Mammoth Mountain (Madera County / Californie)

drapeau francaisA côté des volcans actifs qui émettent des panaches de cendres et des coulées de lave, il y a d’autres volcans qui demeurent actifs tout en étant plus discrets. L’un d’eux est Mammoth Mountain, dans le secteur oriental des Sierra Nevada Mountains, une chaîne volcanique qui s’étend dans le comté de Madera en Californie. Il n’y a pas eu d’éruption majeure depuis des milliers d’années, mais la menace est toujours présente.
Les deux cônes de scories que l’on peut voir depuis le sommet de la montagne sont les plus jeunes volcans de cette chaîne. Leur dernière éruption remonte à environ 9.000 ans. L’activité volcanique a commencé par une éruption cataclysmale qui a envoyé des cendres vers l’est jusqu’à Nebraska il y a environ 750.000 années.

Plus récemment, l’activité sous les flancs de Mammoth Mountain a consisté en émissions de CO2 dans la région du Horseshoe Lake. Selon les géologues, les arbres morts sont la preuve que quelque chose se passe sous terre. « L’activité volcanique fait remonter le dioxyde de carbone qui tue les racines des arbres. On ne peut pas le voir ni le sentir, mais si vous restez couché suffisamment de temps sur le sol, il peut vous tuer. En 2006, trois membres d’une patrouille de ski sont morts quand ils sont tombés dans une bouche qui émettait du CO2 sur Mammoth Mountain.
L’eau de la rivière est chauffée à haute température par le magma qui sommeille à quelque 8 kilomètres sous la surface. C’était autrefois un endroit très populaire pour la baignade jusqu’à ce que l’eau devienne trop chaude pour y plonger le corps.
Des séismes sont régulièrement ressentis dans la région, à raison de 30 ou 40 événements par jour. Un séisme de M 6,8 s’est produit dans les années 1980. Il a causé 2 millions de dollars en dommages matériels et plusieurs blessés mais aucun décès.
Malgré la fréquence des petits tremblements de terre, la ville de Mammoth Lakes et le volcan de Mammoth Mountain sont des destinations touristiques populaires. Les géologues admettent qu’il est difficile de dire si une éruption peut avoir lieu dans un proche avenir. « Le risque d’une éruption importante est environ de un sur cent, semblable au risque d’un tremblement de terre majeur sur la faille de San Andreas près de San Francisco. »
Source: ABC News.

 

drapeau anglaisBeside active volcanoes emitting ash plumes or lava flows, there are other volcanoes that remain active while being more discreet. One of them is Mammoth Mountain, a peak on the east side of the Sierra Nevada Mountains, a volcanic range that stretches into Madera County in California. There hasn’t been any major eruption in thousands of years, but the threat is still there.

The cinder cones to be seen from the top of the mountain are the two youngest volcanoes in this chain. They last erupted about 9,000 years ago. Volcanic activity started with an eruption roughly 750,000 years ago; it was a cataclysmic eruption that sent ash as far east as Nebraska.

In more recent times, activity beneath the flanks of Mammoth Mountain has consisted of CO2 emissions in the Horseshoe Lake area. According to geologists, dead trees are evidence something is going on underground. “The volcanic activity is pushing carbon dioxide up into the trees killing their roots. You can’t see it or smell it but if you laid down long enough it would likely kill you”. In 2006 three members of a ski patrol were killed when they fell into a carbon dioxide vent on Mammoth Mountain.

The river water is heated to nearly boiling by molten rock 8 kilometres below the surface. It used to be a popular place to swim until the water became too hot to bathe in.

Earthquakes are regularly felt in the area, at a rate of 30 or 40 events per day. An M 6.8 quake occurred in the 1980s. It caused $2 million in property damage and several injuries but no deaths.

