La fonte des glaciers de Patagonie (2) // The melting of Patagonian glaciers (2)

Il existe un fort contraste entre la partie occidentale et la partie orientale de la Patagonie. Le paysage à l’ouest est beaucoup plus vert, en raison des précipitations intenses générées par les masses d’air chaud et humide du Pacifique qui remontent le long des montagnes. Les terres autour des fjords abritent de grands arbres et une végétation luxuriante. Beaucoup de fjords sont envahis par des icebergs. La présence d’icebergs est un signe de la désintégration et du recul rapides des systèmes glaciaires. La glace se concentre dans un rayon de 10 kilomètres des fronts des glaciers en raison des eaux peu profondes à l’embouchure des fjords qui piègent les plus gros icebergs.

A côté de cela, les glaciers situés à l’est terminent leur course dans quelques uns des plus grands lacs glaciaires au monde. Les lacs reçoivent les sédiments apportés par les glaciers, ce qui leur donne une belle couleur turquoise visible depuis l’espace.
Jorge Montt, situé à l’extrémité nord du champ de glace de Patagonie méridionale, est l’un des glaciers les plus importants et les plus remarquables. Il avance du sud au nord et se jette dans un fjord orienté vers l’ouest en direction de l’Océan Pacifique. Depuis le milieu des années 1980, la vitesse de la glace a fluctué, avec des reculs particulièrement spectaculaires observés dans les années 1990. En tout, le glacier a reculé de 13 kilomètres entre 1984 et 2014.
Le glacier Upsala, situé à l’est et qui se jette dans le Lago Argentino, est également l’un des plus grands et des plus longs du champ de glace. Son recul se poursuit depuis les premiers relevés effectués en 1810.
L’Occidental, un autre grand glacier, a moins reculé que ses voisins, d’à peine un kilomètre depuis les années 1980. Il vient vêler dans un petit lac peu profond où les icebergs sont piégés avant de fondre lentement.

 Les scientifiques étudient depuis longtemps la vitesse de la glace en Patagonie. Au fil des ans, ils ont cartographié la vitesse de quelques-uns des glaciers, à partir d’observations sur le terrain et de données d’interférométrie radar fournies par plusieurs satellites entre 1984 et 2014. Cette approche a révélé une image très variable de la vitesse de la glace. La différence dans les eaux, chaudes et salées à l’ouest, plus froides et plus fraîches à l’est, contrôle également le vêlage et la dynamique interne des glaciers qui terminent leur course dans un lagon ou dans la mer. La fonte des fronts de glaciers due à la chaleur des océans peut faire fondre les glaciers de l’ouest de la Patagonie cinq à dix fois plus vite que ceux de l’est.

L’accélération et le recul des glaciers peuvent avoir une multitude d’effets sur le paysage. Les glaciers déposent d’importantes quantités de sédiments qui obstruent les rivières, les fjords et les voies navigables; cela modifie les habitats aquatiques et les ressources en eau. En bordure de la marge occidentale du champ de glace de Patagonie méridionale, les navires qui empruntent les fjords doivent faire face aux nombreux icebergs qui se détachent des fronts des glaciers.
Compte tenu des changements climatiques en cours, les glaciers du nord et du sud de la Patagonie laissent entrevoir ce qui devrait se produire au cours des prochaines décennies dans d’autres régions recouvertes de glace, telles que la Péninsule Antarctique et l’Arctique canadien sous l’effet du réchauffement rapide de la planète.

Pour terminer ce tour d’horizon, il est intéressant de s’attarder sur le Perito Moreno, l’un des plus grands glaciers de Patagonie avec 30 km de longueur. Le glacier prend naissance dans les Andes, plus précisément dans le champ de glace de la Patagonie méridionale, et il termine sa course dans les eaux plus chaudes du Lago Argentino à 180 mètres d’altitude. Le Perito Moreno est probablement le glacier le plus célèbre de la région, Il occupe toute la largeur du lac, jusqu’à la rive opposée, et la langue de glace est  bien ancrée, de sorte qu’elle forme un barrage naturel. Cette barrière de glace empêche la circulation de l’eau du lac d’un bord à l’autre, ce qui provoque la concentration d’une eau plus trouble et plus laiteuse à Brazo Rico. L’eau en provenance des montagnes coule sous le glacier, ce qui entraîne la boue dans le lac, mais contribue également à la lubrification du glacier sur son substrat rocheux et accélère sa progression. En raison de ce barrage de glace naturel, les eaux de fonte en provenance du sud font monter le niveau de Brazo Rico jusqu’à 30 mètres au-dessus du niveau du Lago Argentino. La forte pression exercée par cette eau finit par provoquer la rupture spectaculaire de la langue de glace. Le processus se répète tous les quatre ou cinq ans lorsque la glace est repoussée vers la rive opposée. Ces ruptures répétées ont fait du glacier et du lac une attraction touristique majeure dans la région.
Source: NASA.

