Nouvelles disparitions de maisons en Caroline du Nord // New collapses of houses in North Carolina

Dans une note publiée le 25 novembre 2024, j’indiquais qu’une tempête côtière en Caroline du Nord avait précipité une maison inoccupée dans l’océan, dans le village de Rodanthe, dans le comté de Dare, au large de l’île de Hatteras, le 15 novembre 2024. Il s’agissait de la sixième disparition de maison dans la région cette année-là. Une portion de la Route 12 a été temporairement fermée près du site de l’événement, ainsi que la plage face à Rodanthe, en raison de la présence de débris dangereux. Les visiteurs ont été priés de rester à l’écart de la zone. Le Service météorologique national avait prévu des rafales de vent pouvant atteindre 80 km/h le long de l’île, tout en avertissant d’un risque de submersion par l’océan.
Le 25 novembre 2024, six maisons avaient été avalées par l’océan à Rodanthe depuis mai de la même année. Fin septembre, trois maisons en bord de mer ont disparu en une semaine en raison de violentes tempêtes et de la montée du niveau de la mer. Le village de Rodanthe, ainsi que d’autres villages adjacents au littoral, est particulièrement exposé à l’érosion côtière causée par la combinaison des vents, des vagues, des marées et de la montée des eaux.

Les maisons de plage surélevées, posées sur pilotis, étaient autrefois protégées par les dunes et le sable sec. Mais ces dernières années, les fondations de nombre de ces maisons ont été régulièrement recouvertes, partiellement ou totalement, par l’eau de mer. Lorsque les maisons sont battues par des vents violents et de fortes vagues, l’eau érode le sable qui les soutient, augmentant ainsi les risques d’effondrement.

Crédit photo: USA Today

Aujourd’hui, en octobre 2025, nous apprenons qu’une neuvième maison a été avalée par l’océan sous l’effet de l’érosion accentuée par les vagues générées par les ouragans Humberto et Imelda. L’événement s’est produit plus au nord que les huit précédents.
Une vingtaine d’équipes ont été dépêchées à Buxton pour évacuer les matériaux accumulés. En effet, plusieurs autres maisons risquent encore de s’effondrer car les vagues continuent d’éroder leurs fondations. La hauteur des vagues a atteint jusqu’à 4,20 m le 2 octobre. Des années d’érosion côtière, combinées au passage au large des ouragans Humberto et Imelda, ont provoqué les derniers effondrements.
Depuis 2020, 21 maisons de plage ont ainsi disparu du littoral du Cap Hatteras. Neuf de ces effondrements se sont produits à Buxton depuis la mi-septembre. Les 12 autres ont eu lieu à Rodanthe, le plus récent avant le dernier effondrement a eu lieu en novembre 2024.

https://youtu.be/dD_A3UBrnlM

Source : Médias américains.

La France n’est pas à l’abri de telles disparitions d’habitations dans la mer lorsque surviennent des tempêtes au moment où les coefficients de marée sont élevés et supérieurs à 100. Si une tempête se produit dans de telles conditions, le danger devient très élevé pour la côte, comme on a pu l’observer à plusieurs reprises dans le passé. Dans de nombreux endroits, des enrochements ont été installés mais ils ne sont qu’une protection très provisoire car de puissantes vagues les détruisent rapidement. La seule solution pour lutter contre l’érosion côtière est de s’attaquer à la cause, à savoir le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre.

Les prochaines grandes marées auront lieu du 6 au 10 octobre 2025 avec un coefficient maximal de 110, puis du 5 au 7 décembre 2025 avec un coefficient maximal de 98. Croisons les doigts pour que la mer soit calme…

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In a post released on 25 November 2024, I indicated a North Carolina coastal storm had sent an unoccupied house into the ocean in the village of Rodanthe in Dare County, off the island of Hatteras, on November 15th, 2024, marking the sixth house collapse in the area that year. A portion of Highway 12 was temporarily closed near the collapse, as well as the beach in front of Rodanthe due hazardous debris. Visitors were urged to stay clear of the area The National Weather Service had forecasted wind gusts up to 80 km per hour along the island while also warning of ocean overwash.

