Plateforme glaciaire Larsen C (Antarctique) : Rupture imminente ? // Larsen C Ice Shelf (Antarctica): Imminent breakup ?

La fracture qui s’est ouverte il y a plusieurs semaines dans la plate-forme glaciaire Larsen C dans le nord-ouest de l’Antarctique s’est accélérée à un rythme record, et il semble bien qu’un iceberg de la taille du Delaware s’apprête à prendre le large. (Voir mes notes précédentes sur ce sujet: 24 janvier et 3 juin 2017).
Les scientifiques du projet MIDAS s’appuient sur des observations satellitaires pour étudier l’évolution de la fracture qui mesure 450 mètres de large par endroit. Dans une mise à jour diffusée le 28 juin 2017, les scientifiques ont écrit que « … la vitesse de progression de la fracture de la plate-forme Larsen C est trois fois plus grande qu’avant, avec plus de dix mètres par jour entre le 24 et le 27 juin. » C’est la plus grande vitesse de progression jamais enregistrée. Il est difficile de dire quand l’iceberg se séparera de la plateforme, car il y est encore attaché, même s’il approche du point de rupture. Il se peut que ce soit l’affaire de quelques heures, quelques jours ou quelques semaines.
Pour effectuer leurs observations, les scientifiques utilisent le satellite Sentinel-1, un projet de l’Agence Spatiale Européenne. Ce satellite peut détecter d’infimes variations dans les mouvements du sol et est utilisé pour étudier la fonte des glaciers ainsi que les séismes et autres phénomènes géologiques. (Voir les photos satellites ci-dessous).
Une étude publiée en 2015 a montré que, une fois l’iceberg libéré, la plate-forme glaciaire Larsen C perdra de sa stabilité. En effet, de telles plateformes de glace retiennent les glaciers terrestres qui se trouvent derrière elles. Lorsqu’elles s’érodent ou se rompent, elles permettent aux glaciers d’avancer dans la mer. En avançant dans la mer, la glace va fondre beaucoup plus rapidement et contribuera à l’élévation du niveau de la mer, avec les menaces que cela représente pour les villes côtières à travers le monde.
Source: Médias américains.

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The crack across the Larsen C Ice Shelf in northwest Antarctica has surged forward at record rates, bringing the ice shelf closer to cleaving off an iceberg roughly the size of Delaware. (see my previous posts about this topic: 24 January and 3 June 2017).

The scientists from Project MIDAS are using satellite observations to determine the progress that the rift is making. In some places, the fissure is 450 metres wide. In a June 28th update, the scientists report: « …The soon-to-be-iceberg part of [the] Larsen C Ice Shelf has tripled in speed to more than ten metres per day between June 24th and 27th 2017. » This is the highest speed ever recorded on this ice shelf. Predicting the exact date that the iceberg will cleave off from the Antarctic continent is tricky. One can’t tell when calving will occur; it could be hours, days or weeks.

The satellite scientists are depending on to detect changes in the progression of the fissure is Sentinel-1, a project of the European Space Agency. This satellite is able to detect subtle changes in ground movements and is used for both studying melting glaciers and ice shelves as well as earthquakes and other geological phenomena. See satellite photos here below.

A study published in 2015 showed that the Larsen C Ice Shelf without the huge chunk of ice about to break away will be much less stable than it has been. Indeed, such floating sections of ice serve as doorstops for the land-based glaciers behind them, and when the ice shelves erode or break apart, they can cause the land ice to flow into the sea. As it flows into the sea, it will melt much more quickly, raising sea levels and threatening coastal cities worldwide.

Source : American news media.

Images satellitaires montrant la vitesse de progression de la fracture (Source : ESA)

 

Rupture imminente de la plateforme Larsen C en Antarctique ? // Is the Larsen C Ice Shelf about to break off in Antarctica ?

