau des mers de 10 centimètres.
Une étude publiée au début de cette année dans Nature Climate Change a indiqué que Larsen C possède une grande quantité de « glace passive » que la plateforme  pourrait perdre sans conséquences majeures pour les océans. Cependant, l’équipe de chercheurs qui étudie en ce moment Larsen C pense que les conséquences pourraient être beaucoup plus graves Si la fracture continue à évoluer à son rythme actuel, on verra bientôt qui a raison.

Source: The Washington Post.

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drapeau-anglaisFor some time, scientists who study Antarctica have been watching the progression of a large crack in one of the world’s great ice shelves – Larsen C, the most northern major ice shelf of the Antarctic peninsula, and the fourth largest Antarctic ice shelf overall. By comparison, I t is slightly smaller than Scotland.

The crack in Larsen C grew around 30 kilometers in length between 2011 and 2015. As it grew, it also became wider; by 2015, it was some 200 meters wide and growth has continued since that time. Now, a team of researchers monitoring Larsen C say that with the intense winter polar night over Antarctica coming to an end, they’ve been able to catch of glimpse of what happened to the crack during the time when it could not be observed by satellite. They could see that the rift had grown another 22 kilometers since it was last observed in March 2016, and has widened to about 350 meters. The full length of the rift is now 130 km.

What this means is that it may be only a matter of time before we see the loss of an enormous chunk of Larsen C, an historic event that would bring to mind the losses of the Larsen A ice shelf in 1995 and the sudden breakup of Larsen B in 2002. When that last event happened, the National Snow and Ice Data Center remarked that the Earth had lost a major feature that had « likely existed since the end of the last major glaciation 12,000 years ago. »

 The amount of ice that could be lost would be around 6,000 square kilometers, nearly the size of Delaware. However, it is impossible to predict when this will happen. Said one researcher: “Probably not tomorrow, probably not more than a few years”

Researchers studying the widening crack in a 2015 paper predict that after the loss of this ice, the remaining shelf could be unstable and continue to lose more mass. Once the iceberg has calved off completely, there might be a tendency for the ice front to crumble backwards. That could be further enhanced if warmer air temperatures cause the formation of large numbers of meltwater lakes atop the shelf.

The fear is that something could then happen with Larsen C analogous to the loss of the smaller Larsen B ice shelf. In the 1980s, the Larsen B ice shelf underwent a large iceberg calving event much like what is expected in the coming years at Larsen C, setting off a series of similar episodes until eventually the whole shelf disappeared.

When ice shelves lose large chunks, it does not raise sea level because these bodies are already afloat. However, the loss of an ice shelf can speed up the seaward flow of the non-floating glacial ice behind it, and this ice can in turn contribute to sea-level rise. Researchers have estimated that the loss of all the ice that the Larsen C ice shelf currently holds back would raise global sea levels by 10 centimeters.

A study earlier this year in Nature Climate Change revealed that Larsen C actually has a lot of « passive » ice that it can lose without major consequences. The current team of researchers monitoring Larsen C, though, think the consequences could be considerably more severe. If the crack continues on its current pace, we may soon learn who is correct.

Source : The Washington Post.

Larsen

Progression (en jaune) de la fracture sur Larsen C entre mars et août 2016.

(Source : MIDAS : Managing Impacts of Deep-seA reSource )

 

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