L’Everest et le réchauffement climatique (suite) // Mount Everest and global warming (continued)

Un numéro spécial (février-mars 2024) du National Geographic France est consacré à l’Everest. Comme je l’ai expliqué dans des articles précédents, les glaciers de l’Himalaya fondent rapidement, ce qui pourrait virer au cauchemar pour les populations qui en dépendent pour leur approvisionnement en eau. L’Himalaya est un véritable château d’eau pour une grande partie de l’Asie du Sud-Est.

La chaîne himalayenne vue depuis l’espace (Source: NASA)

Voici ce qu’un sherpa a déclaré dans le National Geographic à propos du réchauffement climatique sur l’Everest : « Je vois que les couleurs de la cascade de glace du Khumbu changent. Jusqu’en 2010, il faisait très froid à la mi-mars et l’eau ne coulait pas. Aujourd’hui il y a une rivière et un pont serait nécessaire pour la traverser. Depuis 2005, les avalanches se multiplient et les grands glaciers à proximité du camp de base, à 8000 m d’altitude, ont reculé ou même disparu. Leur glace est perdue. […] Tout devient de plus en plus instable et la situation évolue très rapidement. Certaines zones deviennent de plus en plus dangereuses et la situation va empirer. »

Crédit photo: Wikipedia

L’ascension de l’Everest est l’un des exploits les plus difficiles à réaliser pour l’Homme, mais il devient encore plus difficile en raison du réchauffement climatique. La hausse des températures rend la topographie des glaciers de l’Himalaya plus incertaine, et les conditions météorologiques plus imprévisibles.
Un nombre record de personnes sont mortes en tentant de gravir l’Everest en 2023. Le gouvernement népalais a imputé le grand nombre de décès au réchauffement climatique, mais les scientifiques affirment que le réchauffement climatique n’est pas entièrement responsable, même si ses conséquences sont indéniables.
A cause du réchauffement climatique et de la modification de la topographie des glaciers, les montagnes himalayennes sont moins fiables. Les glaciers s’amincissent et reculent et le permafrost de roche dégèle. Plusieurs itinéraires empruntés par les alpinistes pour accéder aux plus hauts sommets dépendent de la stabilité des glaciers, comme la cascade de glace du Khumbu, à proximité du camp de base de l’Everest et escaladée pour atteindre le Camp 1. Cette cascade de glace, déjà très difficile à franchir, devient de moins en moins fiable. Des chercheurs ont foré le glacier Khumbu et ont découvert qu’il était très proche du point de fonte. Il suffira d’une légère hausse des températures pour que le glacier se mette à fondre rapidement.

Camp de base de l’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

Le réchauffement climatique peut également accentuer d’autres risques tels que les chutes de pierres, en particulier dans les zones de haute montagne, car la cohésion de nombreuses formations rocheuses aux niveaux les plus élevés est assurée par le pergélisol qui dégèle aujourd’hui. Avant que la région ne commence à se réchauffer rapidement, les alpinistes pouvaient traverser avec une certaine sécurité certaines des zones les plus dangereuses car tout était gelé et beaucoup plus stable qu’aujourd’hui. De nombreuses pentes se retrouvent à nu pour la première fois et les avalanches de pierres deviennent de plus en plus imprévisibles. Une étude publiée par l’Union européenne des géosciences en juillet 2023 a révélé que le risque d’avalanches de neige et de glace dans l’Himalaya augmente avec la hausse des températures.
Les conditions météorologiques dans la région deviennent également de plus en plus irrégulières, ce qui rend difficile à plus de quelques jours la planification des expéditions. Les spécialistes de l’Everest savent qu’il existe une fenêtre « magique » en mai au cours de laquelle les vents tombent en dessous de 50 km/h. La fenêtre a tendance à apparaître à l’approche de la mousson, époque où le jet stream est repoussé, permettant aux vents de chuter considérablement et d’améliorer les conditions d’ascension. Mais ce calendrier a changé : en 2019, il n’y avait que trois jours propices à l’ascension de l’Everest, contre 11 à 14 jours auparavant. En mai 2022, presque tout le mois a bénéficié de conditions de vent favorables, ce qui n’était encore jamais arrivé.