Au cours des six jours qui ont précédé la décision du président Trump de se retirer de l’Accord de Paris sur le changement climatique, l’énorme fracture que j’ai mentionnée il y a quelques mois dans une plateforme glaciaire de l’Antarctique s’est allongée de 18 km, selon un rapport du groupe de recherche Project MIDAS du Brtiish Antarctic Survey.
La fracture qui tranche la plateforme « Larsen C » n’a plus que 13 km à parcourir pour donner naissance à l’un des plus grands icebergs jamais observés en Antarctique. En effet, lorsqu’il finira par se détacher du continent, l’iceberg ainsi produit mesurera plus de 80 000 kilomètres carrés et représentera 10% de la masse d’origine de la plate-forme glaciaire.
La progression de la fracture entre le 25 et le 31 mai 2017 a été la plus rapide depuis le mois de janvier, et l’inévitable rupture de la plate-forme Larsen C modifiera radicalement le paysage de cette partie du continent antarctique où la glace sera désormais moins stable. Le groupe Project MIDAS affirme que, bien que cette fracture ne soit pas forcément provoquée par le réchauffement climatique, la désintégration des plateformes glaciaires en Antarctique contribue à l’élévation du niveau de la mer qui menace les villes côtières. Lorsque les plateformes disparaissent, les glaciers qu’elles maintenaient en place peuvent avancer plus rapidement dans l’océan et accélérer leur contribution à l’élévation du niveau de la mer.
Donald Trump doit garder à l’esprit que la montée du niveau de la mer mettra en danger des villes fortement peuplées telles que New York, San Francisco, La Nouvelle-Orléans et Miami, et il est prévu que 13,1 millions d’Américains quitteront  les zones côtières d’ici l’année 2100. Cette crainte de l’élévation du niveau des océans a été l’un des nombreux facteurs qui ont inspiré l’objectif de l’Accord de Paris de limiter l’augmentation de la température mondiale.
On ne sait pas exactement quand la progression rapide de la fracture provoquera la séparation de l’iceberg de la plateforme « Larsen C », mais la fracture a atteint une région de glace moins solide et l’événement ne devrait donc pas tarder.

Source: Journaux américains.

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In the six days before President Trump announced his decision to withdraw from the Paris Agreement on climate change, the enormous crack I mentioned a few months ago in an Antarctic ice shelf grew 18 km, according to a report by British Antarctic research group Project MIDAS.

The crack, which is located in Larson Shelf C, leaves only 13 km of ice connecting what could be one of the world’s largest recorded icebergs to Antarctica. When it eventually breaks free from the continent, the resulting iceberg will measure more than 80,000 square kilometres and represent 10 percent of the ice shelf’s original mass.

The growth spurt between May 25th and May 31st 2017 was the largest observed since January, and the inevitable splintering of Ice Shelf C will drastically alter the landscape of the continent and will make the ice that remains less stable. The Project MIDAS group states that although this specific crack was not likely caused by climate change, the disintegration of Antarctic ice shelves contributes to rising sea levels that threaten coastal cities. Indeed, when ice shelves disappear, ice can flow faster from the land to the ocean and contribute more quickly to sea level rise.

Mr Trump should bear in mind that rising sea levels will endanger heavily populated cities such as New York, San Francisco, New Orleans and Miami, and are predicted to cause 13.1 million Americans to relocate from coastal areas by 2100. Concern about rising sea levels was one of many factors that inspired the Paris Agreement’s goal of limiting the rise of global temperatures.

It is not known exactly when the rapidly growing crack will cause Ice Shelf C to break free from Antarctica, but the rift has now reached a region of soft ice and there is very little holding the ice shelf together.

Source : American newspapers.

Vue de la fracture et de sa progression jusqu’au mois de janvier 2017 (Source: MIDAS – Swansea University)

Antarctique : La rupture de la plate-forme Larsen C s’accélère // Antarctica : The breaking away of the Larsen C ice shelf is accelerating

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente (le 6 décembre 2016), une énorme fracture est en train de s’ouvrir dans la plate-forme glaciaire Larsen C, l’une des plus étendues de l’Antarctique. Il semble que le processus soit en train d’accélérer et la rupture de cette énorme étendue de glace, presque aussi grande que l’Etat du Delaware, est probablement une question de mois et non de siècles, comme on le pensait auparavant.
Depuis le début du mois de décembre, la fracture s’est allongée d’environ 18 km, après avoir déjà progressé de 21 km en 2016. Elle a augmenté d’environ 80 km depuis 2011, pour atteindre une longueur totale de près de 160 km, et elle s’est élargie de plus de 300 mètres. Il ne reste actuellement plus que 19 km de glace pour relier cette vaste étendue au reste de la plate-forme. Lorsque la rupture se produira, ce seront près de 5 200 kilomètres carrés de glace qui iront voguer à la surface de l’océan.
Les conséquences de cette rupture seront forcément spectaculaires. En effet, la plate-forme Larsen C aura perdu plus de 10% de sa surface et le front de glace occupera la position la plus reculée jamais observée. Cet événement changera fondamentalement le paysage de la Péninsule Antarctique.
La plate-forme est alimentée par les glaciers qui reposent au-dessus du niveau de la mer sur la Péninsule Antarctique. Avec la réduction en taille de la plate-forme, ces glaciers vont probablement avancer plus rapidement, ce qui contribuera à l’élévation du niveau de la mer. La fonte de la plate-forme glaciaire proprement dite, aussi spectaculaire soit-elle, n’aura pas de graves conséquences car elle flotte déjà sur l’eau, comme le fait un glaçon dans un verre d’eau. La fonte de la plate-forme Larsen C se traduira par une élévation de quelques centimètres du niveau de la mer alors que l’on parlerait de dizaines de centimètres pour les plates-formes beaucoup plus épaisses de l’Antarctique Ouest et Est.

