Accélération de la hausse du niveau des océans // Ocean levels are rising faster

Avec la hausse des températures que j’évoquais à propos d’avril 2025, les glaciers et la banquise fondent de plus en plus vite et contribuent à l’élévation du niveau de la mer.
Une hausse brutale du niveau de la mer en 2024 a suscité des inquiétudes parmi les scientifiques de la NASA. En effet, une analyse a révélé que cette hausse était supérieure à ce qu’ils attendaient.
Un réchauffement des océans plus important que d’habitude, conjugué à la fonte des glaces terrestres, a provoqué une hausse du niveau de la mer qui a surpris les scientifiques. La hausse a été de 0,58 cm en 2024, soit plus que les 0,43 cm prévus par les prévisionnistes. Un scientifique de la NASA a déclaré : « Chaque année est différente, mais il est clair que le niveau des océans continue de monter, et le rythme s’accélère de plus en plus.»
La NASA a imputé cette hausse principalement à la dilatation thermique, c’est-à-dire à l’expansion de l’eau des océans lorsqu’elle se réchauffe. Ces dernières années, environ les deux tiers de l’élévation du niveau de la mer résultaient de la fonte des glaces terrestres, tandis qu’un tiers était dû à la dilatation thermique. Cependant, en 2024, cette tendance s’est inversée et la dilatation thermique a représenté les deux tiers de l’élévation.
L’élévation annuelle moyenne du niveau de la mer a plus que doublé depuis que la NASA a commencé à utiliser des satellites pour mesurer l’élévation du niveau de la mer à l’échelle mondiale en 1993, avec une augmentation totale de 10,16 cm (4 pouces).
Les autorités de Californie du Nord ont averti que les changements environnementaux liés à l’élévation du niveau de la mer se font déjà sentir dans la région. Une communauté autochtone d’Amérique centrale risque d’être déplacée en raison de la menace d’inondations liée à la montée du niveau de la mer sur sa petite île.
La NOAA a déclaré que la montée des eaux aggraverait les ondes de tempête à mesure que le niveau de l’eau monterait le long des côtes. Des niveaux d’eau plus élevés au départ signifient que les ondes de tempête mortelles et destructrices, telles que celles associées à l’ouragan Katrina, à la « super tempête » Sandy et à l’ouragan Michael, se propagent plus loin à l’intérieur des terres qu’auparavant. L’élévation du niveau de la mer entraîne également des inondations plus fréquentes lors des grandes marées.
Source : NASA, NOAA.

L’érosion littorale est l’une des principales conséquences de la hausse de niveau des océans (Photo: C. Grandpey)

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With the rise in temperatures I mentioned about April 2025, glaciers and sea ice are melting faster and contributing to sea level rise.

An abrupt rise in global sea level in 2024 has raised concerns among NASA scientists. An analysis has revealed that the increase was more than what scientists had been expecting.

A higher-than-usual amount of ocean warming, along with meltwater from land-based ice, caused a jump in sea level that surprised scientists. The rate of rise in 2024 was 0.23 inches (0.58 cm) per year, more than the rate of 0.17 inches (0.43 cm) that forecasters had projected. Said a NASA scientist : « Every year is a little bit different, but what’s clear is that the ocean continues to rise, and the rate of rise is getting faster and faster. »

NASA blamed the rise mostly on thermal expansion, the expansion of ocean water as it warms. In recent years, approximately two-thirds of sea level rise resulted from land-based ice melt, while one-third was due to thermal expansion. However, in 2024, this trend reversed and thermal expansion accounted for two-thirds of the rise.

The average yearly rise in sea level has more than doubled since NASA started using satellites to measure global sea level rise in 1993, with the global sea level increasing by a total of 4 inches (10.16 cm).

Officials in Northern California have warned that environmental changes from rising sea levels are already being experienced in the region. A Central American Indigenous community is at risk of relocation because of the threat of flooding from rising sea levels on their small island.

NOAA has said rising seas will worsen storm surges as water levels climb along coastlines. Higher background water levels mean that deadly and destructive storm surges, such as those associated with Hurricane Katrina, ‘Superstorm’ Sandy, and Hurricane Michael, push farther inland than they once did. Higher sea level also means more frequent high-tide flooding.

Source : NASA, NOAA.

