Trop de touristes en Islande? // Too many tourists in Iceland?

drapeau-francaisDepuis quelque temps, l’Islande doit faire face à une invasion de touristes. Cet afflux de visiteurs a une double cause: une sévère crise financière et une spectaculaire éruption volcanique.
L’effondrement de la couronne islandaise après la crise financière de 2008 a transformé l’Islande en une destination bon marché. Deux ans plus tard, l’Eyjafjallajokull est entré en éruption, avec de volumineux nuages de cendre qui ont envahi le ciel européen. Des milliers de passagers se sont retrouvés bloqués pendant plusieurs jours et les compagnies aériennes ont subi de lourdes pertes financières. L’éruption a fait connaître l’Islande. Les médias étrangers ont investi l’île et diffusé des images de superbes paysages, alors même que les journalistes éprouvaient les pires difficultés à prononcer le nom du volcan.
L’effet combiné de ces catastrophes a été une invasion de touristes dans des proportions jamais vues depuis celle des Vikings il y a plusieurs siècles. Selon les données officielles, en 2017, le nombre de touristes devrait être sept fois supérieur à la population locale de 330 000 habitants.

Le tourisme est maintenant la plus grande ressource économique de l’Islande, devant la pêche et de la fonte de l’aluminium, comme l’était le secteur financier dans les années qui ont précédé la crise. L’afflux de touristes pourrait se trouver dopé par le succès rencontré par le Parti Pirate. Avec son drapeau pirate noir et sa tendance anarchiste, il a récemment gagné des sièges au Parlement et a attiré encore plus d’attention.
Selon l’Office de Tourisme Islandais, le nombre de touristes a augmenté de près de 30 pour cent chaque année au cours des quatre dernières années. Le tourisme a rapporté 3,2 milliards de dollars en 2015, soit un tiers des recettes d’exportation du pays. Le tourisme est le plus grand employeur, et de nombreux Islandais investissent de l’argent dans les services et les nouvelles constructions.
Les touristes viennent de très loin, de Hong Kong par exemple. Ils recherchent les aurores boréales, escaladent les glaciers, photographient les macareux, font de l’équitation ou achètent des excursions en hélicoptère.
Cependant, les Islandais craignent de plus en plus que le tourisme devienne un fardeau incontrôlable pour leur cette petite île. Les prix des logements et les loyers augmentent rapidement, obligeant les jeunes à vivre avec leurs parents. Les prix des locations de voitures ont triplé, avec des bouchons sur les routes. La  pollution lumineuse et les détritus laissés par les visiteurs souillent souvent le paysage. Un sondage effectué en octobre par la chaîne de radio RUV a indiqué que 87 pour cent des Islandais veulent que le gouvernement augmente les redevances ou les taxes sur les touristes.
J’ai fait une escale à l’aéroport de Reykjavik en septembre dernier alors que je me rendais en Alaska mais j’ai décidé de ne pas m’attarder en Islande. Être confronté à des hordes de touristes, y compris dans des endroits reculés de l’île, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé!
Source: The New York Times.

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drapeau-anglaisIceland is going through an invasion of tourists. This influx of visitors has a dual cause: a dramatic financial implosion and an enormous volcanic explosion.

The collapse of the Icelandic krona after the 2008 financial crisis transformed Iceland into a top destination by making it cheap for visitors. Two years later, Eyjafjallajokull erupted, spewing thick ash clouds into European skies. Millions of passengers were grounded for days and airlines suffered financial losses. But the explosion put Iceland on the map. The foreign news media descended on the island, beaming images around the world of spectacular landscapes, even as journalists struggled to pronounce the volcano’s name.

The combined effect of the catastrophes has been an invasion on a scale possibly unseen since Vikings raided the island hundreds of years ago. Tourists are expected to outnumber the local population of 330,000 by seven to one next year, according to official data.

Tourism is now the island’s biggest industry, taking over from fishing and aluminum smelting, much as the financial sector did in the years before the crash. The influx of tourists could be even higher following the rise of the Pirate Party. With its black pirate flag and anarchist leanings, it recently gained more seats in Parliament and even more attention.

The number of tourists has risen by as much as 30 percent every year for the last four years, according to Iceland’s Tourist Board. They brought in revenues of $3.2 billion in 2015, a third of the country’s export earnings. Tourism is the single biggest employer, and many Icelanders are pouring money into services and new construction.