Station météo sur l’Everest (Crédit photo: National Geographic)

La plupart des régions montagneuses possédant des glaciers dans le monde montrent qu’elles sont affectées par le réchauffement climatique. Les recherches montrent que si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites, les glaciers continueront à perdre de la masse et à reculer considérablement. Ceux qui étudient l’Himalaya depuis des années ont constaté des changements visibles à l’œil nu, notamment les pentes mises à nu sur les flancs des montagnes et des lacs de plus en plus nombreux à la surface des glaciers.
Cependant, le réchauffement climatique n’est probablement pas responsable de la majorité des décès sur l’Everest au cours des dernières années. Dix-sept alpinistes sont morts sur l’Everest en 2023, un chiffre très élevé comparé à la moyenne de quatre à six alpinistes par saison dans le passé. Le gouvernement népalais a imputé la forte augmentation du nombre de décès sur l’Everest au réchauffement climatique, mais ce sont davantage les guides inexpérimentés, mal équipés ou non qualifiés qui sont responsables de la majorité des décès. Selon les sherpas, sur les 17 décès constatés, 11 auraient pu être évités. La seule année où il y a eu autant de morts a été 2014, où 17 personnes sont également mortes, mais la majorité des décès étaient des sherpas tués dans une avalanche. Il y a eu un nombre record d’alpinistes en 2023, ce qui a accru la probabilité de décès supplémentaires.

Il faut parfois faire la queue pour essayer d’atteindre le sommet (Crédit photo: National Geographic)

Le Népal a délivré un nombre record de 478 permis d’escalade à des étrangers en 2023. Si l’on tient compte du nombre de sherpas les accompagnant, ce nombre grimpe à environ 1 200 personnes en quête du sommet de l’Everest au printemps. L’imprévisibilité des conditions météorologiques est susceptible d’entraîner une surpopulation au sommet. Les prévisionnistes ne peuvent prédire les conditions avec certitude que quatre ou cinq jours à l’avance, ce qui oblige tout le monde à se limiter à une fenêtre plus réduite. En conséquence, au lieu d’être réparties sur cinq jours, 400 personnes se retrouvent entassées dans une fenêtre d’un ou deux jours, avec une queue sans fin pour atteindre le sommet. .

Source : presse internationale.

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A special issue (February-March 2024) of the National Geographic France is dedicated to Mount Everest. As I explained in previous posts, the glaciers in the Himalays are melting rapidly, which may turn into a nightmare for the populations that depend on them for their water supply. The Himalayas are a real water tower for a large part of southeast Asia.

Here is what a sherpa says in the National Geographic about global warming on Mount Everest : « I can see the colours of the Khumbu Icefall are changing. Until 2010, it was very cold by mid-March and water was not flowing. Today there is a river and a bridge would be necessary to cross it. Since 2005, there have been more and more avalanches and great glaciers close to the base camp at 8000m a.s.l. have been retreating or even disappearing. Their ice is lost. […] Everything is becoming more unstable and the situation is changing very rapidly. Some areas are getting more dangerous and it will be worse and worse. »

Climbing Mount Everest is one of the most difficult feats known to humankind, but the expedition is getting even more challenging due to global warming. Warming temperatures around the globe are making both the topography of the glaciers in the Himalayas and the weather patterns more unpredictable.

A record number of people died while attempting to climb Mount Everest in 2023. While the Nepalese government blamed global warming for the extraordinary number of deaths, experts say global warming may not be entirely responsible, although its consequences are undeniable.

Because of global warming, the topography of the glaciers, mountains are less reliable. Glaciers in the Himalayas are thinning and retreating and rock permafrost is thawing. Several of the routes that climbers use to gain access to higher peaks rely on the stability of glaciers, such as the Khumbu Icefall, located near the Everest base camp and used to trek up to Camp 1. The Khumbu Icefall, which is already really difficult to navigate, that becomes less reliable. Researchers have drilled into the Khumbu Glacier near the Everest base camp and found that it is very close to the melting point. With just a small increase in atmospheric temperatures, the glacier won’t be far from melting rapidly.

