Un nouvel hiver chaud pour l’Alaska? // Another warm winter for Alaska ?

drapeau-francaisAlors que certains météorologues européens prédisent un hiver très froid sur le Vieux Continent, les Alaskiens se demandent si les prochains mois seront une répétition de l’hiver chaud de l’année dernière.
Autrefois, une fois passé l’équinoxe d’automne et quand les jours commençaient à raccourcir, l’hiver arrivait rapidement à Barrow, la ville la plus septentrionale de l’Alaska. Cette époque est maintenant révolue ! Aujourd’hui, le mois d’octobre à Barrow fait partie d’un automne doux. L’eau de l’océan qui, dans le passé, commençait à se couvrir d’une bonne couche de glace en octobre est maintenant à l’air libre. Depuis 2001, la température de l’air est bien supérieure à la moyenne et Barrow connaît désormais des conditions automnales semblables à celles que l’on rencontre en Scandinavie.
Jusqu’à présent, l’automne 2016 à Barrow est identique à celui que la ville a connu ces dernières années. Depuis le début du mois d’octobre, les températures enregistrent de nouveaux records ou approchent les précédents, et la glace n’est toujours pas arrivée sur la mer. Rien à l’horizon !
Tout semble indiquer que cette tendance va se poursuivre. Selon le  National Snow and Ice Data Center, l’étendue minimale de la glace de mer pour 2016 correspond au record de 2007. De plus, la qualité de cette glace se détériore. Les analyses montrent que seulement 3,1% de la glace présente durant le minimum de cette année était âgés de quatre ans ou plus. Au milieu des années 1980, le tiers de cette même glace avait survécu à au moins quatre saisons de fonte.

Selon le National Weather Service, l’ensemble de l’Alaska devrait connaître un mois d’octobre et une fin d’automne, voire un début d’hiver, plus chauds que la moyenne. Après cela, le Centre de Prévision Météorologique prévoit des températures plus chaudes que la moyenne dans certaines régions du nord et de l’ouest de l’Alaska, mais le reste de l’Alaska devrait traverser un hiver plus normal dans les mois à venir. L’hiver 2016-2017 ne devrait pas être une répétition du précédent où les températures ont battu tous les records. La douceur de l’hiver dernier s’explique par la présence du phénomène El Niño. À cela s’est ajoutée la chaleur de la masse d’eau chaude du Pacifique Nord apparue à la fin de l’année 2013 – le fameux « Blob » – sans oublier l’Oscillation décennale du Pacifique, variation de la température de surface de la mer qui déplace la trajectoire des systèmes météorologiques de manière cyclique sur une période de plusieurs décennies.

Cependant, certains facteurs montrent que le réchauffement sera toujours présent l’hiver prochain. La perte de glace de mer continuera d’affecter le secteur de North Slope, et le retour du « Blob » aura un effet sur les températures du sud de l’Alaska. La masse d’eau chaude s’est renforcée au cours de l’été car un front de hautes pressions sur le nord-est du Pacifique a entraîné un ciel clair qui a permis au soleil de chauffer la surface de l’océan.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisWhile some European meteorologists are predicting a very cold winter on the Old Continent, Alaskans are wondering whether the coming months will be a rerun of last year’s super warm winter.

Winter used to rush quickly into Barrow, Alaska’s northernmost town once the autumn equinox had passed and the days started getting short. No more. Now October in Barrow has become a season of mild fall weather. Ocean waters that in the past developed solid ice covers are now open in October, air temperatures since 2001 have been well above long-term averages for the month and Barrow is settling into a pattern with autumn conditions more similar to those found in Scandinavia.

So far, the autumn in 2016 is fitting right into the new normal for the town. Temperatures since late last week have hit daily records or come close, and deep freeze has yet to arrive. There’s not even any ice out on the horizon right now.

All indications are that the spiral will continue. This year’s seasonal minimum ice extent tied 2007 for the second-lowest in the satellite record, according to the National Snow and Ice Data Center. Moreover, the quality of that ice is deteriorating, too. Preliminary analysis shows that only 3.1% of the ice that remained at this year’s minimum was four years old or older.. In the mid-1980s, a third of the summer minimum ice was old enough to have survived at least four melt seasons.

