Rapport annuel de l’Observatoire de Yellowstone pour 2022 // Yellowstone Observatory 2022 annual report

Depuis 2017, l’Observatoire Volcanologique de Yellowstone publie des rapports annuels qui contiennent des informations sur des sujets tels que la déformation du sol, l’activité sismique et les améliorations apportées aux réseaux de surveillance. De plus, il y a des informations sur les dernières études et les nouvelles découvertes, avec celle d’une nouvelle zone hydrothermale près du lac Tern en 2018.
Le rapport annuel 2022 vient d’être publié et peut être consulté en cliquant sur ce lien:

https://doi.org/10.3133/cir1508.

Photo: C. Grandpey

En voici le résumé :

L’Observatoire Volcanologique de Yellowstone (YVO) surveille l’activité volcanique et hydrothermale liée au système magmatique de Yellowstone. L’Observatoire effectue des recherches sur les processus magmatiques en cours sous la caldeira et, le cas échéant, émet des bulletins d’alerte et des conseils concernant les risques géologiques potentiels.

Le dernier rapport du YVO présente un résumé de activité à Yellowstone au cours de l’année 2022, en se concentrant sur le système volcanique. L’Observatoire s’attarde en particulier sur le déploiement de sismomètres dans le Norris Geyser Basin et l’Upper Geyser Basin pour étudier les interactions entre les phénomènes hydrothermaux et les influences externes.

Norris Geyser Basin (Photo: C. Grandpey)

Les scientifiques ont procédé à l’étude géologique de l’activité hydrothermale post-glaciaire, la datation plus précise des unités volcaniques de Yellowstone et la mise à jour des cartes existantes des dépôts géologiques. Ils ont établi une nouvelle cartographie des dépôts des coulées de cendres sur le dôme de Sour Creek, installé une nouvelle station de surveillance en continu des gaz près de Mud Volcano.

Photo: C. Grandpey

L’Observatoire a également procédé à un, échantillonnage des émissions de gaz et des eaux thermales autour du Parc national de Yellowstone pour surveiller la chimie de l’eau dans l’espace et temps. Il a effectué un travail de recherche sur l’âge et l’histoire du Steamboat Geyser dans le Norris Geyser Basin et évalué la production thermique basée sur l’imagerie satellite et le taux de chlorure dans les rivières.
L’événement le plus remarquable de l’année 2022 a été météorologique. Les abondantes précipitations et la fonte de la neige ont provoqué d’importantes inondations dans le Parc national de Yellowstone. Elles ont endommagé les routes et les infrastructures du parc.

Le Steamboat Geyser, dans le Norris Geyser Basin, a continué à montrer des éruptions fréquentes qui avaient commencé en 2018. On a enregistré 11 éruptions en 2022, ce qui représente toutefois le nombre le plus faible d’éruptions annuelles dans la séquence éruptive actuelle.

 

Photo: C. Grandpey

Globalement, la sismicité – avec 2 429 événements – a été légèrement inférieure aux 2 773 séismes enregistrés en 2021 et se situe à l’extrémité supérieure de la fourchette moyenne historique d’environ 1 500 à 2 500 séismes par an.

 

Source: YVO

L’affaissement du plancher de la caldeira, en cours depuis fin 2015 ou début 2016, s’est poursuivi à raison de quelques centimètres par an. Les mesures de déformation par satellite indiquaient la possibilité d’un léger soulèvement d’environ 1 centimètre le long du bord nord de la caldeira en 2021, mais les données satellitaires couvrant 2022 ne montrent aucun soulèvement dans cette zone.

 

Source: YVO

Tout au long de 2022, la couleur de l’alerte aérienne pour la caldeira de Yellowstone est restée au « Vert » et le niveau d’alerte volcanique a été maintenu à « Normal ».

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Since 2017, the Yellowstone Volcano Observatory has produced annual reports that contain an abundance of information about a variety of topics such as ground deformation trends, earthquake activity and upgrades to monitoring networks. In addition, there is information about research results and new discoveries, like the recognition of the new thermal area near Tern Lake in 2018.

