Mauna Loa (Hawaii): Ne pas oublier que c’est un volcan actif ! // Don’t forget it’s an active volcano !

De temps en temps, l’Observatoire des Volcan d’Hawaii (HVO) rappelle à la population que le Mauna Loa est un volcan actif avec des éruptions récentes. Si certaines d’entre elles se sont limitées à la zone sommitale, d’autres sont rapidement devenus une menace pour les zones habitées.
En 2013-2014, on a observé une hausse de l’activité sismique sur le Mauna Loa, avec un gonflement du volcan. Cette activité persistait en septembre 2015, ce qui a incité le HVO a faire passer le niveau d’alerte du volcan de «Normal» à «Vigilance». Cependant, ce niveau d’alerte ne signifie pas qu’une éruption se produira dans le court terme. La sismicité et le gonflement du Mauna Loa ont ralenti au cours des derniers mois, mais ils restent supérieurs aux niveaux d’avant 2013. C’est pourquoi le niveau d’alerte est maintenu à « Vigilance ».
La population sur l’île d’Hawaï a presque doublé depuis la dernière éruption du Mauna Loa en 1984. En conséquence, une génération d’Hawaiiens nés depuis cette époque, ainsi que de nombreux nouveaux arrivants, n’ont pas connu d’éruption du Mauna Loa. Ces personnes doivent garder à l’esprit que les éruptions sont susceptibles d’émettre d’énormes quantités de lave. Par exemple, au cours de l’éruption de 1984, le Mauna Loa a vomi en une vingtaine de minutes le même volume de lave que le Kilauea actuellement, en moyenne, en une journée. Une coulée de lave du Mauna Loa en 1950 a parcouru 21 km depuis la Zone de Rift Sud-Ouest jusqu’à la côte sud de Kona en un peu plus de trois heures. En comparaison, la coulée de lave du Kilauea qui a menacé Pahoa en 2014 a mis quatre mois pour parcourir la même distance.
Afin de mettre en garde la population, le HVO donne régulièrement des informations sur l’histoire éruptive du Mauna Loa, ses dangers et son statut actuel. L’objectif est de sensibiliser les gens et de les préparer à une future éruption sans créer de panique inutile.
Compte tenu du passé du Mauna Loa, il est bon de se rappeler que le volcan, qui couvre plus de la moitié  de la surface de l’île d’Hawaï, est entré en éruption à 33 reprises depuis 1843. Il se manifestera à nouveau, mais il est impossible de dire quand.
Les 33 éruptions qui ont eu lieu depuis 1843 ont commencé au sommet du Mauna Loa. Parmi toutes ces éruptions, environ la moitié sont restées dans la zone sommitale et n’ont présenté aucune menace.
A côté de cela, 24% des éruptions ont débuté au sommet et ont ensuite migré vers la Zone de Rift Nord-Est, située plus en aval. Les éruptions qui se produisent le long de cette zone de rift produisent des coulées susceptibles de menacer Hilo, comme cela s’est produit en 1984, mais la pente est assez douce ; il faudrait donc des semaines ou des mois pour que la lave atteigne la côte est de l’île.
Environ 21% des éruptions qui ont débuté au sommet ont ensuite migré vers des altitudes plus basses le long de la Zone de Rift Sud-Ouest. Avec les pentes abruptes de part et d’autre de cette zone de rift, les coulées de lave peuvent atteindre l’océan en quelques heures ou quelques jours. Des coulées a’a très rapides ont atteint la côte sud de Kona en 3 à 18 heures en 1950, 24 heures en 1919 et 4 jours en 1926.
Les autres éruptions avaient leur source dans des bouches radiales sur les flancs nord et ouest du volcan. En 1859, une coulées a’a émise à 3.300 m. d’altitude a atteint la côte en huit jours.
Le HVO espère que les Hawaiiens prendront conscience de la présence du risque éruptif du Mauna Loa et se prépareront à la prochaine éruption sans peur ni panique. L’Observatoire ne pense pas que le Mauna Loa entrera en éruption dans un proche avenir. Cependant, les scientifiques continuent de surveiller le volcan et informeront les autorités et les habitants de l’île en cas d’évolution de la situation.
Source: USGS / HVO.

