Les panaches mantelliques sont-ils une réalité? // Do mantle plumes really exist?

drapeau francais   Afin d’expliquer l’activité de volcans qui, comme le Kilauea (Hawaii) ou le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), ne sont pas situés à la limite de plaques tectoniques, les scientifiques ont adopté depuis plusieurs décennies la théorie des panaches mantelliques qui, tels des chalumeaux, sont censés percer de la croûte terrestre et permettre au magma d’atteindre la surface.

Toutefois, plus de 40 ans après que cette théorie ait été proposée, les scientifiques se demandent si de tels panaches existent réellement. Par exemple, le débat reste ouvert pour savoir si et comment les panaches mantelliques peuvent rester actifs et fixes pendant plus de 100 millions d’années.
Le mystère de l’existence ou non de ces panaches géants en provenance des entrailles de la Terre et susceptibles de donner naissance à des chaînes d’îles volcaniques pourrait bientôt être résolu par un projet franco-allemand dont le but est de cartographier ces montées de magma sous la surface de la Terre. Il vise à produire une image d’un panache qui pourrait avoir joué un rôle dans l’extinction des dinosaures.
Les scientifiques ont installé 60 sismomètres dans l’océan Indien sur une vaste zone du fond océanique de plus de 3 millions de kilomètres carrés autour de l’île de la Réunion, l’un des volcans les plus actifs au monde. Les dispositifs reposent à des profondeurs qui varient entre 2.300 mètres et 5.500 mètres sous la surface de l’océan.
Le panache qui se cache peut-être sous l’île de la Réunion est censé avoir déclenché une série d’éruptions volcaniques entre la Réunion et la région du plateau du Deccan, aujourd’hui l’Inde. Il y a environ 65 millions d’années, le volcanisme gigantesque de la région du Deccan a émis d’énormes quantités de lave, ce qui a modifié radicalement le climat de la Terre et peut-être précipité la disparition des dinosaures.
Le nouveau projet vise à produire une image de la croûte et du manteau sous l’île de la Réunion, à des profondeurs jamais atteintes jusqu’à maintenant. Le réseau de capteurs installé sur le plancher océanique va révéler des structures sous l’île à environ 1000 kilomètres au-dessous de la surface de la Terre, tandis que les sismomètres terrestres fourniront l’image de la zone située jusqu’à la frontière entre le noyau et le manteau. Dans le même temps, deux autres expériences sismologiques déploieront 50 stations sismiques dans le secteur de Madagascar, avec des données qui devraient donner une image de la couche mantellique sous l’île de la Réunion.
En utilisant des méthodes qui tiennent compte de la façon dont les ondes sismiques se propagent autour de conduits magmatiques étroits, les chercheurs espèrent pouvoir détecter l’existence et l’emplacement d’un éventuel panache, ainsi que la façon dont il pourrait éroder les roches qui le recouvrent ou s’étaler sous elles.
Les sismomètres au fond de la mer vont analyser la Terre pendant environ 13 mois, jusqu’à ce que la partie la plus légère de chaque appareil se détache et remonte à la surface de l’océan pour livrer toutes les données. Les premiers résultats sont attendus en 2015.
Source: Live Science.

 

 

drapeau anglaisIn order to explain the activity of volcanoes such as Kilauea (Hawaii) or the Piton de la Fournaise (Reunion Island) which are not located near the borders of tectonic plates, scientists have adopted the theory of mantle plumes that are supposed to pierce the Earth’s crust and allow magma to reach the surface.

The mystery of whether or not giant plumes of hot rock from near Earth’s core force volcanic island chains to form could soon be solved with the largest campaign ever to map such jets of magma beneath the Earth’s surface.

More than 40 years after mantle plumes were first proposed, scientists are debating whether they actually exist. For example, it remains hotly debated whether and how mantle plumes can remain active and stationary for more than 100 million years.

To help resolve the controversy, a French-German project now aims to image a plume that may have played a role in the extinction of the dinosaurs.

The scientists have set up 60 seismometers in the Indian Ocean over a vast area of seafloor of more than 3 million square kilometres around the Reunion Island, one of the most active volcanoes in the world. The devices rest at depths that range between 2,300 metres and 5,500 metres below the ocean’s surface.

The plume that may hide under the Reunion Island is supposed to have triggered a series of volcanic eruptions between the Reunion and the Deccan Plateau region of what is now India. About 65 million years ago, massive volcanism in the Deccan area spewed huge amounts of lava, radically altering Earth’s climate and perhaps hastening the end of the dinosaurs.

The new project aims to image the crust and mantle under the Reunion Island at depths never reached so far. The network of ocean floor sensors will reveal structures under the island down to about 1,000 km below the Earth’s surface, while the land-based seismometers will image the area below down to the boundary between the core and the mantle. Coincidentally, two other seismological experiments are deploying 50 more seismic stations in Madagascar with data that should help boost imaging of the mantle layer under the Reunion Island.