The 2022 YVO annual report was just published and is now available online at:

https://doi.org/10.3133/cir1508.

Here is the report’s abstract :

The Yellowstone Volcano Observatory (YVO) monitors volcanic and hydrothermal activity associated with the Yellowstone magmatic system, carries out research into magmatic processes occurring beneath Yellowstone Caldera, and issues timely warnings and guidance related to potential future geologic hazards.

The 2022 report summarizes the activities and findings of YVO during that year, focusing on the Yellowstone volcanic system. Highlights of YVO research and related activities during 2022 include deployments of seismometers in Norris Geyser Basin and Upper Geyser Basin to investigate interactions between hydrothermal features and influences from external influences, geological studies of post-glacial hydrothermal activity, refining the ages of Yellowstone volcanic units and updating existing maps of geologic deposits, new mapping of ash-flow deposits on the Sour Creek dome, installation of a new continuous gas monitoring station near Mud Volcano, sampling of gas emissions and thermal waters around Yellowstone National Park to monitor water chemistry over space and time, research into the age and history of Steamboat Geyser in Norris Geyser Basin, and assessment of thermal output based on satellite imagery and chloride flux in rivers.

The most noteworthy event of the year was not geophysical, but meteorological. Combined runoff from rain and snowmelt caused substantial flooding in Yellowstone National Park, which caused damage to park roads and infrastructure.

Steamboat Geyser, in Norris Geyser Basin, continued the pattern of frequent eruptions that began in 2018 with 11 water eruptions in 2022, the lowest number of annual eruptions in the current eruptive sequence.

Total seismicity—2,429 located earthquakes—was slightly less than the 2,773 earthquakes located in 2021 and at the upper end of the historical average range of about 1,500–2,500 earthquakes per year.

Overall subsidence of the caldera floor, ongoing since late 2015 or early 2016, continued at rates of a few centimeters (1–2 inches) per year. Satellite deformation measurements indicated the possibility of slight uplift amounting to about 1 centimeter (less than 1 inch) along the north caldera rim in 2021, but satellite data spanning 2022 show no uplift in that area. Throughout 2022, the aviation color code for Yellowstone Caldera remained at “green” and the volcano alert level remained at “normal.”

De plus en plus de parcs nationaux américains sont soumis à des réservations // More and more US national parks are subject to reservations

A l’attention de celles et ceux qui ont l’intention de visiter les parcs nationaux aux Etats Unis.

Au moment leur introduction au début de la pandémie de Covid-19, les réservations d’entrée à heures définies dans les parcs nationaux américains ont été un sujet controversé parmi les visiteurs. Certains ont approuvé les réservations qui réduisaient les files d’attente parfois très longues pour entrer dans les parcs les plus populaires. D’autres ont regretté la fin de l’entrée libre dans les parcs nationaux et la mise en place de quotas.
Dans une étude récente, l’Utah State University a examiné plus de 500 questionnaires remplis par les visiteurs du parc national des Arches en 2022, année où le parc a mis en place pour la première fois un système d’entrée avec réservation pendant la haute saison. 84 % des personnes ayant rempli le questionnaire ont approuvé le changement et ont déclaré qu’elles aimeraient voir le système de réservation renouvelé lors de leur prochaine visite du parc.

Delicate Arch (Photo: C. Grandpey)

Les réservations sont en train d’être globalement bien acceptées pour la visite d’un parc national. Le parc national des Rocheuses va imposer des réservations pour le troisième été consécutif, et les les visiteurs acceptent globalement bien cette nouvelle politique. Les quelques minutes passées sur le site reservation.gov permettent de rencontrer moins de monde sur les sentiers et les routes du parc.
Après quelques confusions parmi les utilisateurs au début, le parc national des Glaciers étendra son système de réservation à toutes les entrées du parc cet été. Cela obligera les touristes qui visitent le parc pendant les périodes chargées de l’année à planifier leur séjour.
D’autres parcs comme Zion et Shenandoah, nécessitent désormais des réservations pour leurs randonnées les plus populaires.

