Éruption à court terme sur le Kilauea (Hawaï) ? Seule Madame Pélé a la réponse ! // Short-term eruption at Kilauea Volcano (Hawaii) ? Only Madama Pele has the answer !

L’Observatoire des Volcans d’Hawaï m’a envoyé hier matin un message indiquant que le Kilauea n’était pas en éruption, mais qu’une activité sismique intense et une déformation significative du sol ont été observées près du cratère Pauahi, dans la partie supérieure de l’East Rift Zone. (voir la carte ci-dessous). Cela montre que le magma se déplace probablement vers la surface
En conséquence, le HVO a fait passer le niveau d’alerte volcanique de « Advisory » (surveillance conseillée) à « Watch » (Vigilance) et la couleur de l’alerte aérienne a été élevée du Jaune à l’Orange.
On pouvait aussi lire dans le message qu’une éruption dans l’Upper East Rift Zone du Kilauea, au sein du parc national, était une possibilité ; cependant, la situation évolue rapidement et il n’est pas possible de dire avec certitude si une éruption se produira. Il se peut que l’activité reste sous terre.
Si une éruption se produit, il n’est pas non plus possible de dire à quel endroit, mais la zone située entre le cratère Hi’iaka et le Mauna Ulu est à prendre en compte si on se réfère à l’activité éruptive du passé dans cette zone. Les éruptions passées dans ce secteur du Kilauea ont duré de quelques heures à environ un mois.

°°°°°°°°°°

Hier soir, j’ai reçu un autre message disant que « la sismicité et la déformation du sol dans l’Upper East Rift Zone du Kīlauea ont diminué de manière significative après l’activité intense observée le 23 juillet 2024 au matin. En conséquence, le HVO a fait revenir le niveau d’alerte volcanique de Watch (Vigilance) à Advisory (Surveillance conseillée) et la couleur de l’alerte aérienne est passée d’Orange à Jaune.

Source : HVO.

Malgré tous les instruments, il est encore très difficile de prévoir l’activité volcanique du Kilauea!

Source: HVO

—————————————————

Yesterday morning, the Hawaiian Volcano Observatory sent me a message  indicating that Kilauea Volcano was not erupting, but increased earthquake activity and ground deformation were observed near Pauahi Crater in the Upper East Rift Zone. (see map above). This shows that magma is likely moving in the subsurface.

Accordingly, HVO has raised the volcano alert level from Advisory to Watch and the aviation color code has been upped from yellow to Orange.

The message also said that an eruption in Kilauea’s Upper East Rift Zone within Hawai‘i Volcanoes National Park was one potential outcome; however, the situation is rapidly evolving, and it is not possible to say with certainty if an eruption will happen. Activity could remain underground.

If an eruption does occur, it also is not possible to say where it might occur, but the area between Hiʻiaka crater and Maunaulu is potentially at risk, based on past patterns of eruptive activity in this area. Past eruptions in this region of Kilauea’s Upper East Rift Zone have lasted from a few hours to about a month.

°°°°°°°°°°

Yesterday evening, I received another message saying that « earthquake and ground deformation rates in Kīlauea’s upper East Rift Zone decreased significantly following the burst of intense activity at approximately on July 23rd, 2024 in the morning. Accordingly, HVO is lowering the Volcano Alert Level from WATCH to ADVISORY and the Aviation Color Code from ORANGE to YELLOW.

Source: HVO.

Despite all the instruments, predicting volcanic activity on Kilauea Volcano is still very difficult!

Réveil du volcan sous-marin Axial (États Unis) // Awakening of Axial Seamount (United States)

Situé à environ 482 km à l’ouest d’Astoria, dans l’Oregon, le volcan sous-marin Axial – Axial Seamount – est le plus jeune volcan et le principal centre éruptif actif de la chaîne Cobb-Eickelberg, une chaîne de volcans sous-marins qui se termine au sud de l’Alaska. L’Axial se trouve à l’endroit où la chaîne croise la dorsale Juan de Fuca. Sa présence est le fruit du point chaud de Cobb, mais il se trouve aussi sur une zone d’accrétion océanique entre la plaque Juan de Fuca et la plaque nord-américaine, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous.

Carte Montrant la position de l’Axial sur la dorsale Juan de Fuca (Source : USGS)

L’Axial Seamount est le volcan le plus actif de la région nord-ouest du Pacifique. Depuis de nombreuses années, les chercheurs suivent attentivement son activité qui connaît un processus cyclique d’inflation et de déflation depuis sa dernière éruption en 2015, décrite dans ma note du 16 septembre 2015 :
https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

En mars 2024, le soulèvement du volcan sous-marin atteignait 90 – 95 % du niveau qui a précédé l’éruption de 2015 et se rapprochait du seuil susceptible de provoquer une nouvelle éruption. L’inflation, qui avait augmenté au moment de l’éruption de 2015, avait progressivement diminué jusqu’à ces derniers temps. Cependant, à partir d’octobre 2023, on a observé une augmentation significative du soulèvement au niveau de l’Axial, qui est actuellement estimé à 5 à 6 cm par an, signe d’un réveil potentiel du volcan. La hausse de l’inflation s’accompagne d’une augmentation de l’activité sismique avec de nombreuses secousses enregistrées récemment dans la région.

