Impact du réchauffement climatique sur l’agriculture africaine // Impact of global warming on African agriculture

Le réchauffement climatique fait fondre les glaciers et la banquise, et dégèle le pergélisol ; il entraîne une hausse du niveau des océans, mais il a également un impact sur l’agriculture et les pays les plus fragiles doivent s’attendre à des années difficiles

Une nouvelle étude réalisée par deux chercheurs français de l’IRD en collaboration avec une équipe de recherche japonaise, et publiée dans la revue Nature, renforce les preuves d’un impact dramatique du réchauffement climatique sur la production de céréales en Afrique.

Ils ont étudié la situation en Afrique de l’Ouest entre 2001 et 2009. Pour ce faire, ils ont utilisé deux simulations climatiques prenant en compte le climat tel qu’il aurait dû être sans empreinte de l’activité humaine et l’effet des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

Les résultats de cette étude sont très inquiétants à la fois sur l’impact mesuré sur les productions agricoles mais aussi sur l’impact économique qui découle de ces pertes de productions. Au cours des dix années couvertes par l’étude, les températures ont augmenté de 1°C en Afrique de l’Ouest où les orages et les pics de chaleur ont été plus fréquents. Ces conditions climatiques dégradées ont provoqué une baisse des rendements du mil de 10 à 20 % et de 5 à 15 % pour le sorgho. D’un point de vue économique, les pertes s’élèvent pour les pays producteurs entre 2 et 4 milliards de dollars pour le mil et entre 1 et 2 milliards de dollars pour le sorgho.

Une étude publiée en 2012 estimait qu’en Afrique d’ici 2050 les pertes de rendement seraient en 2050 de 17% pour le blé,  de 5% pour le maïs, 15% pour le sorgho et 10% pour le mil. Avec une baisse déjà effective de 10 à 15% et un réchauffement climatique qui s’accélère, on voit l’urgence d’agir pour le continent Africain, en particulier dans la bande soudano-sahélienne, en Afrique de l’Ouest.

La production et la consommation de céréales sont extrêmement importantes en Afrique car leur niveau de consommation les rend indispensables pour assurer la sécurité alimentaire des habitants. Leur consommation est en forte croissance et les besoins sont, aujourd’hui, supérieurs aux capacités de production. Si la production céréalière venait à baisser à cause de l’augmentation de la température, ceci fragiliserait fortement la sécurité alimentaire des populations vivant dans ces zones géographiques.

Pour empêcher l’apparition d’une catastrophe alimentaire en Afrique, il faut avant tout identifier les plantes les mieux adaptées génétiquement à des températures élevées et donner les moyens aux agriculteurs de les cultiver au cas ou ils devraient faire face à une poursuite de l’augmentation des températures. Il faut aussi très rapidement développer des solutions avec les agriculteurs et les communautés en testant des innovations et des adaptations qui permettront de pour réduire la vulnérabilité des systèmes agro-pastoraux locaux.

Ces recommandations ne se limitent d’ailleurs pas à l’Afrique. Le réchauffement climatique affecte de nombreuses autres régions de la planète. Chez moi, en  Limousin, il est conseillé aux agriculteurs d’envisager une diversification des cultures pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques.

Source : Yahoo News.

En Europe, le réchauffement climatique a affecté l’Irlande où le printemps 2020 a été le plus sec depuis le début des archives climatiques en 1847. Il est tombé moins de 10 mm de pluie, soit seulement 15% de la normale, en mai à l’aéroport de Dublin. Cela fait suite à 23% de la moyenne de précipitations en avril.
En conséquence, la production du secteur céréalier irlandais cette année devrait baisser d’au moins 100 millions d’euros en raison de cette longue période de sécheresse.
La sécheresse a gravement touché les cultures dans la moitié orientale de l’Irlande, où les rendements en paille devraient diminuer de près de 25 pour cent. Il y aura quelque 1,6 million de balles de paille en moins dans le pays cette année. De nombreux agriculteurs piochent déjà dans leurs réserves de fourrage d’hiver en complément de l’herbe des pâturages et des compléments alimentaires. Il y aura probablement une plus forte demande en fourrages cet automne, avec un effet inévitable sur les prix de certains produits comme la paille.