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There is a sharp contrast between the western and eastern sides of Patagonia. The landscape west of the icefield is much greener, driven by the intense precipitation that drops out of warm, wet Pacific air masses as they ascend the mountains. Land around the fjords support large trees and lush forest cover. Many of the fjords are choked with icebergs. The presence of icebergs indicates the rapid disintegration and retreat of these glacier systems. Ice gets concentrated within 10 kilometres of the glacier fronts due to shallow sills at the mouths of these fjords, which ground and trap the larger bergs.

In contrast, glaciers on the eastern side of the icefield end in some of the largest proglacial lakes in the world. The lakes are filled with so much fine sediment from the glaciers that their turquoise colour can be seen from space.

Jorge Montt, located on the north end of the South Patagonian Icefield, is one of the icefield’s largest, most notable glaciers. It flows south to north and empties into a fjord that ultimately angles west toward the Pacific Ocean. Since the mid 1980s, the speed of ice flow has fluctuated, with particularly spectacular retreat events documented in the 1990s. In all, the glacier retreated 13 kilometres between 1984 and 2014.

Upsala Glacier, on the eastern edge and flowing into Lago Argentino, is also among the icefield’s largest and longest glaciers. Its retreat has been ongoing since the place was first documented in 1810.

Occidental, another of the larger glaciers, has retreated less than its neighbours, only about one kilometre since the 1980s. It sheds its icebergs into a small, shallow proglacial lake, where they are trapped and then slowly melt away.

Scientists have long wondered: how fast is Patagonia’s ice changing. Over the years, they have mapped the velocities of a few of the outlet glaciers, derived from radar interferometry observations collected from multiple satellites between 1984 and 2014. The result revealed a very different picture of ice velocities. The difference in the waters, warm and salty in the west, and colder and fresher in the east, also controls the calving and internal dynamics of the outlet glaciers. Melting at the ice fronts due to ocean heat can draw down western glaciers at 5 to 10 times the rate of glaciers in the east.

The acceleration and retreat of Patagonia’s glaciers can have a multitude of effects on the landscape. The glaciers produce mounds of sediment that clog the rivers, fjords, and waterways; this alters aquatic habitats and reroutes water resources. And along the western margin of the South Patagonian Icefield, ships that pass through the fjords must contend with the numerous icebergs that calve from the glacier fronts.

Given ongoing climate change, the glaciers of the north and south Patagonia icefields are important predictors of what is expected to occur in the coming decades in other glaciated, high-latitude regions, such as the Antarctic Peninsula and the Canadian Arctic, which are experiencing some of the most rapid warming on the planet.

The Perito Moreno Glacier is one of the largest in Patagonia at 30 kilometres long. The glacier descends from the Southern Patagonian Icefield in the Andes Mountains down into the water and warmer altitudes of Lago Argentino at 180 metres above sea level. Perito Moreno is perhaps the region’s most famous glacier because it periodically cuts off the major southern arm (known as Brazo Rico) of Lake Argentino. The glacier advances right across the lake until it meets the opposite shoreline, and the ice tongue is “grounded” (not floating) so that it forms a natural dam. The ice dam prevents lake water from circulating from one side to the other, which in turn causes muddier and milkier water to concentrate in Brazo Rico. Water flows down under the glacier from the mountains, not only carrying the mud into the lake but also helping lubricate the glacier’s downhill movement. Because of this natural ice dam, meltwater from the south raises water levels in Brazo Rico by as much as 30 metres above the level of the water in Lago Argentino. The great pressure of this water ultimately causes the ice tongue to rupture catastrophically in a great natural spectacle. The process repeats every four to five years as the glacier grows back towards the opposite shoreline. The repeated ruptures have made the glacier and lake a major tourist attraction in the region.

Source : NASA.

