Effondrement des Alpes (suite) // Collapse of the Alps (continued)

Dans la matinée du 27 décembre 2019, de nombreux randonneurs et skieurs de la station de ski italienne de Crissolo ont assisté à l’effondrement d’une partie de la face Nord du Monte Viso. Cette montagne, qui culmine à 3841 mètres d’altitude est frontalière des Hautes-Alpes, et plus particulièrement de la vallée du haut-Guil, dans le Queyras.

D’après la presse italienne, l’effondrement se serait produit à environ 3300 mètres d’altitude, sur la gauche de la face nord, et non loin du refuge Quintino Sella.

Les causes de cet effondrement, filmé par de nombreux usagers de la montagne, sont pour le moment indéterminées, mais il est fort à craindre que l’on se trouve à nouveau dans le contexte de la fonte du permafrost de roche qui assure la cohésion des massifs rocheux.

Déjà le 6 juillet1989, une grande partie du glacier supérieur de Coolidge s’était détachée, provoquant la chute de roches et de glace jusqu’au lac Chiaretto. L’événement avait été attribué à des conditions climatiques et morphologiques défavorables.

Source : Presse italienne.

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In the morning of December 27th, 2019, many hikers and skiers from the Italian ski resort of Crissolo witnessed the collapse of a portion of the North Face of Monte Viso. This mountain, which rises to 3,841 metres above sea level, borders the French Hautes-Alpes, and more particularly the Haut-Guil valley, in Queyras.
According to the Italian press, the collapse occurred at an altitude of about 3,300 metres, on the left side of the north face, and not far from the Quintino Sella refuge.
The causes of this collapse, filmed by many mountaineers, are for the moment undetermined, but it is feared that we are again in the context of the melting of the rock permafrost which ensures the cohesion of the rock structures.
Already on July 6th, 1989, a large part of the upper Coolidge glacier had detached, causing the fall of rocks and ice to Lake Chiaretto. The event was attributed to unfavorable climatic and morphological conditions.

Source: Italian newspapers.

Le Monte Viso vu depuis le col de Chamoussiere (Crédit photo: Wikipedia)

La neige va-t-elle disparaître de nos montagnes ?

Nous sommes fin  décembre 2019 – début janvier 2020. L’hiver vient de débuter officiellement au calendrier et la saison de ski devrait commencer à battre son plein. Le problème, c’est que le réchauffement climatique est en train de brouiller les cartes et toutes les stations ne sont pas logées à la même enseigne. Si les stations alpines de haute altitude bénéficient de condition d’enneigement favorables, il n’en va pas de même de leurs homologues de moyenne et basse montagne. Celles du Jura et du Massif Central, en particulier, font grise mine. La situation n’est pas brillante non plus dans les Pyrénées où de nombreuses pistes restent fermées. La France connaît ces jours-ci un régime de hautes pressions et de nouvelles chutes de neige ne sont pas prévues à court terme par Météo France.

La neige est pourtant un enjeu économique. Avec 10 millions de touristes par an dans les stations, et 53 millions de forfaits journaliers, la France est numéro 3, derrière les États-Unis et l’Autriche. L’or blanc génère deux milliards d’euros de chiffre d’affaire et 120 000 emplois, mais la poule a peut-être pondu la plus grande quantité de ses œufs d’or ! Le GIEC prévoit un réchauffement climatique au-delà de 2,5°C 2100, et la neige aura probablement déserté une grande partie de nos montagnes d’ici là. Comme on peut le lire sur le site web de la radio France Info, « il faudra faire du ski dans la Cordillère des Andes ou dans l’Himalaya ! »
Certes, il y aura encore des périodes d’enneigement, mais une étude récente prévoit que les stations situées autour de 1500 mètres perdront dans quelques années 100 jours de neige par an, particulièrement en début et fin de saison. En conséquence, de plus en plus de stations s’équipent de canons à neige, en sachant que pour que ces enneigeurs fonctionnent il faut des températures suffisamment basses, ce qui n’est pas gagné ! En plus, ces canon à neige sont très gourmands : Pour un hectare à enneiger, il faut pulvériser 4 000 m3 d’eau, l’équivalent d’une piscine olympique. Pour l’ensemble des pistes les plus menacées, c’est 28 milliards de litres d’eau, c’est la consommation en eau potable de 540 000 habitants par an. On va me rétorquer que cette eau provient de réserves collinaires et ne tire donc pas sur le réseau d’alimentation domestique. C’est vrai, mais suffiront-elles toujours à produire la neige de culture ?
Un autre article de France Info donne l’exemple de la station de ski d’Auron (Alpes-Maritimes) qui a recours aux enneigeurs pour compenser l’absence de neige naturelle causée par le réchauffement climatique. Pour assurer une quantité suffisante, la station a investi 28 millions d’euros dans la neige de culture depuis 2002. 405 enneigeurs ont ainsi été installés. Leur production n’a cessé d’augmenter ces dernières années, mais le coût est considérable: un euro le mètre cube de neige fabriqué. Depuis le début de la saison, la station a ainsi dépensé 75 000 euros. De plus, la ressource en eau pose problème. Stockée dans une réserve collinaire, elle s’évapore en partie lors de la production de neige de culture. Pourtant, sans de tels équipements, l’avenir de la station serait compromis. Dans cette partie des Alpes, les scientifiques expliquent que l’enneigement hivernal moyen pourrait baisser de 10 à 40 % d’ici 2050.

