Fonte des glaciers islandais : Les derniers chiffres // Melting of Icelandic glaciers : Latest figures

Selon le National Land Survey of Iceland, organisme qui gère les relevés topographiques en Islande, la superficie des glaciers islandais a diminué de 215 km2 entre 2012 et 2018. Depuis 2000, leur superficie a diminué de 647 km2, soit en moyenne 36 km2 par an. Cela représente un recul de 5,8% en 18 ans.
Ces chiffres sont les résultats du projet CORINE d’occupation des sols, la première classification détaillée de la couverture des sols pour l’ensemble du pays. Trente-neuf nations européennes participent à ce projet.
Les images satellites sont utilisées pour cartographier la topographie selon un système de catégorisation. Les modifications d’occupation des sols sont cartographiées tous les six ans. La classification CORINE a été réalisée pour la première fois en Islande en 2000 et a depuis été mise à jour à trois reprises: en 2006, 2012 et 2018.
Selon la dernière cartographie CORINE achevée en 2018, la superficie représentée par tous les changements d’occupation des sols en Islande depuis 2012 couvrait environ 770 km2.
La catégorie 332 montre que la zone où la lave et les rochers ont été mis à découvert, a augmenté de 266,5 km2. Cela est dû principalement au recul d’un glacier, mais cette surface mise à nue par la fonte du glacier s’est trouvée réduite de 112,7 km2 du fait de la couverture des sols de façon naturelle par la végétation. Ainsi, l’augmentation référencée dans la catégorie 332 a été de 153,8 km2.
De la même manière, la zone sableuse de Hólasandur dans le nord de l’Islande a enregistré une évolution positive. En effet, une surface rocheuse qui était apparue sur une superficie de 41,6 km2 a été en partie recouverte par la végétation, principalement par des lupins, et une superficie de 7,8 km2 a été entièrement végétalisée. .
Source: Iceland Monitor.

La figure ci-dessous montre le Síðujökull, une langue glaciaire à l’ouest du glacier Vatnajökull, qui a peu à peu reculé. Au cours des 18 dernières années, le Síðujökull a reculé de 1 200 à 1 300 mètres, soit 70 mètres par an en moyenne. Un recul semblable a été observé sur le glacier Snæfellsjökull (voir mon post du 16 mai 2019).

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According to the National Land Survey of Iceland, the area of Icelandic glaciers decreased by 215 km2 from 2012 to 2018. Since 2000, their area has decreased by 647 km2, or on average by 36 km2 a year. This constitutes a 5.8 percent shrinkage in 18 years.

These figures are the result of the CORINE land cover project, the first detailed land use/land cover classification to be completed that includes the whole country. Thirty-nine European nations participate in this project.

Satellite pictures are used to map land forms, according to a certain categorization system. Changes in land forms are mapped every six years. The CORINE classification was first done in Iceland in 2000 and has since been updated three times: in 2006, 2012 and 2018.

According to the latest CORINE mapping, completed in 2018, the area of all land form changes in Iceland since 2012 encompassed about 770 km2.

Category 332, bare lava and rocks, grew by 266.5 km2, mainly as land emerged as the result of a receding glacier, but was reduced by 112.7 km2 as the result of soil reclamation or natural increase in ground cover. Thus, the total increase in this category was 153.8 km2.

A positive development has occurred at Hólasandur sand in North Iceland, where a rocky surface developed into semi-vegetated land, mostly lupine-covered, in an area of 41.6 km2, and semi-vegetated land changed to fully vegetated in an area of 7.8 km2.

Source : Iceland Monitor.

The figure below shows the example of Síðujökull, a glacier tongue on the west side of Vatnajökull glacier, which has gradually retreated. During the last18 years, it has retreated 1,200-1,300 metres, or 70 metres a year on average. A similar development has taken place on Snæfellsjökull glacier (see my post of May 16th, 2019).

Source: National Land Survey of Iceland

 

Le recul des glaciers en images // Images of the glacial retreat

Voici une animation fort intéressante qui montre les avancées et retraits des glaciers alpins durant la dernière période glaciaire. Réalisée par le glaciologue Julien Seguinot, elle  permet d’observer le recul des glaciers dans les Alpes depuis 120 000 ans. Réalisée à partir des traces de glaces prélevées sur le terrain et d’un modèle numérique sur la physique des glaciers, l’animation témoigne de la vaste étendue des glaciers pendant la dernière période glaciaire et de leur retrait progressif jusqu’à aujourd’hui. On remarquera en particulier qu’il y a environ 25000 ans, les glaciers alpins remplissaient la plupart des vallées et s’étendaient même dans les plaines

https://vimeo.com/320693650

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Here is a very interesting timelapse video showing the advances and retreats of alpine glaciers during the last ice age. Directed by glaciologist Julien Seguinot, it shows the retreat of glaciers in the Alps for 120,000 years. Based on ice traces taken from the field and a digital model on glacier physics, the video shows the vast expanse of glaciers during the last ice age and their gradual retreat until today. It should be noted that about 25,000 years ago, alpine glaciers filled most valleys and even spread over the plains

https://vimeo.com/320693650

En Suisse, les glaciers Aletsch et du Rhône reculent de façon spectaculaire (Photos: C. Grandpey)