Despite frequent small quakes, the town of Mammoth Lakes and especially Mammoth Mountain volcano are popular tourist destinations. Geologists admit it is hard to say if an eruption may take place in the near future. “Chances of a significant eruption are about one in one hundred, similar to the chances of a major earthquake on the San Andreas Fault near San Francisco. »

Source : ABC News.

Mammoth-Mountain

(Crédit photo:  Wikipedia)

Le dégel du permafrost: un danger pour la planète!

Bien que ce ne soit pas lié au monde des volcans, j’aimerais m’attarder à nouveau sur le réchauffement climatique et ses effets sur notre environnement.

Il y a quelques jours, l’Anchorage Daily News, quotidien très populaire en Alaska, a publié un article consacré à la fonte du permafrost (ou pergélisol), phénomène auquel sont très sensibles les contrées nordiques. Lorsque l’on voyage en Alaska ou dans le Yukon, on s’aperçoit très vite des conséquences de sa fonte sur les infrastructures routières, avec de longues balafres qui rendent parfois la conduite délicate (voir ma note du 16 septembre 2011). Il y a deux ans, Nicolas Vanier (Le Dernier Trappeur) me confiait qu’il avait vu des forêts « s’effondrer » en Sibérie car le sol gelé n’était plus là pour les maintenir à la verticale.

L’article de l’Anchorage Daily News attire l’attention des lecteurs sur un autre aspect de la fonte du pergélisol : les émanations gazeuses. En effet, les chercheurs ont commencé récemment à mesurer les émissions de méthane (CH4) et de gaz carbonique (CO2) provoquées par la fonte du permafrost et ils se sont aperçus que les quantités – non encore prises en compte lors des réunions internationales sur le réchauffement climatique – étaient bien supérieures à ce qui avait été estimé jusqu’alors.

Le permafrost – sol qui reste gelé pendant au moins deux années d’affilée – recèle de vaste quantités de matière végétale en décomposition. Au moment du dégel, cette matière libère du CO2 et, encore plus inquiétant, du CH4. Le réchauffement global de la planète provoque un effet cyclique : au cours du réchauffement de la Terre, les températures plus élevées sont une menace pour le permafrost qui va fondre et libérer ces mêmes gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la Terre.

Il est donc urgent que la communauté internationale prenne en compte l’impact du permafrost et les émissions de CO2 et CH4 lors des réunions sur le changement climatique. Les chercheurs américains ont démontré que le permafrost présent à la surface de la Terre contient 1700 gigatonnes de carbone sous forme de matière organique gelée (une gigatonne est équivalent à un milliard – 109 tonnes). Cela représente deux fois la quantité de carbone actuellement présente dans l’atmosphère ! On réalise donc l’impact que les gaz libérés lors du dégel du  permafrost pourraient avoir dans les années à venir en cas d’accélération du phénomène.

Le rapport des chercheurs recommande par ailleurs aux nations où le permafrost est très répandu (Etats Unis, Canada, Chine et Russie) de créer des réseaux de surveillance et de mettre au point des plans afin d’atténuer les dégâts occasionnés par le dégel du pergélisol, en particulier dans les régions les plus exposées. En Alaska par exemple, des entreprises, des routes ainsi que des infrastructures gazières et pétrolières ont été construites sur des zones où le sol était gelé en permanence, donc très stable. Si ce sol vient à dégeler, ces structures peuvent s’effondrer. Actuellement, les responsables des routes du Yukon essayent de mettre au point des techniques qui permettraient de limiter les dégâts causés par le dégel du permafrost.

Drunken-forest

Exemple de « forêt ivre » (« drunken forest ») où les arbres ne sont plus maintenus en place par le permafrost

[Crédit photo:  NOAA)

Plateau de Dieng (Ile de Java / Indonésie)

drapeau francais   Après l’élévation du niveau d’alerte à 2 (Waspada) le 11 mars 2013, le VSI a passé le volcan au niveau 3 sur 4 (Siaga) hier 27 mars 2013. En effet, on observe un changement de couleur de l’eau du lac Sileri et une augmentation du CO2 autour du cratère Timbang.  J’indiquais dans ma dernière note à propos du Dieng que la concentration de CO2 était de 0,71% dans le secteur du Timbang. Le VSI informe que cette concentration est passée à 2,5% entre le 11 et le 15 mars. Rappelons que le niveau tolérable pour les humains est de 0,5 %  (5000 ppm) par volume. En conséquence il est toujours fortement déconseillé de s’approcher à moins d’un kilomètre du cratère Timbang, afin d’éviter le risque d’asphyxie.

