Three Sisters (Oregon / Etats Unis)

   Dans une note émise le 7 janvier 2012, j’attirais l’attention sur le soulèvement du sol dans la région des Three Sisters (Oregon) et plus particulièrement de South Sister. Le dernier rapport de l’USGS indique que la phase de gonflement est maintenant quasiment terminée.
L’inflation avait été repérée sur les images satellites il y a plus de 10 ans et les scientifiques se demandaient alors si elle n’annonçait pas une reprise de l’activité volcanique dans la région. Ils affirment aujourd’hui qu’une éruption est peu probable.
De tels épisodes de gonflement se produisent fréquemment dans les zones volcaniques et cessent au bout de quelques années. Le soulèvement de South Sister a probablement commencé fin 1997 sous la poussée de magma qui se trouve à 6 km de profondeur. Les capteurs installés à l’époque dans tout le secteur montrent que le sol s’est soulevé d’environ 23 cm, sur un diamètre de 16 km. Aujourd’hui, le soulèvement est si faible qu’il est pratiquement indétectable.
South Sister, qui culmine à 3157 mètres est considéré comme un volcan actif dont la dernière éruption remonte à 2000 ans.

Source: The Oregonian.

 

   In a note edited on January 7th 2012, I drew attention to the uplifting of the ground in the Three Sisters area (Oregon), mainly South Sister. USGS scientists say the bulge has now nearly stopped
The uplift was spotted on satellite imagery more than a decade ago and led scientists to wonder if volcanic activity was ahead, but they now say an eruption is unlikely.
Such bulges are common around volcanoes, and most stop growing after a few years. The South Sister uplift probably started in late 1997, pushed by magma pooling 6 km below the surface. GPS sensors set up all over the area reveal that the ground has risen about 23 centimetres in all. The bulge is about 16 km in diameter. The rate of uplift now is so low that it is almost undetectable.
South Sister, which rises 3,157 m, is considered an active volcano. It last erupted 2,000 years ago.

Source: The Oregonian.

Three-Sisters

South-Sister

Les Three Sisters et South Sister  (Photos: C. Grandpey)

Découverte d’une nouvelle bouche hydrothermale dans l’Océan Antarctique // Discovery of a new hydrothermal vent in the Southern Ocean

   Des chercheurs du Centre Océanographique National basé à Southampton (Angleterre) ont découvert une nouvelle bouche volcanique dans l’Océan Antarctique, dans le Détroit de Bransfield, région peu explorée au sud des Iles Shetland et au nord de la Péninsule Antarctique. Les chercheurs effectuaient une mission à bord d’un vaisseau de recherches scientifiques doté d’une caméra sous-marine baptisée « The Shrimp » (en français « La Crevette »).
La nouvelle bouche, située à environ 1200 mètres de profondeur, est différente des bouches hydrothermales classiques dans la mesure où sa température est plus basse, même si l’eau de mer qui l’entoure est plus riche en éléments comme le lithium, le bore et le calcium.
Les scientifiques ont également découvert les restes d’une ancienne cheminée hydrothermale qui s’était formée quand l’eau était beaucoup plus chaude. La bouche était alors beaucoup plus active et donnait naissance à un univers vivant, comme on l’a déjà observé autour de « fumeurs » ailleurs sur la planète.
Des bouches hydrothermales et des volcans sous-marins ont déjà été découverts dans d’autres secteurs de l’Océan Antarctique. N’oublions pas non plus que le continent antarctique est dominé par le Mont Erebus (3794 m), le volcan actif le plus méridional de la Terre.
Vous pourrez lire une description complète (en anglais) de cette découverte sur le site PLOS ONE à cette adresse :
http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0054686

 

   Researchers from England’s National Oceanography Centre at Southampton, on board a research vessel towing an underwater camera – called the Shrimp – have discovered a volcanic vent in the Southern Ocean, in the Bransfield Strait, a little-explored region south of the Shetland Islands and north of the Antarctic Peninsula.
This vent, which is located about 1,200 m deep, differs from « classic » hydrothermal vents by being colder, although higher than surrounding seawater in levels of minerals like lithium, boron and calcium.
The scientists also found remains of an old « chimney, » formed when the water is much hotter. This suggests the vent was once more active and likely supported a variety of life, as could be found near “smokers” elsewhere on the planet.
Hydrothermal vents and underwater volcanoes have already been discovered elsewhere in the Southern Ocean.
You will find an exhaustive description of the discovery in the online journal PLOS ONE.
http://www.plosone.org/article/info:doi/10.1371/journal.pone.0054686

Un forage géothermique sur l’Augustine? (Alaska / Etats Unis) // Geothermal drilling on Augustine volcano?

