Vague de chaleur et fonte des glaciers en Argentine // Heat wave and glacier melting in Argentina

Comme de nombreuses régions du monde – la France ces jours derniers – l’Amérique du Sud traverse une vague de chaleur, avec des températures qui dépassent de 10 °C la moyenne saisonnière en de nombreux endroits. L’Argentine est le pays le plus touché, avec 17 provinces qui connaissent des températures record.
La vague de chaleur a provoqué des incendies de forêt dans la province argentine de Cordoba mais aussi au Chili, ainsi que la perte de la couverture neigeuse de plusieurs glaciers andins en Argentine.
Le glacier Upsala est le troisième plus grand glacier du champ de glace du sud de la Patagonie. Sa partie supérieure se situe dans une zone entre le Chili et l’Argentine. Son front sud se trouve dans le Parc national Los Glaciares en Argentine. Il s’écoule à partir du champ de glace du sud de la Patagonie, d’où part également le glacier Perito Moreno, vers le lac Argentino.
L’Upsala fait partie des nombreux glaciers qui ont considérablement reculé au cours des 50 dernières années en raison de la hausse des températures. Il a été photographié par des satellites d’observation de la Terre qui ont montré qu’il a reculé d’environ 9 km depuis 1986.
Dans l’image ci-dessous, capturée par l’un des satellites Copernicus Sentinel-2 le 22 septembre 2023, le terminus du glacier en 1986 est mis en évidence par une ligne jaune. Le recul est parfaitement visible ainsi que le fait que les glaciers Upsala et Bertacchi, qui étaient encore unis en 2016, sont désormais séparés. C’est un peu comme les glaciers des Bossons et de Taconnaz dans nos Alpes, dont la Jonction n’existe plus.
Source : Copernicus.

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Like many parts of the world – Franc in the past days – South America is going through a heatwave, with temperatures rising 10ºC above the seasonal average in many places. Argentina is most affected, with 17 provinces experiencing record-breaking temperatures.

The heatwave has also resulted in wildfires in the provonce of Cordoba, in Chile, and the loss of snow cover on several Andean glaciers in Argentina.

The Upsala Glacier is ranked as the third largest glacier in the Southern Patagonian Ice Field. Its higher portion lies in an area between Chile and Argentina. Its southern side is located in Los Glaciares National Park in Argentina. It flows from the Southern Patagonian Icefield, from which the Perito Moreno Glacier also flows, towards Lake Argentino.

Unfortunately, many glaciers in the area, including Upsala, have significantly retreated over the last 50 years due to rising temperatures. The Upsala Glacier has been observed closely by Earth Observation satellites, which have shown that the glacier has retreated by around 9 km since 1986.

In the image below, captured by one of Copernicus Sentinel-2 satellites on 22 September 2023, the terminus of the glacier as it was in 1986 is highlighted with a yellow line. The retreat can clearly be seen as well as the fact that the Upsala and the Bertacchi Glaciers, which were still joined in 2016, are now separated. It is like the Bossons and taconnaz in our Alps, where the Junction no longer exists.

Source : Copernicus.

Source: Copernicus

La Grave (Hautes-Alpes) : un projet de téléphérique met le feu à la montagne

Situé au-dessus du village de la Grave (Hautes-Alpes), petit village au pied de la Meije, sur le route du col du Lautaret et accessible par un téléphérique, le glacier de la Girose s’étire entre 3600 m et 2800 m. Comme ses homologues alpins, il est en train de fondre sous les coups de boutoir du réchauffement climatique. A l’arrivée du téléphérique, on débouche sur une plate-forme qui permet un accès direct au glacier, avec un restaurant dont la terrasse offre une vue superbe sur le glacier et le massif de la Meije.

Le village de La Grave

Le massif de la Meije

Partie haute du glacier de la Girose

Au mois de septembre 2022, je me trouvais à La Grave et toutes les conversations tournaient autour du projet d’extension du téléphérique. L’idée divise les habitants; pour certains, l’aménagement est nécessaire, mais pour d’autres, ce serait une perte d’identité du village avec la crainte de voir la mise en place d’une jonction avec les stations de l’Alpe d’Huez et des Deux Alpes. Ils craignent que ce projet en cache un autre encore plus grand qui fait régulièrement surface : le projet « Grand Oisans » qui prévoit une liaison entre les stations de La Grave, l’Alpe d’Huez et les Deux Alpes, en Isère.

Les partisans du projet d’extension du téléphérique font valoir son côté positif pour l’environnement. Le remplacement du téléski actuel – propulsé par une motrice fonctionnant au fioul – par un téléporté qui sera alimenté en électricité, permettra de diviser par cinq l’énergie finale consommée.

Comme je l’ai fait remarquer aux habitants de La Grave avec lesquels j’ai abordé le sujet du téléphérique, personne ne parle de la fonte du glacier de la Girose et, plus globalement, de ceux du massif des Ecrins. L’expression « réchauffement climatique  » est tabou en montagne. Au train où vont les choses, il n’est pourtant pas certain que le spectacle proposé par le glacier de la Girose dans 10 ans sera aussi beau qu’aujourd’hui. Le glacier existera-t-il encore? Et puis, comment sera l’enneigement?

