Toujours plus chaud ! // Warmer and warmer !

drapeau-francaisBarrow – qui va changer de nom et devenir Utqiagvik le 1er décembre – est la localité la plus septentrionale de l’Alaska. Elle vient de connaître le mois d’octobre le plus chaud depuis le début des relevés de températures, et le service météorologique national indique que d’autres régions du nord-ouest de l’Alaska ont également affiché des records de chaleur automnale.
La température moyenne pour le mois d’octobre à Barrow a été de 30,1°F (-1,05°C), soit 12,9°F de plus que la moyenne pour 1981-2010 et 2,6°F de plus que le précédent record de chaleur en octobre, établi en 2012.
Pour Barrow, la météo de ce mois d’octobre fait partie d’un schéma qui n’a guère changé au cours des quinze dernières années: Chaque mois d’octobre après 2001 a été nettement plus chaud que la moyenne.
Cette situation à Barrow est liée à la réduction de la glace de mer arctique qui a connu une croissance beaucoup plus lente que d’habitude à la fin de l’automne, ce qui a entraîné un retard dans son accumulation. Quand il n’y a pas de glace à la surface de la mer, la chaleur de l’eau monte dans l’atmosphère et réchauffe Barrow et les autres endroits dans la même situation géographique.
Toutefois, cet automne, le manque de glace n’a pas été le seul facteur qui a fait monter la température à Barrow. À cela s’ajoute un modèle météorologique très persistant avec des vents soufflant du sud. Ce même système météo explique également le mois d’octobre sec à Fairbanks qui vient de connaître son premier Halloween sans une petite couche de neige au sol ou une chute de neige ce jour-là. Du jamais vu depuis 1940!
Source : Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisBarrow – set for a name change to Utqiagvik on December 1st – is Alaska’s northernmost community. It has just closed out its warmest October on record, and the National Weather Service indicates that other far-north parts of Alaska also posted records for autumn warmth.

The monthly average temperature in Barrow was 30.1 degrees Fahrenheit, 12.9 degrees warmer than the 1981-2010 average and 2.6 degrees higher than the previous record-warm October, which occurred in 2012.

For Barrow, this October’s weather is part of a strong pattern over the last decade and a half. Every October after 2001 has been significantly warmer than average there.

Barrow’s new pattern of warm autumns is linked to reduced Arctic sea ice. Sea ice has been growing much more slowly than usual for late autumn, causing the buildup of the ice pack to lag. When there is no ice covering the sea, heat in the water rises into the atmosphere and warms Barrow and similarly situated places.

But this autumn, lack of ice has not been the only factor heating up Barrow. Added to that is a very persistent weather pattern blowing in from the south. This weather system also accounts for a dry month in Fairbanks, which had the first Halloween since 1940 without an inch of snow on the ground or snow falling that day.

Source: Alaska Dispatch News.

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Vue proposée par la webcam de Barrow hier à 11 heures du matin. La température était de -1,6°C. Peu de neige au sol et pas de glace de mer en vue.

 

Alaska : Pas de froid en vue // Alaska : No cold temperatures in the short term

drapeau-francaisComme je l’ai écrit dans une note précédente, la glace de mer se fait rare dans l’Arctique, les eaux océaniques sont chaudes et les prochains mois devraient être plus chauds que la normale dans la plus grande partie de l’Alaska. La neige est arrivée tard à Barrow, la localité la plus septentrionale de l’Etat.

Selon les prévisions du National Weather Service, la plupart des régions de l’Alaska le mois prochain vont probablement connaître des températures plus chaudes que la moyenne, à cause de la chaleur de l’océan et du peu de glace de mer. Entre novembre et janvier, la majeure partie de l’Alaska devrait connaître un hiver plus chaud que la normale, et cette tendance sera observée en particulier le long des côtes.
La température de surface de la mer autour de l’Alaska continue à être supérieure à la moyenne, confirmant la tendance des trois dernières années. Le réchauffement est flagrant dans le Pacifique Nord, avec l’influence du « Blob », masse d’eau chaude qui s’est formée en 2013 et a persisté depuis sous diverses formes.
Au nord, la surface occupée par la glace de mer est inférieure à la normale, que ce soit dans la Mer des Tchouktches ou celle de Beaufort où l’on relève 20 pour cent de glace de moins que l’an dernier pour cette période de l’année.
Afin de ne pas saper le moral des amoureux des hivers blancs, le National Weather Service fait remarquer que les prochains mois seront sous l’influence (relativement faible) de La Nina, modèle océanique de refroidissement qui est l’équivalent inverse de El Nino. Le Service indique qu’il y a 70 pour cent de chances pour que La Nina se fasse sentir au début de l’hiver et 55 pour cent de chances pour que son influence persiste au cours de la saison. Un bémol toutefois : A Fairbanks, l’arrivée tardive de la neige pourrait être une indication des conditions à venir dans les prochains mois.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAs I put it before, Arctic sea ice is scarce, ocean waters are warm and the coming months are expected to be warmer than normal in most of Alaska. Snow is arriving late in Barrow, the northernmost municipality.