On 25 Novemver 2024, a total of six houses had collapsed in Rodanthe since May if that year. In late September, three beachfront houses had collapsed within a week due to intense storms and rising sea levels.

The village of Rodanthe, as well as others adjacent to the seashore, have been especially susceptible to coastal erosion caused by a combination of winds, waves, tides and rising seas. Elevated beach-style homes sitting atop pilings were once protected by dunes and dry sand. But in recent years, the bases of many of these homes have been regularly, either partially or fully, covered with ocean water. When the houses are battered by strong winds and large waves, the water erodes the sand supporting the homes, increasing the chance of collapse.

Today, in October 2025, we learn that a ninth home collapsed unto the ocean due to erosion from waves generated by hurricanes Humberto and Imelda. The event occurred farther north than any of the previous eight.

Around two dozen crews have been dispatched to Buxton for cleanup, as several other homes remain at risk of collapse as surf continues to erode their foundations. Wave heights reached up to 4.2 m on October 2. Years of coastal erosion, combined with the offshore passage of hurricanes Humberto and Imelda, led to the most recent collapses.

Since 2020, 21 privately owned beach homes have collapsed within Cape Hatteras National Seashore. Nine of those collapses occurred in Buxton since mid-September. The remaining 12 took place in Rodanthe, with the most recent before the latest collapse recorded in November 2024.

https://youtu.be/dD_A3UBrnlM

Source : U.S. News media.

La fonte des glaciers de la Sierra Nevada (Californie) // The melting of glaciers in the Sierra Nevada (California)

Avec la disparition des glaciers de la Sierra Nevada en Californie, des sommets libres de glace vont apparaître pour la première fois aux yeux du public depuis des millénaires.

Source : Wikipedia

Une nouvelle étude réalisée par des scientifiques de l’Université du Wisconsin, d’autres universités et du Service des parcs nationaux, publiée dans la revue Science Advances, nous apprend que ces glaciers existent probablement depuis la dernière période glaciaire, il y a plus de 11 000 ans. Les vestiges de ces glaciers, qui ont déjà considérablement reculé depuis la fin du 19ème siècle, continuent de la faire d’année en année et devraient disparaître complètement au cours de ce siècle, avec la hausse continue des températures.
Dans le cadre de cette étude, les scientifiques ont examiné le passé lointain de certains des plus grands glaciers de la Sierra Nevada en collectant des fragments du soubassement rocheux près des limites de la glace lors de missions en 2018, 2021 et 2023, puis en analysant les roches ainsi obtenues. Ils ont constaté que sur deux grands glaciers, l’un dans le Parc national de Yosemite et l’autre en bordure du parc, les roches ont été continuellement recouvertes par la glace, probablement depuis la fin de la dernière période glaciaire. Ils ont également découvert qu’un autre glacier plus petit, en grande partie fondu, existe probablement depuis au moins 7 000 ans, soit plus longtemps que prévu. Cela signifie que lorsque ces glaciers disparaîtront, nous serons les premiers humains à observer des sommets libres de glace dans le Yosemite.
Les auteurs de l’étude écrivent que les glaciers californiens ont vraisemblablement atteint leur étendue maximale il y a environ 30 000 ans, et que leurs travaux indiquent qu’une «Sierra Nevada dépourvue de glaciers est sans précédent dans l’histoire de l’humanité. » Cela n’a jamais été vu depuis l’arrivée des populations d’Asie en Amérique il y a environ 20 000 ans. On estime que de nombreux glaciers californiens mentionnés dans l’étude ont perdu entre 70 % et 90 % de leur glace depuis la fin du 19ème siècle.
Photographies et témoignages montrent l’ampleur du recul des glaciers de la Sierra. Lors d’une expédition en 1872, John Muir avait utilisé des piquets de bois pour mesurer le mouvement du glacier Maclure. Il se trouvait alors près d’une « immense étendue de neige, de quatre à cinq cents mètres de long sur 800 mètres de large ». Il a déclaré se trouver devant « un glacier vivant ».
En 1883, lorsqu’Israel Russell a photographié le glacier Lyell à Yosemite pour l’U.S.G.S., il s’agissait d’une seule masse de glace. Aujourd’hui, il est divisé en deux parties, l’est et l’ouest, et la glace a cessé de se déplacer. Les chercheurs expliquent que le glacier Lyell Est a perdu environ 95 % de son volume depuis la fin du 19ème siècle.