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Global warming is melting glaciers and ice sheets, and thawing permafrost; it is raising the sea level, but it is also having an impact on agriculture and the most fragile countries should expect difficult years
A new study by two French IRD researchers in collaboration with a Japanese research team, and published in the journal Nature, reinforces the evidence of a dramatic impact of global warming on cereal production in Africa.
The researchers studied the situation in West Africa between 2001 and 2009. They used two climate simulations taking into account the climate as it should have been without the imprint of human activity and the effect of anthropogenic greenhouse gas emissions.
The results of this study are very worrying both on the impact measured on agricultural production but also on the economic impact that results from these production losses. In the ten years covered by the study, temperatures increased by 1°C in West Africa where thunderstorms and heat spikes were more frequent. These degraded climatic conditions have caused millet yields to drop by 10 to 20% and from 5 to 15% for sorghum. From an economic point of view, losses for producing countries range between 2 and 4 billion dollars for millet and between 1 and 2 billion dollars for sorghum.
A study published in 2012 estimated that in Africa by 2050 yield losses would be 17% for wheat, 5% for corn, 15% for sorghum and 10% for millet. With an already effective drop of 10 to 15% and accelerating global warming, we see the urgency to act for the African continent, in particular in the Sudano-Sahelian strip, in West Africa.
Cereal production and consumption are extremely important in Africa because their level of consumption makes them essential for ensuring food security for the inhabitants. Their consumption is growing rapidly and the needs are today greater than production capacity. If cereal production were to fall due to the rise in temperature, this would greatly weaken the food security of the populations living in these geographical areas.
To prevent the emergence of a food disaster in Africa, it is first of all necessary to identify the plants best adapted genetically to high temperatures and to give the means to the farmers to cultivate them in case they should face a continuation of the increased temperatures. One should also very quickly develop solutions with farmers and communities by testing innovations and adaptations that will reduce the vulnerability of local agro-pastoral systems.
These recommendations are not limited to Africa. Global warming affects many other regions of the planet. At home in Limousin, farmers are advised to consider crop diversification to adapt to the new climatic conditions.
Source: Yahoo News.

In Europe, global warming has affected Ireland where the spring 2020 was the driest since record-keeping started in 1847. There was less than 10 mm of rain, just 15 percent of normal, registered for May at Dublin Airport. This followed 23 percent of the average rain for April.

As a consequence, the total output from the grain sector in Ireland this year is expected to drop by at least 100 million euros due to prolonged drought.

The drought has severely impacted crops in the eastern half of Ireland where straw yields are predicted to reduce by almost 25 percent. 1.6 million fewer straw bales will be available in the country this year. Many farmers are already feeding their winter forage stocks to supplement grazed grass and concentrates. As a result, there will probably be a higher demand for forages this autumn, with effects for prices for feedstocks, like straw.

Bande soudano-sahélienne où la sécheresse est la plus sévère (Source : Wikipedia)

Ma Transcanadienne de Vancouver à Toronto: 3) Le Saskatchewan

Il faut bien le reconnaître, le Saskatchewan n’est pas le plus beau ni le plus spectaculaire des états canadiens. Au fil des kilomètres, les champs de blé et de soja alternent avec les prairies où les troupeaux – de vaches Angus pour la plupart – attendent de finir dans les assiettes des Canadiens ou des Etats-Uniens, arrosés bien sûr de l’inévitable ketchup et d’autres sauces dont nos amis d’outre-Atlantique ont le secret…

En septembre, les moissonneuses s’affairent dans les champs et le grain est acheminé en grandes quantités dans les silos géants qui, tels des églises, dressent leurs pointes au travers des grandes plaines. De temps à autre, on aperçoit des puits de pétrole, facilement reconnaissables grâce aux espèces de girafes qui baissent et remontent inlassablement leurs têtes en pompant le précieux or noir dont le principal avantage dans cette partie du Canada est de faire baisser le prix de l’essence à la pompe!

La monotonie des paysages est parfois rompue par le passage d’un train d’un ou deux kilomètres de longueur où s’entassent des conteneurs qui, en France, seraient inévitablement transportés par des camions avec tous les désagréments que cela suppose sur le réseau routier. Au Canada et aux Etats Unis, les trucks sont peu nombreux sur les grands axes et la puissance de leurs moteurs rend leur présence très supportable car les mastodontes ont souvent tendance à vous dépasser en trichant par fois un peu beaucoup avec les limitations de vitesse!

Le Saskatchewan: Le grenier à blé du Canada.

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Elevage d’Angus…mais rien ne vaut la Limousine!!

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Ne pas se fier aux apparences….

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Les trains canadiens sont démesurément longs…

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…et les camions particulièrement puissants!

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(Photos:  C.  Grandpey)