The National Weather Service forecasts that most parts of Alaska next month are likely to be significantly warmer than average, thanks to more ocean heat and less sea ice. For November through January, most of the state is expected to be warmer than normal, with that trend concentrated along the coasts.

Sea-surface temperatures near Alaska have continued to be above average as they have for the past three years. There has been a marked warming trend in the North Pacific, known as “the Blob”, the mass of warm water that developed in 2013 and has persisted in various forms since then.

Farther north, sea ice is scarce compared to normal, with extent in both the Chukchi and Beaufort seas, 20 percent lower for this time of year than it was last year.

However, in a comforting message, the National Weather Service says that fans of normal, snowy Alaska winters can take heart as this winter will bring a weak version of La Nina, an oceanic pattern of cooling that is the flip side of the Alaska-warming El Nino. The Service says there is a 70 percent chance of a La Nina developing early in the winter and a 55 percent chance of it lingering through the season. In Fairbanks, however, the late arrival of snow this winter might be a signal of conditions to come in the next months.

Source : Alaska Dispatch News.

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Photo: C. Grandpey

Un nouvel hiver chaud pour l’Alaska? // Another warm winter for Alaska ?

drapeau-francaisAlors que certains météorologues européens prédisent un hiver très froid sur le Vieux Continent, les Alaskiens se demandent si les prochains mois seront une répétition de l’hiver chaud de l’année dernière.
Autrefois, une fois passé l’équinoxe d’automne et quand les jours commençaient à raccourcir, l’hiver arrivait rapidement à Barrow, la ville la plus septentrionale de l’Alaska. Cette époque est maintenant révolue ! Aujourd’hui, le mois d’octobre à Barrow fait partie d’un automne doux. L’eau de l’océan qui, dans le passé, commençait à se couvrir d’une bonne couche de glace en octobre est maintenant à l’air libre. Depuis 2001, la température de l’air est bien supérieure à la moyenne et Barrow connaît désormais des conditions automnales semblables à celles que l’on rencontre en Scandinavie.
Jusqu’à présent, l’automne 2016 à Barrow est identique à celui que la ville a connu ces dernières années. Depuis le début du mois d’octobre, les températures enregistrent de nouveaux records ou approchent les précédents, et la glace n’est toujours pas arrivée sur la mer. Rien à l’horizon !
Tout semble indiquer que cette tendance va se poursuivre. Selon le  National Snow and Ice Data Center, l’étendue minimale de la glace de mer pour 2016 correspond au record de 2007. De plus, la qualité de cette glace se détériore. Les analyses montrent que seulement 3,1% de la glace présente durant le minimum de cette année était âgés de quatre ans ou plus. Au milieu des années 1980, le tiers de cette même glace avait survécu à au moins quatre saisons de fonte.

Selon le National Weather Service, l’ensemble de l’Alaska devrait connaître un mois d’octobre et une fin d’automne, voire un début d’hiver, plus chauds que la moyenne. Après cela, le Centre de Prévision Météorologique prévoit des températures plus chaudes que la moyenne dans certaines régions du nord et de l’ouest de l’Alaska, mais le reste de l’Alaska devrait traverser un hiver plus normal dans les mois à venir. L’hiver 2016-2017 ne devrait pas être une répétition du précédent où les températures ont battu tous les records. La douceur de l’hiver dernier s’explique par la présence du phénomène El Niño. À cela s’est ajoutée la chaleur de la masse d’eau chaude du Pacifique Nord apparue à la fin de l’année 2013 – le fameux « Blob » – sans oublier l’Oscillation décennale du Pacifique, variation de la température de surface de la mer qui déplace la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies.

Cependant, certains facteurs montrent que le réchauffement sera toujours présent l’hiver prochain. La perte de glace de mer continuera d’affecter le secteur de North Slope, et le retour du « Blob » aura un effet sur les températures du sud de l’Alaska. La masse d’eau chaude s’est renforcée au cours de l’été car un front de hautes pressions sur le nord-est du Pacifique a entraîné un ciel clair qui a permis au soleil de chauffer la surface de l’océan.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile some European meteorologists are predicting a very cold winter on the Old Continent, Alaskans are wondering whether the coming months will be a rerun of last year’s super warm winter.

Winter used to rush quickly into Barrow, Alaska’s northernmost town once the autumn equinox had passed and the days started getting short. No more. Now October in Barrow has become a season of mild fall weather. Ocean waters that in the past developed solid ice covers are now open in October, air temperatures since 2001 have been well above long-term averages for the month and Barrow is settling into a pattern with autumn conditions more similar to those found in Scandinavia.

So far, the autumn in 2016 is fitting right into the new normal for the town. Temperatures since late last week have hit daily records or come close, and deep freeze has yet to arrive. There’s not even any ice out on the horizon right now.