Global warming can also exacerbate other risks like rockfall events, especially in the high mountain areas because many of the formations in the highest levels are held together by alpine permafrost which is thawing today. Before the region began to warm rapidly, climbers could have more confidence in passing some of the most treacherous areas because everything was frozen hard and much more stable. Many of the slopes are becoming exposed for the first time, and rock avalanche events are becoming increasingly unpredictable.

A study published in the European Geosciences Union in July 2023 found that snow and ice avalanches in the Himalayas are increasing risks for climbers as global temperatures increase.

Weather patterns in the region are also becoming more erratic, making it difficult for climbers to plan safe expeditions from more than a few days out. Everest experts know that there is a « magical » window in May in which the winds die down below 50 km per hour. The window tends to appear as the monsoon season approaches and the jet stream gets pushed off, allowing the winds in the region to drop dramatically and improving conditions for climbing. But that timing has been changing.In 2019, there were only three days suitable for climbing, as opposed to the typical 11 to 14 days before. However, in May 2022, nearly the entire month had favorable wind conditions, something that has never happened before.

Most glacier mountain regions around the world give evidence thaey are affected by global warming. Research shows that if greenhouse gas emissions are not drastically reduced, glaciers will keep losing mass and retreating drastically. All models predict the same thing : big declines in total glacier volumes and glacier extents. For those who have studied the Himalayas for years, the changes are apparent to the naked eye, including exposed slopes on the flanks of the main glaciers and lakes of water pooling on the ice surfaces.

However, global warming is likely not the culprit for majority of deaths on Everest in the past years.

Seventeen climbers died while trying to Everest in 2023, an extraordinary figure compared to the average of four to six climbers per season in the past. While the Nepalese government blamed the steep increase in Everest fatalities on global warming, inexperienced and ill-equipped or unqualified guides is likely to blame for the majority of the deaths. According to the sherpas, of the 17 people who died, 11 of the deaths were preventable. The only year that saw just as many deaths was in 2014 when 17 people also died, but the majority of the deaths were sherpas who were killed in a single avalanche.

There were a record number of climbers in 2023, which increased the likelihood of more deaths.

Nepal issued a record 478 climbing permits to foreigners for 2023. When accounting for the number of sherpas accompanying the foreigners, the number jumps to about 1,200 climbers pursuing Everest’s summit over the spring. The unpredictability of the weather patterns could also lead to overcrowding on the summit. If forecasters can only predict conditions with certainty four or five days out, it forces everybody into a smaller summit window. As a consequence, instead of being able to spread 400 people out over five days, everybody gets crammed into a one or two-day window.

Source : International news media.

