Températures : Octobre 2018 en deuxième position // October 2018 comes second

Selon les dernières estimations de la NASA, le mois d’octobre 2018 a été le deuxième plus chaud depuis le début des relevés effectués par l’Administration en 1880.

Avec 0,99°C au-dessus de la moyenne 1951-1980, l’anomalie relevée en octobre 2018 est en nette hausse par rapport à septembre où elle était de 0,74°C. Seul le mois d’octobre 2015 marqué par l’émergence d’un super El Niño est devant. Pour l’année en cours (entre janvier et octobre), 2018 est à 0,82°C

Les cinq mois d’octobre les plus chauds depuis 1880 ont tous été observés ces cinq dernières années. Sur les 100 dernières années, le rythme du réchauffement est de 0,09°C par décennie. Depuis 1998, on note une accélération de 0,26°C par décennie. On peut voir ci-dessous la tendance de long terme au réchauffement sur 10 ans, avec un lissage qui apparaît à travers la courbe rouge.

Selon la NASA, la température globale devrait continuer à augmenter dans les mois à venir, surtout à partir de la fin d’année, avec la montée en puissance des effets d’El Niño, trois ans après le précédent événement. Les températures de surface de la mer sont  en train de remonter dans l’océan Pacifique central et oriental. Le record de 2016 a été favorisé par El Niño avec un soutien également du soleil (1 à 2 ans après le maximum solaire). A l’inverse, 2019 sera marquée par un minimum solaire.

Des anomalies régionales extrêmes ont été observées dans l’hémisphère nord en octobre 2018, notamment en Arctique et en Sibérie avec +6 à 8°C, alors que la NASA relève -2 à -3°C en Amérique du Nord. La cause est une anomalie atmosphérique transportant de l’air chaud dans une orientation nord-est sur l’Asie et un air arctique descendant sur l’Amérique du Nord. L’anomalie pour l’hémisphère nord a été de 1,21°C en octobre, juste derrière le record de 2015 (1,25°C). A la surface des terres, octobre 2018 est au même niveau que 2015.

Par rapport à la période 1880-1899, l’anomalie a été de 1,16°C en octobre 2018. Lors de la COP21 de Paris, un accord a été obtenu pour contenir le réchauffement sous les 2°C, voire 1,5°C si possible. Ce dernier niveau avait été dépassé en février 2016 avec 1,6°C.

Source : NASA, global-climat.

++++++++++

Ici, c’est Limoges!

Selon les services météo, depuis le mois de janvier, 2018 est l’année la plus chaude des 46 dernières années en Limousin. Le soleil a régné en maître tout au long du mois, ou presque, profitant de la présence d’un puissant anticyclone au-dessus du pays. Au total, il a brillé 50 heures de plus que la moyenne habituelle, soit presque 40 % d’excédent. Ce nouveau record fait d’octobre 2018 le plus ensoleillé depuis 1991, année des premières mesures à Limoges. La situation dans le département de la Haute Vienne est très homogène, avec à peine quelques dizaines de minutes d’ensoleillement d’écart entre les différents centres de mesures.

Avec autant d‘ensoleillement, les précipitations du mois d’octobre ont été faibles et la sécheresse s’est installée en Limousin. Avec 118 mm en moyenne, le déficit atteint 50 % dans le sud et l’ouest du département, et jusqu’à 70 % à Limoges. Il a non seulement très peu plu en octobre, à peine le tiers des précipitations habituelles, mais la situation dure depuis des mois.

Côté thermomètre, les températures ont été très supérieures à la normale pendant les deux premières décades, jusqu’à +5°C. La journée la plus chaude a été le 12 octobre, lors de laquelle on a frisé les records avec, par exemple, 28°C à Limoges-ville.
De manière globale, sur la période entre janvier et fin octobre, 2018 est l’année la plus chaude qu’on ait connue à Limoges depuis 46 ans, devant 1997 et 2003. Cela représente une température supérieure de 1,5°C à la moyenne habituelle sur cette même période.