Tourists come from as far as Hong Kong. They chase the Northern Lights. They scale glaciers. They dive in the Arctic Circle with puffins, go horseback riding or take helicopter tours.

However, there is growing concern that uncontrolled tourism is placing too large a burden on this small island. Housing prices and rents are rising quickly, forcing young people to live with their parents. Car rentals have tripled, clogging traffic. Littering and light pollution are spoiling parts of the landscape, many Icelanders say. A poll in October conducted by the national broadcaster RUV reported that 87 percent of Icelanders want the government to raise fees or taxes on tourists.

I made a stopover in Reykjavik airport last September on my way to Alaska but I decided not to spend days in Iceland. Being confronted with hordes of tourists, even in remote places of the island is not my cup of tea!

Source: The New York Times.

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Landmannalaugar: Un haut lieu du tourisme islandais (Photo: C. Grandpey)

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande (suite)

Ma note à propos des effets négatifs du tourisme de masse en Islande a déclenché bon nombre de réactions dans le même sens que mes propos. J’ai choisi de vous faire partager le point de vue de Patrick Marcel – responsable du secteur pédagogique de de L.A.V.E. – paru dans le bulletin de la Société de Volcanologie Genève (SVG) au retour de l’été 2013 passé en Islande.
L’Islande se mérite, disait-on. On l’imaginait réservée à quelques courageux baroudeurs prêts à sacrifier des journées de soleil et beaucoup de confort dans leurs vacances estivales pour accéder à des paysages extrêmes uniques au monde. On avait tort… C’était compter sans l’avidité d’une civilisation prête à sacrifier son âme pour faire de l’argent. Et c’est ainsi que le tourisme devint une industrie, et les beautés islandaises des marchandises. Certes la crise est passée par là, mais est-ce une excuse ? Les islandais eux-mêmes sont partagés sur ce qui arrive à leur pays, et les affrontements idéologiques au sein de cette communauté de 300 000 âmes répercutent des préoccupations qui nous concernent tous, entre préservation de l’environnement et exploitation des ressources. Constat amer de celui qui a connu l’Islande autrement ? Sans aucun doute. C’est vrai «qu’avant», on n’était pas obligé de faire la queue pour essayer d’apercevoir le Strokkur ni d’attendre une heure pour pouvoir photographier les glaçons du Jokulsarlon sans la pollution visuelle des grosses embarcations amphibies jaunes… Alors quitter la N1 pour s’enfoncer dans les montagnes du centre peut sembler une bonne chose pour retrouver un peu de calme… sauf que beaucoup ont la même idée ! Et quand on est très nombreux au même endroit à chercher la solitude… Le trek Landmannalaugar – Thorsmork – Skogar est devenu une véritable autoroute. Et quand on s’écarte un peu des sentiers battus, c’est pour être survolé pendant plusieurs minutes par un hélicoptère vrombissant et sa cargaison de touristes volants. Alors, pourquoi retourner en Islande, me demanderez-vous avez raison ? Parce que la première goulée d’air islandais a un goût de paradis. Parce que la lumière y est plus belle qu’ailleurs. Parce que quand j’y pose les pieds, j’ai comme l’impression d’être en symbiose avec cette terre. Parce que j’ai autant d’attirance pour ses paysages que les nuées de mouches du lac Myvatn en ont pour mes trous de nez…

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L’Islande possède de superbes paysages, comme dans le Landmannalaugar.

(Photo: C. Grandpey)

Les effets négatifs du tourisme de masse en Islande // The negative effects of mass tourism in Iceland

drapeau-francaisCeux qui ont visité l’Islande récemment savent que le tourisme a connu un plein essor en 2015. Quelque 1,3 millions de touristes sont arrivés dans le pays l’année dernière, soit près de 30% de plus qu’en 2014, et ce chiffre ne comprend pas les 100 000 passagers descendus brièvement de 108 navires de croisière qui ont fait étape en Islande. Les Britanniques et les Américains ont été les touristes les plus nombreux. Ils sont suivis par les Allemands (8,2%), les Français (5,2%) et les Norvégiens (4,1%). Les plus fortes augmentations par rapport à 2014 concernent les visiteurs en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni, de Chine et d’Allemagne.

Cependant, on peut se demander si ce tourisme de masse est une aubaine pour l’Islande, pays où la Nature est très fragile. Certains conducteurs étrangers ont été surpris en train de faire du hors-piste au volant de leurs 4 X 4, au milieu d’un environnement qui demande à être protégé.