L’Everest compte ses morts // Mt Everest counts its dead

Ces dernières années, de plus en plus de personnes ont tenté de gravir les 8848 mètres de l’Everest et certaines ont laissé la vie sur la montagne. En moyenne, six personnes meurent chaque année au cours de l’ascension du plus haut sommet du monde. L’année 2015 a été la plus meurtrière de l’histoire récente de la montagne, avec une avalanche qui a tué 19 alpinistes.
2023 s’est rapprochée de ce record avec au moins 12 décès et cinq disparus, présumés morts. C’est aussi l’année qui a connu la plus forte fréquentation. Le Népal a délivré 463 permis, un record.
Si on inclut les sherpas qui accompagnent les alpinistes, environ 900 personnes ont tenté de gravir le sommet de l’Everest par le sud au cours de la saison d’escalade 2023 qui ne dure qu’environ huit semaines, entre avril et mai. En avril, trois sherpas népalais sont morts alors qu’ils tentaient d’installer une corde à proximité du sommet pour aider d’autres alpinistes. En mai, un Américain est mort alors qu’il tentait d’atteindre le sommet.
Lorsque des personnes meurent sur l’Everest, il peut être difficile de retirer leurs corps de la neige et de la glace. Le rapatriement coûte des dizaines de milliers de dollars (dans certains cas, 70 000 dollars) et peut également coûter la vie aux sauveteurs. Deux alpinistes népalais sont morts en tentant de récupérer un corps sur l’Everest en 1984.
De nos jours, les alpinistes dépensent entre 50 000 et plus de 130 000 dollars pour essayer d’atteindre le sommet de l’Everest. Il est difficile de savoir avec certitude, au total, combien de personnes sont réellement mortes au cours de l’ascension et de la descente de la montagne. Les dernières estimations font état d’un total de 322 décès au terme de la saison 2023 particulièrement meurtrière. Une enquête de la BBC menée en 2015 concluait « qu’il y avait certainement plus de 200 » cadavres sur les pentes de l’Everest.
Certains alpinistes attribuent l’augmentation du nombre de décès au cours des dernières décennies à la trop grande fréquentation de la montagne qui devrait être davantage contrôlée.
En mai, les conditions d’ascension de l’Everest ne durent parfois que quelques jours. Ces brèves fenêtres d’escalade peuvent créer des files d’alpinistes qui serpentent vers le sommet de la montagne. [NDLR : cela me rappelle les files de chercheurs d’or partis à l’assaut du Chilkoot Pass dans le Klondike. Voir images ci-dessous]
Les alpinistes sont parfois si impatients d’atteindre le sommet qu’ils développent ce qu’on appelle la « fièvre du sommet », et risquent leur vie juste pour y arriver. D’autres alpinistes se plaignent des « embouteillages humains » dans la « zone de la mort » qui se situe au-dessus de 8 000 mètres, où l’air est dangereusement raréfié et où la plupart des gens utilisent des masques à oxygène. Même avec des masques, cette zone est un endroit où certains randonneurs peuvent commencer à délirer ; ils retirent des vêtements indispensables et se mettent à parler à des compagnons imaginaires, malgré les conditions glaciales. Sortir les corps de la zone de la mort est une tâche extrêmement difficile et dangereuse. Un cadavre qui pèse normalement 80 kg peut peser 150 kg avec sa carapace de glace. Beaucoup de sherpas népalais considèrent qu’il est irrespectueux envers leurs dieux de laisser des cadavres joncher leur montagne sacrée. En 2019, au moins quatre corps ont été descendus de la montagne par des sherpas venus retirer les détritus laissés par les alpinistes. .
Cette histoire a été initialement publiée sur Business Insider en mai 2019. Elle a été mise à jour.

Il faut souvent faire la queue pour atteindre le toit du monde (Crédit photo : Lakpa Sherpa)

Chercheurs d’or escaladant le col Chilkoot pendant la ruée vers l’or du Klondike (Source : Wikipedia)

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In recent years, more and more people have tried to climb Mount Everest ansd some of them have lost their lives on the mountain. On average, six people die climbing the world’s tallest peak each year. The year 2015 was the mountain’s deadliest in recent history, when an avalanche killed 19.

Climbing season in 2023 came close to that record with at least 12 deaths and five more climbers missing and presumed dead. It was also the most crowded year on the mountain yet. Nepal issued a record 463 permits.

Including sherpas that accompany climbers, about 900 people tried to summit Mt Everest from the South side during the main 2023 climbing season, which only lasts about eight weeks, between April and May. In April, three Nepalese sherpas died while trying to set the summit rope up for other climbers. In May, an American man died on his way to the summit.

When people die on Everest, it can be difficult to remove their bodies. Final repatriation costs tens of thousands of dollars (in some cases, around $70,000) and can also come at a fatal price itself: Two Nepalese climbers died trying to recover a body from Everest in 1984.

These days, climbers spend anywhere from $50,000 to well over $130,000 to complete the Everest summit. It is difficult to know for sure exactly how many people have actually died trying to get up and down, and where all those bodies have ended up. Recent fatality estimates are as high as 322 after an especially deadly 2023 season. A BBC investigation in 2015 concluded « there are certainly more than 200 » corpses lying on Everest’s slopes.

Some hikers are blaming the surges in deaths in recent decades, in part, on preventable overcrowding.

In May, Everest climbing conditions sometimes only last a few days. These brief climbing windows can create conveyor-belt style lines that snake toward the top of the mountain.