———————————————-

According to NASA’s latest estimates, October 2018 was the second warmest month since records were first taken by the Administration in 1880.
With 0.99°C above the 1951-1980 average, the anomaly recorded in October 2018 is significantly higher than in September when it was 0.74°C. Only the month of October 2015 marked by the emergence of a super El Niño is ahead. For the current year (between January and October), 2018 is at  0.82°C
The five warmest October months since 1880 have all been observed in the last five years. Over the last 100 years, the rate of warming is 0.09°C per decade. Since 1998, there has been an acceleration of 0.26°C per decade. The long-term trend of warming over 10 years can be seen below, with smoothness appearing with the red curve.
According to NASA, the global temperature should continue to increase in the coming months, especially from the end of the year, with the rise of El Niño effects, three years after the previous event. Sea surface temperatures are rising in the central and eastern Pacific Ocean. The 2016 record was favored by El Niño with support also from the sun (1 to 2 years after the solar maximum). Conversely, 2019 will be marked by a solar minimum.
Extreme regional anomalies were observed in the northern hemisphere in October 2018, especially in the Arctic and Siberia with 6 to 8°C, while NASA records -2 to -3 ° C in North America. The cause is an atmospheric anomaly carrying warm air in a northeasterly direction over Asia, and Arctic air descending over North America. The anomaly for the northern hemisphere was 1.21°C in October, just behind the record of 2015 (1.25°C). On land surface, October 2018 is at the same level as 2015.
Compared to the period 1880-1899, the anomaly was 1.16 ° C in October 2018. At the COP21 in Paris, an agreement was reached to contain warming below 2°C, or 1, 5°C if possible. This last level was exceeded in February 2016 with 1.6°C.
Source: NASA, global-climat.

Source: NASA

Réchauffement climatique : Le dernier rapport du GIEC // Climate change : IPCC’s latest report

Comme cela était prévu, le Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) a rendu public le 8 octobre 2018 son rapport sur les effets d’un réchauffement de 1,5°C de la température mondiale. Cette limite que 197 Etats s’étaient engagés à respecter fin 2015, lors de la COP 21, aura tout de même de graves conséquences sur la planète.

Le rapport de 250 pages a nécessité la participation de 86 auteurs principaux de 39 pays et de dizaines d’experts pour la relecture. Sa structure et son contenu sont validés par l’ensemble des gouvernements membres. Ce n’est donc pas uniquement un travail scientifique, mais aussi le résultat des orientations nationales de la plupart des Etats.

Voici quelques uns des principaux points du rapport :

Sans surprise, selon le rapport, les émissions de gaz à effet de serre (GES) des activités humaines sont la principale cause du réchauffement climatique. Il n’y a plus de doute là-dessus. Ce réchauffement se produit à raison de 0,17°C par décennie depuis 1950. Ainsi, au rythme actuel, le monde connaîtrait une hausse de 1,5°C de la moyenne des températures entre 2030 et 2052. En 2017-2018, nous avons déjà atteint 1°C d’augmentation depuis l’époque préindustrielle. L’objectif de l’accord de Paris est donc de ne progresser que de 0,5°C maximum d’ici à 2100.

La trajectoire est mal engagée pour limiter la hausse à 1,5°C. Même si les Etats respectaient leurs engagements pris à la COP 21, ce qui n’est pour l’instant pas le cas pour la majorité des pays, la planète se réchaufferait de 3°C d’ici à la fin du siècle. Une telle situation entraînerait des catastrophes irréversibles autant pour les humains que pour beaucoup d’autres espèces vivantes.

Même si on respectait l’accord de Paris, les territoires les plus vulnérables pourraient ne pas avoir le temps de s’adapter. C’est le cas des petites îles situées au niveau de la mer. Ce dernier devrait continuer à monter pendant plusieurs siècles. Et sous la surface, les océans subissent déjà des changements sans précédent. Des basculements pour certains écosystèmes devraient être observés dès + 1,5°C. Les espèces dépourvues de capacité à se déplacer assez vite souffriront d’une importante mortalité. De même, il faudrait des millénaires pour lutter contre les changements dans la chimie océanique produits par l’acidification.

