Islande, paradis des macareux // Iceland, a puffin paradise

Cette note ne traite ni de volcans ni de glaciers. C’est mon côté ornithologue qui me pousse à l’écrire. Que l’on soit ornithologue amateur ou non, on est sûr de voir beaucoup d’oiseaux lorsque l’on voyage à travers l’Islande, terre de volcans et de glaciers. Que ce soit en bord de mer ou à l’intérieur des terres, les mouettes, les sternes et une myriade de canards ne manqueront pas de vous accompagner le long des routes et des pistes. Au cœur de l’été, notamment en juin et juillet, jusqu’à la mi-août, vous pourrez observer des oiseaux marins parmi lesquels les macareux sont très populaires.
Les macareux sont des oiseaux marins pélagiques qui se nourrissent principalement en plongeant dans l’eau. Ils se regroupent en grandes colonies sur les falaises côtières ou les îles au large. En Islande, on peut les voir dans de nombreux sites le long des côtes, ainsi que dans les îles Vestmann qui abritent la plus grande colonie de macareux au monde. Les oiseaux nichent dans des crevasses parmi les rochers ou, plus souvent, dans des terriers qu’ils creusent dans le haut de falaise, là où la terre est meuble

Les macareux ont un plumage à prédominance noir ou noir et blanc, et de gros becs qui prennent des couleurs vives pendant la saison de reproduction et leur donnent un aspect clownesque qui explique leur popularité. Leurs ailes courtes sont adaptées à la nage, avec une technique de vol sous l’eau. Dans les airs, ils battent des ailes très rapidement (jusqu’à 400 fois par minute), volent souvent à faible hauteur au-dessus de la surface de l’océan.
Les macareux forment des couples sur le long terme. La femelle pond un seul œuf, et les deux parents couvent l’œuf et nourrissent le poussin baptisé « puffling » an anglais.
Les macareux mangent aussi bien des poissons que du plancton, mais nourrissent leurs poussins principalement avec des petits poissons, plusieurs fois par jour. Leurs espèces préférées sont le lançon, le hareng et le capelan. Les oiseaux sont connus – grâce à la configuration de leurs becs – pour leur capacité à tenir plusieurs (parfois plus d’une douzaine) petits poissons dans leur bec, ce qui attire les photographes!
Un article récent paru sur le site Iceland Monitor nous explique que le mois d’août est la période préférée des enfants des îles Vestmann. C’est le moment de l’année où ils viennent à la rescousse des jeunes macareux qui voudraient bien voler vers l’océan en sortant de leurs terriers, mais prennent la direction des zones habitées car ils sont perturbés par les lumières de la ville. Les enfants les recueillent, les pèsent généralement puis se rendent sur le rivage où ils les relâchent.
Il semble que, contrairement aux années passées, la population de poussins dans les îles en 2021 soit particulièrement importante, avec plus de 2 000 individus. Cependant, la population globale de macareux en Islande est considérablement plus réduite qu’elle ne l’était il y a 15 ans. Elle a diminué de 44 pour cent au cours du seul 21ème siècle!
Les poussins pèsent beaucoup plus lourd cette année que pendant les années précédentes. Cela est dû au fait que la nourriture, comme le krill et le lançon, est plus abondante et plus accessible qu’auparavant. En conséquence, les parents n’ont pas à aller très loin pour chercher de la nourriture pour leurs petits.
Le poussin le plus lourd pesé cette année avait un poids de 462 grammes, un record. Les jeunes macareux dont le poids atteint 300 grammes ont une espérance de vie cinq fois supérieure à ceux qui ne pèsent que 250 grammes. Il faudra cinq ans avant que les poussins de cette année deviennent sexuellement matures et commencent à nicher.
Au terme de la période des naissances, la population de poussins en Islande et dans les îles environnantes devraient s’élever à environ 7 000 individus.
Source : Iceland Monitor, Wikipedia.

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This post is neither about volcanoes nor about glaciers. It is my ornithologist side that leads me to write it. Whether you are a birdwatcher or not, you are sure to see lots of birds when you travel across Iceland, a land of volcanoes and glaciers. Be it on the seashore or in the interior, seagulls, terns and a myriad of ducks are sure to accompany you along the roads and the tracks. At the heart of summer, especially in June and July, even until mid-August, you may observe seabirds among which the puffins are very popular.