Carte montrant les différences entre les vitesses de progression des glaciers. Les tracés jaunes montrent les glaciers qui avancent le plus vite tandis que les zones violettes font référence aux glaciers les plus lents. On peut voir en vert les très nombreux glaciers dont la vitesse de progression dépasse 100 mètres par an. (Source : NASA)

Perito Moreno, Brazo Rico et Lago Argentino (Source: NASA)

Glacier Perito Moreno (Crédit photo: Wikipedia)

La fonte des glaciers de Patagonie (1) // The melting of Patagonian glaciers (1)

Les montagnes d’Amérique du Sud abritent certains des plus grands glaciers du monde. Cependant, comme ailleurs sur la planète, ces derniers sont en train de fondre très rapidement. Dans la partie occidentale de la Patagonie, les glaciers s’étendent sur des centaines de kilomètres au sommet des Andes chiliennes et argentines.
Les lobes nord et sud du champ de glace de Patagonie sont les restes d’une calotte qui a atteint sa taille maximale il y a environ 18 000 ans. Bien qu’ils ne représentent qu’une petite partie de leur taille antérieure, les glaciers de Patagonie aujourd’hui restent la plus grande étendue de glace de l’hémisphère sud en dehors de l’Antarctique. Pourtant, de profonds changements sont en cours et les glaciers fondent à des vitesses qui comptent parmi les plus élevées de la planète. Les eaux de fonte provenant des glaciers de Patagonie contribuent à l’élévation du niveau de la mer. La contribution est inférieure à celle du Groenland et de l’Antarctique, mais les scientifiques continuent à étudier le phénomène depuis l’espace.

S’agissant des glaciers du nord de la Patagonie, la partie septentrionale est la moins étendue. Elle couvre environ 4 000 kilomètres carrés, avec une trentaine de glaciers importants. L’amincissement rapide des glaciers dans la région illustre l’impact du réchauffement climatique à l’échelle de la planète. Il a été démontré que les glaciers de Patagonie subissent l’un des reculs les plus spectaculaires au monde, avec des pertes de glace encore plus spectaculaires qu’en Alaska,  en Islande, au Svalbard ou au Groenland.

Les glaciers du sud de la Patagonie couvrent environ 13 000 kilomètres carrés, soit trois fois plus que la partie nord. Ils sont alimentés par des précipitations qui peuvent être intenses dans la partie ouest, avec jusqu’à 4 mètres de pluie et de neige par an; elles sont plus modérées à l’est, avec moins d’un mètre par an.
Les scientifiques doivent endurer ces mauvaises conditions météorologiques lorsqu’ils vont sur le terrain pour mieux comprendre comment et pourquoi les glaciers de Patagonie reculent. Ils ne fondent pas seulement par le haut à cause de l’air chaud, mais aussi par le bas, là où ils entrent en contact avec les eaux de l’océan et des lacs.

Source : NASA

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The mountains of South America harbour some of the largest icefields in the world. However, like elsewhere on the planet, the glaciers are melting very rapidly. Toward the western side of Patagonia, the Patagonian icefields stretch for hundreds of kilometres over the tops of the Andes in Chile and Argentina.

The northern and southern lobes of the Patagonian icefield are what is left of a much larger ice sheet that reached its maximum size about 18,000 years ago. Though just a fraction of their previous size, the modern icefields remain the largest expanse of ice in the Southern Hemisphere outside of Antarctica. But rapid change is ongoing and glaciers are melting away at some of the highest rates on the planet. Meltwater from the Patagonian icefield contributes to sea level rise. The contribution is less than what will come from Greenland and Antarctica, but scientists plan to keep studying the region from space, from the air, and from the ground.

As far as the Northern Patagonian Icefield is concerned, the northern remnant is the smaller of the two icefields, covering about 4,000 square kilometres, with about 30 significant glaciers along its perimeter. The rapid thinning of the icefield’s glaciers illustrates the global impact of climate warming. It has been shown that Patagonia glaciers experience some of the world’s most dramatic thinning, more than Alaska or Iceland or Svalbard or Greenland.

The Southern Patagonian Icefield spans about 13,000 square kilometres and is more than three times larger than the northern section. Glaciers are fed by the precipitation which can be intense on the west side of the icefields, which receive up to 4 metres of rain and snow per year; it is more moderate in the east, which receives less than one metre per year.

Scientists have to endure these poor weather conditions in order to better understand how and why the Patagonian icefields are shrinking. The reason is that they are not only melting from the top because of warm air, but also from below, where they come in contact with ocean and lake waters.

Source : NASA.

