Hawaii: Les dangers du Kilauea // Hawaii: The dangers of Kilauea Volcano

drapeau-francaisActuellement, les principaux dangers se concentrent sur trois sites du Kilauea:

1) Le cratère de l’Halema’uma’u: Le HVO indique que le lac de lave reste actif et que sa surface se trouve à environ 35 mètres sous la lèvre du cratère. Comme je l’ai écrit dans une note précédente, l’explosion de samedi dernier, provoquée par un éboulement, a expédié un volume impressionnant de matériaux très loin sur le rebord sud-est de l’Halema’uma’u. Le tapis de projections recouvre une bande de 80 mètres de long et 50 mètres de large autour de l’ancienne terrasse d’observation, une zone qui a été fermée au public en 2008 quand la bouche active s’est ouverte, en raison des risques évidents. Par endroits, la couche de téphra présente une épaisseur de 20 centimètres. Si des personnes avaient été présentes à cet endroit au moment de l’explosion, il est pratiquement certain qu’il y aurait eu des morts et des blessés. De plus, les alizés ont influencé la trajectoire des retombées. En effet, alors que la plupart des matériaux sont retombés juste à l’est du cratère, des éjecta gros comme des galets ont également arrosé l’ancien parking, à environ 500 mètres au sud-ouest. Comme je l’ai signalé auparavant, un coffret en plastique abritant des batteries et des composants électroniques pour un gravimètre, à environ 35 mètres du bord du cratère, a carrément fondu sous la chaleur de la lave.
De nouvelles explosions et chutes de pierres restent possibles et peuvent survenir à tout moment, sans prévenir. Le HVO reconnaît que leur prévision reste impossible. À ce jour, les scientifiques n’ont jamais détecté de signaux annonçant de telles explosions. L’ampleur de l’événement dépend probablement du lieu et de la taille de l’éboulement, du niveau du lac de lave au moment de l’éboulement, de la vitesse du vent, et d’autres facteurs dynamiques.
On a observé que la plupart des éboulements de parois internes du cratère ont lieu au moment où le niveau du lac de lave est en train de s’élever, ce qui porte à haute température de grandes zones de la roche encaissante, avec l’apparition de fractures à cause de la dilatation de la roche. Toutefois, certains éboulements, comme celui du 6 août, peuvent se produire au cours d’un épisode de baisse du niveau du lac, peut-être parce que l’effet étayage du lac n’existe plus, ce qui favorise la fragilité de la paroi.
L’accès à toute la zone autour du cratère de l’Halema’uma’u est interdit. Le seul point d’observation autorisé est la terrasse du Musée Jaggar. Cette carte montre (en rouge) les routes et sentiers interdits au sommet du Kilauea

Kilauea trails

Source: USGS / HVO.

2) Le cratère du Pu’uO’o: L’accès à ce site est interdit lui aussi, en raison des dangers: gaz nocifs, risques d’effondrements et d’explosions. Par ailleurs, le terrain est à la fois difficile et dangereux. Il y a un fort risque de chute et de blessure grave. Les volcanologues du HVO visitent le cratère de temps à autre. Ils sont acheminés par hélicoptère et restent en général sur le bord nord du cratère juste le temps de contrôler les instruments de surveillance et autres webcams qui ont été installés à cet endroit.
La meilleure solution pour observer le Pu’uO’o est d’acheter un vol en hélicoptère dans l’une des agences situées dans l’enceinte de l’aéroport de Hilo. Malgré les mises en garde, ceux qui voudraient s’aventurer sur le Pu’uO’o doivent savoir que les pilotes d’hélicoptères privés signalent aux rangers la présence de personnes dans la zone interdite.

PuuOO 8 juillet

Crédit photo: USGS / HVO.

3) La coulée de lave 61g continue d’être active et d’entrer dans l’Océan Pacifique en plusieurs endroits près de Kamokuna. Des bouches continuent à s’ouvrir sur la coulée, que ce soit sur la plaine côtière ou sur le pali. La lave a commencé à édifier un delta le long du rivage.
Il est recommandé la plus grande prudence aux personnes qui viennent admirer l’entrée de la lave dans l’océan. Le HVO rappelle qu’il y a des risques autres que le simple fait de marcher sur la surface inégale et instable qui précède la falaise. Le site génère de nouveaux dangers avec l’interaction explosive entre la lave et l’eau. En outre, la nouvelle banquette construite par la lave est instable et peut s’effondrer sous l’action de sape des vagues. Un petit effondrement de ce delta a d’ailleurs eu lieu mardi dernier pendant l’après-midi. Enfin, le douloureux mariage de la lave et de l’eau produit un panache acide chargé de particules volcaniques fines qui peuvent irriter la peau, les yeux et les poumons.