Photo: C. Grandpey

Yosemite a annulé les réservations d’entrée avec réservation pour cet été après deux ans où elles étaient nécessaires, mais à part cette exception, il semble que les réservations seront en vigueur pendant longtemps dans les parcs nationaux les plus populaires. A noter que certains accès à Yosemite seront impossibles cet été à cause des dernières intempéries

Le Half Dome de Yosemite dans la fumée des incendies (Photo: C. Grandpey)

Il est surprenant de constater que Yellowstone ne nécessite pas de réservation à l’avance pour entrer dans le parc, malgré les longues files d’attente de véhicules à l’entrée de West Yellowstone et l’engorgement de certains parkings (Grand Prismatic Spring, par exemple) à l’intérieur du parc. Cependant, les réservations sont obligatoires pour la plupart des campings, les hôtels et certains restaurants du parc ! Cependant, même si une réservation d’entrée n’est pas (encore) obligatoire, il faut acheter un pass de visite des parcs nationaux pour entrer dans le parc. Ce dernier attire de grandes foules pendant la haute saison, et il est donc prudent de planifier son séjour à l’avance.

Grand Prismatic Spring (Photo: C. Grandpey)

Source : Service des parcs nationaux.

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To the attention of those who intend to visit national parks in the United States.

Since their introduction in the early days of the Covid pandemic, timed entry reservations at U.S. national parks have been a controversial topic among visitors. Some have lauded how reservations have cut down on crowding and done away with the sometimes hours-long lines that visitors used to wait in to get into popular parks; others have mourned what seems to be the end of the spontaneous national park hiking trip and the regimentation of the outdoors.

In a recently published study, Utah State University looked at more than 500 surveys completed by Arches National Park visitors in 2022, the first year that the park implemented a timed-entry system during the high season. 84 oercent of respondents approved of the change and said they would like to see a similar reservation system put in place for their next trip to the park.

Reservations are quickly becoming an accepted part of visiting a national park. Rocky Mountain National Park, will require timed reservations for the third summer in a row, and the grousing from visitors has largely died down, replaced by a grudging consensus that a few minutes on reservation.gov is a fair price to pay for reduced trail and road traffic.

After some initial user confusion, Glacier National Park will expand its vehicle reservation system to all of the park’s entrances this summer, requiring just about anyone visiting during busy parts of the year to plan in advance.

Other parks including Zion and Shenandoah now require reservations for their most popular hikes.

Yosemite has nixed timed-entry reservations for this summer after two years of requiring it, but aside from that one big exception, it seems that reservations are here for the long term at our most popular national parks.

Quite surprisingly, Yellowstone does not require a timed reservation ticket in advance to enter the park, despite the long queues of vehicles to be seen at the West Yellowstone entry and some overcrowded parking lots inside the park. However, reservations are required for most campsites, all hotels, and some restaurants in the park! However, although you don’t need a timed entrance reservation for Yellowstone, you will still need to purchase a park pass for entry. The park does get big crowds during the busy season, so it’s important to plan ahead and make the necessary preparations before arriving.

Source : National Park Service.

Le HVO et les autres observatoires volcanologiques de l’USGS // HVO and the other USGS volcano observatories

Le dernier article « Volcano Watch » était consacré à l’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) et aux autres observatoires volcanologiques gérés par l’U.S. Geological Survey (USGS), L’Institut d’études géologiques des États-Unis