All of Alaska is also expected to have a warmer-than-average October and late-fall/early winter, according to the National Weather Service. After that, the Climate Prediction Center forecasts high probabilities for warmer-than-average temperatures in parts of northern and western Alaska, but the rest of Alaska appears to be setting up for a more normal winter. The coming months should not be a rerun of last year when temperatures hit records. Last winter was warmed by a record El Nino cycle. At that, warmth was helped along by the mass of persistently warm North Pacific water that appeared in late 2013 – the so-called « Blob » – and the multiyear Pacific Decadal Oscillation pattern was in a positive (warm) phase last winter.

However, some warming factors do remain for the coming winter. Loss of sea ice will continue to affect the North Slope, and the Blob is back to influence southern Alaska. The mass of warm water was intensified over the summer because a ridge of high pressure over the northeast Pacific created clear skies that allowed solar heat to beat down on the upper ocean.

Source: Alaska Dispatch News.

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L’été 2016 a été particulièrement ensoleillé et chaud en Alaska. Le Denali se dressait majestueusement et les glaciers resplendissaient au soleil… (Photos: C. Grandpey)

La fonte de l’Arctique continue // The Arctic keeps melting away

drapeau-francaisLe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indique que la glace de mer dans l’Arctique semble avoir atteint son minimum saisonnier le 10 septembre 2016. La fonte relativement rapide de la glace de mer au cours des dix premiers jours de septembre a abouti à un résultat semblable à celui de 2007 ; c’est le deuxième plus faible depuis que sont effectuées les mesures satellitaires.
L’étendue minimale de glace de mer sans l’Arctique atteignait 4,14 millions de km2 le 10 septembre  2016. Elle se situe à 750 000 km2 au-dessus du record de 2012 qui était de 3,39 millions de km2. Cette étendue est toutefois bien inférieure aux écarts types constatés au cours des 37 années de relevés satellitaires

Pendant les dix premiers jours de septembre, l’Arctique a vu fondre la glace à un rythme plus rapide que la moyenne. La surface de glace a perdu en moyenne 34 100 km2 par jour contre 21 000 km2 par jour pour la période 1981-2010.
La vitesse de fonte du début du mois de septembre a largement dépassé celle pour la même période en 2012. C’est dans la mer des Tchouktches qu’elle a été le plus prononcée. Il se peut que ce soit la conséquence de deux cyclones forts qui ont impacté la région en août.
La couverture de glace de mer sur l’Océan Arctique et les mers environnantes régule la température de la planète, influe sur la circulation de l’atmosphère et des océans, et affecte la vie dans les communautés et les écosystèmes arctiques. Il semble de plus en plus probable que la réduction spectaculaire de la banquise arctique a des répercussions sur la météo dans les latitudes moyennes et est peut être en partie responsable des anomalies météorologiques de plus en plus fréquentes et parfois dévastatrices de ces dernières années.
J’ai eu l’occasion de survoler le Groenland et la Mer de Beaufort en me rendant en Alaska car j’avais fait une escale à Reykjavik. Comme le temps était clair, j’ai pu prendre un bon nombre de photos. En voici quelques unes ci-dessous.

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drapeau-anglaisThe National Snow and Ice Data Center (NSIDC) indicates that Arctic sea ice appears to have reached its seasonal minimum for 2016 on September 10th. A relatively rapid loss of sea ice in the first ten days of September has pushed the ice extent to a statistical tie with 2007 for the second lowest in the satellite record.

Arctic sea ice extent stood at 4.14 million km2 on September 10th, 2016. This year’s minimum extent is 750 000 km2 above the record low set in 2012 with 3,39 million km2 and is well below the two standard deviation range for the 37-year satellite record.

During the first ten days of September, the Arctic lost ice at a faster than average rate. Ice extent lost 34 100 km2 per day compared to the 1981 to 2010 long-term average of 21 000 km2 per day.

The early September rate of decline also greatly exceeded the rate observed for the same period in 2012. Recent ice loss has been most pronounced in the Chukchi Sea. This may relate to the impact of two strong cyclones that passed through the region during August.