Patagonie: Champ de glace septentrional (Source: NASA)

Patagonie: Champ de lave méridional (Source: NASA)

Les glaciers à Verneuil sur Vienne (Haute Vienne)

Je présenterai le vendredi 8 février 2019 une conférence intitulée « Glaciers en péril – Les effets du changement climatique » à 18h30 à la Médiathèque de Verneuil sur Vienne (Haute Vienne).

Tempêtes, glissements de terrain et autres catastrophes naturelles se multiplient. Elles sont la conséquence du changement climatique. Lors de mes voyages à travers le monde pour étudier les phénomènes volcaniques, j’ai eu l’occasion de parcourir des terres nordiques – en particulier l’Islande, le Canada et l’Alaska – et de me rendre compte de l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont en passe de devenir une espèce en voie de disparition.
Aucun continent ne semble épargné, pas plus l’Afrique et les neiges du Kilimandjaro que l’Asie avec la chaîne himalayenne. Une prise de conscience est urgente, faute de quoi notre société sera confrontée à de graves problèmes.
Cette conférence a pour but de sensibiliser la population à une catastrophe annoncée. Elle s’accompagne d’un diaporama en fondu-enchaîné sonorisé illustrant la situation glaciaire en Alaska.

A l’issue de la séance, le public se procurer mon dernier livre Glaciers en Péril avec, à l’intérieur, un CD de 160 images.

Photos: C. Grandpey

La fonte des glaciers himalayens et ses dangers // The melting of Himalayan glaciers and its dangers

Dans mon dernier livre «Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique», j’attire l’attention sur le risque de la fonte des glaciers de l’Himalaya et les dangers pour les populations. J’aurai également l’occasion d’aborder ce sujet au cours de la conférence que je proposerai demain 8 février à 18h30 à la Médiathèque de Verneuil sur Vienne.

Selon une étude menée par l’International Centre for Integrated Moutain Development – Centre international pour le développement intégré des montagnes (ICIMOD) – et publiée début février, les deux tiers des glaciers de l’Himalaya, le «troisième pôle glaciaire» du monde, pourraient fondre d’ici 2100 si les émissions mondiales ne sont pas réduites. L’étude est le résultat de cinq années de travail par 350 chercheurs et experts. Les scientifiques y expliquent que même si l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris consistant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5°C est atteint, un tiers des glaciers disparaîtront.
La région montagneuse de Hindou-Kouch-Himalaya (HKH), qui s’étire sur plus de 3 500 kilomètres de l’Afghanistan à la Birmanie, comprend des glaciers qui constituent une source d’approvisionnement en eau essentielle pour quelque 250 millions de personnes dans les montagnes ainsi que pour 1,65 milliard d’autres dans les vallées fluviales en aval. .
Les glaciers alimentent 10 des réseaux hydrographiques les plus importants du monde, notamment le Gange, l’Indus, le Fleuve Jaune, le Mékong et l’Irrawaddy, et approvisionnent directement ou indirectement des milliards de personnes en nourriture, en énergie et en revenus.
Les effets de la fonte des glaciers sur les populations vont de l’aggravation de la pollution de l’air aux phénomènes météorologiques extrêmes, tandis que la baisse des débits des rivières d’avant la mousson déstabilise les systèmes d’approvisionnement en eau urbains ainsi que la production alimentaire et énergétique. Selon l’ICIMOD, «le réchauffement climatique est en passe de transformer en un peu moins d’un siècle les sommets recouverts de glace de huit pays en rochers nus».
L’objectif central de l’Accord de Paris de 2015 était de maintenir au cours de ce siècle la hausse globale de température bien au-dessous de deux degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels, et de poursuivre les efforts visant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degrés Celsius.
En décembre, les participants à la COP24 en Pologne se sont mis d’accord sur la mise en œuvre de l’accord, avec engagement à limiter la hausse de la température mondiale bien en dessous de deux degrés Celsius. Toutefois, les principaux pollueurs, notamment les États-Unis et l’Arabie saoudite, ont contesté un rapport scientifique publié en octobre dans lequel il était demandé aux pays de réduire de moitié l’utilisation de combustibles fossiles en un peu plus d’une décennie.
La nouvelle étude de l’ICIMOD indique que même si l’objectif de 1,5°C est atteint, cela signifiera une augmentation de 2,1°C dans la région de l’Himalaya. Si les émissions ne sont pas réduites, la hausse sera de cinq degrés. Les glaciers de l’Himalaya, formés il y a environ 70 millions d’années, sont extrêmement sensibles aux variations de température. Depuis les années 1970, ils ont perdu de l’épaisseur et ont reculé, et les zones recouvertes de neige ont diminué. Comme je l’explique dans mon livre, la zone d’accumulation des glaciers des Alpes et de l’Himalaya est à peu près identique, autour de 3000 mètres d’altitude, mais les glaciers des Alpes disparaîtront plus tôt car les sommets les plus hauts ne dépassent guère 4 000 mètres, alors qu’ils dépassent souvent plus de 7 000 mètres dans l’Himalaya.
En même temps que les glaciers reculent, des centaines de lacs glaciaires risquent de rompre les fragiles moraines qui les retiennent et déclencher des inondations. Les données satellitaires montrent que le nombre de lacs de ce type dans la région est passé de 3 350 en 1990 à 4 260 en 10 ans.
La pollution atmosphérique provenant des plaines de l’Indus et du Gange – l’une des régions les plus polluées au monde – dépose également du carbone noir et de la poussière sur les glaciers, ce qui accélère leur fonte et modifie la circulation de la mousson.
Selon les estimations du rapport, la région aura besoin de 4,6 milliards de dollars par an d’ici 2030 pour s’adapter au changement climatique, et cette somme pourrait atteindre 7,8 milliards de dollars par an d’ici 2050.
Source: ICIMOD.