Les glaciers du Mont Baker (Etats-Unis) // Mt Baker’s glaciers (United States)

Le Mont Baker (3285 m) dans l’État de Washington est l’un des volcans de la Chaîne des Cascades. Il est toujours actif et pourrait devenir une menace pour les localités environnantes. Malgré la chaleur qui règne sous la montagne, le Mont Baker est le deuxième sommet des États-Unis – après le mont Rainier – au vu du nombre de glaciers sur ses pentes. Ils ont de bonnes zones d’accumulation grâce aux fortes et fréquentes chutes de neige dans la région. Après l’Alaska, le Mont Baker détient le deuxième plus grand système glaciaire des États-Unis sur un seul sommet. Après une augmentation de leur taille entre 1950 et 1975, les glaciers reculent actuellement sous les coups de boutoir du réchauffement climatique.
Le Boulder est l’un des glaciers du mont Baker. Il s’étale sur le versant est du stratovolcan. Ce glacier très pentu réagit rapidement aux variations climatiques. Après avoir reculé de plus de deux kilomètres par rapport à sa taille maximale atteinte au cours du Petit Age glaciaire, il a commencé à progresser dans les années 1950. Toutefois, la progression du glacier a cessé en 1979 et il a reculé dans les années suivantes, jusqu’à aujourd’hui.
En 1988, le glacier avait reculé de seulement 25 mètres par rapport à sa position la plus avancée de la période 1950-1979.
En 1993, le glacier avait reculé de 100 mètres par rapport à sa position de 1988. A cette époque, les 500 derniers mètres du glacier étaient de toute évidence immobiles.
En 2003, le glacier avait reculé de 300 mètres supplémentaires.
En 2008, le glacier avait reculé de 490 mètres par rapport à sa position de 1980, à raison de 16 mètres par an. .
Le recul de 1980 à 2018 a été en moyenne de 730 mètres, à une vitesse relativement constante. Le recul représente 20% de la longueur totale du glacier et le front du glacier s’est élevé d’environ 175 mètres. Après près de 40 ans de recul, ce glacier n’est toujours pas à l’équilibre et il continuera de reculer.
Au cours de la période 2013-2018, la ligne de neige de fin d’été a été particulièrement élevée, en moyenne à environ 2100 mètres d’altitude. Le glacier Boulder réagit rapidement au changement climatique. Cependant, les climatologues locaux pensent que le glacier a une zone d’accumulation stable et suffisante pour survivre au climat actuel.

Le glacier Boulder sur le Mont Baker me rappelle Athabaska qui recule de la même manière dans les Rocheuses canadiennes. Chaque été, il perd entre 10 et 25 mètres de longueur. Il a perdu environ 2 kilomètres depuis 1844, époque du Petit Age Glaciaire. Il mesure 6 kilomètres aujourd’hui, contre 8 kilomètres au milieu du 19ème siècle. Des bornes montrent à quelle vitesse le glacier recule.
Source: AGU 100 Blogosphère.

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Mount Baker (3285 m) in Washington State is one of the volcanoes of the Cascade Range. It is still active and might become a menace to the surrounding municipalities. Despite the heat beneath the mountain, Mt Baker is the second summit of the U.S. –after Mount Rainier – for the number of glaciers on its slopes. They have good accumulation zones thanks to the frequent heavy snowfalls in the region. Mount Baker holds the second glacial system of the U.S. on a single summit, after Alaska. After an increase in their size between 1950 and 1975, the glaciers are now retreating because of climate change. .

Boulder Glacier is one of the glaciers on Mt Baker. It flows down the east side of the strato volcano. This steep glacier responds quickly to climate change and after retreating more than two kilometres from its Little Ice Age Maximum, it began to advance in the 1950s. The glacier advance ceased by 1979 and it retreated in the following years up to now.

In 1988, the glacier had retreated only 25 meters from its furthest advance of the 1950-1979 period.

By 1993, the glacier had retreated 100 metres from this position. At this time the lower 500 metres of the glacier was clearly stagnant.

By 2003, the glacier had retreated an additional 300 metres.

In 2008, the glacier had retreated 490 metres from its 1980 advance position, at a rate of 16 metres per year.  .

Retreat from 1980-2018 has averaged 730 metres, with the rate being relatively consistent.  The retreat amounts to 20% of the total glacier length lost and the terminus elevation has increased by about 175 metres. This glacier after nearly 40 years of retreat is still not approaching equilibrium and will continue to retreat.

During he 2013-2018 period the end of summer snowline has been particularly high averaging about 2100 metres a.s.l. Boulder Glacier does respond fast to climate change. However, local climatologists think the glacier has a consistent accumulation zone and can survive current climate.

 

Boulder Glacier on Mt Baker reminds me of Athabaska  in the Canadian Rockies which is retreating in the same way. Every summer it loses between 10 and 25 metres in length. It has lost about 2 kilometres since 1844, the Little Ice Age period. It measures 6 kilometres today, versus 8 kilometres in the mid 19th century. Landmarks show how fast the glacier is retreating.