Source : NOAA

Les scientifiques affirment qu’une éruption pourrait se produire entre 2025 et 2026, mais admettent leur incapacité à prévoir un tel événement. Ils soulignent l’importance d’une surveillance et de recherches cohérentes pour améliorer la prévision des éruptions.
L’Axial Seamount présente la structure d’un volcan bouclier, semblable à ceux que l’on rencontre à Hawaï; elle contribue à son modèle éruptif distinct. Le comportement de l’Axial offre aux scientifiques des informations importantes sur les processus volcaniques sous-marins et les risques qui les accompagnent
Source : The Watchers.

————————————————–

Located about 482 km west of Astoria, Oregon, Axial Seamount is the youngest volcano and current eruptive center of the Cobb–Eickelberg Seamount chain, a chain of seamounts that terminates south of Alaska. Axial lies where the chain intersects with the Juan de Fuca Ridge. It is a product of the Cobb hotspot, but now sits on an ocean spreading center between the Juan de Fuca Plate and the North American Plate (see map above).

Axial Seamount is the most active volcano in the Pacific Northwest region. For many years, researchers have been keenly observing the activity of the volcano which has been undergoing a cyclical process of inflation and deflation since its last eruption in 2015 that I described in a post of September 16th, 2015 :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2015/09/16/confirmation-de-leruption-de-laxial-seamount/

By March 2024, the seamount was 90 – 95% reinflated to its pre-eruption level and was getting close to a crucial threshold that might cause another eruption. The inflation rate which originally surged at the time of the 2015 eruption has progressively decreased until recently. However, from October 2023  there has been a noticeable increase in the pace of uplift, which is now estimated at 5 – 6 cm per year, indicating a potential awakening.The rise in inflation is accompanied by an increase in seismic activity with many earthquakes rocking the region recently (see chart above).

Although no real prediction is possible, local scientists say that an eruption might occur between 2025 and 2026, but they admit the unpredictability of volcanic activity, emphasizing the importance of consistent monitoring and research to improve eruption forecasting.

Axial Seamount’s shield volcano structure, similar to those found in Hawaii, contributes to its distinct eruptive pattern. This behaviour offers scientists important information about underwater volcanic processes and their possible hazards.

Source : The Watchers.

Quelques nouvelles du Stromboli (Sicile)

On a de nouveau observé aujourd’hui 7 juillet 2024 une intensification de l’activité effusive sur la
Sciara del Fuoco, avec une coulée de lave bien alimentée émise par deux bouches situées à une altitude de 485 mètres. La lave atteint la littoral en formant un petit delta. Le contact avec la mer génère un nuage de vapeur. Des blocs continuent de se détacher de la coulée ; ils roulent le long de la Sciara et provoquent de petites explosions phréatiques.
L’amplitude moyenne du signal sismique est stable à des valeurs moyennes-basses jusqu’à
vers 10h25 UTC, avant de montrer un pic au-dessus des valeurs moyennes.

Source : INGV.

Vue de l’arrivée de la lave dans la mer vue par la caméra thermique (Source: INGV)

—————————————————-

Today, July 7th, 2024, there was a new increase in the effusive activity on the Sciara del Fuoco, with a well-fed lava flow emitted from two vents located at 485 m above sea level. Lava reaches the coastline forming a small delta. Its contact with the sea generates a steam cloud. Blocks continue to break away from the flow; they roll along the Sciara and cause small phreatic explosions.
The average amplitude of the seismic signal was stable at medium-low values until around 10:25 UTC, before showing a peak above average values.
Source: INGV.

Kilauea (Hawaii) : plus d’informations sur l’éruption du 3 juin 2024 // More information on the June 3rd eruption

Dans un nouvel épisode de la série « Volcano Watch », l’Observatoire des volcans hawaïens (HVO) explique le processus éruptif qui a conduit à la brève éruption du Kilauea le 3 juin 2024. Le Kīlauea a commencé à entrer en éruption à partir de fissures au sud-ouest de Kaluapele (la caldeira sommitale) juste après minuit le 3 juin et l’éruption a cessé neuf heures plus tard, même si les coulées de lave ont continué à se propager lentement pendant plusieurs heures.
Avant la brève éruption, le HVO avait enregistré pendant plusieurs semaines une hausse de l’activité sismique dans la zone sommitale. Cette hausse de la sismicité était liée aux mouvements du magma sous terre.
Le système d’alimentation du Kilauea comporte trois chambres principales : le réservoir sous l’Halema’uma’u, le réservoir sous la caldeira sud et le réservoir sous Keanakāko’i. Dans les semaines qui ont précédé la dernière éruption, il y a eu trois périodes d’activité distinctes. Du 27 avril au 3 mai, du 6 au 9 mai et du 17 au 18 mai. Deux essaims sismiques distincts se sont produits dans la caldeira sud et dans l’Upper East Rift Zone, comme on peut le vois sur les cartes ci-dessous.