All indications are that the spiral will continue. This year’s seasonal minimum ice extent tied 2007 for the second-lowest in the satellite record, according to the National Snow and Ice Data Center. Moreover, the quality of that ice is deteriorating, too. Preliminary analysis shows that only 3.1% of the ice that remained at this year’s minimum was four years old or older.. In the mid-1980s, a third of the summer minimum ice was old enough to have survived at least four melt seasons.

All of Alaska is also expected to have a warmer-than-average October and late-fall/early winter, according to the National Weather Service. After that, the Climate Prediction Center forecasts high probabilities for warmer-than-average temperatures in parts of northern and western Alaska, but the rest of Alaska appears to be setting up for a more normal winter. The coming months should not be a rerun of last year when temperatures hit records. Last winter was warmed by a record El Nino cycle. At that, warmth was helped along by the mass of persistently warm North Pacific water that appeared in late 2013 – the so-called « Blob » – and the multiyear Pacific Decadal Oscillation pattern was in a positive (warm) phase last winter.

However, some warming factors do remain for the coming winter. Loss of sea ice will continue to affect the North Slope, and the Blob is back to influence southern Alaska. The mass of warm water was intensified over the summer because a ridge of high pressure over the northeast Pacific created clear skies that allowed solar heat to beat down on the upper ocean.

Source: Alaska Dispatch News.

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L’été 2016 a été particulièrement ensoleillé et chaud en Alaska. Le Denali se dressait majestueusement et les glaciers resplendissaient au soleil… (Photos: C. Grandpey)

La fonte de l’Arctique continue // The Arctic keeps melting away

drapeau-francaisLe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indique que la glace de mer dans l’Arctique semble avoir atteint son minimum saisonnier le 10 septembre 2016. La fonte relativement rapide de la glace de mer au cours des dix premiers jours de septembre a abouti à un résultat semblable à celui de 2007 ; c’est le deuxième plus faible depuis que sont effectuées les mesures satellitaires.
L’étendue minimale de glace de mer sans l’Arctique atteignait 4,14 millions de km2 le 10 septembre  2016. Elle se situe à 750 000 km2 au-dessus du record de 2012 qui était de 3,39 millions de km2. Cette étendue est toutefois bien inférieure aux écarts types constatés au cours des 37 années de relevés satellitaires

Pendant les dix premiers jours de septembre, l’Arctique a vu fondre la glace à un rythme plus rapide que la moyenne. La surface de glace a perdu en moyenne 34 100 km2 par jour contre 21 000 km2 par jour pour la période 1981-2010.
La vitesse de fonte du début du mois de septembre a largement dépassé celle pour la même période en 2012. C’est dans la mer des Tchouktches qu’elle a été le plus prononcée. Il se peut que ce soit la conséquence de deux cyclones forts qui ont impacté la région en août.
La couverture de glace de mer sur l’Océan Arctique et les mers environnantes régule la température de la planète, influe sur la circulation de l’atmosphère et des océans, et affecte la vie dans les communautés et les écosystèmes arctiques. Il semble de plus en plus probable que la réduction spectaculaire de la banquise arctique a des répercussions sur la météo dans les latitudes moyennes et est peut être en partie responsable des anomalies météorologiques de plus en plus fréquentes et parfois dévastatrices de ces dernières années.
J’ai eu l’occasion de survoler le Groenland et la Mer de Beaufort en me rendant en Alaska car j’avais fait une escale à Reykjavik. Comme le temps était clair, j’ai pu prendre un bon nombre de photos. En voici quelques unes ci-dessous.

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drapeau-anglaisThe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indicates that Arctic sea ice appears to have reached its seasonal minimum for 2016 on September 10th. A relatively rapid loss of sea ice in the first ten days of September has pushed the ice extent to a statistical tie with 2007 for the second lowest in the satellite record.

Arctic sea ice extent stood at 4.14 million km2 on September 10th, 2016. This year’s minimum extent is 750 000 km2 above the record low set in 2012 with 3,39 million km2 and is well below the two standard deviation range for the 37-year satellite record.

During the first ten days of September, the Arctic lost ice at a faster than average rate. Ice extent lost 34 100 km2 per day compared to the 1981 to 2010 long-term average of 21 000 km2 per day.

The early September rate of decline also greatly exceeded the rate observed for the same period in 2012. Recent ice loss has been most pronounced in the Chukchi Sea. This may relate to the impact of two strong cyclones that passed through the region during August.

The sea ice cover on the Arctic Ocean and surrounding seas regulates the planet’s temperature, influences the circulation of the atmosphere and ocean, and affects life in Arctic communities and ecosystems. It looks increasingly likely that the dramatic decrease in Arctic sea ice is impacting weather in mid-latitudes and may be at least partly responsible for the more dramatic, persistent and damaging weather anomalies we’ve seen so many of in recent years.

I happened to fly over Greenland and the Beaufort see on my way to Alaska as y flight had made a stopover in Reykjavik. As the weather was clear, I could take quite a good number of photos. Here are a few of them.

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Photos: C. Grandpey