Reventador (Equateur)

   Alors que le Reventador était calme ces derniers temps, l’Institut Géophysique signale une reprise d’activité pendant la matinée du 22 janvier 2013. On enregistre un tremor basse fréquence et un niveau d’énergie élevé sur les stations sismiques. Les observateurs locaux font état de projections incandescentes, voire de fontaines de lave, au niveau du cratère et de coulées de lave sur les pentes du volcan. Ils signalent également des « rugissements et des explosions ».

 

   As I put it previously, Reventador was quiet during the past weeks but the Geophysical Institute reports that new activity started on January 22nd in the morning. Low frequency tremor and a high level of energy were recorded by the seismic stations around the volcano. Observers report incandescent ejections, even lava fountains, in the summit area and lava flows on the flanks. They also report “roarings and explosions”.

Etna (Sicile / Italie)

   Après la Bocca Nuova, c’est au tour du Cratère SE de se manifester ! Il a connu ce soir un petit épisode d’activité strombolienne. Le tremor montre que le spectacle est en train de prendre fin…jusqu’à la prochaine fois !

 

   After Bocca Nuova, it’s up to the SE Crater to become active ! It showed a short episode of strombolian activity this evening. Judging from the tremor, the show is about to be over…until next time!

Sud-Est

Le Cratère SE vu ce soir par la webcam Radio Studio 7.

Mauna Loa 1984 (Hawaii / Etats Unis)

Chaque semaine, les scientifiques en poste au Hawaiian Volcano Observatory (HVO) publient un article relatant un événement éruptif survenu sur la Grande Ile d’Hawaii depuis la création de l’Observatoire en 1912. Après avoir consacré une page au 30ème anniversaire de l’éruption du Kilauea, ils s’attardent cette semaine sur la colossale éruption du Mauna Loa en 1984.
L’éruption a débuté vers 1h30 du matin (heure hawaiienne) le 25 mars 1984, après une séquence d’activité sismique de quelques heures seulement. Les premières fontaines de lave ont jailli dans toute la caldeira sommitale avant de migrer dans la partie supérieure de la southwest rift zone (zone de fracturation SO). Toutefois, très vite, l’activité a fait demi-tour pour occuper la northeast rift zone. A 5 heures du matin, les bouches apparues dans ce secteur sont devenues la source principale de l’éruption qui dura 3 semaines avec des coulées qui s’arrêtèrent à seulement 6,5 km des premières habitations de Hilo.
L’éruption 1984 du Mauna Loa est la première du genre à avoir été suivie scientifiquement. Les volcanologues du HVO ont pu atteindre en quelques heures la northeast rift zone et récolter des données intéressantes sur les coulées de lave pendant les trois semaines qu’a duré l’événement. Il fallait avant tout s’assurer que la lave n’allait pas menacer Hilo, mais les observations ont permis d’en savoir beaucoup plus sur le comportement des coulées.
Les éruptions du Mauna Loa sont différentes de celles du Kilauea par leur intensité. Le débit d’émission de la lave sur le Mauna Loa est bien supérieur. Ainsi, on a estimé que la quantité de lave produite pendant les 22 jours d’éruption en 1984 représentait l’équivalent de deux années d’émission de lave sur le Kilauea !
Pendant l’éruption de 1984, les scientifiques ont observé l’écoulement de lave dans les chenaux qui s’étaient formés. Ils ont pu ainsi récolter des données intéressantes sur la largeur de ces chenaux, le débit éruptif, la vitesse d’écoulement, la température, la densité, la composition chimique de la lave et, surtout, les modifications de ces paramètres dans le temps. Les volcanologues américains n’étaient pas seuls au bord des coulées pendant l’éruption de 1984. De nombreux scientifiques étaient venus de l’étranger. On n’oubliera pas le film fantastique de l’événement tourné par le regretté Maurice Krafft.
Au final, le travail a permis de mieux comprendre le comportement des coulées de lave canalisées et quels facteurs intervenaient dans leur morphologie, en particulier lors du passage du type pahoehoe à a’a. Cela a aussi permis de mettre au point des modèles décrivant la longueur et la trajectoire des coulées. Aujourd’hui, les coulées produites en 1984 par le Mauna Loa servent de référence pour interpréter les écoulements plus anciens et pour mettre au point des modèles sur l’évolution des coulées plus récentes.
J’ai réalisé un travail dans ce sens lors de mes dernières visites à Hawaii. L’étude du processus de refroidissement de la lave sur les coulées pahoehoe (voir le résumé dans la colonne de gauche de ce blog) permet de connaître leur vitesse de progression en fonction du relief et de différents paramètres extérieurs.

Mauna-Loa-blog

Zone sommitale du Mauna Loa (Photo: C. Grandpey)

Copahue (Chili/ Argentine)

   Le SERNAGEOMIN indique que des panaches de gaz de couleur blanche s’élèvent jusqu’à 0,9-1,5 km au-dessus du cratère, suite à l’éruption phréatique qui a débuté le 22 décembre. On observe encore de l’incandescence certaines nuits. Les images satellites montrent des panaches de gaz qui s’étirent sur une dizaine de kilomètres en direction de E et du SE. Le niveau d’alerte reste à l’Orange.
La NASA a mis en ligne une photo du Copahue prise le 5 janvier 2013 qui confirme le rapport du SERNAGEOMIN. Vous obtiendrez une image plus grande en cliquant sur ce lien :
http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/80000/80095/copahue_ali_2013005_lrg.jpg

 

   SERNAGEOMIN indicates that white gas plumes are still rising 0.9-1.5 km above the crater after the pheatic eruption that started on December 22nd. Incandescence is observed on some nights. Satellite images show gas plumes drifting 10 km E and SSE. The Alert Level remains at Orange.
NASA has released a photo of Copahue taken on January 5th, 2013 that confirms SERNAGEOMIN’s report. You will get a larger image by clicking on this link:
http://eoimages.gsfc.nasa.gov/images/imagerecords/80000/80095/copahue_ali_2013005_lrg.jpg

Copahue-blog

(Avec l’aimable autorisation de la NASA)