La NASA alerte à nouveau sur la hausse de niveau des océans // NASA’s new alert on rising sea levels

Ce n’est pas une surprise : la NASA vient de confirmer que le niveau des océans à travers le monde a augmenté plus que prévu en 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée sur Terre. Sur son site web, l’Administration explique que  »l’augmentation de l’année dernière est due à un réchauffement inhabituel des océans, combiné à la fonte des eaux provenant des glaces sur Terre, comme les glaciers. »
Selon l’analyse effectuée par la NASA, qui surveille la montée des eaux grâce à l’imagerie satellite, leur niveau a augmenté de 0,59 cm en 2024, bien au-delà des 0,43 cm prévus par les scientifiques. Un chercheur du Jet Propulsion Laboratory a déclaré : « Chaque année est un peu différente, mais il est clair que le niveau des océans continue de monter, et que le rythme s’accélère.»
L’élévation du niveau des océans est l’une des conséquences du réchauffement climatique d’origine humaine, et ce niveau s’est élevé parallèlement à la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre, un changement lui-même causé par les émissions de gaz à effet de serre.
Au cours des trois dernières décennies, de 1993 à 2023, le niveau moyen de la mer à l’échelle mondiale a augmenté d’environ 10 cm. Selon la NASA, ce phénomène est principalement dû à deux facteurs : la fonte des glaciers et des calottes polaires, qui augmente l’afflux d’eau douce dans les océans ; et la dilatation thermique des océans due à la hausse de la température de l’eau de mer. Ces dernières années, l’élévation du niveau de la mer était principalement due au premier facteur et, dans une moindre mesure, au second. Cependant, en 2024, la situation s’est inversée : les deux tiers de l’élévation du niveau de la mer provenaient de la dilatation thermique.
On peut lire dans la conclusion du rapport de la NASA : « L’année 2024 a été la plus chaude jamais enregistrée depuis le début de ces relevés en 1850. Le niveau de la mer devrait encore augmenter, car l’humanité continue d’émettre des gaz à effet de serre, menaçant de nombreuses habitées sur des îles ou le long des côtes. »

C’est au moment des tempêtes de grandes marées que les effets de la hausse de niveau des océans est visible sur les côtes, comme ici au nord de Royan (France)  [Photo: C. Grandpey]

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It was highly likely, but NASA has just confirmed the piece od news : Global sea levels rose more than expected in 2024, Earth’s hottest year on record. On its website, the Administration explains that last year’s increase « was due to an unusual amount of ocean warming, combined with meltwater from land-based ice such as glaciers. »

According to the analysis led by NASA, which monitors rising water levels using satellite imagery, the world’s seas rose by 0.59 centimeters in 2024, well above the 0.43 cm predicted by scientists. A researcher at NASA’s Jet Propulsion Laboratory said : « Every year is a little bit different, but what’s clear is that the ocean continues to rise, and the rate of rise is getting faster and faster. »

Rising sea levels are among the consequences of human-induced global warming, and oceans have risen in line with the increase in the Earth’s average surface temperature, a change which itself is caused by greenhouse gas emissions.

Over a recent three-decade period, from 1993 to 2023, average sea levels around the globe have risen by some 10 cm in total. According to NASA, the phenomenon is caused primarily by two factors: the melting of glaciers and polar ice caps, which increases the flow of freshwater into oceans; and the thermal expansion of the oceans due to the ncreasing temperature of sea water. In recent years, the observed rise in sea levels has been mainly caused by the first factor and less by the second. However, in 2024, those contributions flipped, with two-thirds of sea level rise coming from thermal expansion.

One can read in the conclusion of NASA’s report :  »The year 2024 was the warmest on record since such recordkeeping began in 1850. Sea levels are expected to rise further as humanity continues to emit greenhouse gases, threatening vast populations living on islands or along coastlines. »