 

Cartes montrant le comportement des deux groupes d’essaims sismiques sur le Kilauea au cours des quatre périodes d’activité. Le nombre d’événements dans le groupe de la caldeira sud augmente tandis que celui du groupe de l’Upper East Rift Zone diminue entre la première et la quatrième période. (Source: HVO)

Au cours de ces essaims, les emplacements des séismes ont souvent basculé entre le groupe de la caldeira sud et le groupe de l’Upper east Rift Zone, car le niveau de pression du magma fluctuait au sein des différentes régions de stockage. La déformation du sol a également augmenté au cours des essaims sismiques, indiquant une hausse du magma en accumulation sous la surface.
Bien que les séismes se soient produits en groupes distincts, ils pouvaient s’expliquer par une réaction aux contraintes créées par les chambres magmatiques situées à proximité. Pour cette raison, plusieurs scénarios étaient possibles. D’une part, l’accumulation de magma pouvait s’arrêter, sans aucune éruption. Une autre possibilité était que l’accumulation de magma se poursuive avec une éruption dans la caldeira sommitale, ou bien le magma pouvait migrer vers le sud-ouest en provoquant une intrusion ou une éruption. Comme on a pu le constater, le magma a migré vers le sud-ouest où s’est produite l’éruption.
Juste après midi le 2 juin, la sismicité a de nouveau augmenté sous la caldeira sud avant de s’intensifier rapidement. Le HVO a alors décidé de relever le niveau d’alerte volcanique et la couleur de l’alerte aérienne. pour le Kīlauea à 17h30.
Pendant 12 heures, des événements sismiques allant jusqu’à M4.1 ont secoué la région sommitale jusqu’à 0 h 30 le matin du 3 juin. C’est à ce moment qu’une fissure s’est ouverte à environ 2 km au sud-ouest de la caldeira. L’éruption s’est produite à proximité de fractures qui s’étaient ouvertes lors de l’intrusion de la fin janvier.

Crédit photo: HVO

Les éruptions dans cette zone – en 1971 et 1974 – ont été brèves, il n’est donc pas surprenant que la dernière éruption fissurale ait cessé neuf heures après son début. Elle s’est produite dans une zone retirée du Parc national des volcans d’Hawaii, sans causer de dégâts à des infrastructures.

C’est la première éruption dans cette zone du Kilauea depuis 50 ans, et de la première en dehors de la caldeira sommitale depuis 2018.

——————————————————

In a new ‘Volcano Watch’ episode, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) explains the eruptive process that led to the the brief eruption at Kilauea Volcano on June 3rd, 2024.

Kīlauea began erupting from fissures southwest of Kaluapele (the summit caldera) just after midnight on June 3rd and the eruption ceased just nine hours later, though lava flows continued to slowly spread for several more hours.

Prior to the brief eruption, HVO had recorded increased seismic activity in the summit area for weeks. It was linked to magma movements underground

The magma plumbing system at Kilauea is divided into three main chambers: the Halemaʻumaʻu reservoir, the south caldera reservoir, and the Keanakākoʻi reservoir. In the weeks leading up to the last eruption, there were three distinct periods of activity. From April 27th to May 3rd, May 6th to 9th and May 17th–18th. Two distinct clusters of earthquakes occurred in the south caldera and the upper East Rift Zone.

During these swarms, earthquake locations often switched between the south caldera cluster and the upper East Rift Zone cluster as magma pressure levels fluctuated within the different storage regions. Rates of ground deformation also increased during the seismic swarms, indicating an increased amount of magma was accumulating beneath the surface.

Although the earthquakes occurred in distinct clusters, they could have happened in response to the stresses created by magma chambers located nearby. For this reason, there were several possibilities scenarios. First, magma accumulation could stop, and no eruption would occur. Magma accumulation could continue with an eruption in Kaluapele or magma could migrate to the southwest with either an intrusion or eruption. As we now know, magma migrated to the southwest and it erupted.

Just after noon on June 2nd, earthquakes increased again beneath the south caldera region and intensified quickly, prompting HVO to raise the alert level and aviation color code for Kīlauea at 5:30 p.m.

For 12 hours, earthquakes of up to M4.1 shook the summit region until 12:30 a.m. June 3rd in the morning, when a fissure opened about 2 km southwest of the caldera. The eruption happened in the vicinity of ground cracks that formed in the late January intrusion.

Past eruptions in this area – in 1971 and 1974 – have been brief, so it was no surprise when the fissure stopped erupting nine hours after the eruption began. Fortunately, the short-lived eruption occurred within a closed area of Hawaʻi Volcanoes National Park; it did no damage to infrastructure. This was the first eruption in this area of Kilauea in 50 years, and the first eruption outside the summit caldera since 2018.