Climbers can be so eager to reach the summit that they develop what’s called « Summit Fever, » risking their lives just to make it happen. Other Everest climbers complain about risky human traffic jams in the mountain’s « death zone, » the area of the hike that reaches above 8,000 meters, where air is dangerously thin and most people use oxygen masks. Even with masks, this zone is a spot where some deliriously loopy trekkers may start removing desperately-needed clothes, and talking to imaginary companions, despite the freezing conditions. Getting bodies out of the death zone is a hazardous chore. A dead body that normally weighs 80 kg might weigh 150kg when frozen and dug out with the surrounding ice attached.

Nepalese Sherpas generally consider it inappropriate and disrespectful to their mountain gods to leave dead bodies littering their holy mountain. In 2019, at least four bodies were taken down from the mountain by Nepalese trash collectors.

This story was originally published on Business Insider in May 2019. It has been updated.

Himalaya : le château d’eau menacé par la fonte des glaciers // Himalayas : glacier melting threatens the water tower

J’ai expliqué dans plusieurs notes sur ce blog que l’Himalaya est un véritable château d’eau pour des milliards de personnes en Asie. En effet, l’eau de fonte des glaciers alimente plusieurs pays dans cette partie du monde. Le problème est qu’aujourd’hui, avec le réchauffement climatique, les glaciers himalayens fondent à un rythme plus rapide que jamais.
La région himalayenne de l’Hindu Kush (HKH) s’étend sur plus de 3 200 kilomètres et abrite les plus hautes montagnes du monde parmi lesquelles l’Everest. Ces montagnes contiennent le plus grand volume de glace sur Terre en dehors des deux pôles.
Une augmentation moyenne de 4 degrés Celsius pourrait entraîner une perte allant jusqu’à 80 % de la glace des glaciers himalayens d’ici la fin de ce siècle si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel. Cet avertissement est issu d’un nouveau rapport du Centre international de développement intégré des montagnes (ICIMOD). ) qui indique que les glaciers du HKH ont fondu 65 % plus rapidement dans les années 2010 qu’au cours de la décennie précédente. |NDLR  : ICIMOD est une institution intergouvernementale qui œuvre pour un Hindu Kush Himalaya plus vert, plus inclusif et résilient au climat]. Les scientifiques préviennent également que les glaciers de l’Everest ont perdu 2 000 ans de glace depuis 1990. Chaque année, ils en perdent des décennies supplémentaires. Une fonte aussi rapide n’a jamais été observée dans le passé. Les chercheurs ont le sentiment que la plupart des décideurs politiques ne prennent pas cette situation au sérieux alors que dans la cryosphère, des changements irréversibles se produisent déjà.
La région du HKH alimente 12 cours d’eau qui traversent 16 pays asiatiques, fournissant de l’eau douce à près de 2 milliards de personnes. La fonte des glaciers serait désastreuse avec son cortège d’inondations, de glissements de terrain, d’avalanches et de pertes de récoltes.
Selon l’ICIMOD, indirectement, la fonte d’une telle surface de glace et la disparition d’une si vaste réserve d’eau douce se fera sentir partout dans le monde. « Même si cela semble loin de nous nous serons affectés, que ce soit par le biais de mouvements de populations de grande ampleur ou par l’élévation du niveau de la mer. »
Les scientifiques soulignent la nécessité de ralentir la hausse des températures sur notre planète, et les mesures nécessaires doivent être prises très rapidement. Nous sommes dans une situation d’urgence. En tant qu’individus, nous pouvons limiter nos émissions de gaz toxiques qui piègent la chaleur. Les scientifiques suggèrent d’éviter les plastiques à usage unique, d’utiliser des énergies propres comme l’énergie solaire ou éolienne à son domicile lorsque cela est possible, remplacer les anciens appareils électroménagers par de nouveaux modèles économes en énergie, et limiter notre combustion de méthane en prenant les transports en commun, en se déplaçant à vélo ou en achetant un véhicule électrique.
Source  : Yahoo Actualités.