Puffins are pelagic seabirds hat feed primarily by diving in the water. They breed in large colonies on coastal cliffs or offshore islands. In Iceland, you can see them in many places along the coasts, as well as in the Westmann Isnands which host the largest single puffin colony in the world. The birds are nesting in crevices among rocks or in burrows in the soil. They have predominantly black or black and white plumage, and large beaks that get brightly coloured during the breeding season and give them a clownlike aspect with accounts for their being so popular. Their short wings are adapted for swimming with a flying technique underwater. In the air, they beat their wings rapidly (up to 400 times per minute) in swift flight, often flying low over the ocean’s surface.

Puffins form long-term pair bonds. The female lays a single egg, and both parents incubate the egg and feed the chick or « puffling ».

Puffins eat both fish and zoo plankton but feed their chicks primarily with small marine fish several times a day. The favourite species of the Atlantic puffin include the sandeel, the herring and the capelin. The birds puffins are known for their ability to hold several (sometimes over a dozen) small fish at a time, crosswise in their bill, which attracts many photographers.

A recent article on the Iceland Monitor website explains us that August is the period most cherished by the children of Vestmannaeyjar islands. This is the time of year when they come to the rescue of pufflings, who while intending to fly toward the ocean when leaving their burrows fly instead toward town, confused by the town lights. The children pick them up, usually weigh them and then take them to the shore where they release them.

It looks like the population of pufflings in the islands in 2021 is unusually large, counting more than 2,000 individuals. However, Iceland’s puffin population is still considerably smaller than it was 15 years ago. It has decreased by 44 percent this century alone.

The pufflings weigh considerably more this year than they have done in past years. That is due to feed, such as krill and sandeel being in more abundance and more accessible than before. As a consequence, the parents don’t have to travel as far as before to fetch feed for their young.

The heaviest puffling that has been weighed measured 462 grams. Pufflings whose weight reaches 300 grams have a life expectancy five times that of those which only weigh 250 grams. It will be five years before this year’s pufflings become sexually mature and start nesting.

By the end of the fledgling period, the pufflings in Iceland and the islands around is expect to amount to about 7,000.

Source : Iceland Monitor, Wikipedia.

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Macareux: des couples fidèles…

Macareux avec différents types de nourriture pour les poussins…

 

Juillet est aussi l’époque des naissances pour les sternes arctiques et les grands labbes…

 

Photos: C. Grandpey

Une pelleteuse dans la vallée de Natthagi (Islande) ! // An excavator in Natthagi (Iceland) !

Ces derniers jours, je me demandais pourquoi une pelleteuse s’agitait dans la vallée de Natthagi, juste devant le rempart de terre édifié pour empêcher – si possible – la lave d’atteindre la route côtière et d’endommager un câble à fibre optique. Pour le moment, ce barrage s’avère inutile car la lave a décidé de prendre une trajectoire opposée vers la vallée de Meradalir. Mais on ne sait jamais ; le volcan s’est montré fantasque depuis le début de l’éruption.
Aujourd’hui, j’ai la réponse et je sais pourquoi il y a une pelleteuse à Natthagi. Une tranchée a été creusée dans la vallée avec, à l’intérieur, des tuyaux et divers équipements de mesure dont le but est d’évaluer l’impact qu’aurait une coulée de lave sur de telles installations.
Les scientifiques expliquent que quand (ou si !) la lave recouvre la tranchée, ils recueilleront des données uniques sur l’effet de la coulée sur les câbles et autres infrastructures installées sous terre.
Source : Iceland Monitor.

A noter que le 21 août dans l’après-midi, une brèche s’est ouverte sur la lèvre du cratère côté Natthagi. La lave pourrait bien reprendre le chemin de cette vallée….

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Over the past days, I was wondering why an excavator was working in the Natthagi valley, right in front of the earthern wall built to prevent – if possible- lava from reaching the coastal road and damaging a fiber optic cable. For the moment, this dam is proving useless as lava has decided to take the opposited way in Meradalir. But one never knows ; the volcano has proved whimsical since the start of the eruption.