Avec autant de visiteurs, la sécurité est de plus en plus difficile à assurer. Le nombre de touristes imprudents est en hausse lui aussi. Ces derniers jours, les équipes de secours ont été appelées quand un groupe de onze étrangers a ignoré les panneaux de fermeture d’une route et leur minibus s’est retrouvé prisonnier des congères. Les autorités avaient fermé cette route de la Langadalur à cause du mauvais temps, et les secouristes furent surpris de recevoir un appel de détresse en provenance de cette région.

Un autre exemple de désobéissance est apparu à la chute d’eau de Gullfoss où le sentier inférieur est fermé pendant l’hiver. En effet, les embruns en provenance de la chute se transforment en une glace dangereusement glissante qui pourrait provoquer des accidents graves. Malgré cette précaution des autorités, les traces sur la neige révèlent que de nombreux touristes ignorent l’interdiction et veulent s’approcher de la chute d’eau pour faire de meilleures photos. L’un d’eux a déclaré froidement qu’il avait voyagé depuis l’autre côté de la planète pour voir la chute d’eau. Selon lui, « vous voulez aller au plus près, c’est normal, c’est humain ».

Il y a quelques jours, j’ai écrit une note à propos d’un groupe de 40-50 touristes qui est resté coincé sur un iceberg qui s’était éloigné de la rive à Jokulsarlon. Quelques jours avant cette mésaventure, on avait vu d’autres touristes sauter d’un iceberg à l’autre, avec le risque évident de tomber dans l’eau glacée!

La police a arrêté la surveillance de la plage de Reynisfjara et neuf panneaux de mise en garde en plusieurs langues ont été installés sur le site. Malgré cela, la semaine dernière,  six personnes d’origine asiatique se sont retrouvées en grave danger lorsqu’une vague les a jetées au sol. Le groupe avait décidé de faire des photos de mode sur la plage avec le modèle debout à côté des orgues de basalte de la falaise, tandis que les autres se tenaient plus loin sur la plage. Une vague a happé six personnes qui furent en danger de mort avec une eau à zéro degré. Elles ont eu la chance d’être secourues par un guide local qui les a tirées de l’eau glacée.
Il convient de noter que ces gens étaient encore plus près du bord de l’eau qu’un touriste chinois qui s’est noyé il y a deux semaines.

La zone des geysers et sources chaudes de Geysir est actuellement recouverte d’une couche de glace très glissante qui a causé plusieurs chutes. Les guides locaux ont peur que leurs clients se blessent grièvement. Ils ont proposé à l’Agence Islandaise de l’Environnement de sabler la zone pour la sécuriser, mais cette idée a été rejetée car le secteur est protégé et le sable est interdit.

J’aime la Nature, mais pas avec des foules de gens bruyants, indisciplinés, voire stupides, autour de moi. J’adorais l’Islande, mais ce n’est plus un endroit pour moi. Un de mes amis qui a visité le pays cet hiver a confirmé tout ce qui est écrit ci-dessus. Cet été, je vais faire escale à l’aéroport de Keflavik pendant mon voyage vers l’Alaska, mais je n’en profiterai pas pour passer quelques jours en Islande comme je l’ai fait il y a une vingtaine d’années en allant à New York!
Source: Iceland Review.

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drapeau anglaisThose who visited Iceland recently know it : Tourism has been booming in 2015. Some 1.3 million tourists arrived in the country last year, almost 30% more than in 2014. This figure does not include the 100,000 passengers stepping briefly ashore from the 108 cruise ships that also visited the country. Brits and Americans were the most numerous visitors. They are followed by visitors from Germany (8.2%), France (5.2%) and Norway (4.1%). The biggest year-on-year increases from 2014 were in tourists from the USA, the UK, China and Germany.

However, we may wonder whether this mass tourism is a godsend for Iceland, a Country where Nature is very fragile. Some foreign drivers have been caught driving off-track with their 4-wheel vehicles in the middle of an environment that needs to be protected.

With so many visitors, safety is more and more difficult to ensure. The number of reckless tourists is growing too. In recent days, rescue teams were called when a group of eleven foreign visitors ignored road closure signs and got mired in deep snow. Authorities had closed off the road in Langadalur because of poor weather, and were therefore rather surprised to receive a distress call from the area.