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From time to time, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) reminds the population that Mauna Loa is an active volcano with recent eruptions. If some of them were limited to the summit area, others rapidly became a threat to populated areas.

In 2013-2014, seismic activity increased on Mauna Loa, together with a swelling of the volcano. By September 2015, this unrest was persistent enough for HVO to change the alert level from “normal” to “advisory.” However, this alert level does not mean that an eruption will happen in the near future. Mauna Loa’s seismicity and swelling have both slowed in recent months, but they are still above the pre-2013 rate. So, the alert level is kept at “advisory.”

Population on the Island of Hawaii has nearly doubled since Mauna Loa’s most recent eruption in 1984. So, a generation of Hawaii born residents, as well as numerous newcomers, have not experienced a Mauna Loa eruption. These people should keep in mind the the eruptions are likely to emit huge amounts of lava. For instance, during the 1984 eruption, Mauna Loa erupted in about 20 minutes the same volume of lava that Kilauea erupts, on average, in one day. A 1950 Mauna Loa lava flow travelled 21 km from the Southwest Rift Zone to the South Kona coast in just over 3 hours. In contrast, the 2014 Kilauea lava flow that threatened Pahoa took four months to travel a similar distance.

In order to warn the population, HVO is informing residents about Mauna Loa’s eruptive history, hazards, and current status. The aim is is to increase people’s awareness and to prepare them for a future eruption without creating unnecessary anxiety.

Considering Mauna Loa’s history, it is good to remember that the volcano, which covers more than half Hawaii Island’s surface area, has erupted 33 times since 1843. It will erupt again, but exactly when is not yet known.

All 33 eruptions since 1843 started at the summit of Mauna Loa. Among all these eruptions, about half of them began at the summit, stayed in the summit area, and posed no threat.

However, 24 percent started at Mauna Loa’s summit and then migrated down the volcano’s Northeast Rift Zone. Eruptions along this rift zone produce flows that could advance toward Hilo, as happened in 1984, but the slopes are gentle enough, so it typically would take weeks to months for lava to reach the island’s east coast.

Around 21 percent of the eruptions started at the summit then migrated to lower elevations along Mauna Loa’s Southwest Rift Zone. With steep slopes on both sides of this rift zone, lava flows can reach the ocean in a matter of hours to days. Fast-moving ‘a‘ā flows reached the South Kona coast in 3-18 hours in 1950, 24 hours in 1919, and 4 days in 1926.

The remaining Mauna Loa eruptions are from radial vents on the volcano’s north and west flanks. In 1859, an eruption from a radial vent at 3,300 m. elevation sent an ‘a‘ā flow to the coast in eight days.

HVO hopes Hawaii residents will become more aware of Mauna Loa and how they can prepare for the volcano’s next eruption without fear or panic. The Observatory does not expect Mauna Loa to erupt in the near future. However, scientists continue to closely monitor the volcano and will notify authorities and island residents of any changes.

Source: USGS / HVO

Photo: C. Grandpey

Photo: USGS

Photo: C. Grandpey

Photo: C. Grandpey

Photo: C. Grandpey

Carte montrant les zones de rift du Mauna Loa (Source : USGS / HVO)

« Le niveau d’alerte du Mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques » // « The Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