Today, I got the answer and I know why there is an excavatorr in Natthagi. A ditch has been dug in the valley. Inside the ditch, there are pipes and various measuring equipment whose aim is to assess the impact lava flow would have on such installations.

Scientists explain that when (or if!) lava flows across the ditch, they will collect unique data about the effect of lava flow on cables and other infrastructure installed underground.

Source : Iceland Monitor.

It should be noted that on August 21st in the afternoon, a breach opened on the crater rim, Natthagi side. The lava might now flow toward this valley ….

Capture écran webcam

Vue de la nouvelle brèche côté sud. Elle laisse échapper un important flot de lave qui devra toutefois être plus constant pour atteindre la tranchée dans Natthagi.

Islande: nouvelle évolution de l’éruption! // New change in the eruption!

18h30 : Dans l’après-midi de ce 21 août 2021, une brèche s’est ouverte dans la lèvre sud du cratère actif. La lave s’est vite engouffrée dans cette ouverture et a commencé à couler vers le sud.

Les images de l’une des webcams montrent que le front de coulée se trouve ce soir (il est 18h30 en Islande) dans le couloir d’accès en pente à la vallée de Nattaghi.

Reste à savoir si la lave coulera pendant suffisamment de temps pour aller beaucoup plus loin. Ce soir le tremor atteint un niveau relativement élevé.

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Il est 19 heures en Islande et il ne fait pas beau. Quelques trouées dans le brouillard ont permis de voir que la brèche dans la lèvre du cratère s’était refermée. L’alimentation de la coulée vers le sud a rapidement cessé. Le tremor reste élevé mais ne devrait pas tarder à chuter. La suite sera probablement pour demain. Cette éruption est à la fois surprenante et passionnante.

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18:30 : In the afternoon of August 21st, 2021, a breach opened in the southern rim of the active crater. Lava quickly rushed through this opening and began to flow south.

Images from one of the webcams show that the flow front is tonight (it’s 6:30 p.m. in Iceland) in the sloping access passageto the Nattaghi Valley.

It remains to be seen whether the lava will flow enough time to go much further. Tonight the tremor has reached a fairly high level.

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It is 7 p.m. in Iceland, with poor weather conditions. A few holes in the fog revealed that the breach in the crater rim had closed. The feeding of the southward flow quickly ceased. The tremor remains high but should soon drop. Let’s see what happens tomorrow. This eruption is both surprising and exciting.

Islande : webcams et autres images de l’éruption

Dans une note précédente, je félicitais les Islandais pour la qualité des images de l’éruption fournies par les webcams. En ce moment (21 août 2021), deux de ces caméras permettent d’observer le site. C’est, bien sûr, celle installée sur la colline de Langihryggur qui fournit – en streaming et haute définition – les images les plus spectaculaires. L’autre, dans la vallée de Natthagi a, au moins pour le moment, un intérêt secondaire.

Ce matin, un opérateur ajustait la caméra de Langihryggur et j’ai pu me rendre compte de la puissance du zoom. En observant la lave qui bouillonne dans le cratère et les coulées sur les pentes du volcan, on a l’impression que la caméra se trouve à une centaine de mètres du site éruptif. Que nenni ! La carte ci-dessous montre que la webcam a été installée loin du cratère. Les touristes qui passent devant l’objectif – en ne se privant pas de saluer ou te faire des auto-portraits – bénéficient tout de même d’une bonne vue de l’éruption. Toutefois, comme lors d’un match de foot ou de rugby dans un grand stade, le téléspectateur dans son fauteuil dispose d’une meilleure vue de l’événement. Bien sûr, s’agissant de l’éruption, manquent l’ambiance, le bruit et les odeurs. Mais ça coûte aussi moins cher qu’un voyage en Islande. … !

A côté des webcams, des appareils photo proposent à intervalle régulier, des images fixes du secteur.

Je pense que c’est la première fois que l’on peut observer, en direct et depuis le début, une éruption avec autant de confort, même si des webcams de très bonne qualité en streaming sont également installées sur l’Etna et le Stromboli en Sicile.