Another example of people disobedience is obvious at Gullfoss waterfall where the lower footpath is closed during the wintertime. Indeed, the spray of water from the falls causes dangerously slippery ice which could lead to serious accidents. However, the footsteps on the snow reveal that many tourists ignore the interdiction and want to get closer for better shots.
One of them said he had travelled from the other side of the planet to see the waterfall: « You want to get closer, it’s normal, it’s human ».

A few days ago, I wrote about a group of 40-50 tourists who got stuck on an iceberg which has drifted away from the shore at Jokulsarlon. A few days before the mishap, other tourists had been seen hopping between icebergs!
Police have stopped surveillance of Reynisfjara beach and instead brand new warning signs in several languages have been put up on the site. However, six foreign individuals of Asian origin were in grave danger as a wave knocked them down. The group had decided to do a fashion shoot on the beach with a model standing next to the basalt pillars in the cliffs with others standing further down the beach. A wave hit six people who were in extreme danger with zero degree water and were lucky to get the help of a local guide who helped to drag them from the ice-cold water.
It should be noted that these people were considerably closer to the water’s edge than a Chinese tourist who drowned two weeks ago.

The Geysir hot spring area is now covered with a coat of very slippery ice that has caused several visitors to fall down. Local guides are afraid their clients might get seriously injured. They have complained to The Environment Agency of Iceland and proposed to sand the area, which was denied as the area is under environmental protection and sand is not allowed.

I love Nature but not with crowds of noisy or stupid folks around me. I used to love Iceland, but this is no longer a place for me. A friend of mine who visited the country this winter confirmed all that is written above. This summer, I will make a stop in Keflavik airport on my way to Alaska but I will not spend some days in Iceland like I did some twenty years ago!
Source: Iceland Review.

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Photo: C. Grandpey

Les dernières éruptions affectent le tourisme en Indonésie // The latest eruptions affect tourism in Indonesia

drapeau-francaisAvec l’alerte Orange (SIAGA) décrétée le 4 janvier, le Soputan est venu s’ajouter au Bromo, au Lokon et au Karangetang qui sont dans la même situation, tandis que le Sinabung reste en alerte maximale (AWAS). Il ne faudrait pas oublier non plus l’éruption du Rinjani – actuellement en alerte Jaune (WASPADA) – dont les panaches de cendre ont fortement perturbé le trafic aérien entre Bali et l’Australie fin octobre et début novembre.
Ces dernières éruptions ont eu un impact négatif sur l’arrivée de touristes étrangers en Indonésie, avec une baisse de 23% en moyenne en novembre 2015 dans les trois aéroports les plus touchés. En effet, d’Octobre à Novembre 2015, la plupart les aéroports indonésiens ont enregistré des augmentations d’arrivées de touristes étrangers, à l’exception des aéroports de Lombok, de Ngurah Rai à Bali et de Tanjung Balai dans les Iles Riau qui ont enregistré respectivement des baisses de 39,6, 28,5 et 2,1 pour cent.
Sur une base annuelle et à l’échelle nationale, le nombre d’arrivées de touristes étrangers en novembre 2015 a baissé de 29,1%, par rapport à novembre 2014, ce qui confirme la baisse observée en octobre 2015 qui présentait une chute de 32,4% par rapport à octobre 2014.
Source : Presse indonésienne.

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drapeau-anglaisWith Orange alert (Siaga) decided on January 4th, Soputan volcano has been added to Bromo, Lokon and Karangetang which are on the same level, while Sinabung remains on highest alert (AWAS). We should not forget the eruption of Rinjani – currently Yellow Alert (Waspada) – whose ash plumes disrupted air traffic between Bali and Australia late October and early November.
These last eruptions reduced foreign tourist arrivals by 23% on average in November 2015 at the three most-affected airports. Indeed, from October to November 2015, most airports recorded increases in foreign tourist arrivals except for Lombok International Airport, Ngurah Rai Bali, and Tanjung Balai Karimun Riau Island which recorded 39.6, 28.5 and 2.1 per cent decreases respectively.
On a yearly basis, the number of foreign tourist arrivals nationwide in November 2015 was down by 29.1%, compared to November 2014, continuing the decline seen in October, which was 32.4% lower than October 2014.
Source: Indonesian newspapers.

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Eruption du Sinabung (Photo: J.P. Vauzelle)