Sakurajima (Japon) : Baisse de l’activité ? // Activity may be decreasing

drapeau francaisSelon l’Agence Météorologique Japonaise (JMA), l’activité du Sakurajima qui s’était intensifiée samedi matin a diminué un peu tard ce même jour, mais l’Agence reste vigilante car une éruption majeure ne saurait être exclue. Le gonflement du volcan s’est stabilisé, ce qui signifie probablement que l’ascension du magma a momentanément ralenti.

Lors d’une réunion dimanche matin, les responsables des organismes gouvernementaux concernés sont convenus d’une politique visant à améliorer la surveillance du Sakurajima, à fournir des informations exactes et à offrir un soutien aux personnes évacuées. Des évacuations supplémentaires et des mesures de sécurité renforcées pourraient devenir nécessaires si la situation devait se détériorer. Les autorités ont également déclaré que l’activité volcanique devait être étroitement surveillée pendant au moins les deux prochaines semaines.
Malgré la baisse actuelle de l’activité, la JMA indique qu’il ne serait pas surprenant que le Sakurajima entre brutalement en éruption. En effet, il y a une volumineuse chambre magmatique 10 à 15 km en dessous de la surface de la mer au nord-est du Sakurajima, et on pense que ce magma est injecté dans une petite chambre magmatique qui se trouve à 4 ou 6 km sous l’édifice volcanique. Une augmentation de la pression dans cette petite chambre magmatique a vraisemblablement entraîné une hausse de pression du magma sous le Sakurajima, avec une augmentation de la fréquence des séismes volcaniques et du gonflement de la montagne.
La JMA pense qu’une éruption d’une ampleur semblable à celle en 1986 fait partie des possibilités. Toutefois, pour le moment, l’Agence n’a pas observé de signes indiquant une montée de magma qui conduirait à une éruption comme celle de 1914 pendant laquelle 58 personnes sont mortes ou ont été portées disparues.
Source: The Japan Times.

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drapeau anglaisAccording to the Japan Meteorological Agency (JMA), volcanic activity that intensified Saturday morning at Sakurajima apparently slowed somewhat late the same day, but the agency remains alert for signs of a major eruption. The swelling of the mountain also slowed, which probably means the rise of magma from an underground chamber has subsided for now.

At a meeting on Sunday, officials of relevant government agencies agreed on a policy to enhance the monitoring of Sakurajima, to provide accurate information and to offer support to evacuees. Additional evacuation and protective measures may become necessary if the situation worsens. They also said volcanic activity needs to be closely monitored for at least the next two weeks.

Despite the current decrease in activity, JMA indicates that it would be no surprise if Sakurajima were to erupt at any moment. Indeed, there is a large magma chamber 10 to 15 km below the sea surface northeast of Sakurajima, and magma in the chamber is thought to be pushing into a small magma chamber 4 to 6 km directly beneath the mountain. Increased pressure in the small chamber likely led to an upward pressure of magma under Sakurajima, raising the frequency of volcanic earthquakes and causing the swelling of the mountain.

JMA believes an eruption of a similar magnitude to one in 1986 may occur. For the time being, JMA has not observed signs indicating a surge of magma equivalent to an eruption in 1914, in which 58 people died or went missing.

Source: The Japan Times.

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Crédit photo: Wikipedia

Sakurajima (Japon): L’éruption de 1914 // The 1914 eruption

drapeau francaisLes derniers bulletins de la Japan Meteorological Agency et le passage du Sakurajima en alerte de niveau 4 (sur une échelle de 5) montrent que la situation doit être prise au sérieux. De plus, la recrudescence d’activité du Sakurajima intervient au moment du redémarrage du réacteur de la centrale nucléaire de Sendai, située à une cinquantaine de kilomètres du volcan. Beaucoup évoquent l’éruption de 1914 qui reste l’une des plus violentes dans l’histoire du volcan.

Voici un extrait du chapitre de mon livre « Killer Volcanoes » (aujourd’hui épuisé) consacré à l’éruption de 1914.

Lorsqu’une éruption commence en janvier 1914, le Sakurajima est endormi depuis un siècle. Elle est annoncée, comme souvent, par une crise sismique qui débute le 11 de ce mois et inquiète les autorités qui prennent tout de suite conscience de la gravité de la situation. Dans la ville de Kagoshima, on enregistre 417 secousses telluriques dans les trente heures précédant l’éruption. 

Dès que la terre se met à trembler le 11 janvier, les 22 000 habitants de l’île où trône à cette époque le Sakurajima, pêcheurs et fermiers pour la plupart, sont évacués en toute hâte à l’aide de tous les bateaux disponibles auxquels viennent se joindre ceux de la marine nationale le lendemain. Une partie de la population de Kagoshima est évacuée elle aussi car elle risque d’être exposée aux fureurs du volcan.  

