Soirées Volcans

Ce soir 3 mai 2020 sur France Ô :

Montserrat, la Pompéi des Caraïbes

Disponible en replay jusqu’au 10.05.20

Montserrat est une île anglaise de la Caraïbe. En 1995, son volcan, la Soufrière Hills, est entré en éruption pendant plusieurs mois et a dévasté la capitale, Plymouth. Depuis, l’île a été coupée en deux avec, au sud, une zone dont l’accès est réglementé et un Nord qui se développe pour accueillir les nouvelles habitations et les administrations. Les habitants de la région où s’est produite la catastrophe ont presque tous quitté l’île. Le volcan est toujours en activité. Une équipe d’une vingtaine de scientifiques le surveille en permanence. Près de vingt-cinq ans plus tard, la capitale est toujours recouverte de cendres. Le tourisme a repris depuis peu.

++++++++++

Martinique, sur les traces de la baie de Saint-Pierre

Disponible en replay jusqu’au 10.05.20

Le matin du 8 mai 1902, l’éruption du volcan de la montagne Pelée, en Martinique fait 30 000 victimes. Pourtant, des signes avant-coureurs avaient pu être observés : des lueurs rouges sur le cratère, une odeur de souffre de plus en plus prenante, la destruction d’une distillerie. Les ruines observables aujourd’hui sont les stigmates de la catastrophe. Mais, en 1974, c’est dans les eaux de la baie que Michel Météry, plongeur émérite et ancien de l’équipage du commandant Cousteau sur la Calypso, découvre un cimetière maritime à l’étendue encore indéterminée et qui n’a pour l’instant livré qu’une infime partie de ses secrets.

Photo : C. Grandpey

°°°°°°°°°°

Demain 4 mai 2020 sur Ushuaia TV :

Haroun Tazieff, le poète du feu.

 Il y a vingt ans disparaissait Haroun Tazieff, l’un des pères de la volcanologie contemporaine. Personnage hors du commun, sa vie extraordinaire est pourtant aujourd’hui largement tombée dans l’oubli. En s’appuyant sur les archives spectaculaires de ses missions à travers le monde, grâce aux témoignages sur des lieux symboliques de ceux qui ont partagé ses aventures ou qui partagent la même passion, ce film retrace la vie de ce « poète du feu ».

https://www.ushuaiatv.fr/programmes/haroun-tazieff-le-po%C3%A8te-du-feu-78964

Crédit photo : Centre Haroun Tazieff

Haroun Tazieff, le poète du feu

A noter dans vos tablettes si vous avez accès à la chaîne de télévision USHUAIA TV : Le mardi 16 avril 2019 à 20h40, projection du documentaire « Haroun Tazieff, le poète du feu ».

Il y a vingt ans disparaissait Haroun Tazieff, l’un des pères de la volcanologie contemporaine. En s’appuyant sur les archives spectaculaires de ses missions à travers le monde, grâce aux témoignages sur des lieux symboliques de ceux qui ont partagé ses aventures ou qui partagent la même passion, ce film retrace la vie de ce «poète du feu» que j’ai eu le privilège de rencontrer et avec qui j’ai partagé une correspondance jusqu’à sa mort le 2 février 1998. Il reste mon maître en volcanologie. Je ne peux m’empêcher d’associer à son nom ceux de François Le Guern – géochimiste dans l’équipe Tazieff – et Antonio Nicoloso – chef des guides de l’Etna – eux aussi disparus, avec lesquels j’avais tissé une solide amitié.

https://www.linternaute.com/television/documentaire-haroun-tazieff-le-poete-du-feu-p4546354/haroun-tazieff-le-poete-du-feu-e4441652/

Source: Centre Haroun Tazieff pour les Sciences de la Terre

 

Tazieff l’avait prédit !

C’était le 4 septembre 1979. Au cours de l’émission télévisée « Les Dossiers de l’Ecran » animée par Jérôme Pasteur, qui rassemblait le Commandant Cousteau, le glaciologue Claude Loroius et Haroun Tazieff, le volcanologue a tenu des propos qui semblent incroyablement prophétiques aujourd’hui. Garouk a expliqué que si la montée du niveau de la mer est effectivement à craindre, « ce ne seront pas les volcans qui le feront […] Ce qui peut le faire, c’est la pollution industrielle. »  Selon lui, elle dégage des quantités de produits chimiques de toutes natures dont une énorme quantité de gaz carbonique. Ce dernier se propage dans l’atmosphère et risque de faire de cette dernière «une espèce de serre», un constat admis aujourd’hui mais qui, à l’époque, semblait difficilement concevable.