Le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) a été fondé en 1912. Aujourd’hui, plus de 111 ans plus tard, c’est l’un des cinq observatoires volcanologiques gérés par l’USGS.
D’un seul géologue, Thomas A. Jaggar, en 1912, l’Observatoire est passé à plus de 30 employés aujourd’hui. Cette équipe comprend des géologues, des géophysiciens, des géochimistes, etc. Des volcanophiles (j’en ai fait partie), des étudiants et d’autres scientifiques ont également apporté une aide précieuse au HVO au fil des ans.
Les méthodes d’observation et d’analyse du HVO sur le terrain ont radicalement changé depuis l’époque de Thomas Jaggar. Actuellement, le réseau de surveillance de l’Observatoire comprend plus de 200 instruments, avec des sismomètres, des systèmes GPS, des inclinomètres, des infrasons, des détecteurs de gaz et des caméras thermiques. Ces instruments transmettent des données au HVO 24 heures sur 24 afin de suivre l’activité des volcans. Malgré tous ces instruments, la prévision éruptive est encore loin d’être parfaite. Dans son dernier bulletin, le HVO nous informe que le Kilauea n’est pas en éruption ; les webcams ne montrent aucun signe d’activité dans le cratère de l’Halema’uma’u, et personne ne sait où et quand la lave réapparaîtra sur le volcan.
Lorsque le HVO a été fondé en 1912, Hawaii n’était pas encore un État. Un lac de lave s’agitait au fond de l’Halema’uma’u,semblable à celui observé au cours des trois dernières années. Le HVO était à l’origine exploité avec le soutien du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de la Hawaiian Volcano Research Association. Il a ensuite été géré par une série d’agences fédérales, dont le U.S. Weather Bureau, le National Park Service et maintenant l’USGS qui est devenu l’administrateur permanent du HVO en 1947.
Suite à la réussite du HVO, l’USGS a établi de nouveaux observatoires pour surveiller et étudier 161 volcans actifs à travers les États-Unis et les territoires qui en dépendent.

L’Observatoire des volcans d’Hawaii (HVO) se concentre sur les volcans actifs de la Grande Ile d’Hawaï : Kilauea, Mauna Loa et Hualālai, sans oublier le Lo’ihi.. Le HVO surveille également les volcans actifs des Samoa américaines.

L’Observaroire volcanologique de la Chaîne des Cascades (CVO) a été mis sur pied en 1980 à la suite de l’éruption du mont St. Helens et officiellement inauguré en 1982. Le CVO se concentre sur les volcans des Etats de Washington, de l’Oregon et de l’Idaho.

L’Observatoire volcanologique de l’Alaska (AVO) a été fondé en 1988 suite à l’éruption de l’Augustine en 1986. L’AVO, un partenariat entre l’USGS, l’Université d’Alaska à Fairbanks et l’État de l’Alaska, se concentre sur les volcans de l’Alaska et du Commonwealth des îles Mariannes du Nord.

L’Observatoire volcanologique de Yellowstone (YVO) a été fondé en 2001. Il se concentre sur l’activité volcanique dans la région du Plateau de Yellowstone et dans les États de l’ouest des États-Unis.

L’Observatoire des volcans de Californie (CalVO) a été créé en 2012. Le CalVO, avec une extension au-delà de l’Observatoire de Long Valley (LVO) a été créé en 1982. il se concentre sur les volcans de Californie et du Nevada.

Les connaissances, compétences et expériences rassemblées par ces cinq observatoires sont vastes et complémentaires. Leur personnel communique et se déplace entre les différents observatoires et effectue un véritable travail d’équipe.
Source : USGS/HVO.

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The latest « Volcano Watch » article was dedicated to the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) and the other volcanological observatoried mananed by the U.S. Geological Survey (USGS).

The Hawaiian Volcano Observatory (HVO) was founded in 1912. Today, more than 111 years later, it is one of five volcano observatories supported by the USGS.

HVO staff has grown from one geologist, Thomas A. Jaggar, in 1912 to more than 30 people today. This team includes scientists and specialists in geology, geophysics, geochemistry, and more. Hundreds of volunteers (I was one of them), students and visiting scientists have also provided valuable assistance to HVO through the years.