The sea ice cover on the Arctic Ocean and surrounding seas regulates the planet’s temperature, influences the circulation of the atmosphere and ocean, and affects life in Arctic communities and ecosystems. It looks increasingly likely that the dramatic decrease in Arctic sea ice is impacting weather in mid-latitudes and may be at least partly responsible for the more dramatic, persistent and damaging weather anomalies we’ve seen so many of in recent years.

I happened to fly over Greenland and the Beaufort see on my way to Alaska as y flight had made a stopover in Reykjavik. As the weather was clear, I could take quite a good number of photos. Here are a few of them.

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Photos: C. Grandpey

Toujours plus chaud! // Warmer and warmer!

drapeau-francaisLes dernières informations diffusées par la NASA montrent que les températures à la surface de la Terre et la surface occupée par la glace de mer dans l’Arctique au cours du premier semestre 2016 ont établi de nouveaux records qui confirment la tendance des dernières décennies. La NASA indique que la période comprise entre janvier et juin 2016 a été le semestre le plus chaud jamais enregistré, avec 1,3°C de plus que le précédent record établi en 1880.
En outre, cinq mois de l’année sur six ont établi un nouveau record concernant l’étendue minimale de glace de mer depuis 1979. Seul le mois de mars échappe à la tendance. Les scientifiques soulignent qu’il est important de constater que la tendance actuelle observée au niveau des températures et de l’étendue de la glace de mer font confirme une évolution qui existe depuis plusieurs décennies et qui est due à des concentrations de plus en plus élevées de gaz à effet de serre.
La couverture de glace de mer au maximum de la saison de fonte pendant l’été est actuellement de 40% inférieure à ce qu’elle était à la fin des années 1970 et au début des années 1980, alors qu’en septembre, le minimum saisonnier connaît une baisse de 13,4% par décennie.
En 2016, même avec El Niño qui touchait à son terme, les températures mondiales ont atteint leur plus haut niveau et la tendance mondiale est même dépassée par le réchauffement de l’Arctique où les températures au cours des six derniers mois ont été extrêmes en certains endroits. Cette chaleur, ainsi que des conditions météorologiques inhabituelles, expliquent la faible étendue occupée par la glace de mer jusqu’à présent cette année.
En 2016, les scientifiques de la NASA ont commencé une étude, prévue pour durer près de dix ans, des écosystèmes arctiques en Alaska et au Canada. Baptisée Arctic-Boreal Vulnerability Experiment (ABoVE), cette étude doit étudier comment les forêts, le pergélisol et d’autres écosystèmes réagissent à la hausse des températures dans l’Arctique où le changement climatique évolue plus rapidement que partout ailleurs sur la planète.
Source: NASA / Goddard Institute for Space Studies.

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drapeau-anglaisAccording to NASA’s latest estimates, the global surface temperatures and Arctic sea ice extent during the first half of 2016 set new records and are continuing trends of change observed over the last few decades. The administration has confirmed that the period between January and June 2016 was the warmest six months period recorded so far, 1.3°C higher than the previous record reported in 1880.

Moreover, five months of the year have set a new record for the lowest monthly Arctic sea ice extent since 1979 with the only exception of March. Scientists emphasize that it is important to see that the current trends observed in the global temperature and sea ice extent continue decades-long trends of change, driven by increasing concentrations of greenhouse gases.

The sea ice cover at the peak of the summer melt season is currently at 40% less than during the late 1970s and early 1980s while in September, the seasonal minimum is declining at a rate of 13.4% per decade.

In 2016, even with El Niño season ending, the global temperatures have risen to the highest levels, and the global trend is outpaced by the regional Arctic warming where temperatures over the past six months have been extreme. This warmth, as well as unusual weather patterns, has led to the record low sea ice extents so far this year.

This year, NASA’s scientists have begun an almost decade-long field study of Arctic ecosystems based in Alaska and Canada. The Arctic-Boreal Vulnerability Experiment (ABoVE) is planned to explore how forests, permafrost, and other ecosystems respond to increasing temperatures in the Arctic, where climate change is unfolding faster than anywhere else on the planet.

Source : NASA / Goddard Institute for Space Studies.