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In my new book “Glaciers en Péril, les effets du réchauffement climatique”, I draw attention to the risk of glacier melting in the Himalayas and the dangers to the populations.

According to a study led by the International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD) and published in early February, two-thirds of Himalayan glaciers, the world’s ‘Third Pole’, could melt by 2100 if global emissions are not reduced. The study is the result of five years of work by 350 researchers and experts. The scientists explain that even if the most ambitious Paris Agreement goal of limiting global warming to 1.5 degrees Celsius is achieved, one-third of the glaciers will go.

Stretching over 3 500 kilometres from Afghanistan to Burma, the mountainous region of Hindu-Kush-Himalaya (HKH) includes glaciers that are a critical water source for some 250 million people in the mountains as well as to 1.65 billion others in the river valleys below.

The glaciers feed 10 of the world’s most important river systems, including the Ganges, Indus, Yellow, Mekong and Irrawaddy, and directly or indirectly supply billions of people with food, energy, clean air and income.

Impacts on people from their melting will range from worsened air pollution to more extreme weather, while lower pre-monsoon river flows will throw urban water systems and food and energy production off-kilter. According to ICIMOD, “global warming is on track to turn the frigid, glacier-covered mountain peaks across eight countries into bare rocks in a little less than a century.”

The 2015 Paris Agreement’s central aim was to keep a global temperature rise this century well below two degrees Celsius above pre-industrial levels and to pursue efforts to limit the temperature increase even further to 1.5 degrees Celsius.

In December, world leaders COP24 in Poland agreed on a common rule book to implement the accord, in which countries committed to limiting global temperature rises to well below two degrees Celsius. However, major polluters, including the United States and Saudi Arabia, disputed a landmark scientific report released in October that suggested nations must slash fossil fuel use by nearly half in a little over a decade.

The new ICIMOD study says that even if the 1.5-degrees target is achieved, it would mean a rise of 2.1 degrees in the Himalayas region. If emissions are not reduced, the rise would be five degrees. The Himalayan glaciers, formed some 70 million years ago, are highly sensitive to changing temperatures. Since the 1970s, they have thinned and retreated, and areas covered by snow and snowfall have decreased. As I explain in my book, the accumulation zone for glaciers in the Alps and the Himalayas is roughly the same, about 3000 metres a.s.l., but glaciers in the Alps will disappear sooner because the highest peaks are only about 4,000 metres high whereas in the Himalayas they are often more than 7,000 metres high

As the glaciers shrink, hundreds of dangerous glacial lakes maintained by fragile moraines can burst and unleash floods. Satellite data shows that numbers of such lakes in the region grew to 4,260 in a decade from 3,350 in 1990.

Air pollution from the Indo-Gangetic Plains – one of the world’s most polluted regions – also deposits black carbon and dust on the glaciers, hastening melting and changing monsoon circulation.

The region would require up to $4.6 billion per year by 2030 to adapt to climate change, rising to as much as $7.8 billion per year by 2050, according to an estimate in the report.

Source : International Centre for Integrated Moutain Development (ICIMOD).

Carte reconstituée montrant l’Hindou Kouch – au premier plan – et le Pamir (Source : NASA)