Explosion-Hawaii

Explosion littorale (Photo: C. Grandpey)

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 drapeau-anglaisCurrently, the main dangers on Kilauea volcano are concentrated in three main areas:

1) Halema’uma’u Crater: HVO indicates that the lava lake remains active with its surface about 35 metres below the crater rim. As I put it in a previous post, last Saturday night’s explosion, triggered by a rockfall, sent a voluminous and dangerous shower of hot spatter and rock debris onto the southeast rim of Halema’uma’u Crater. This explosion produced a continuous carpet of volcanic material covering a broad swath 80 metres long and 50 metres wide around the former public overlook, an area that has been closed to public access since 2008 due to ongoing hazards. In places, this tephra layer was up to 20 cm thick. Almost certainly, anyone who had been near the crater rim in this area would have been killed or severely injured. Trade winds influenced the trajectory of the fallout. So, while most of the tephra fell just east of the vent, pebble-sized debris also pelted the old parking lot, about 500 metres to the southwest. As I put it before, spatter that landed on a plastic case housing batteries and electrical components for a gravity monitoring instrument about 35 metre from the crater rim melted the case and ignited a fire that incinerated its contents.

Additional explosions from further rockfalls remain possible and can occur at any time with no warning. These rockfalls and the resulting lava lake interactions are impossible to forecast. To date, HVO scientists have seen no evidence of precursory signals before an explosion, and the magnitude of the event likely depends on the location and size of the rockfall, the lava lake level at the time of the rockfall, wind velocity, and other dynamic factors.

Most rockfalls from the vent wall have occurred during rising lava lake levels, when large areas of the wall rock are heated and develop internal cracks due to expansion. But some rockfalls, like the August 6th event, occur after the lake level drops, possibly when the buttressing effect of the lake is lost, facilitating wall failure.

Access to the whole area around Halema’uma’u Crater is prohibited. The only authorised observation point is the terrace of the Jaggar Museum. The map (see above) shows (in red) the unauthorised access roads and trails on Kilauea volcano

2) Pu’uO’o Crater: Access to this site is prohibited too, due to the dangers: noxious gases, risk of collapses and explosions. Besides, the terrain is both difficult and dangerous. The risk of falling and getting severely injured is very high. Volcanologists at HVO visit the crater from time to time. They are dropped from a helicopter and stay on the crater rim just the necessary time to control and monitor the instruments that have been set up on the crater rim.

The best solution to observe Pu’uO’o is to buy a helicopter flight in one of the agencies located at Hilo Airport. Despite the warnings, those who want to venture on Pu’uO’o should know that private helicopter pilots signal to the rangers the presence of people in the forbidden area.

3) The 61g lava flow continues to be active and to enter the Pacific Ocean at multiple places near Kamokuna. Scattered breakouts continue predominantly on the seaward portion of the coastal plain and on the pali. Lava has started to build a delta along the shore.

As a strong caution to visitors viewing the new ocean entry; HVO warns that there are additional significant hazards besides walking on uneven surfaces and around unstable, extremely steep sea cliffs. Venturing too close to the ocean entry exposes to flying debris created by the explosive interaction between lava and water. Also, the new land created is unstable because it is built on unconsolidated lava fragments and sand. This loose material can easily be eroded away by surf causing the new land to become unsupported and slide into the sea. A small delta collapse occurred last Tuesday afternoon. Finally, the interaction of lava with the ocean creates an acidic plume laden with fine volcanic particles that can irritate the skin, eyes, and lungs.

Les dangers des deltas de lave // The dangers of lava deltas

drapeau-francaisA Hawaii, la coulée 61g de lave reste active et continue à entrer dans l’océan. Pélé, la déesse du feu, a donc retrouvé sa soeur, Na Maka, la déesse de la mer. Au moment où elle tombe du haut de la falaise pour atteindre la mer, la coulée à une vingtaine de mètres de large. Un autre bras de lave avance également le long de la bordure ouest de la coulée principale. En cliquant sur ce lien, vous pourrez voir une vidéo tournée par l’agence Paradise Helicopters :
https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Chaque jour, des centaines de touristes (ils étaient 2000 dans la soirée de lundi dernier!) vont à pied ou en bateau admirer le mariage de la lave et de l’eau. Quelques-uns s’approchent très près de la coulée tandis que d’autres gardent leurs distances. Le HVO rappelle que lorsque la lave entre dans l’océan pendant des périodes prolongées – ce qui contribue à l’agrandissement de la Grande Ile – le phénomène comporte de nombreux risques.
Il existe quatre risques principaux associés aux entrées de lave dans l’océan :

1) L’effondrement brutal de la banquette formée par accumulation de la nouvelle lave,