HVO methods of observing and analyzing data from instruments and field studies have changed dramatically since Jaggar’s time. Presently, the Observatory’s monitoring network consists of more than 200 sensors, including seismometers, global positioning systems (GPS), tiltmeters, infrasound, gas detectors and thermal/visual cameras. These sensors transmit data to HVO 24 hours a day in order to track activity and support research into how volcanoes work. However, despite all these instruments, eruptive prediction is still far from perfect. In its latest update, HVO informs us that Kilauea is not erupting ; webcams show no signs of active lava in Halemaʻumaʻu crater, but nobody knws whther and when lava will reappear at the volcano.

When HVO was founded, Hawaiʻi was not yet a state. A lake of molten lava was on the floor of Halemaʻumaʻu crater, similar to what has been observed throughout the past three years. HVO was originally operated with support from the Massachusetts Institute of Technology (MIT) and the Hawaiian Volcano Research Association. It was later managed by a series of federal agencies including the U.S. Weather Bureau, the National Park Service and now the USGS which became the permanent administrator of HVO in 1947.

Based on HVO’s success, the USGS went on to establish additional observatories to monitor and study 161 active volcanoes throughout the United States and U.S. Territories.

HVO focuses on the active volcanoes in Hawaii : Kīlauea, Mauna Loa and Hualālai, all of which are on the Big Island, without forgetting Lo’ihi.. HVO also monitors active volcanoes in American Samoa.

Cascades Volcano Observatory (CVO) was authorized in 1980 following the eruption of Mount St. Helens and formally dedicated in 1982. CVO focuses on volcanoes in Washington, Oregon and Idaho.

Alaska Volcano Observatory (AVO) was founded in 1988 following the 1986 eruption of Augustine. AVO, a collaboration between the USGS, the University of Alaska Fairbanks and the state of Alaska, focuses on volcanoes in Alaska and the Commonwealth of Northern Mariana Islands.

Yellowstone Volcano Observatory (YVO) was founded in 2001. It focuses on volcanic activity in the Yellowstone Plateau region and intermountain western U.S. states.

California Volcano Observatory (CalVO) was formed in 2012. CalVO, with expanded scope beyond the Long Valley Observatory (LVO) established in 1982, focuses on volcanoes in California and Nevada.

The collective knowledge, skills and experience of people at these five observatories is extensive and complementary. Staff communicate and travel between observatories in true team fashion.

Source : USGS / HVO.

Les secrets volcaniques du Lac Mead (Etats Unis) // Lake Mead’s volcanic secrets (United States)