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I have explained in several posts that the Himalas are a real water tower for billions of people in Asia. Indeed, the glaciers’ melt water provides water tor several countries in that part of the world. The problem is that today with global warming Himalayan glaciers are melting at the fastest rate ever seen,

The Hindu Kush Himalayan region (HKH) spans more than 3,200 kilometers and houses the highest mountains in the world, including Mount Everest. It contains the largest volume of ice on Earth outside the two poles.

A 4-degree Celsius average rise could lead to a loss of up to 80% of the Himalayan glaciers’ ice by the end of this century if global warming continues.This warning comes from a new report bythe International Centre for Integrated Mountain Development (ICIMOD), which states that the HKH glaciers melted 65% faster in the 2010s than in the previous decade. |NDLR : ICIMOD is an intergovernmental institution working towards a greener, more inclusive, and climate resilient Hindu Kush Himalaya]. Scientists also warn that Mount Everest’s glaciers have lost 2,000 years of ice since 1990. Every year, they lose decades more. Such a rapid melting has never been seen in the past. The researchers get the sense that most policymakers don’t take the goal seriously but, in the cryosphere, irreversible changes are already happening.

The HKH region feeds 12 rivers that flow through 16 Asian nations, providing freshwater to nearly 2 billion people. Melting glaciers would be disastrous for them, causing floods, landslides, avalanches, and crop loss.

According to ICIMOD, indirectly, the melting of such a vast reserve of fresh water will be felt around the world. “Even if this feels remote to us sitting far away, it is going to affect us,whether that is through mass people movement or sea-level rise.”

Scientists are emphasizing the need to slow our planet’s overheating, but the necessary measures should be taken very fast. We are in an emergency situation. They say that as individuals, we can limit our emissions of toxic heat-trapping gases. They suggest avoiding single-use plastics, integrating clean energy like solar or wind at home when possible, replacing old appliances with new energy-efficient models, and limiting our burning of methane gas by taking public transportation, riding a bike, or upgrading to an electric vehicle.

Source : Yahoo News.

La chaîne himalayenne vue depuis l’espace (Source: NASA)

L’Everest (Crédit photo: Wikipedia)

 

 

Nouvelle approche de l’Himalaya // New approach to the Himalayas

Selon une nouvelle étude publiée le 10 août 2023 dans la revue Nature Geoscience, la chaîne de l’Himalaya, qui comprend les plus hautes montagnes du monde, n’est pas née comme le pensaient les géologues jusqu’à présent. Les plaques tectoniques indienne et eurasienne qui sont entrées en collision il y a 45 à 59 millions d’années se poussaient déjà mutuellement auparavant et avaient fait s’élever les sommets jusqu’à plus de la moitié de leur altitude actuelle. Ce n’est qu’ensuite que se produisit le grand choc qui les propulsa à leur hauteur définitive..
Cela signifie que l’Himalaya a probablement commencé son ascension dans le ciel il y a environ 63 à 61 millions d’années, donc bien plus tôt qu’on ne le pensait auparavant, en raison de la subduction de la partie océanique de la plaque indienne.
Jusqu’à aujourd’hui, on pensait que la collision continentale entre la plaque indienne et la plaque eurasienne avait été suffisante pour faire s’édifier une chaîne de montagnes d’une telle hauteur. Les auteurs de la nouvelle étude ont découvert que l’Himalaya avait atteint environ 60 % de son altitude actuelle avant la collision des plaques continentales. La découverte peut influencer notre compréhension du climat de la région dans le passé, et remettre en question les hypothèses sur la formation d’autres régions montagneuses, telles que la Cordillère des Andes et la Sierra Nevada.
L’étude montre que les bordures des deux plaques tectoniques étaient déjà relativement élevées avant la collision qui a créé l’Himalaya, et atteignaient en moyenne environ 3 500 mètres de hauteur. L’Himalaya a actuellement une altitude moyenne de 6 100 mètres, avec la plus haute montagne du monde, le mont Everest, qui culmine à 8 849 mètres.
Les chercheurs ont reconstitué le passé de la chaîne himalayenne en mesurant la quantité d’isotopes, d’oxygène dans les roches sédimentaires, selon une technique qui est généralement utilisée pour étudier les météorites. Le versant exposé au vent d’une montagne reçoit plus de pluie que le versant opposé ou versant sous le vent. La composition chimique de cette pluie change à mesure que l’air s’élève sur la pente exposée au vent car les isotopes plus lourds de l’oxygène diminuent à des altitudes plus basses et les isotopes plus légers chutent près du sommet. En suivant cette évolution, les chercheurs ont déterminé l’altitude historique des roches. Ils ont découvert que leur composition il y a environ 62 millions d’années correspondait à une altitude de 3 500 m. Ce soulèvement initial peut avoir été causé par la partie océanique de la plaque indienne qui, à l’époque, se frayait un chemin, avec un angle faible, sous les plaques continentales et repoussait vers le haut la plaque qui la surmontait. C’est ainsi que la partie océanique de la plaque indienne a amorcé la convergence. Cela a abouti à l’élévation d’environ 60% mentionnée dans l’étude.
L’étude explique qu’une énorme collision est intervenue par la suite, il y a 45 à 59 millions d’années. Elle a poussé les bordures des plaques tectoniques indienne et eurasienne de 1 km supplémentaire. Ces forces tectoniques sont permanentes et contribuent encore aujourd’hui à la croissance des montagnes himalayennes.
Cette découverte pourrait permettre d’expliquer plusieurs phénomènes climatiques, en particulier l’établissement du système de mousson en Asie de l’Est et du Sud. Cela pourrait également remodeler les théories sur le climat et la biodiversité en vigueur jusqu’à présent.
Source : Live Science, via Yahoo Actualités.