2) Les explosions déclenchées par cet effondrement,

3) Les vagues d’eau à très haute température qui viennent frapper le rivage,

4) Le panache de vapeurs acides (acide chlorhydrique en particulier) et de minuscules particules de lave entraînées par le vent au-delà du point d’entrée.
Les trois premiers dangers peuvent être mortels ou causer des blessures graves. Le quatrième peut provoquer des difficultés respiratoires, en particulier chez les personnes souffrant déjà de maladies respiratoires. En effet, l’inhalation ou le contact avec les gaz et les vapeur acides contenus dans le panache peut irriter la peau, les yeux et les voies respiratoires.
La lave qui pénètre dans l’océan se refroidit rapidement et se fractionne en une multitude de fragments qui s’accumulent sur le plancher océanique où ils construisent une base instable sur laquelle les nouvelles coulées de lave viennent se superposer. Cette nouvelle terre s’appelle un delta de lave. Au fur et à mesure que ces deltas de lave s’agrandissent, ils tendent à s’affaisser sous le poids de la nouvelle lave qui les recouvre jour après jour. Lorsque les matériaux sous-jacents ne peuvent plus supporter la masse de plus en plus lourde du delta, ou à cause d’un glissement de terrain sous la surface de l’océan, le delta s’effondre.
Au cours de l’effondrement, la lave vient instantanément en contact avec l’eau de mer. Au contact de cette lave dont la température est supérieure à 1100°C, l’eau de mer vaporise instantanément, ce qui déclenche de puissantes explosions avec projections de matériaux incandescents. Certaines de ces explosions peuvent projeter des blocs de près d’un mètre de diamètre jusqu’à 300 mètres à l’intérieur des terres. Pendant un important effondrement du delta en 1993, et malgré une interdiction d’accès du site par le Parc des Volcans, un photographe a été emporté par la mer. Plus d’une douzaine d’autres personnes ont été blessées alors qu’elles tentaient de fuir.
De grandes vagues peuvent déferler sur le rivage, à cause de la houle normale, ou suite à l’effondrement soudain d’un delta de lave, avec des projections d’eau bouillante sur le delta de lave et à proximité. Des personnes qui se trouvaient dans cette zone ont reçu des brûlures au deuxième degré. En 2000, la mort de deux personnes gravement brûlées qui se trouvaient près d’une entrée de lave dans l’océan a été causée par l’inhalation de vapeurs acides.
La meilleure façon d’éviter ces dangers est de ne jamais aller s’aventurer sur un delta de lave actif et, lorsqu’un nouveau delta de lave avance de quelques dizaines de mètres au-delà de la falaise côtière, il est recommandé de rester au moins à 400 mètres de l’endroit où la lave entre dans la mer. De petits fragments de roche peuvent tomber au-delà de cette distance lors de grandes explosions déclenchées par l’effondrement d’un delta de lave.

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drapeau-anglaisAt Hawaii, the 61g lava flow remains active and is still entering the ocean. Pele, the Goddess of Fire, has once again reunited with her sister, Na Maka, the Goddess of the Sea. The flow is about 20 metres wide where it spills over the sea cliff. Another narrow lobe of the flow has advanced along the west margin of the main flow. By clicking on this link, you will see a Paradise Helicopters video showing the lava flow:

https://youtu.be/xf_rUnmU78o

Dozens of visitors (they were 2,000 last Monday in the evening!) made their way on foot and by boat to watch lava interacting with the Pacific Ocean. Some stood directly over the main breakout feeding lava into the water while others kept their distance. HVO reminds people they should keep in mind that when lava enters the ocean for sustained periods of time, the island-building activity creates a unique set of hazards.

Four main dangers associated with lava flowing into the ocean include 1) the sudden collapse of new land and adjacent sea cliffs into the ocean, 2) explosions triggered by the collapse, 3) waves of scalding hot water washing onshore, and 4) a steam plume that rains hydrochloric acid and tiny volcanic glass particles downwind from the entry point.

The first three of these dangers can be deadly or cause serious injury. The fourth can cause breathing difficulties, particularly for people with pre-existing respiratory diseases. This is because inhaling or contacting the acid gases and liquids in the plume can irritate skin, eyes, and respiratory tracts.

Lava streaming into the ocean cools rapidly and shatters into sand-sized and larger angular fragments that accumulate on the steep submarine slope where they build an unstable foundation upon which lava flows can spread above sea level. This new land is called a lava delta. As lava deltas grow seaward and along the shoreline, they slowly settle or sink as the loose debris shifts under the weight of the overlying lava flows. When the underlying debris can no longer support a delta’s growing mass, or is undercut by a deeper submarine landslide, the delta collapses into the ocean.

During a collapse, the lava flow instantly comes into contact with seawater. With temperatures higher than 1,100 degrees Celsius, active lava causes seawater to flash to steam, which triggers an explosive blast of rocks, steam, and molten lava fragments into the air. The largest of these explosions have hurled rocks nearly a metre in size as far as about 300 metres inland from the collapsed delta. During a large delta collapse in 1993, and despite a well-posted closure in Hawaii Volcanoes National Park, a photographer was swept out to sea. More than a dozen other people were also injured when they attempted to flee the hot rocks and lava fragments hurled onshore.

Unexpected large waves produced by normal ocean swells or sudden collapse of an active lava delta can send scalding hot water crashing onto shore, both inland and adjacent to lava deltas. People standing in these areas have received second-degree burns from the hot water swept onshore. In 2000, the deaths of two severely burned individuals found near an active coastal lava flow were caused by the inhalation of acidic steam from the ocean entry.

The best way to avoid these hazards is to never walk onto an active lava delta, and, once a new lava delta extends a few tens of metres from the old sea cliff, stay at least 400 metres away from where lava enters the sea. Small rock fragments can even fall beyond this distance during large explosions triggered by lava delta collapse.

Delta lave

Delta de lave et coulée active à Hawaii (Photo: C. Grandpey)