Deux petites plates-formes glaciaires à proximité de Larsen C – Larsen A et Larsen B – se sont déjà en grande partie désintégrées. Il reste une petite partie de Larsen B et les scientifiques pensent qu’elle va probablement disparaître, elle aussi, à brève échéance. Ils ont également remarqué qu’après la disparition d’une grande partie de la plate-forme Larsen B en 2002, les glaciers qui se trouvaient derrière elle ont accéléré leur progression vers la mer. Il est à craindre que le même processus se déclenche une fois que la plate-forme Larsen C aura pris le large.

Source: médias américains.

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drapeau-anglaisAs I put it in a previous note (December 6th 2016), an enormous rift is growing dramatically in Larsen C, one of Antarctica’s largest ice shelves. It seems the process is currently accelerating and the breaking away of this huge chunk of ice nearly the size of Delaware could be a matter of months instead of centuries, as thought before.

Since the beginning of December, the rift has grown about 18 km in length, after extending 21 km earlier in 2016. It has grown about 80 km since 2011, to a length of almost 160 km in total, and has widened to well over 300 metres. Now, only 19 km of ice continue to connect the chunk with the rest of the ice shelf. When it breaks away, the loss will be of nearly 5,200 square kilometres of ice.

The consequences of the break could be dramatic. When it calves, the Larsen C Ice Shelf will lose more than 10% of its area and will leave the ice front at its most retreated position ever recorded; this event will fundamentally change the landscape of the Antarctic Peninsula.

The floating ice shelf is fed by the flow of ice glaciers that sit above sea level on the Antarctic Peninsula. As the shelf shrinks, these glaciers could flow more quickly, which would contribute to rising sea levels. Losses from the ice shelf alone, however dramatic, would not have that effect, because the shelf is already floating on water, just like an ice cube in a glass of water. Fortunately, the Antarctic Peninsula does not contain nearly as much ice as other, thicker parts of Antarctica, such as the West and East Antarctic ice sheets. The potential sea level rise if Larsen C is lost would be measured in centimetres; the sea level from these ice sheets could be measured in tens of centimetres.

Two smaller ice shelves near Larsen C – Larsen A, and Larsen B – have already largely disintegrated. Larsen B has a remnant, but scientists have determined that this ice, too, could vanish before too long. They have also documented that following the collapse of much of the Larsen B ice shelf in 2002, the glaciers behind it sped up their flow toward the sea. Now, the fear is the same process could be unleashed on the larger Larsen C shelf.

Source : American news media.

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Vue de la fracture en novembre 2016 (Crédit photo : NASA)

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Elevation du niveau de la mer entre le 19ème et le 21ème siècles (Source : CSIRO Marine and Atmospheric Research)

Des iceberg perturbent la vie des manchots d’Adélie en Antarctique // Icebergs disturb the life of Adelie penguins in Antarctica

drapeau-francaisIl y a quelques jours, je regardais à la télévision le superbe film de Luc Jacquet La Marche de l’Empereur et j’avais en tête un article lu dans la presse au mois de février qui faisait état de la mort de quelque 150 000 manchots d’Adélie à cause de l’échouage d’un iceberg géant en Antarctique. Cet obstacle imprévu a obligé les manchots à de trop longs détours pédestres pour rejoindre l’eau libre où ils trouvent leur nourriture.

L’échouage s’est produit en 2010, dans la Baie du Commonwealth. Il s’agissait d’un immense bloc de glace de 95km de long par 20km de large connu sous le nom peu poétique de B09B. Selon les chercheurs néo-zélandais et australiens, l’avenir des colonies de manchots qui vivent sur cette portion de l’Antarctique est fortement menacé.

La Baie du Commonwealth sert de berceau à plusieurs espèces de manchots car ses côtes sont habituellement libres de glace, grâce aux vents catabatiques qui permettent la formation de zones d’eau libre entre la côte et la banquise. Dans ces eaux, les micro algues nourrissent le krill qui fait à son tour les délices des manchots vivant à deux ou trois kilomètres de la côte.

Toutefois, depuis 2010, tout a changé car l’iceberg géant est resté bloqué dans la baie et la zone de mer qui le sépare du continent s’est recouverte d’une glace épaisse. Les manchots doivent désormais parcourir plus de 60 kilomètres pour atteindre l’eau libre où ils trouvent leur nourriture. Or s’ils sont d’excellents nageurs, ces oiseaux sont de piètres marcheurs.

En 1913, l‘explorateur Sir Douglas Mawson avait dénombré plus de 200 000 manchots dans cette partie de l’Antarctique. Le chiffre semble être resté plus ou moins stable au cours du siècle, mais en décembre 2013 les chercheurs ont constaté un «déclin catastrophique» du nombre de manchots, avec des centaines d’œufs abandonnés et un sol jonché de carcasses de poussins.