Les émissions de gaz sont toujours visibles le 12 janvier au matin lorsque cinq bouches au moins s’ouvrent à 10h10 sur le flanc est du volcan. De puissantes explosions font naître d’énormes panaches de cendre d’une dizaine de kilomètres de hauteur. La colonne éruptive s’effondre par moments en déclenchant des coulées pyroclastiques. Les retombées de cendre sont intenses et la couche atteint un mètre d’épaisseur à vingt kilomètres de distance. Plus que l’éruption elle-même, c’est l’effondrement des toitures des maisons – surtout à Kagoshima – qui est responsable des trente-cinq victimes de l’événement. D’autres personnes périssent également – une dizaine semble-t-il – quand se produisent des glissements de terrain provoqués par un violent séisme de magnitude 6,7 à 18h29 le 12 janvier. Il est suivi d’un petit tsunami qui cause des dégâts aux bateaux dans le port.

Dans la soirée du 13 janvier, sur le coup de 20 heures, la région du Sakurajima est secouée par un nouveau séisme. Il marque un profond changement dans le comportement du volcan. Au lieu d’être explosive, l’activité devient effusive et elle donne naissance à deux champs de lave pendant les vingt jours suivants.  

L’activité effusive cesse le 20 janvier sur le versant ouest du Sakurajima mais reste bien présente sur le flanc est où la lave s’échappe de trois ensembles de deux cratères chacun. L’une des bouches de chaque couple laisse échapper la lave qui dégaze bruyamment par l’intermédiaire de sa voisine. La vitesse de progression est estimé à trente mètres à l’heure, ce qui est fort rapide pour de l’andésite. Les coulées couvrent une distance d’environ trois kilomètres depuis leur source et s’étalent sur environ deux kilomètres. Sur les dix-huit villages qui se trouvent sur les flancs du Sakurajima, sept sont recouverts et on estime que 2500 bâtiments ont été détruits par l’éruption. .

Le 1er février, la lave a rempli le chenal large de quatre cents mètres et profond de soixante-douze mètres qui sépare le Sakurajima de la Péninsule d’Oosumi. Le volcan se trouve donc relié au continent !

Dans les mois qui suivent, l’activité continue, alternant les phénomènes explosifs et effusifs, avec une recrudescence de ces derniers sur le versant est le 22 mars 1914. L’éruption s’achève définitivement au début de l’année 1915.

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drapeau anglaisThe latest bulletins from the Japan Meteorological Agency and the elevationof Sakurajima’s alert level to 4 (on a scale of 5) show that the situation must be taken seriously. In addition, the activity increase comes at the time of the restart of the reactor at the Sendai nuclear plant, about fifty kilometers from the volcano. Many evoke the 1914 eruption which remains one of the most violent in the history of the volcano.
Here is a summary of the chapter of my book « Killer Volcanoes » (now out of print) dedicated to the 1914 eruption.

When an eruption began in January 1914, Sakurajima had been asleep for a century. It was preceded, as often, by a seismic crisis that began on January 11th. The authorities got concerned and became immediately aware of the seriousness of the situation. In the city of Kagoshima, 417 earthquakes were recorded within thirty hours before the eruption.
As soon as the earth shook on January 11th , the 22,000 inhabitants of the island under the threat of Sakurajima, fishermen and farmers for most of them, were evacuated on board all available boats, together with  those of the Navy the next day. Part of the population of Kagoshima was also evacuated because it might be exposed to the fury of the volcano.
Gas emissions were still visible on January 12th  in the morning when at least five vents opened at 10:10 on the eastern flank of the volcano. Powerful explosions generated huge plumes of ash ten kilometers high. The eruption column collapsed at times, triggering pyroclastic flows. The ashfall was intense and the ash layer was still a meter thick twenty kilometers away. More than the eruption itself, it was the collapse of the roofs of houses – especially in Kagoshima – which was responsible for the thirty-five victims of the event. Other people also perished –  maybe ten – when landslides were caused by a massive earthquake measuring M 6.7 at 6:29 p.m. on January 12th . It was followed by a small tsunami which caused damage to the boats in the harbor.
On the evening of  January 13th , at 20:00, the Sakurajima region was shaken by another earthquake. It marked a profound change in the behavior of the volcano. Instead of being explosive, activity becomes effusive and gave birth to two lava fields for the next twenty days.
The effusive activity ceased on January 20th on the western side of Sakurajima but remained on the eastern side where lava was coming out of three sets of two craters. One of the vents of each couple of craters released lava that degassed loudly through its neighbor. The speed of the lava was estimated at thirty meters per hour, which is very fast for andesite. Lava flows covered a distance of about three kilometers from their source and spread over a width of about two kilometers. Out of the eighteen villages located on the slopes of Sakurajima, seven were covered by lava and an estimated 2500 buildings were destroyed by the eruption. .
On February 1st, the lava filled the 400-hundred-metre-wide channel, seventy-two meters deep, between Sakurajima and the Oosumi Peninsula. The volcano was thus connected to the mainland!
In the following months, activity continued, alternating explosive and effusive phenomena, with a resurgence of these on the eastern slope on 22 March 1914. The eruption ended for good in early 1915.