Dans un monde à + 1,5°C, le changement climatique affectera tous les territoires, peu importe leur niveau de développement, mais spécialement les plus pauvres. Par ailleurs, déjà plus d’un quart de la population mondiale vit dans des régions où le thermomètre dépasse de 1,5°C la température moyenne au moins une saison par an. L’hémisphère Nord souffrira le plus de la multiplication et l’intensification des vagues de chaleur. Selon le rapport, « nous sommes face à un risque de voir le sud de l’Europe basculer dans une désertification d’ici à la fin du siècle ». Les risques d’inondation et de sécheresse seraient aussi renforcés, touchant principalement l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie. Les cyclones tropicaux deviendraient plus violents.

Bien que ce ne soit pas son rôle initial, le GIEC présente certaines solutions pour respecter le + 1,5°C. Ce chapitre est l’objet des principales crispations des Etats. Les Etats-Unis veulent mettre l’accent sur les techniques de capture de CO2, sur lesquelles ils sont à la pointe. Ils misent sur leur développement pour faire moins d’efforts de réduction des émissions de GES.

En outre, dans son rapport, le GIEC souligne à plusieurs reprises la nécessité de réduire drastiquement la demande en énergie des bâtiments, de l’industrie et des transports. Les émissions de GES mondiales doivent quant à elles baisser de 45 % d’ici à 2030 (par rapport à 2010) et la part des énergies renouvelables pour l’électricité passer à 70 %-85 % en 2050. Le rapport met aussi en lumière que la réduction de la pollution de l’air permet de limiter le réchauffement et d’améliorer la santé humaine, tout comme la qualité de l’environnement.

Source : GIEC.

—————————————————

The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) released its report on 8 October 2018 on the effects of global warming by 1.5 °C. This limit, which 197 states pledged to reach by the end of 2015, during the paris Agreement, will still have serious consequences for the planet.
The 250-page report required the participation of 86 lead authors from 39 countries and dozens of proofreading experts. Its structure and content are validated by all member governments. It is not only scientific work, but also the result of the national guidelines of most states.
Here are some of the main points of the report:
Unsurprisingly, according to the report, greenhouse gas (GHG) emissions from human activities are the main cause of global warming. There is no doubt about it. This warming has occurred at a rate of 0.17°C per decade since 1950. Thus, at the current rate, the world would experience a 1.5°C increase in average temperatures between 2030 and 2052. In 2017-2018, we have already reached 1°C increase since pre-industrial times. The objective of the Paris agreement is therefore to increase by no more than 0.5°C by 2100.
Actually,  it will be very difficult to limit the rise to 1.5°C. Even if states respected their commitments made at COP 21, which is not the case for the majority of countries at the moment, the planet would warm up by 3 ° C by the end of the century. Such a situation would lead to irreversible disasters for both humans and many other living species.
Even if the Paris agreement was respected, the most vulnerable territories might not have the time to adapt. This is the case of small islands located at sea level. The latter is likely to rise for several centuries. And beneath the surface, the oceans are already undergoing unprecedented changes. Switchovers for certain ecosystems would be observed at + 1.5°C. Species lacking the ability to move fast enough will suffer significant mortality. Similarly, it would take millennia to combat the changes in ocean chemistry produced by acidification.
In a world at + 1.5°C, climate change will affect all territories, regardless of their level of development, but especially the poorest. In addition, already more than a quarter of the world’s population lives in regions where the temperature exceeds by 1.5°C the average temperature at least one season per year. The northern hemisphere will suffer the most from the multiplication and intensification of heat waves. According to the report, « we are facing a risk to see the south of Europe turn into desertification by the end of the century. Flood and drought risks would also be increased, affecting mainly North America, Europe and Asia. Tropical cyclones would become more violent.
Although this is not its original role, the IPCC presents some solutions to respect the + 1.5°C temperature increase. This chapter is the object of the main tensions obetween the States. The United States wants to focus on CO2 capture techniques, on which they are at the forefront. They rely on their development to make less effort to reduce GHG emissions.
In addition, in its report, the IPCC repeatedly emphasizes the need to drastically reduce the energy demand of buildings, industry and transport. Global GHG emissions are required to fall by 45% by 2030 (compared to 2010) and the share of renewables for electricity to rise to 70% -85% in 2050. The report also highlights that the reduction of air pollution helps to limit warming and improve human health, as well as the quality of the environment.
Source: IPCC.

La courbe se passe de commentaire [Source : NASA’s Goddard Institute for Space Studies (GISS)]