East Lyell Glacier (Parc national de Yosemite) en. Septembre 1883 et Septembre 2022 (Source : Wikipedia)

Dans la Sierra Nevada, la neige qui recouvre les sommets chaque hiver fond et des torrents dévalent les prairies, ou forment des ruisseaux et des rivières qui nourrissent les écosystèmes alpins et remplissent les réservoirs. Lorsque le manteau neigeux a disparu à la fin de l’été, les glaciers restants laissent échapper une eau de fonte qui maintient le débit des ruisseaux pendant les périodes les plus sèches de l’année. L’étude ajoute que cette eau des glaciers agit comme une « force stabilisatrice » capable de maintenir en vie les torrents pendant les périodes de sécheresse. Le problème est que cette eau finira par disparaître à mesure que les glaciers continueront de reculer, et certains cours d’eau s’assécheront périodiquement, avec des conséquences faciles à imaginer pour les zones habitées en aval.
Le manteau neigeux de la Sierra Nevada subit également les effets de la hausse des températures : la limite moyenne des chutes de neige s’élève progressivement. Dans leur dernière étude, les scientifiques constatent que les températures estivales en Californie ont augmenté d’environ 1,6 °C au cours du siècle dernier, et ils décrivent les glaciers de montagne comme des « indicateurs climatiques sensibles ».
Source : Los Angeles Times via Yahoo News.

Voici une vidéo (en anglais) qui illustre bien la fonte des glaciers dans le Parc national de Yosemite :

https://www.nps.gov/yose/learn/nature/glaciers.htm

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As the glaciers of the Sierra Nevada (California) disappear, people will see ice-free peaks exposed for the first time in millennia. A new research by scientists from Wisconsin University and other universities and the National Park Service, published in the journal Science Advances, shows the glaciers have probably existed since the last Ice Age more than 11,000 years ago. The remnants of these glaciers, which have already shrunk dramatically since the late 1800s, are retreating year after year, and are projected to melt completely this century as global temperatures continue to rise.

In the study, the scientists examined the distant past of some of the largest glaciers in the Sierra Nevada by collecting pieces of bedrock near the edges of the ice on research trips in 2018, 2021 and 2023, and analyzing the rocks.They found that at two large glaciers, one in Yosemite National Park and another bordering the park, the rocks have continuously been covered, most likely by ice, since the end of the last Ice Age. They also found that another smaller glacier, which has mostly melted, has probably existed for at least 7,000 years, longer than previously known. It means that when these glaciers die off, we will be the first humans to see ice-free peaks in Yosemite.

The study’s authors wrote that California’s glaciers are thought to have reached their maximum extent about 30,000 years ago, and that the research indicates « a future glacier-free Sierra Nevada is unprecedented in human history » since people arrived in the Americas from Asia approximately 20,000 years ago. Many of the Californian glaciers mentioned in the study have lost an estimated 70% to 90% of their ice since the late 1800s.

Photographs and written accounts show how much the Sierra’s glaciers have retreated. In one expedition in 1872, John Muir used wooden stakes to measure the movement of the Maclure glacier. He wrote that as he examined another “huge snow-bank, four or five hundred yards in length, by 800 meters in width.” He said he as in front of ‘a living glacier.’

In 1883, when Israel Russell photographed the Lyell glacier in Yosemite for the U.S.G.S., it was a single ice mass. Now, it is split into east and west portions, and the ice has stopped moving. The researchers explain that the East Lyell glacier has lost an estimated 95% of its volume since the late 1800s.

In the Sierra Nevada, the snow that blankets the landscape each winter melts and gushes in meadows, streams and rivers, nourishing alpine ecosystems and filling reservoirs.When the snowpack is gone by late summer, the glaciers that remain release meltwater that keeps streams flowing at the driest times of year. This water from glaciers serves as a “stabilizing force” that can sustain mountain streams through droughts. The problem is that this water eventually will go away as the glaciers continue to retreat, and some streams will run dry at times, with consequences easy to imagine for communities downslope. .