Source: AGU 100 Blogosphère.

Vues du Mont Baker (Photos: C. Grandpey)

Recul du glacier Boulder entre 1985 et 2003 (Source: AGU 100)

Recul du glacier Athabasca (Photos: C. Grandpey)

La fonte du Glacier Grey (Patagonie / Chili) // The melting of Grey Glacier (Patagonia / Chile)

Les glaciers qui terminent leur course dans la mer ou dans un lac ont une aptitude à donner naissance à des icebergs, phénomène appelé vêlage. En Islande, le Vatnajökull fait partie de ces glaciers et le Jokulsarlon est l’une des attractions touristiques les plus populaires du pays.

En Amérique du Sud, dans la Patagonie chilienne, le Glacier Grey libère lui aussi de temps en temps des icebergs dans le lac du même nom. Il présente une superficie de 270 km2, dans la partie ouest du parc national de Torres del Paine, une importante attraction touristique. C’est l’un des 24.100 glaciers du Chili.

On a noté ces derniers temps une accélération du phénomène, de toute évidence sous l’effet du réchauffement climatique. En effet, en l’espace de quinze jours, deux impressionnants icebergs viennent de se détacher du glacier.

Le 20 février 2019, un iceberg géant de 8,8 hectares (l’équivalent de six terrains de football) a rompu ses amarres et s’est séparé de l’une des parois du glacier Grey.

Peu de temps après, le 7 mars, un deuxième bloc d’environ 6 hectares s’est détaché à son tour du glacier. Le laps de temps entre de tels évènements n’a jamais été aussi court.

Ces deux fractures ont provoqué un recul de 500 mètres du Glacier Grey, soit plus de la moitié de ce qui a été enregistré au cours de la dernière décennie. Un plus petit iceberg s’était également détaché en 20l7. Selon un glaciologue chilien, « il est certain que la perte de masse au cours des années précédentes était moins importante que cette année ».

Les scientifiques qui suivent l’évolution du Glacier Grey affirment qu’au cours des 30 dernières années il a perdu environ deux kilomètres. Selon une étude des Nations Unies publiée en 2018, 95 % des glaciers chiliens ont reculé. Les scientifiques affirment que les températures inhabituelles de l’été austral cette année avec jusqu’à 31°C en Patagonie, ont affaibli les parois du glacier. Selon eux, le recul des glaciers coïncide avec la hausse de la température observée dans la région. De plus, l’augmentation des précipitations amplifie la fonte de la glace, et fait monter le niveau de l’eau du Lac Grey. La perte de glace a également réduit la capacité du glacier à réfléchir les rayons du soleil, ce qui influe sur le réchauffement climatique.

Source : Presse internationale.

En cliquant sur ce lien, vous verrez ne vidéo montrant le glacier et le lac Grey, ainsi que les deux icebergs mentionnés dans l’article.

https://fr.euronews.com/2019/03/13/au-chili-deux-morceaux-du-glacier-grey-se-separent-a-quelques-semaines-d-intervalle

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Glaciers that end their course in the sea or in a lake have the ability to give birth to icebergs, a phenomenon called calving. In Iceland, Vatnajökull is one of these glaciers and Jokulsarlon is one of the post popular tourist attractions of the country.
In South America, in Chilean Patagonia, Grey Glacier releases icebergs in the lake of the same name from time to time. It has an area of ​​270 square kilometres and is located in the western part of Torres del Paine National Park, another major tourist attraction. It is one of the 24,100 glaciers of Chile.
Recently, there has been an acceleration of the phenomenon, obviously as a result of global warming. Indeed, in the space of fifteen days, two impressive icebergs have just come off the glacier.
On February 20th, 2019, a giant 8.8-hectare iceberg (the equivalent of six football fields) broke off and separated from one of the walls of Grey Glacier.
Shortly thereafter, on March 7th, a second block of about 6 hectares broke off from the glacier. The lapse of time between such events has never been so short.
These two events caused a 500-metre rtreat of Grey Glacier, more than half of what has been recorded over the past decade. A smaller iceberg also broke off from the glacier in 20l7. According to a Chilean glaciologist, « it is certain that the loss of mass in previous years was less significant than this year. »
Scientists who follow the evolution of Grey Glacier say that over the past 30 years it has retreated about two kilometres. According to a United Nations study published in 2018, 95% of Chilean glaciers have retreated. Scientists say that the unusual temperatures of the current austral summer, with temperatures as high as 31°C in Patagonia, have made the walls of the glacier more fragile. They think the retreat of the glaciers coincides with the increase of the temperatures observed in the region. In addition, the increase in precipitation amplifies the melting of the ice and the water level of Grey Lake. The loss of ice has also reduced the glacier’s ability to reflect sunlight, affecting global warming.

Source: International Press.

By clicking on this link, you will see a video showing grey Glacier and the lake, as well as the two icebergs mentioned in the article.

https://fr.euronews.com/2019/03/13/au-chili-deux-morceaux-du-glacier-grey-se-separent-a-quelques-semaines-d-intervalle

Le Glacier Grey en 2006 (Crédit photo : Wikipedia)