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According to a new study published on August 10th, 2023 in the journal Nature Geoscience, the Himalayas, which include the world’s tallest mountains, were not born the way geoscientists thought. The tectonic plates that collided to form the peaks 45 million to 59 million years ago were already pushing against each other, causing the Himalayan mountains to rise to more than half their current elevation, before the big collision gave them a violent shunt upward.

This means the Himalayas may have started their ascent into the sky far earlier than previously believed , around 63 million to 61 million years ago, due to the subduction of the oceanic part of the Indian tectonic plate.

Previously it was assumed that the continental collision between the India plate with the Eurasian plate was required for such high elevation to be obtained. However, the authors of the new study found that the Himalayas attained roughly 60% of their current elevation before the continental plates collided. The discovery may influence our understanding of the region’s climate in the past, and challenges assumptions about how other mountainous areas, such as the Andes and the Sierra Nevada, formed.

The study shows for the first time that the edges of the two tectonic plates were already quite high prior to the collision that created the Himalayas, about 3.5 kilometers on average. The Himalayas now have an average elevation of 6,100 meters and host the world’s tallest mountain, Mount Everest, which towers 8,849 m above sea level.

The researchers reconstructed the mountain range’s past by measuring the amount of isotopes, of oxygen in sedimentary rocks, a technique typically used to study meteorites. The windward slope of a mountain gets more rain than the opposite side or leeward slope. The chemical composition of this rain changes as the air moves up the windward slope towards the mountain’s peak, with heavier isotopes of oxygen declining at lower altitudes and lighter isotopes dropping out near the top. By tracking these changes, the researchers determined the historic altitude of rocks. They found the makeup around 62 million years ago was consistent with an elevation of 3,500 m. This initial uplift may have been caused by the oceanic part of the Indian tectonic plate, which at that time was pushing its way underneath the continental slabs at a low angle and forcing the overriding plate up. So, the oceanic part of the India plate initiated convergence. This gave the roughly 60% elevation that was found in the study.

The study explains that a huge collision 45 million to 59 million years ago forced the edges of the Indian and Eurasian tectonic plates up by an additional 1 km. These tectonic forces are ongoing and contribute to the growth of the mountains even today.

The discovery could help explain several climatic phenomena, including the establishment of the east and south Asian monsoon system. It could also reshape theories about past climate and biodiversity.

Source : Live Science, via Yahoo News.

 

Image de l’Himalaya obtenue par le satellite Landsat 9 de la NASA