The Sierra Nevada’s snowpack is also seeing the effects of rising temperatures: Average snowlines are creeping higher in the mountains. In the latest study, the scientists note that summer temperatures in California have risen about 1.6 degrees Celsius over the last century, and they describe mountain glaciers as “sensitive climate indicators.”

Source : Los Angeles Times via Yahoo News.

Here is a video that illustrates the melting of glaciers in Yosemite National Park :

https://www.nps.gov/yose/learn/nature/glaciers.htm

La banquise antarctique fond encore beaucoup trop vite // Antarctic sea ice is still melting far too quickly

Au cours de l’hiver austral 2024-2025, la banquise (ou glace de mer) de l’Antarctique a atteint son troisième niveau le plus bas depuis près d’un demi-siècle de surveillance par satellite. Cela confirme l’influence de plus en plus significative du réchauffement climatique sur le Continent blanc.
Chaque année, pendant l’hiver austral, l’océan autour de l’Antarctique gèle à des centaines de kilomètres au-delà du continent. Le maximum est généralement observé en septembre ou octobre, avant le début du cycle de dégel.
Selon le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) de l’Université du Colorado à Boulder aux États Unis, en 2025, la banquise a atteint son pic le 17 septembre, avec une superficie de 17,81 millions de kilomètres carrés.
Le maximum de 2025 se classe au troisième rang des plus bas niveaux enregistrés depuis 47 ans, derrière le plus bas niveau historique de 2023 et le deuxième plus bas de 2024. Malgré tout, le niveau de 2025 reste bien en deçà de la normale historique.
Jusqu’en 2016, les mesures de la banquise antarctique avaient montré une légère augmentation – quoique irrégulière – au fil du temps. Aujourd’hui, il semble que la chaleur de l’océan se mélange aux eaux les plus proches de l’Antarctique. Cela signifie que le réchauffement climatique a fini par jeter son emprise sur les mers gelées du continent austral.
Dans la mesure où elle flotte, la banquise ne fait pas monter le niveau de la mer lorsqu’elle fond. C’est comme un glaçon dans un verre d’eau. Cependant, sa perte de surface fait disparaître les surfaces blanches qui réfléchissent la lumière du Soleil vers l’espace et les remplace par de l’eau d’un bleu profond qui absorbe cette même quantité de lumière.
De plus, la banquise agit également comme un tampon stabilisateur qui empêche la calotte glaciaire antarctique de pénétrer dans l’océan – et donc d’amplifier l’élévation du niveau de la mer – en réduisant l’impact des vagues avant qu’elles atteignent la côte et en atténuant l’effet des vents sur l’océan.
Les scientifiques ont observé davantage de chutes de neige en Antarctique car l’air humide au-dessus de l’océan atteint plus facilement la côte avec moins de banquise. Les tempêtes qui arrivent au-dessus de la calotte glaciaire transportent plus d’humidité et produisent donc plus de chutes de neige sur le continent, ce qui compense l’élévation du niveau de la mer. Cependant, si l’augmentation des chutes de neige peut compenser les effets déstabilisateurs pendant des décennies, les données historiques montrent qu’à plus long terme, lorsque le climat reste plus chaud, la calotte glaciaire rétrécit.
La calotte glaciaire de l’Antarctique contient suffisamment de glace pour faire s’élever le niveau des mers de plusieurs mètres et inonder les côtes basses dans le monde entier, même si un tel impact catastrophique se répartirait probablement sur plusieurs siècles.
Il ne faudrait pas oublier que 90 % de la chaleur générée par le réchauffement climatique d’origine humaine est absorbée par les océans.
Source : NSIDC.

Source : NSIDC

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Antarctica’s winter sea ice has hit its third-lowest level in nearly half a century of satellite monitoring, highlighting the growing influence of global warming on the planet’s southern pole.

Each year during the Southern Hemisphere’s winter, the ocean around Antarctica freezes hundreds of kilometers beyond the continent, with the maximum reach usually observed in September or October, before the thawing cycle begins.