Le Commandant Cousteau n’était pas d’accord avec Tazieff et a qualifié ses propos de « baratin.» Selon lui, si l’homme «fabrique beaucoup de CO2, il y a des «correcteurs automatiques», référence aux forêts et aux océans.

Haroun Tazieff a poursuivi son raisonnement et dressé un portrait bien sombre des années à venir, mais que l’on retrouve dans les messages d’alerte lancés par différentes organisations environnementales aujourd’hui. Il a en particulier évoqué «une fusion des glaces polaires aussi bien au sud qu’au nord, des glaces de montagnes» qui serait possible avec seulement deux ou trois degrés d’augmentation de la température de la planète. Il a conclu son propos en parlant d’une «montée des eaux et donc noyade de toutes les côtes basses, New York et Le Havre, Marseille et Nice et Londres.» Jérôme Pasteur lui a alors fait remarquer qu’il était «en train de paniquer les populations». C’était peut-être le moment de le faire !

Vous pourrez retrouver le débat en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=d6whs8t0WHU

Il faut se souvenir qu’à la fin des années 1970, la science mettait déjà le monde en garde sur le risque d’une catastrophe planétaire à cause du dioxyde de carbone. En cette même année 1979, le Rapport Charney, commandé par l’administration du Président Jimmy Carter à l’Académie des Sciences américaine ne laissait que peu de doute sur ce qui devait se produire : « Si le dioxyde de carbone continue à s’accumuler dans l’atmosphère, le groupe d’experts ne voit aucune raison de douter que des changements du climat en résulteront, ni aucune raison de penser qu’ils seront négligeables. » Et de conclure : « Attendre pour voir avant d’agir signifie attendre qu’il soit trop tard. »

En 1979, il était peut-être encore temps d’agir, mais aujourd’hui ? La courbe Keeling (conçue à partir de relevés effectués sur le Mauna Loa à Hawaii) sur la seule dernière année (octobre 2017-octobre 2018) confirme que le gaz carbonique continue de s’accumuler dans l’atmosphère : 403,50 ppm en 2017 et 405,97 ppm en octobre 2018 !

Source: Scripps Institution of Oceanography

20ème anniversaire de la disparition de Haroun Tazieff

Aujourd’hui 2 février 2018 marque le 20ème anniversaire de la disparition de Haroun Tazieff.  En 2014, son fils, Frédéric Lavachery – que je salue ici – publiait un ouvrage intitulé « Un Volcan nommé Haroun Tazieff » que je viens de relire car il fait remonter en moi un tas de vieux souvenirs. Avant de refermer le livre, il est intéressant de s’attarder sur la bibliographie d’Haroun Tazieff qui devrait faire réfléchir ceux qui prétendent que Garouk n’était pas un scientifique et n’a rien apporté à la volcanologie!

Tazieff, on l’aime ou on le déteste. C’est vrai que Garouk avait un sacré caractère avec des idées bien tranchées sur beaucoup de sujets. Me concernant, je n’ai jamais eu à subir ses humeurs et il m’a toujours encouragé dans mon travail d’observation sur les volcans, même si je n’étais pas scientifique de formation. Une lettre de recommandation de sa part m’avait ouvert les portes des observatoires et des sites éruptifs. Lorsque je la présentais aux responsables locaux, c’était comme si j’avais prononcé un mot de passe !

J’associe à la mémoire de Haroun Tazieff les membres de son équipe que j’ai eu l’occasion de rencontrer, en particulier Fanfan Le Guern avec lequel j’entretenais une solide amitié, ainsi qu’Antonio Nicoloso, chef des guides de l’Etna, lui aussi disparu trop tôt et qui m’a longtemps accompagné sur le volcan sicilien.

Aujourd’hui, ils me manquent énormément et leur disparition n’est sûrement pas pour rien dans mon éloignement du monde des volcans….

Visite de Haroun Tazieff au Lycée Turgot à Limoges en 1991