Lac de fonte sur le mont Hood (Oregon / États Unis) // A meltwater pond on Mount Hood (Oregon)

  Les lacs de fonte, étendues d’eau issues de la fonte des glaciers, ne s’observent pas uniquement au Népal ou dans nos Alpes. Au cours d’un vol d’observation en hélicoptère au-dessus du mont Hood (Oregon), des scientifiques du Cascades Volcano Observatory (Observatoire Volcanologique des Cascades) ont remarqué qu’un lac de fonte glaciaire au pied du glacier Coalman, était nettement plus vaste que les années précédentes.

Vue du mont Hood (Photos: C. Grandpey)

Cette étendue d’eau se trouve dans un bassin délimité par Crater Rock, un ensemble de falaises descendant depuis le sommet, et par « Devil’s Kitchen », un remblai naturel composé de roches altérées par des processus hydrothermaux et de matériaux morainiques. Devil’s Kitchen est une formation ancienne qui, selon les observations actuelles, semble stable.

Vue du lac de fonte du mont Hood au niveau du glacier Coalman, lors d’un vol d’observation le 6 octobre 2026. (Crédit photo : USGS)

Le volume d’eau du lac de fonte n’est pas connu avec précision, mais il est estimé à environ 50 000 mètres cubes. Un échantillon d’eau a révélé un pH de 4, ce qui est comparable à celui d’un café noir et indique un milieu légèrement acide.
Si toute cette eau venait à être libérée soudainement, elle pourrait déclencher une coulée de boue et de débris dans le lit de la White River, susceptible d’atteindre ensuite le pont de la Highway 35. La topographie des lieux empêcherait toutefois la coulée de boue de se diriger vers la Sandy River ou d’aller en direction de Timberline et Government Camp. D’après les estimations actuelles du volume d’eau, aucun impact sur les zones habitées n’est à prévoir.
Des mesures complémentaires sont en cours pour évaluer la stabilité du lac de fonte.
Par ailleurs, le Cascades Volcano Observatory indique que tous les volcans de la chaîne des Cascades, dans les États de l’Oregon et de Washington, présentent une activité normale. Au cours de la semaine écoulée (du 18 au 24 octobre 2026), de légers séismes ont été détectés sur le mont St. Helens.

Mont St Helens (Photo: C. Grandpey)

L’analyse des mesures de gaz effectuées régulièrement par voie aérienne sur le mont Adams, le mont St. Helens et le mont Hood montre des niveaux de dégazage conformes à la normale.

Mont Adams (Photo: C. Grandpey)

Source : USGS.

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Meltwater ponds are not only observed in Nepal or in our Alps. Cascades Volcano Observatory scientists performing a routine helicopter observation flight at Mount Hood noticed that a seasonal meltwater pond at the base of the Coalman Glacier was significantly larger than in previous years. The pond lies in a basin bounded by Crater Rock, cliffs extending down from the summit, and Devil’s Kitchen, an earthen berm composed of hydrothermally altered rock and glacial moraine material. Devil’s Kitchen is a long-lived feature and appears stable based on current observations.

The pond’s water volume is unknown but is estimated to be on the order of about 50,000 cubic meters. A water sample had a provisional measured pH of 4, which is similar to the pH of black coffee, indicating mildly acidic conditions.

If all the water were released suddenly, it could generate a debris flow down the White River with the potential to reach the Highway 35 bridge. Topography would prevent the flow from traveling down the Sandy River or toward Timberline and Government Camp. Based on current estimates of the pond’s water volume, impacts to populated areas are not expected.

Additional measurements are being made to assess the stability of the meltwater pond.

In the meantime, the Cascades Volcano Observatory indicates that all volcanoes in the Cascade Range of Oregon and Washington are at normal background levels. Over the past week (October 18 – 24), small earthquakes were detected at Mount St. Helens. Analysis of routine gas flight measurements at Mount Adams, Mount St. Helens, and Mount Hood indicate normal background levels of degassing.

Source : USGS.

Nouveaux travaux de purge du lac glaciaire des Bossons (Haute-Savoie)

Dans une note rédigée le 18 juin 2022 sur ce blog, j’expliquais que le très célèbre Glacier des Bossons continuait de fondre et de reculer avec la hausse des températures provoquée par le réchauffement climatique.

En 2018, un lac glaciaire s’est formé au pied du glacier à 1695 mètres d’altitude. Pour éviter une vidange potentiellement trop importante et une crue torrentielle très dangereuse, la commune de Chamonix a décidé d’entreprendre des travaux pendant le mois de juin 2022.

En juillet 2021, le volume du lac était estimé à 3 700 m³, mais parce que le débit de son exutoire reste inférieur au débit entrant, le lac périglaciaire gonfle, surtout l’été en période de fonte. A l’époque, les glaciologues pensaient que dès l’automne 2022, le lac pourrait atteindre 20 000 m³, soit cinq fois le volume enregistré au cours de l’été 2021.

C’est pourquoi la commune de Chamonix a décidé d’entreprendre des travaux de déroctage pendant le mois de juin 2022 pour limiter l’impact d’une vidange soudaine imprévisible. Cette opération a permis une purge partielle du lac.

De nouveaux travaux de purge du lac au pied du glacier des Bossons sont à nouveau réalisés au cours de l’été 2023, afin d’éviter que ce lac provoque des inondations dans le village en contrebas.Le maire de Chamonix rappelle que « la formation de lacs au pied « des glaciers est une conséquence du changement climatique sur ces altitudes médianes. » La commune de Chamonix-Mont-Blanc a donc entamé des travaux, à l’aide de deux petites pelleteuses, pour creuser un chenal qui va permettre d’évacuer d’une manière plus graduelle l’eau qui s’est accumulée sur la partie terminale de ce glacier.. La vidange progressive du lac est programmée durant la première quinzaine du mois d’août.

La créations de cuvettes et de lacs glaciaires risque de se multiplier à l’avenir. Il existe déjà une dizaine de lacs glaciaires et sous-glaciaires dans le massif du Mont-Blanc. Pour autant, cela ne signifie pas que des travaux seront nécessaires à chaque fois. Il faut intervenir uniquement lorsque un danger est susceptible d’apparaître pour les biens et les personnes.

Pas très loin de Chamonix, le glacier de Tête Rousse cache une volumineuse poche d’eau à 3200 mètres d’altitude. Lors de sa découverte en 2010, les autorités ont décidé de mettre en place une spectaculaire opération de pompage pour éviter une catastrophe. Tout le monde avait en tête le drame du 12 juillet 1892 quand la rupture d’une poche glaciaire avait entraîné une gigantesque vague de 300 000 mètres cubes qui avait enseveli les thermes de Saint-Gervais et fait au moins 175 victimes. Voir la description de cet événement sur ce blog en cliquant sur ce lien :

https://claudegrandpeyvolcansetglaciers.com/2019/04/23/saint-gervais-haute-savoie-toujours-sous-la-menace-du-glacier-de-tete-rousse/

Source: presse régionale.

Photos: C. Grandpey

Crédit photo: Le Dauphiné