Nouvelle alerte antarctique // New Antarctic alert

À la mi-novembre, plus de 450 chercheurs se sont réunis à Hobart (Australie) pour la première conférence australienne sur la recherche en Antarctique (Australian Antarctic Research Conference), la première depuis plus d’une décennie. Près des deux tiers des participants étaient des chercheurs en début de carrière. Ils ont publié une déclaration commune intitulée Making Antarctica Cool Again (parodie du Make America Great Again de Donald Trump), expliquant qu’une action urgente est nécessaire pour empêcher une élévation catastrophique du niveau de la mer dans le monde. Les scientifiques affirment qu’il est essentiel que notre société réduise ses émissions de gaz à effet de serre pour limiter la vitesse et l’impact du réchauffement climatique.
L’Antarctique et l’océan Austral ont subi des changements rapides et extrêmes ces dernières années, notamment des vagues de chaleur sans précédent et des réductions de glace de mer record. Au cours des 30 dernières années, le niveau de la mer à l’échelle de la planète a augmenté d’environ 10 centimètres, selon l’Australian Antarctic Program Partnership (AAPP). Les scientifiques estiment qu’il pourrait augmenter jusqu’à un mètre d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre devaient se poursuivre au rythme actuel. Les chercheurs sont de plus en plus préoccupés par la fonte de la glace en Antarctique.
L’AAPP explique que le continent Antarctique perd actuellement 17 millions de tonnes de glace par heure. Les changements induits par le réchauffement climatique dans la région sont immenses. Des recherches récentes ont montré que la réduction de la banquise a atteint des niveaux record, que les vagues de chaleur extrêmes ont dépassé de 40 degrés Celsius les températures moyennes et que les principales plateformes glaciaires souffrent d’une instabilité de plus en plus grande.
Le document intitulé Making Antarctica Cool Again insiste que les sociétés doivent de toute urgence « inverser la courbe du carbone » en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dès que possible. Des points de non-retour irréversibles ont peut-être déjà été atteints. La déclaration vise à faire comprendre la gravité de la situation à l’ensemble de la population.
Source : Australian Broadcasting Corporation.

Photo: C. Grandpey

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By mid-November, more than 450 researchers gathered in Hobart (Australia) for the inaugural Australian Antarctic Research Conference, the first such event in more than a decade. Almost two thirds of attendees were early career researchers, who have released a joint statement titled Making Antarctica Cool Again, warning urgent action is needed to prevent catastrophic sea level rise around the world. The scientists say it’s vital that societies reduce greenhouse gas emissions to limit the speed and severity of global warming.

Antarctica and the Southern Ocean have been undergoing rapid and extreme changes in recent years, including unprecedented heatwaves and record-low sea ice levels. In the past 30 years, global sea levels have risen by about 10 centimetres, according to the Australian Antarctic Program Partnership (AAPP). Scientists say sea levels could rise by up to one metre by the end of the century under a high emissions scenario. They are becoming increasingly concerned about melting ice in Antarctica.

The AAPP explains that the Antarctic continent is currently estimated to lose 17 million tonnes of ice every hour. Global warming induced shifts observed in the region are immense. Recent research has shown record low sea ice, extreme heatwaves exceeding 40 degrees Celsius above average temperatures, and increased instability around key ice shelves.

The statement Making Antarctica Cool Again says societies need to urgently « bend the carbon curve » by reducing greenhouse gas emissions as soon as possible. Irreversible tipping points may have already been reached. The statement is designed to convey the reality of the situation to the broader community.

Source : Australian Broadcasting Corporation.

Inconscience et déni climatique // Climate unconsciousness and denial

Soit parce qu’ils pratiquent la politique de l’autruche et refusent de voir la réalité, soit parce qu’ils ne sont pas conscients du danger imminent, beaucoup de gens préfèrent ignorer les conséquences du réchauffement climatique et ce qui est susceptible de se produire dans les années à venir.
Un article de la presse américaine prend l’exemple de Galveston (54 000 habitants) au Texas, une station balnéaire et un port au large de la côte sud-est de cet État, construits sur l’île de Galveston et l’île Pelican.
Galveston défie les éléments depuis sa création, et affronte les caprices des marées dans le Golfe du Mexique pour construire un ensemble urbain sur l’eau. Aujourd’hui, une série de catastrophes naturelles liées au climat met la ville à l’épreuve comme jamais auparavant.
Pour les habitants de Galveston, la vie est devenue une course contre la montre et les marées. Au cours des dernières décennies, la ville s’est lancée dans plusieurs projets financés par le gouvernement fédéral, à hauteur de plusieurs millions de dollars, pour construire un mur de protection contre la mer, renforcer les dunes de sable et même surélever des quartiers entiers. Aujourd’hui, les scientifiques préviennent que les menaces liées à la hausse des températures dans le monde dépasseront la capacité de la ville à se fortifier. Le problème, c’est que peu de gens prennent cette mise en garde au sérieux.
À Galveston, d’importants projets de développement en bord de mer sont en cours dans une zone qui a connu à plusieurs reprises l’érosion, les inondations et la montée du niveau de la mer à un rythme plus rapide que dans le reste du pays. L’attitude optimiste des promoteurs, à la limite du déni, est particulièrement inquiétante. Un climatologue a déclaré : « Je pense que les gens n’ont pas conscience de ce qui va leur tomber dessus. Personne n’a encore connu ça. »
L’accélération rapide des événements météorologiques extrêmes tels que les ouragans plus puissants, l’augmentation des précipitations et des risques d’inondation, est directement liée à la hausse des températures de la planète.