   Voici une information pour le moins surprenante ! Selon l’agence Reuters, l’Alaska va offrir à des promoteurs potentiels l’occasion d’exploiter des ressources géothermiques sur l’Augustine, île-volcan qui culmine à 1260 mètres dans la partie méridionale de Cook Inlet en Alaska. La dernière éruption a eu lieu en 2006 et a perturbé le trafic aérien à Anchorage, à 280 km au nord. L’Alaska Volcano Observatory décrit l’Augustine en ces termes : « Le volcan se compose d’un dôme central et d’un complexe de coulées de lave entouré de dépôts de matériaux pyroclastiques. L’aspect irrégulier le la côte est dû à la répétition d’effondrements catastrophiques du dôme sommital avec des avalanches de débris sur les flancs du volcans, jusque dans les eaux de Cook Inlet. Au moins 11 avalanches de ce type se sont produites au cours des 2000 dernières années, à des intervalles moyens de 150-200 ans. »
La vente de la concession géothermique sur l’Augustine coïncidera avec d’autres ventes de concessions gazières et pétrolières dans Cook Inlet et sur l’Alaska Peninsula, région située au SO de l’Etat et dont l’exploration pétrolière a été limitée jusqu’à aujourd’hui.
Le rapport de pré-vente de la concession indique que l’Augustine présente des risques d’exploration et est exposée aux séismes, glissements de terrain, coulées de boue, gaz volcaniques, émissions de cendre, explosions et coulées de lave, mais son emplacement offre des avantages potentiels dans la mesure où l’énergie géothermique pourrait permettre de faire face à la demande croissante en électricité et autres source d’énergie dans la partie centrale et méridionale de l’Alaska.
La dernière vente de concessions géothermiques en Alaska remonte à 2008. A cette époque, la société Ormat Technologies, basée dans le Nevada, a dépensé 3,3 millions de dollars pour acheter des concessions dans le secteur du Mont Spurr, sans grand succès au niveau des forages.

 

   Here is a surprising piece of news! According to the Reuters press agency, Alaska will offer potential developers the chance to explore geothermal resources at Augustine (1260 m), an active volcano located in lower Cook Inlet in Alaska. The last eruption occurred in 2006, disrupting air traffic in Anchorage, 280 km away. The Alaska Volcano Observatory describes it as follows: “Augustine volcano consists of a central dome and lava flow complex, surrounded by pyroclastic debris. The irregular coastline of Augustine Island is due to the repeated catastrophic collapse of the summit dome, forming debris avalanches down the flanks and into Cook Inlet. At least 11 avalanches have occurred in the past 2000 years with an average recurrence interval of about 150-200 years”.
The geothermal lease sale on May 8th 2013 will coincide with oil and gas lease sales around Cook Inlet and the Alaska Peninsula, an area of south-western Alaska that has had only limited petroleum exploration.
The pre-sale report says that Augustine volcano poses risks to explorers including earthquakes, landslides and mudflows, volcanic gas and ash releases, explosions and lava flows, but its location offers potential advantages, since geothermal energy could help satisfy the increasing demand for electricity and energy sources in south-central Alaska.
Alaska’s last geothermal lease sale was in 2008. Nevada-based Ormat Technologies spent $3.3 million for leases at Mount Spurr but the drilling results were disappointing.

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L’Augustine et la trajectoire des coulées pyroclastiques  (Photo: C. Grandpey)

 

Kilauea Iki (Hawaii / Etats Unis)