En janvier 2014, des chercheurs français et américains ont fait le même constat sur une autre portion du territoire antarctique baignée par la mer de Ross et bloquée, cinq années durant, par deux autres icebergs géants. S’agissant de la Baie du Commonwealth, les chercheurs craignent que la population de manchots disparaisse dans les 20 ans si B09B ne se décide pas à quitter la zone.

Il semblerait que les icebergs géants se détachent de plus en plus fréquemment de la banquise antarctique sous l’effet du réchauffement climatique. Ces dernières semaines, un iceberg de 2550 km2 s’est détaché de la langue de glace du glacier Mertz en Antarctique de l’Est. Selon un communiqué du CNRS, « ce phénomène vient s’ajouter aux autres observations faites autour de l’Antarctique où de plus en plus de plates-formes glaciaires se détachent du continent et s’entrechoquent, ce qui entraîne une production accrue d’icebergs et une augmentation de l’apport d’eau douce à l’Océan Austral. ». Le glacier Mertz s’écoule dans l’océan avec un débit de 10 à 12 milliards de tonnes de glace par an. Avant la séparation, sa langue de glace s’étendait en mer sur 160 km. Elle ne fait maintenant plus que 80 km. L’iceberg qui vient de se détacher a une longueur de 78 km et une largeur allant de 33 à 39 km ; son épaisseur moyenne est d’environ 400 mètres. Selon les observations par satellite, ce vêlage est dû à la collision avec le B09B, celui-là même qui est en train de causer la mort des manchots d’Adélie.

Outre l’effet désastreux sur les oiseaux, la position future des deux icebergs risque d’affecter la circulation océanique et l’équilibre des écosystèmes de cette région. En effet, c’est dans cette zone que prennent naissance en partie les eaux de fond denses et froides de l’Antarctique qui alimentent la circulation océanique mondiale.

Source : Presse internationale.

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drapeau-anglaisA few days ago, I was watching on TV Luc Jacquet’s great film March of the Penguins and I had in mind an article released in the press in February about the death of some 150 000 Adelie penguins because of the grounding of a giant iceberg in Antarctica. This unexpected obstacle forced the penguins to walk too long detours to reach the open water where they find their food.
The stranding occurred in 2010 in Commonwealth Bay. It was a huge 95-km-long and 20-km-wide ice block known as B09B. According to New Zealand and Australian researchers, the future of the penguins that live in this part of Antarctica is highly threatened.
Commonwealth Bay serves as a refuge for several species of penguins because the coast is usually ice-free, due to the katabatic winds that allow the formation of open water between the coast and the sea ice. In these waters, micro algae are feeding krill which, in turn, feed the penguins living two or three kilometres from the coast.
However, since 2010, everything has changed because the giant iceberg is stuck in the Bay and the sea area thet separates it from the continent is covered with thick ice. Penguins now have to travel more than 60 kilometres to reach the open water where they can find their food. If they are excellent swimmers, these birds make poor walkers.
In 1913, explorer Sir Douglas Mawson counted more than 200,000 penguins in this part of Antarctica. The figure seems to have remained more or less stable throughout the century, but in December 2013 the researchers found a « catastrophic decline » in the number of penguins, with hundreds of abandoned eggs and the ground strewn with chick carcasses.
In January 2014, French and US researchers made the same observation about another portion of the Antarctic territory bathed by the Ross Sea and blocked for five years by two other giant icebergs. Regarding Commonwealth Bay, researchers fear that the penguin population might disappear within 20 years if B09B remains stuck in the area.
It seems that giant icebergs are detaching more and more often from the Antarctic icefield under the effect of global warming. In recent weeks, a 2550-square-kilometre iceberg broke off from the ice tongue of the Mertz Glacier in East Antarctica. According to a statement from the CNRS, « this phenomenon comes in addition to other observations around Antarctica where more and more ice shelves break off from the continent and collide, resulting in increased production of icebergs and an increased influx of fresh water in the Southern Ocean. » The Mertz Glacier travels into the ocean at a rate of 10 to 12 billion tons of ice per year. Before the separation of the ice block, its tongue of ice was stretching over 160 km into the sea. It is now no more than 80 km long. The iceberg that has just come off is 78 km long and 33-39 km wide; its average thickness is about 400 metres. According to satellite observations, the calving is due to the collision with the B09B, the iceberg that is currently causing the death of Adelie penguins.

Besides the disastrous effect on birds, the future position of the two icebergs could affect ocean circulation and the balance of ecosystems in the region. It is in this area that partly originate the dense and cold bottom waters of Antarctica that drive the global ocean circulation.
Source: International press.

Penguins

Manchots d’Adélie (Crédit photo: Wikipedia)