Le CO2 a tué 149 personnes sur le Plateau de Dieng le 20 février 1979. L’événement, connu sous le nom de « tragédie de Sinila » est décrit dans mon livre Killer Volcanoes (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglais   After elevating the alert level to 2 (Waspada) on March 11th, 2013, VSI raised it to 3 out of 4 (Siaga) on March 27th. Indeed, a change in the colour of the Sileri lake has been observed together with an increase in CO2 around the Timbang Crater. I wrote in my latest note about Dieng that the CO2 concentration was 0.71% around Timbang. VSI now informs us that this concentration reached 2.5% between March 11th and 15th. Let’s bear in mind that the safe level for human contact is 0.5 percent volume. As a consequence, people are advised not no come less than one kilometre from the Timbang Crater so as not to be asphyxiated.

CO2 gas killed 149 people in Dieng Plateau area on February 20th, 1979, remembered as the Sinila tragedy which is described in my book “Killer Volcanoes” (see left-hand column of this weblog).

Augmentation du CO2 sur le Plateau de Dieng (Indonésie) // CO2 increase at Dieng Volcano (Indonesia)

drapeau francais   Le niveau d’alerte a été élevé à 2 (Waspada) le 11 mars 2013 suite à l’augmentation, depuis dimanche, des émissions de gaz carbonique (CO2) dans le secteur du cratère Timbang. La concentration relevée atteignait 0,71%  par volume alors que le niveau tolérable pour les humains est de 0,5 %  (5000 ppm) par volume.

On a trouvé des cadavres de chats, de lapins et d’oiseaux à proximité du cratère. Il est demandé aux habitants d’être très vigilants s’ils doivent creuser le sol à plus d’un mètre de profondeur à cause du risque d’émanation de gaz.

Aucune évacuation n’est ordonnée pour le moment mais une zone d’exclusion de 500 mètres de diamètre a été mise en place autour du cratère.

Le 30 mai 2001, le niveau d’alerte a déjà été élevé à Siaga pour la même raison. A l’époque, quelque 600 personnes vivant près du cratère Timbang avaient été évacuées.

Le CO2 a tué 149 personnes sur le Plateau de Dieng le 20 février 1979. L’événement, connu sous le nom de « tragédie de Sinila » est décrit dans mon livre Killer Volcanoes (voir colonne de gauche de ce blog).

Source: The Jakarta Post.

 

drapeau anglais   Dieng volcano was raised to level 2 alert (waspada) on  March 11th 2013 due to the increase of carbon dioxide (CO2) emissions in the Timbang crater area since Sunday. The concentration was recorded at a volume of 0.71 percent, higher than the safe level for human contact, which is 0.5 percent volume.

Dead cats, birds and rabbits have been found near the crater. Residents are advised to be cautious if digging more than one metre into the ground due to the potential of gas.
Evacuation is not yet needed but a 500-metre exclusion zone has been placed around  the crater.

On May 30th, 2011, the alert status in the area was increased to Siaga, due to the same reason. Some 600 people living near the Timbang crater were evacuated.

CO2 gas killed 149 people in Dieng Plateau area on February 20th, 1979, remembered as the Sinila tragedy which is described in my book “Killer Volcanoes” (see left-hand column of this weblog).

Source: The Jakarta Post.

Dieng-Sikidang

Zone fumerollienne de Sikidang sur le Plateau de Dieng  (Crédit photo: Wikipedia)