L’ouverture fréquente de nouvelles crevasses rend l’approche du glacier de plus en plus dangereuse

Depuis le début du mois d’octobre 2023, le collectif Les Soulèvements de la Terre occupe le chantier du 3ème tronçon de téléphérique afin de bloquer les travaux. Les membres du collectif ont installé un campement qui atteste de la « détermination à donner un coup d’arrêt à l’exploitation et à l’artificialisation des montagnes, des terres des vallées jusqu’aux glaciers. »

Le collectif Les Soulèvements de la Terre n’est pas le seul à s’opposer au projet. Plusieurs associations dont Mountain Wilderness, La Grave Autrement, ou encore France Nature Environnement ont appelé à la mobilisation à travers une marche et un rassemblement. De son côté, le collectif Les Soulèvements de la Terre s’engage à poursuivre la mobilisation. De nouveaux campements sont prévus au printemps 2024 si le projet n’estt pas définitivement abandonné.

Source : presse régionale et nationale.

Réchauffement climatique : la cascade de Gavarnie à sec !

Les conséquences du réchauffement climatique s’accumulent avec les jours. Aujourd’hui on apprend que la mythique cascade du Cirque de Gavarnie (Hautes-Pyrénées), sujet d’innombrables photos, ne coule plus, ou presque. En y regardant bien, on aperçoit juste un mince filet d’eau. Météo France explique que c’est le résultat de précipitations très faibles depuis le début de l’année et une chaleur estivale qui perdure cet automne. On a enregistré à peine 754 mm de précipitations depuis le 1er janvier 2023 après un fort déficit en 2022. Pour mémoire la moyenne annuelle se situe aux alentours des 1400mm. De plus, on relève actuellement 20°C vers 1500m. Météo-Pyrénées indique une moyenne des températures supérieures de 2 à 3 degrés ou plus à la normale saisonnière le long des Pyrénées depuis le 11 juillet dernier. Une telle situation pluviométrique n’aide pas à rétablir les réserves d’eau. Comme me le faisait remarquer un ami qui habite la région, ce n’est pas le famélique névé résiduel de l’ancien glacier du Marboré qui peut alimenter la cascade en eau. D’après le dernier rapport d’Info-secheresse, le bilan pluviométrique des six derniers mois le long des Pyrénées est problématique. L’ensemble de la chaîne est en Rouge (« sécheresse extrême ») ou Orange (« grande sécheresse »).

Gavarnie sans sa cascade, c’est un peu comme le Limousin sans son clafoutis. C’est tout de même un lieu emblématique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Météo Pyrénées a partagé une très récente photo de la célèbre chute d’eau, la plus haute de France métropolitaine avec ses 422 mètres. C’est tout juste si on parvient à distinguer l’emplacement de la cascade.

 

  (Crédit photo : Météo France)

Vue de la cascade de Gavarnie le 26 septembre 2018 (Photos : C. Grandpey)

L’agonie du glacier d’Arcouzan (Pyrénées ariégeoises)

Les glaciers des Pyrénées disparaissent les uns après les autres sous l’effet du réchauffement climatique. J’ai écrit plusieurs notes expliquant cette triste évolution. Il existe pourtant un petit glacier qui essaye de faire de la résistance, même si ses jours semblent comptés. Il s’agit du glacier d’Arcouzan (ou glacier du Mont Valier), un petit glacier de cirque situé sur la face nord-est du du mont Valier, dans le Couserans, où il s’étage entre 2 320 et 2 520 m d’altitude. Seul glacier du département de l’Ariège, c’est le plus oriental des glaciers pyrénéens.Il semblerait qu’il fonde moins vite que la moyenne des autres glaciers des Pyrénées. Sa situation lui permet de mieux résister car il récupère toute la neige qui tombe sur la face nord du Valier et qui vient ensuite se déposer sur la partie haute du glacier en se compactant.

Depuis 2011, tous les deux ans, les équipes du Parc naturel des Pyrénées Ariégeoises organisent une campagne de mesures en présence de géomètres, pour la plupart bénévoles. Le bilan sera prochainement publié mais le constat est sans appel : le pronostic vital du glacier d’Arcouzan est engagé et le réchauffement climatique accélère sa perte.

Au cours de la campagne de mesures, on a constaté que le glacier est très crevassé et coupé. À cause du réchauffement climatique, il est moins alimenté par la neige et la hausse des températures estivales n’arrange rien. Depuis le début de la campagnes de mesures, il y a eu des années où sa surface et son épaisseur ont augmenté, mais entre 2018 et 2021, il a perdu 6 mètres d’épaisseur. On ne connaît pas encore les résultats des mesures entre 2021 et 2023 mais cela est à peu près du même ordre, avec peut-être même une accélération de la fonte.

Il est difficile de prévoir une date précise de sa disparition totale. 20 ans, 30 ans, 10 ans ? On ne sait pas. Une chose est sure, il est voué à disparaître, comme tous les autres glaciers des Pyrénées.

En disparaissant, le glacier d’Arcouzan emportera avec lui l’identité de tout un territoire.

Source: France 3 Régions.

Photos : Melaine Le Roy, Parc naturel Pyrénées Ariégeoises