Using methods that account for how seismic waves scatter around narrow conduits of magma, the researchers hope to pin down the existence and location of any plume that might exist, as well as how it might erode or spread under overlying rock.

The seafloor seismometers will analyze the Earth for about 13 months before the buoyant part of each machine detaches and rises, with all its data, back to the surface. The first results are expected in 2015.

Source : Live Science.

Piton-Fournaise

Un panache mantellique sous le Piton de la Fournaise?  (Crédit photo:  NASA)

Le Nouveau Cratère Sud-Est de l’Etna // Mount Etna’s New South-East Crater

drapeau francaisLe 13 juin, des scientifiques de l’INGV ont effectué des relevés sur le Nouveau Cratère SE (NCSE) de l’Etna dans le but d’en faire une cartographie. Le cône atteint actuellement une hauteur de 250 mètres au-dessus de sa base. Il lui faudra toutefois prendre encore 90 mètres pour rivaliser avec le point le plus haut du volcan. Boris Behncke fait remarquer que le NCSE a grandi de 50 mètres pendant les 13 paroxysmes qui l’ont secoué entre février en avril 2013.

Boris a mis en ligne plusieurs photos dont un panoramique du NCSE depuis la lèvre occidentale. Au fond à droite, on aperçoit les cratères édifiés par l’éruption de 2002-2003 et encore plus au fond la Montagnola apparue pendant l’éruption de 1763.

http://www.flickr.com/photos/etnaboris/9034479465/in/photostream/

 

drapeau anglaisOn June 13th, INGV scientists were able to complete a GPS survey on Etna’s New Southeast Crater. The cone is now nearly 250 metres tall above its base. It will need to grow another 90 metres to become the highest point on Etna. Boris Behncke indicates that during the latest series of 13 lava fountains, in February-April 2013, it has grown some 50 metres.

Boris has released a panoramic view from the western rim of the crater, looking southeast. In the right background you can see the craters of the 2002-2003 eruption, and farther back in the distance, the Montagnola, formed during an eruption in 1763.

http://www.flickr.com/photos/etnaboris/9034479465/in/photostream/

Copahue (Chili / Argentine)

drapeau francaisLe SERNAGEOMIN indique que la sismicité sur le Copahue a été très irrégulière au cours de la première décade de juin. Elle a décliné les 4 et 5 juin, avant de reprendre de la vigueur le 6 et le 7. Elle a ensuite connu une fluctuation entre le 7 et le 8, avec un maximum de 124 événements par heure et un minimum de 8 secousses. Une nouvelle baisse a été enregistrée le 9 juin. Ce même jour, des scientifiques du SERNAGEOMIN ont survolé le volcan et ont pu observer des fumerolles à l’intérieur du cratère Del Agrio, avec des émissions gazeuses qui ne dépassaient pas 200 mètres de hauteur. Aucun dôme de lave n’était apparu dans le cratère. Le niveau d’alerte reste à l’Orange.

 

drapeau anglaisSERNAGEOMIN indicates that seismicity was quite irregular during the first 10 days of June. It decreased on June 4th and 5th, then increased on 6th and 7th. It then fluctuated on 7th and 8th with a high average of 124 events per hour and a low average of 8 events per hour. It then decreased again on June 9th. On that day, SERNAGEOMIN scientists that flew over the volcano observed fumaroles inside Del Agrio Crater with gas emissions that rose at most 200 metres. They noted that no lava dome was present. The Alert Level remains at Orange.

Copahue-blog

Le Copahue vu depuis l’espace en février 2013  (Crédit photo:  NASA)

Veniaminof (Alaska / Etats Unis): Eruption probablement en cours // Eruption likely under way

drapeau francaisL’Alaska Volcano Observatory indique qu’une éruption a probablement débuté le 13 juin au matin sur le Veniaminof. Les satellites indiquent une hausse des températures de surface sur le volcan. Au vu de la sismicité, il se produit une petite activité effusive ainsi que de petites explosions. Aucun nuage de cendre n’est visible sur la webcam mais le sommet du Veniaminof est caché en ce moment par les nuages. La couleur du niveau d’alerte aérienne est maintenant Orange.

 

drapeau anglaisAVO indicates that an eruption of Veniaminof is likely underway as determined from satellite observation of elevated surface temperatures. Seismic tremor continues and is indicative of low-level effusive activity and small explosions. No ash plumes have been observed although clouds have obscured web camera views of the summit.  The Aviation Colour Code was raised to Orange.

Veniaminof-blog

Le Veniaminof vu depuis Port Moller  (Crédit photo:  Bob Murphy / AVO)