   Au cours du mois de Janvier, le HVO a rappelé les principaux événements observés depuis la création de l’Observatoire en 1912. Il y a quelque temps, un article était consacré à l’éruption du Mauna Loa en 1984. Cette semaine, c’est l’éruption du Kilauea Iki (le petit Kilauea) en 1959 qui est sous les projecteurs
L’éruption a débuté le 14 novembre 1959 vers 20 heures par l’ouverture d’une fracture dans la paroi sud du cratère. En moins de 24 heures, l’éruption s’est concentrée sur une bouche unique avec une fontaine déversa sa lave dans le cratère jusqu’au 21 novembre. Après une pause de quelques jours, l’éruption reprit de plus belle avec 16 épisodes de fontaines de lave séparés par des courtes pauses. L’une de ces fontaines est la plus spectaculaire jamais observée sur le Kilauea, avec une hauteur estimée à 580 mètres ! L’éruption a pris fin le 20 décembre de la même année.
Cette éruption du Kilauea Iki est importante pour le HVO car l’Observatoire venait d’installer de nouveaux instruments de mesure de la sismicité et de la déformation du volcan qui ont donc pu être testés au cours de cet événement. C’est ainsi que les nouveaux sismos ont détecté des secousses à 55 km sous le sommet du Kilauea à partir d’août 1959. C’était la première fois que les scientifiques obtenaient des indications sur la profondeur de la source magmatique du volcan. Quelques semaines plus tard, les nouveaux tiltmètres détectaient un gonflement de l’édifice, signe d’une ascension magmatique.
La lave envahit rapidement le cratère du Kilauea Iki dans les jours qui suivirent le début de l’éruption. Une fois celle-ci terminée, les volcanologues purent continuer à étudier la lave encore fluide qui se dissimulait sous la croûte solidifiée. De nombreux prélèvements furent effectués entre 1960 et 1988. La lave a fini de se solidifier complètement vers le milieu des années 1990. A noter qu’aujourd’hui encore, de petits panaches de vapeur s’échappent du plancher du Kilauea Iki.
En janvier 1960, quelques semaines après que le Kilauea Iki se soit calmé, une éruption d’une durée d’un mois affecta le district de Puna et détruisit la petite ville de Kapoho. Beaucoup de scientifiques considèrent les éruptions du Kilauea Iki et de Kapoho comme un seul et même événement car le volcan continuait à gonfler après la fin de l’éruption du premier nommé. Cette hypothèse est confirmée par les analyses de la lave, identiques sur les deux sites. Cette similitude prouve que le sommet du Kilauea et l’East Rift Zone sont reliés par un conduit continu permettant au magma de parcourir en quelques semaines la soixantaine de kilomètres qui sépare le sommet de la pointe orientale de la Grande Ile.
C’est grâce à toutes ces observations et déductions que les scientifiques du HVO ont pu modéliser l’alimentation en magma du Kilauea, son stockage et son transport sous le volcan. Cette modélisation est encore largement acceptée de nos jours.

 

   During the month of January, the HVO reminded people of the major events that have occurred since the creation of the Observatory in 1912. Some time ago, an article was devoted to the eruption of Mauna Loa in 1984. This week, it is the eruption of Kilauea Iki (Little Kilauea) in 1959 which is under the spotlight
The eruption began  on 14 November 1959  at  about 20:00 with the opening of a fracture in the south wall of the crater. In less than 24 hours, the eruption concentrated on a single vent with a fountain pouring its lava in the crater until 21 November. After a break of a few days, the eruption started again with 16 episodes of lava fountains separated by short breaks. One of these fountains was the most spectacular ever seen on Kilauea, with an estimated height of 580 meters! The eruption ended on 20 December of the same year.
This eruption of Kilauea Iki was important for the HVO as the Observatory had just installed new instruments for measuring seismicity and deformation of the volcano which could be tested during this event. Thus, the new sismos detected earthquakes at 55 km beneath the summit of Kilauea from August 1959. It was the first time scientists obtained information on the depth of the magma source of the volcano. A few weeks later, the new tiltmeters detected swelling of the building, a sign of magma ascent.
The lava rapidly invaded the Kilauea Iki Crater in the days following the onset of the eruption. Once it was over, volcanologists could continue to explore the still fluid lava that was concealed beneath the solidified crust. Many samples were collected between 1960 and 1988. Lava solidified completely in the mid 1990s. Even today, small plumes of steam are escaping from the Kilauea Iki floor.
In January 1960, a few weeks after the Kilauea Iki eruption calmed down, a month-long eruption affected the Puna district and destroyed the town of Kapoho. Many scientists consider the eruptions of Kilauea Iki and Kapoho as a single event as the volcano continued to swell after the eruption of the former. This hypothesis was confirmed by the analyses of the lava which was the same on both sites. This similarity shows that the summit of Kilauea  and the East Rift Zone are connected by a continuous conduit allowing the magma to travel in a few weeks  along the sixty kilometers between the summit and the eastern tip of the Big Island.
Thanks to these observations and deductions, HVO scientists were able to model the Kilauea magma supply, storage and transport under the volcano. This model is still widely accepted today.

 

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Le Kilauea Iki aujourd’hui  (Photo: C. Grandpey)

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L’alimentation magmatique du Kilauea et de l’East Rift Zone   (Avec l’aimable autorisation du HVO)