According to the National Snow and Ice Data Center (NSIDC) at the University of Colorado Boulder, in 2025 the ice appeared to peak on September 17 at 17.81 million square kilometers.

The 2025 maximum ranks as the third lowest in the 47-year record, behind the all-time low in 2023 and the second-lowest in 2024, but still well below the historic normal.

Until 2016, measurements of Antarctic sea ice had shown an irregular but slight increase over time. Today,what seems to be happening is that warmth from the global ocean is now mixing into the water that is closest to Antarctica, which means that global warming finally caught up with the southern continent’s frozen seas.

Floating sea ice does not add to sea level when it melts. It’s like an ice cube in a glass of water. However, its retreat replaces white surfaces that reflect the Sun’s energy back into space with deep blue water which absorbs the same amount instead.

The sea ice also acts as a stabilizing buffer protecting the Antarctic Ice Sheet from entering the ocean and amplifying sea level rise by reducing the impact of waves before they reach the coast and lessening the effect of winds over the ocean.

Scientists have observed more snowfall in Antarctica, because the humid air over the ocean gets closer to the coast with less sea ice. Storms that arrive over the ice sheet carry more moisture and therefore produce more snowfall over the continent, which offsets sea level rise. However, while increased snowfall could offset destabilization effects for decades, over longer timescales past records show that when the climate stays warmer, the ice sheet shrinks.

The Antarctic Ice Sheet holds enough land ice to raise seas high enough to inundate low-lying coastlines around the world, though such a catastrophic impact would likely unfold over centuries.

Ninety percent of the heat generated by human-caused global warming is soaked up by the oceans.

Source : NSIDC.

Un colorant rose pour étudier la fonte du glacier du Rhône (Suisse) //A pink dye to monitor ice loss at the Rhone Glacier (Switzerland)

En Suisse, le glacier du Rhône fond à une vitesse incroyable. Lorsque je l’ai découvert pour la première fois en 1981, on pouvait voir son front près d’un virage de la route qui conduit au col de la Furka.

Photo: C. Grandpey

 Aujourd’hui, il faut marcher plusieurs centaines de mètres pour atteindre le glacier.

Photos: C. Grandpey

La grotte creusée chaque année dans la glace fond elle aussi à vue d’œil et l’eau ruisselle partout à l’intérieur. Des bâches blanches ont été installées pour freiner la fonte de la glace mais elles ne servent pas à grand chose au cœur de l’été et la grotte vit probablement ses dernières années.

 Photo: C. Grandpey

Des chercheurs suisses ont récemment utilisé un colorant rose pour étudier le comportement de l’eau de fonte du glacier du Rhône. Cette approche innovante, menée par des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), vise à mieux comprendre la fonte rapide des glaciers européens dans un contexte de réchauffement climatique. Cette approche est cruciale pour la recherche hydrologique.
Le glacier du Rhône a déjà subi une perte d’environ 60 % de son volume depuis 1850. Le colorant rose utilisé dans l’expérience joue un rôle de traceur hydrologique, permettant aux chercheurs de contrôler le mouvement et la dispersion des eaux de fonte. Il fournit aussi des données en temps réel sur le processus de fonte du glacier et sur la manière dont ces eaux s’intègrent aux grands réseaux fluviaux européens.

 

Source : Terre & Nature via Facebook

Les données climatiques confirment que l’Europe se réchauffe à un rythme alarmant, presque deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Cette hausse rapide des températures modifie profondément le paysage alpin et exerce une pression considérable sur les glaciers comme celui du Rhône. Alors qu’il était autrefois une source d’eau stable, le glacier du Rhône est aujourd’hui considéré comme un baromètre fiable des changements environnementaux à grande échelle.
La décision de teindre en rose l’eau de fonte du glacier remplit une fonction scientifique essentielle : le cours d’eau coloré représente visuellement la dynamique d’écoulement des eaux de fonte, permettant un suivi plus précis de leur débit et de leur mouvement lors de leur transition de la glace vers les réseaux fluviaux. Ce support visuel transforme la mesure des données, passant d’une simple analyse numérique à une expérience concrète du réchauffement climatique. Cela facilite aussi une meilleure compréhension des implications avant qu’elles n’atteignent des niveaux critiques.
Les conséquences de la fonte des glaciers vont au-delà d’une simple perte de glace et affectent le Rhône, une voie navigable essentielle qui traverse le lac Léman, puis la France avant d’atteindre la mer Méditerranée.