Source : France Info.

Sans canons à neige, la saison de ski serait fortement compromise (Photo: C. Grandpey)

Et en plus elle ment!

Dans une note diffusée le 26 décembre 2019 et intitulée « Ségolène Royal snobe le Conseil de l’Arctique »,  j’indiquais que l’ambassadrice chargée des négociations internationales pour les pôles Arctique et Antarctique était convoquée devant l’Assemblée Nationale pour donner des explications sur son absence à l’ensemble des réunions officielles du Conseil de l’Arctique. Il est bon de rappeler que le Conseil de l’Arctique est une instance intergouvernementale qui réunit 8 États membres, des organisations de peuples autochtones, des scientifiques et des pays observateurs comme la France. Certaines ont lieu tous les six mois, d’autres tous les deux ans.

Ségolène Royal a affirmé que son absence aux réunions du Conseil de l’Arctique ne posait pas de problème, et que son prédécesseur Michel Rocard ne s’y était rendu qu’une fois en sept ans. C’est faux ! Contrairement à ce qu’affirme Madame Royal, Michel Rocard, décédé en 2016, s’est bel et bien rendu trois fois aux réunions du Conseil de l’Arctique, en 2009, 2011 et 2013. Sa présence est mentionnée sur les listes d’émargement, accessibles en ligne sur le site du Conseil de l’Arctique.

L’absence de Ségolène Royal à ces réunions est fort regrettable. En effet, elle aurait pu faire entendre la voix de la France et s’opposer aux Etats Unis qui ne voulaient pas qu’il y ait dans le document final la moindre référence à la COP 21, au changement climatique ou aux 2°C. Un spécialiste des pôles a souligné que « la France avait un boulevard » pour « incarner un leadership climatique » et que cette occasion a été gâchée par l’absence de Madame Royal aux différentes réunions.

Source : France Info.

2020 sera une autre année chaude // 2020 will be another hot year

Alors que se termine 2019, le Met Office (agence météo britannique) a fait des pronostics climatiques pour l’année 2020 qui devrait confirmer la tendance récente et être l’une des années les plus chaudes depuis le début des mesures en 1850.

L’année 2015 a été la première où la température moyenne globale a dépassé 1,0°C au-dessus de la période préindustrielle (1850-1900). L’année la plus chaude jamais enregistrée a été 2016 avec +1,16°C, en grande partie à cause du réchauffement provoqué par El Niño dans le Pacifique tropical. 2020 devrait être encore une année très chaude, aux alentours de +1,11°C, mais sans l’influence d’El Niño qui est susceptible d’ajouter près de 0,2°C lors des événements extrêmes.

Le Met Office prévoit que la température moyenne mondiale pour 2020 se situera entre +0,99°C et +1,23°C  avec une estimation centrale de 1,11°C au-dessus de la période préindustrielle. Si cette prévision centrale se confirmait, cela en ferait la deuxième année la plus chaude des archives après 2016 et mettrait 2020 quasiment au même niveau que 2019.

En l’absence de réchauffement induit par El Niño dans le Pacifique, seule l’augmentation des niveaux de gaz à effet de serre est à l’origine des prévisions de température pour 2020.

Les calculs sont basés sur les principaux moteurs du climat mondial, mais elles n’incluent pas les événements imprévisibles, tels qu’une grande éruption volcanique, qui provoquerait un refroidissement temporaire.

Les prévisions du Met Office pour la température moyenne mondiale de 2019, publiées fin 2018, annonçaient entre +0,98°C et +1,22°C avec une estimation centrale de +1,10°C. Cela concorde étroitement avec la température mondiale effectivement observée cette année.

Source : global-climat.

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As 2019 is coming to an end, the Met Office (UK weather agency) has made weather forecasts for 2020, which should confirm the recent trend and that it should be one of the hottest years since the start of measurements in 1850.
2015 was the first year during which the global average temperature exceeded 1.0°C above the pre-industrial period (1850-1900). The hottest year on record was 2016 with + 1.16°C, largely due to the warming caused by El Niño in the tropical Pacific. 2020 should be another very hot year, around + 1.11°C, but without the influence of El Niño which is supposed to add almost 0.2°C during extreme events.
The Met Office predicts that the global average temperature for 2020 will be between + 0.99°C and + 1.23°C with a central estimate of 1.11°C above the pre-industrial period. If this central forecast is confirmed, it would make it the second hottest year in the archives after 2016 and put 2020 almost at the same level as 2019.
In the absence of El Niño-induced warming in the Pacific, only increasing greenhouse gas levels are behind the temperature forecast for 2020.
The calculations are based on the main drivers of the global climate, but they do not include unpredictable events, such as a large volcanic eruption, which would cause temporary cooling.
The Met Office forecasts for the 2019 global average temperature, published at the end of 2018, announced between + 0.98°C and + 1.22°C with a central estimate of + 1.10°C. This closely matches the global temperature actually observed this year.
Source: global-climat.

Anomalies thermiques à l’échelle mondiale par rapport à 1850-1900 à partir des données collectées par le Met Office ; la NASA et la NOAA.