Temperatures

Courbe montrant l’évolution des températures moyennes à la surface de la Terre, pour la période janvier-juin, entre 1880 et 2016 (Source : NASA / Goddard Institute for Space Studies).

De moins en moins de neige dans l’hémisphère nord // Less and less snow in the northern hemisphere

drapeau francaisSelon les chercheurs du Global Snow Lab de l’Université Rutgers dans le New Jersey, l’ensemble de l’hémisphère nord au cours des quatre derniers mois (mars, avril, mai et juin) a connu le plus bas niveau de couverture neigeuse jamais enregistré pour cette période. Cela confirme les observations des 10 dernières années.
Pour l’année en cours, la couverture neigeuse moyenne pour les mois de mars, avril, mai et juin a été inférieure d’un peu plus de 500 000 kilomètres carrés au record précédent enregistré en 1990. Ce manque de neige pour l’hémisphère nord n’est pas le même pour tous les mois mentionnés, même si le niveau reste dans l’ensemble très faible. Mars a été le deuxième plus bas niveau jamais enregistré ; avril est le record absolu ; mai a été le quatrième plus bas et juin le troisième plus bas.
Cette faiblesse de l’enneigement fait partie de la tendance de notre planète à se réchauffer. Selon les chercheurs du Global Snow Lab, le phénomène aura des conséquences inquiétantes pour l’approvisionnement en eau, les feux de forêt et le réchauffement de la Terre elle-même. En effet, la faible couverture de neige signifie que la Terre a un pouvoir réfléchissant – ou « albédo » – moindre et elle se réchauffe davantage sous l’effet des rayons du soleil. Un fait montre parfaitement les conséquences du faible enneigement cette année ; c’est l’énorme incendie qui a dévasté la ville de Fort McMurray au Canada.
Le record ou quasi-record de faible enneigement dans l’hémisphère Nord pour les quatre mois mentionnés montre que le phénomène a été constant et a même progressé en latitude en allant vers le nord.

Les derniers chiffres concernant la perte de couverture neigeuse vont de pair avec les données sur la perte de glace de mer dans l’Arctique – la contrepartie de la couverture neigeuse sur les océans de l’hémisphère nord. La glace de mer a, elle aussi, battu des records de faiblesse cette année. Elle a été au plus bas pendant les mois de janvier, février, avril et mai. Le National Snow and Ice Data Center basé à Boulder dans le Colorado a indiqué que juin 2016 avait également battu un record pour l’étendue moyenne de la banquise arctique.
Source : Global Snow Lab.

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drapeau anglaisAccording to researchers with the Rutgers University Global Snow Lab, the entire Northern Hemisphere over the past four months (March, April, May and June) featured the lowest levels of snow cover ever recorded for this particular time period. It goes along with the pattern we’ve been seeing the last 10 years or so.

Overall, in 2016, the average snow cover across March, April, May and June was just over half a million square kilometres smaller than the previous record low year, 1990. Not every month during the four-month time period saw a record low for the Northern Hemisphere, but all were quite low. March was the second lowest on record, April was the absolute lowest on record, May was the fourth lowest and June was the third lowest.

This is part of a trend to be expected on our warming planet. That trend will have vast consequences for water supplies, wildfires and the warming of the Earth itself. Indeed, low snow cover means that the Earth has less reflectivity or « albedo » – so it warms up more from the sun’s rays. An indicator of the consequences of low snow so far this year is the enormous and devastating wildfire that engulfed Fort McMurray in Canada.

The record or near record low amounts of northern hemisphere snow in March, April, May and now June show there has basically been no reprieve and the phenomenon progressed farther and farther north, at higher and higher latitudes.

The latest numbers on snow cover come paired with data suggesting that Arctic sea ice – the counterpart to snow cover over the northern hemisphere oceans – has also set repeated record lows this year. January, February, April and May of this year all saw record lows for Arctic sea ice extent. The National Snow and Ice Data Center in Boulder, Colorado, has announced that June of 2016, too, saw record low average Arctic sea ice extent.

Source : Global Snow Lab.

Snow

Ce graphique montre que l’étendue de la glace de mer pendant le mois de juin a diminué d’environ 3,7% par décennie au cours de la période allant de 1979 à 2016 (National Snow and Ice Data Center).