 

Le Rhône à sa source (Photos : C. Grandpey)

Ce fleuve soutient l’agriculture, le commerce et alimente les infrastructures hydroélectriques de nombreuses localités. À mesure que le glacier continue de reculer, son écoulement naturel est, lui aussi, susceptible d’évoluer. La disponibilité saisonnière de l’eau pourrait devenir imprévisible, ce qui entraînerait des risques importants tels que la modification des routes de navigation, la baisse du niveau des réservoirs et la fragilité des systèmes d’irrigation.
L’ETH Zurich intègre également des actions de sensibilisation à ces recherches, en invitant les étudiants à participer à des expériences pratiques. Cette initiative non seulement enrichit la recherche, mais constitue également une plate-forme pédagogique illustrant les réalités de la climatologie sur le terrain.
La technique d’hydrologie par traçage (ici en rose) offre une méthode claire pour suivre la fonte des glaciers, en montrant la vitesse à laquelle l’eau de fonte se déplace, les voies qu’elle emprunte et le temps pendant lequel elle reste sous la surface avant de contribuer à des systèmes fluviaux plus vastes.
Source : The New Scientist, SSBCrack News et autres médias suisses.

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In Switzerland, the Rhone Glacier is melting at an incredible pace. When I first saw it in the 1980s, its front could be seen close to a bend of the road that leads to the Furka Pass. Today, you hace to walk several hundred meters to reach the glacier. The ice cave that is dug each year at its front is dripping with water and probably living its last years despite the white tarpaulins that have been installed to slow the melting of the ice. . .

Swiss researchers have recently used a pink dye to highlight the meltwater of the Rhône Glacier. This innovative approach, spearheaded by scientists from the Swiss Federal Institute of Technology Zurich (ETH Zurich), aims to better understand the rapidly diminishing glaciers of Europe amidst global warming. It is a crucial tool for hydrological research.

The Rhône Glacier has already experienced a significant loss of around 60% of its volume since the year 1850. The pink dye used in this experiment acts as a hydrological tracer, enabling researchers to closely monitor the movement and dispersion of meltwater, while simultaneously providing real-time data on the glacier’s ongoing melting process and how this water integrates into larger river systems across Europe.

Climate data confirms that Europe is warming at an alarming rate, nearly double the global average. This rapid temperature rise is causing profound changes to the alpine landscape and exerting immense pressure on glaciers like the Rhône. Once a stable water source, the Rhône Glacier is now viewed as a reliable barometer for broader environmental shifts.

The decision to dye the glacier’s meltwater pink serves a pivotal scientific function. The colored stream visually represents the flow dynamics of meltwater, allowing for enhanced monitoring of its rate and movement as it transitions from glacial ice to river systems. This visual aid transforms data measurement from mere numerical analysis into a visible experience of global warming, facilitating a greater understanding of the implications before they reach critical levels.

The ramifications of the glacier’s melting extend beyond simplistic ice loss, affecting the Rhône River which is an essential waterway that flows through Lake Geneva, into France, and ultimately to the Mediterranean Sea. This river sustains agriculture, supports trade, and powers hydropower infrastructure for numerous communities. As the glacier continues to diminish, the natural flow patterns of the river may also evolve. Seasonal water availability may become unpredictable, posing significant risks such as altered shipping routes, diminished reservoir levels, and unreliable irrigation systems.

ETH Zurich is also integrating educational outreach into this research effort, inviting students to partake in hands-on experience. This initiative not only enhances the research but also serves as an educational platform that illustrates the realities of climate science in the field.

While the bright pink streams will eventually fade as the glacier melts and the dye dissipates, the data and insights gathered will leave a lasting impact. This tracer hydrology technique offers a clear method for tracking glacier loss, showcasing how quickly meltwater is moving, the pathways it takes, and how long it lingers beneath the surface before contributing to larger river systems.

Source : The New Scientist, SSBCrack News and other Swiss news media.