Même si on parle très peu de l’activité de l’Agung en ce moment, la population locale est encore inquiète et craint que de nouvelles éruptions se produisent à l’avenir. Il ne faudrait pas oublier que le niveau d’alerte est toujours à 3 (SIAGA), sur une échelle de 4.
Les autorités ont progressivement abaissé le niveau d’alerte, mais la menace d’une éruption fait du tort à l’île de Bali depuis plus de cinq mois. Les perturbations causées au transport aérien et les annulations de réservations en pleine saison touristique ont sérieusement fragilisé ce secteur qui est le principal moteur de l’économie de l’île. En décembre dernier, le ministre indonésien du Tourisme avait indiqué que l’impact économique de l’éruption de l’Agung pourrait dépasser 650 millions de dollars. Cependant, les retombées sociales et économiques vont bien au-delà des célèbres centres touristiques car une forte incertitude demeure quant à la fin réelle de l’éruption.
Au total, plus de 140 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 12 km autour de l’Agung. À la fin du mois de février, on leur a donné l’autorisation de rentrer à la maison, mais beaucoup d’entre elles se trouvent confrontées à des moyens de subsistance profondément perturbés. Dans une école de Cegi, l’un des villages les plus proches du cratère, un enseignant a déclaré qu’il s’attend toujours à une éruption même si le gouvernement affirme que tout va bien. Comme beaucoup de ses voisins, il a vendu son bétail à un prix dérisoire au cours des quelques jours de panique qui ont suivi l’annonce de l’évacuation. Il lui reste de l’argent pour reprendre ses activités, mais il ne les reprendra que le jour où il sera certain qu’il n’aura plus à fuir.
Beaucoup de gens pensent qu’il faudra quatre ou cinq ans avant que les choses se normalisent autour de l’Agung. Peu de gens pensent que la menace a complètement disparu et certains membres des associations humanitaires à Bali sont persuadés que la réduction du niveau d’alerte du volcan a été une décision politique destinée à mettre moins de pression sur le secteur touristique. Selon le directeur de l’IDEP, une ONG locale qui vient en aide aux personnes évacuées, «le niveau d’alerte du mont Agung est décidé par le tourisme, pas par les scientifiques».
Le secteur humanitaire est aujourd’hui, lui aussi, en proie au doute suite aux évacuations des derniers mois et au retour des habitants chez eux. Les associations locales comme PMI doivent maintenant envoyer leur personnel dans des zones qui ne sont pas forcément sures afin de protéger les intérêts des rapatriés. PMI soutient certaines communautés au niveau financier pour les aider à se remettre sur pied, et réhabilite les centres d’évacuation inoccupés pour s’assurer qu’ils seront prêts à être réutilisés en cas d’urgence.
Source: Nikkei Asian Review.

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Even though very little is said these days about activity at Mt Agung, the local population is still anxious and fears more eruptions might occur in the future. One should not forget the alert level is at 3 (SIAGA), on a scale of 4.

The authorities have progressively lowered the alert level, but the threat of an eruption has cast a long shadow over Bali for more than five months. Disrupted flights and cancelled holidays over the normal high season for tourists have hit the hospitality industry, which is the biggest contributor to the island’s economy. Back in December, Indonesia’s Minister of Tourism warned that the economic impact of the Mount Agung eruption could be in excess of $650 million. However, the overall social and economic fallout will be deeply felt far beyond the island’s world-famous tourist resorts, exacerbated by lingering uncertainty over whether the eruption is really drawing to a close.

In total, more than 140,000 people were evacuated from a 12-km radius around Mount Agung. By late February, almost all of them had been told it was safe to go home; many of them are returning to livelihoods that have been profoundly disrupted. In a schoolhouse in Cegi, one of the closest villages to the crater, a teacher said that he is still waiting for the eruption despite the government’s « all clear » signal. Like many of his neighbours, he sold his livestock at a knock-down price in the panicked few days after the evacuation notice came through. He has some cash leftover to start again, but is reluctant to do so until he can be certain he will not have to flee again.

Many people think it will take four or five years before things get back to normal around Mt Agung. Few people believe the threat has entirely subsided, and there is a persistent suspicion, voiced by some members of the development and humanitarian community in Bali, that the decision to scale down the alert level was a political one designed to take the pressure off the tourist sector. According to the director of IDEP, a local sustainable development NGO that has been helping evacuees, « the Mount Agung status is decided by tourism, not the scientists. »

The evacuations have left the humanitarian sector in limbo too. Local humanitarian groups like PMI now have to send their staff into areas they do not believe are safe in order to look after the interests of returning evacuees. PMI is supporting some communities with cash transfers to help them to get back on their feet, and is rehabilitating the unoccupied evacuation centres to make sure they are ready to be used again.