Ces événements ne devraient pas ralentir de sitôt. D’un côté, ils mettent en danger des villes comme Galveston qui attirent de nombreux touristes, souvent encore moins conscients de la menace. D’un autre côté, ils font grimper les coûts d’assurance et nécessitent des sommes colossales d’argent public chaque année pour reconstruire et renforcer les côtes vulnérables. Cette situation n’est pas propre au Texas. Les villes côtières du Maine, de Floride, de Californie et de nombreux autres États sont aux prises avec le difficile équilibre entre investir dans la résilience et déménager.
Pour préserver les maisons, l’économie et les habitants, les autorités de Galveston n’ont d’autre choix que de renforcer la côte. Si une grande partie de ce travail, comme la reconstruction des plages et des dunes de sable après les tempêtes, est réactive, d’autres solutions font preuve de proactivité. Par exemple, la ville prévoit d’installer des pompes à eau dans des quartiers bas pour minimiser les inondations et éviter de surélever l’ensemble du quartier, ce qui serait beaucoup plus coûteux. D’autres solutions consistent à expérimenter des matériaux de construction conçus pour résister aux conditions météorologiques extrêmes, comme des maisons flottantes et des toits absorbants qui peuvent capter l’excès d’eau de pluie.

Au train où vont les choses, avec la hausse des températures et du niveau de la mer, ces mesures risquent de s’avérer insuffisantes à l’avenir et la relocalisation apparaîtra alors comme la seule solution.
Source : Yahoo Actualités.

Par sa position insulaire, Galveston est très exposée à la hausse du niveau de l’océan (Source : TSHA)

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Either because they practice the ostrich policy and refuse to see reality, or because they are not conscious of the impending danger, many people prefer to ignore the consequences of global warming and what is likely to happen in the coming years.

An article in the U.S. press takes the example of Galveston (pop. 54,000) a coastal resort city and port off the Southeast Texas coast on Galveston Island and Pelican Island in the U.S. state of Texas.

Galveston has defied the elements since its inception, facing whims of the Gulf of Mexico’s tides to build a community on the water. Today, an influx of climate-related natural disasters will test the city like never before.

For Galveston residents, the notion of racing against time – and tides – is merely a fact of life. Over the past several decades, the city has embarked on several multimillion-dollar federally funded projects to construct a sea barrier wall, reinforce sand dunes, and even raise the ground floor of entire neighborhoods. But now, scientists and officials are warning that the threats fueled by rising global temperatures will outpace the city’s ability to fortify itself. Yet it seems few people take these warnings seriously.

In fact, in Galveston, there are major proposed beachside developments moving forward in an area that has repeatedly seen erosion, flooding, and sea level rise at a rate that outpaces the rest of the country. The developers’ attitude of optimism bordering on denial has many concerned. A climate scientistsaid : « I don’t think people really understand what’s coming. It’s nothing anybody has ever experienced. »

The rapid acceleration of these weather events, from stronger hurricanes to increased precipitation and flood risk, is directly tied to the planet’s rising temperatures. And these events are not expected to slow down anytime soon.

Not only do these events endanger communities like Galveston, which draw in many tourists who may be even more unaware of the threat, they also drive up insurance costs and require millions of dollars in taxpayer money each year to rebuild and refortify their vulnerable coastlines. This is not unique to Texas. Coastal communities in Maine, Florida, California, and many other states are grappling with the difficult balance of investing in resilience versus relocating.

To preserve their barrier island’s homes, economies, and communities, authorities in Galveston have no choice but to defend the coast. While much of this work, like rebuilding beaches and sand dunes after storms, is reactive, others are looking for ways to be proactive, too. For example, the city plans to install water pumps in certain low-lying neighborhoods to minimize flooding and avoid raising the entire neighborhood, which would be much more expensive. Other groups are experimenting with more resilient building materials designed to withstand extreme weather, such as floating homes and absorbent rooftops that can help capture excess rainwater.

As things are going, with rising temperatures and rising sea level, these measures might prove insufficient in the future ansd relocation will come as the only solution.

Source : Yahoo News.