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Hausse du niveau d’alerte du Sakurajima (Japon) // Alert level raised for Sakurajima (Japan)

drapeau francaisQuelques jours après le redémarrage d’un réacteur à la centrale nucléaire de Sendai, les autorités japonaises ont élevé à 4 le niveau d’alerte du Sakurajima et demandé aux habitants à proximité du volcan de se tenir prêts à évacuer. L’activité sismique a commencé à augmenter sur le Sakurajima vers 7 heures samedi matin et une éruption majeure pourrait se produire dans le court terme.
Le volcan est situé à une cinquantaine de kilomètres de la centrale nucléaire de Sendai qui se trouve également près de cinq grandes caldeiras, avec la plus proche à environ 40 km. Pourtant, l’Autorité de Régulation Nucléaire affirme que le risque d’une éruption volcanique majeure au cours de la durée de vie de l’usine de Sendai est négligeable.

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drapeau anglaisA few days after the restart of a reactor at the Sendai nuclear plant, Japanese authorities have raised to 4 the alert level of Sakurajima and asked nearby residents to prepare to evacuate. Seismic activity started increasing on Sakurajima at about 7:00 on Saturday morning and a major eruption might occur in the short term.

The volcano is located about 50 km from the nuclear facility. It is also located near five giant calderas, with the closest one some 40 km away. Still, the Nuclear Regulation Authority (NRA) has said the chance of major volcanic activity during the lifespan of the Sendai plant is negligible.

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La folie japonaise // Japanese madness

drapeau francaisLe Japon redémarre son programme d’énergie nucléaire aujourd’hui, avec la mise en marche d’un réacteur situé à seulement 50 km du volcan Sakurajima. La centrale nucléaire de Sendai, sur l’île de Kyushu, sera donc la première à fournir de nouveau de l’énergie depuis l’arrêt de tous les réacteurs japonais après la crise de la centrale de Fukushima en 2011.
Le projet de redémarrage des réacteurs nucléaires a provoqué un vif émoi au Japon, mais le Premier Ministre japonais insiste sur le fait que l’énergie nucléaire est une source indispensable d’électricité pour le pays qui ne possède pas de réserves de pétrole ou de gaz naturel. L’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) a déclaré que Kyushu Electric Power, l’exploitant de la centrale, a mis en place de nouvelles règles strictes de sécurité.
Selon un sondage d’opinion, les écologistes et 57% des Japonais s’opposent à ce redémarrage car le Japon est exposé aux séismes et aux tsunamis. De plus, à proximité de la centrale de Sendai se dresse le volcan Sakurajima, qui est en éruption depuis 60 ans et qui émet presque continuellement des panaches de cendre fine. Sendai se trouve également à seulement 50 km de Kagoshima, une ville de 600 000 habitants.
Environ 400 personnes ont manifesté hier devant la centrale de Sendai. Selon un expert nucléaire de Greenpeace Allemagne, « le réacteur Sendai a passé avec succès l’examen réglementaire, mais beaucoup de questions de sécurité ont été laissées de côté. Kyushu Electric Power et la NRA ne sont pas parvenues à assurer la sécurité des réacteurs, ignorant délibérément le risque de séisme majeur. » Kyushu Electric Power affirme de son côté que les risques qu’une éruption volcanique affecte la centrale sont « infiniment faibles ».
Les écologistes regrettent que Kyushu Electric ait négligé l’effet d’importantes retombées de cendre sur les machines de la centrale et qu’aucun plan d’évacuation n’ait été prévu pour les personnes vivant à proximité.
Source: Médias internationaux.

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drapeau anglaisJapan is restarting its nuclear power program today by switching on a nuclear reactor situated only 50 km from Sakurajima volcano. The Sendai nuclear power plant, on the island of Kyushu, will be the first to be brought back to life since all of Japan’s reactors were shut down after the meltdown at the Fukushima plant in 2011.

The plan has caused public alarm but the Japanese Prime Minister insists that nuclear energy is an indispensable source of electricity in a country with no oil or natural gas reserves. The Nuclear Regulation Authority (NRA) has declared that Kyushu Electric Power, the plant’s operator, has put in place stringent new safety rules.

According to an opinion poll, environmentalists and 57% of the Japanese oppose the restart because of anxieties about earthquakes, tsunamis and the Sakurajima volcano, which has been erupting for the past 60 years and almost continuously spews fine ash. Sendai is also only 50 km from Kagoshima, a city of 600,000 people.

About 400 people demonstrated in front of the plant yesterday. According to a nuclear expert with Greenpeace Germany, “the Sendai reactor has passed regulatory review but there are many safety issues ignored. Kyushu Electric and the NRA have failed to ensure the safety of the reactors, including deliberately ignoring major earthquake risks.” Kyushu Electric argues that the chances of a volcanic eruption affecting the plant are vanishingly low.

Environmentalists complain that the company has paid insufficient attention to the effect of heavy ash fall on the plant’s machinery and that no evacuation plan has been devised for people living close to the plant.

Source : International news media.

Sakurajima-6-nov

Episode éruptif du Sakurajima en novembre 2014 (vue webcam)