En raison de la grave sécheresse qui a sévi dans l’ouest des États-Unis au cours des derniers mois, le niveau du lac Mead a fortement baissé et mis à l’air libre divers objets tels que des bateaux qui ont coulé dans le lac, et même des restes humains, vestiges de vieux règlements de comptes. Aujourd’hui, les scientifiques font état de la découverte de roches recouvertes de cendres volcaniques qui ont impacté le sud du Nevada lors d’éruptions explosives il y a environ 12 millions d’années.
Le niveau d’eau actuel n’a pas été observé depuis les années 1930, lorsque le barrage Hoover a été construit et lorsque le lac Mead s’est formé. Parmi les roches découvertes, des chercheurs de l’Université du Nevada à Las Vegas mentionnent des dépôts de cendres provenant de volcans de l’Idaho, du Wyoming et de Californie. Ils savaient que ces dépôts de cendres existaient, mais ils ont été surpris d’en trouver autant au fur et à mesure que le niveau du lac Mead baissait.
La sécheresse dans l’Ouest et la surexploitation de l’eau du fleuve Colorado ont entraîné une baisse sans précédent du niveau du lac. En septembre, il se trouvait à seulement 314 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit environ 27 % de sa pleine capacité.
Les scientifiques profitent du bas niveau de l’eau pour étudier des sédiments qui n’étaient pas accessibles depuis près d’un siècle. Ils ont découvert des cendres volcaniques de couleur blanche ou grise insérées dans les roches auparavant submergées. Ils ont rapporté des échantillons à leur laboratoire pour identifier la source des cendres, et ils ont découvert qu’elles n’avaient pas été émises par une seule éruption. Ils ont trouvé des preuves de plusieurs événements volcaniques remontant à des millions d’années dans des endroits comme la région de Snake River Plain-Yellowstone, une zone de volcans aujourd’hui inactifs, vestige d’un point chaud qui s’étend à travers l’Idaho le long de la Snake River et dans ce qui est maintenant le Parc national de Yellowstone, et jusque dans l’est de la Californie. Ils ont également trouvé des cendres provenant d’éruptions il y a seulement 32 000 ans, ce qui est peu de temps à l’échelle géologique.
Les géologues expliquent que l’étude des éruptions volcaniques du passé peut aider à brosser un tableau des risques futurs. Les cendres volcaniques qui viennent d’être découvertes dans le lac Mead sont probablement l’un des meilleurs témoignages de cette période. Elles permettront de reconstruire l’histoire géologique de la région, comprendre la fréquence des grandes éruptions volcaniques et évaluer leur impact sur le sud-ouest des Etats Unis.
Les chercheurs expliquent que les cendres d’éruptions volcaniques, même lors d’éruptions explosives modérées, peuvent parcourir des centaines de kilomètres et recouvrir des zones entières de dizaines de centimètres de matériaux. Des éruptions récentes ont montré que quelques millimètres de cendres humides suffisaient pour perturber le réseau électrique. De plus, lorsqu’elles sont inhalées, les minuscules particules de cendre présentent un risque important pour la santé. Ces retombées de cendres peuvent perturber les réseaux de transport et d’approvisionnement, fermer les aéroports et présenter un danger pour la santé. Il est important que les gouvernements locaux élaborent des plans pour faire face à ce type d’événement, comme ils le font pour les séismes et les inondations.
Source : médias d’information américains, News Channel 3.

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Because of the severe drought that prevailed in western U.S. during the past months, the water level of Lake Mead has dropped sharply, exposing several features such as previously sunken boats and even human remains. Now scientists are reporting the discovery of rocks laced with volcanic ash that rained down on southern Nevada during explosive eruptions roughly 12 million years ago.

Today’s low water levels have not been seen since the 1930s when the Hoover Dam was built and Lake Mead filled. Among the rocks they have discovered, researchers with the University of Nevada in Las Vegas found ash deposits from volcanoes in Idaho, Wyoming and California. They knew that these ash units existed, but they were surprised to find so many as the Lake Mead water level lowered.

The drought in the West and the overuse of the Colorado River’s water have pushed Lake Mead levels to unprecedented lows. As of September, the lake’s level was just 314 meters above sea level, or around 27% of full capacity.

Scientists are taking advantage of the low levels to study sediment that has not been exposed in nearly a century. They found white to gray colored volcanic ash weaving through the formerly submerged rocks. They took samples back to their lab to pinpoint the source of the ash, but found it was not emitted by a single eruption. They found evidence of several volcanic events millions of years ago from places like the Snake River Plain-Yellowstone area, a tract of inactive volcanoes that stretches across Idaho along the Snake River and into what is now Yellowstone National Park, and eastern California. They also found ash from eruptions only 32,000 years ago, which is a short time in the geological time scale.

Geologists explain that studying volcanic eruptions of the past can help paint a picture of future risk. The latest discovery in Lake Mead may be one of the best collections of volcanic ash from that period of time, and it will help to reconstruct the geologic history of the region, and to understand the frequency of large volcanic eruptions and their impact on the Southwest.

Researchers explain that ash from even moderately explosive volcanic eruptions can travel hundreds of kilometers, blanketing whole areas with tens of centimeters of material. Recent eruptions have shown a couple of millimeters of damp ash can disrupt electricity transmission. And when inhaled, the tiny but sharp grains in the ash pose a significant health risk. These ashfall events can disrupt transportation and supply networks, close airports, and potentially be a health hazard. It is important for local governments to develop plans to deal with this sort of event, like they have for earthquakes and flooding.

Source: US news media, News Channel 3.

Photos: C. Grandpey