Source: Nikkei Asian Review.

Crédit photo: Wikipedia

Hausse du niveau d’alerte de Kick’em Jenny (Mer des Caraïbes) // Alert level increased at Kick’em Jenny (Caribbean Sea)

Selon le Jamaica Observer, l’Agence nationale de gestion des catastrophes (NaDMA) a fait passer le niveau d’alerte de Kick ’em Jenny de Jaune à Orange le 12 mars 2018 « en raison de l’augmentation des activités ». En conséquence, les navires et les autres embarcations sont invités à observer la zone d’exclusion de 5 km.
En mai 2017, la NaDMA a indiqué aux habitants de la Grenade qu’ils devraient s’attendre à de nouvelles éruptions du volcan sous-marin. Depuis 1939, les épisodes éruptifs de Kick em ‘Jenny durent généralement plusieurs jours avant un retour au calme.
Kick ’em Jenny est un volcan sous-marin actif situé à environ 8 km de la côte nord de la Grenade. Le sommet s’élève à 1 300 mètres au-dessus du plancher océanique. Des éruptions ont été observées depuis 1939, année où le nuage éruptif s’est élevé à 275 mètres au-dessus de la surface de la mer.

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According to the Jamaica Observer, the National Disaster Management Agency (NaDMA) aised the alert level for Kick ’em Jenny from Yellow to Orange on March 12th, 2018 “due to increased activities”. As a consequence, ships and other marine operators are asked to observe the exclusion zone of 5 km.
In May 2017, NaDMA warned Grenadians that they should expect more eruptions of the underwater volcano, noting that volcanic episodes at Kick em’ Jenny, since 1939, usually consist of several eruptions lasting over several days before returning to repose.
Kick ’em Jenny is an active submarine volcano located about 8 km off the north shore of Grenada. Is summit rises 1 300 metres above the seafloor. Eruptions have been observed since 1939, a year when the eruptive cloud rose 275 metres above the sea surface.

Mayon (Philippines): Retour de 55 000 personnes évacuées // Return of 55,000 evacuees

Quelque 55 000 personnes qui avaient été évacuées quand le Mayon a montré des signes de réveil en octobre 2017 ont été autorisées à rentrer chez elles après la baisse du niveau d’alerte le 6 mars 2018. Ces personnes appartiennent à 15 000 familles qui logeaient dans des abris temporaires surpeuplés, tels que des écoles.
Cependant, environ 3 000 familles, soit 12 000 personnes, devront rester dans les centres d’hébergement temporaire tant que le PHIVOLCS n’aura pas baissé le niveau d’alerte à 2. En effet, leurs maisons sont dans la zone de danger permanent de 5 km de rayon autour du Mayon.
Comme je l’ai écrit précédemment, le PHIVOLCS a demandé aux autorités et à la population de rester vigilants malgré l’abaissement du niveau d’alerte car le volcan pourrait à nouveau montrer des signes importants d’activité.
Source: Journaux philippins.

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About 55,000 evacuees were allowed to return to their homes after PHIVOLCS reported lowering the alert level over Mayon Volcano on March 6th, 2018. The evacuees belonged to about 15,000 families staying in crowded temporary shelters composed of schoolhouses for the past six months when Mayon showed major signs of eruption in October 2017.
However, about 3,000 families or 12,000 individuals were banned from decamping until PHIVOLCS would lower the alert level to 2 because their houses are within Mayon’s permanent five-kilometre danger zone.
As I put it previously, PHIVOLCS has warned officials and residents not to let their guard down and continue to remain vigilant despite the lowering of the alert level, pointing out the volcano could again show major signs of eruption.
Source: Philippine newspapers.

Source: PHIVOLCS