Sur le front des glaciers

Si les glaciers et leur fonte vous intéressent, je vous invite à regarder un documentaire particulièrement intéressant diffusé par la chaîne de télévision France 5. Il est intitulé « Sur le front des glaciers » et est visible sur le site web de la chaîne jusqu’au 31 décembre 2021.

https://www.france.tv/france-5/sur-le-front/1303881-les-glaciers.html

Le film vous fera voyager pendant 105 minutes dans l’Arctique sur les traces de Mike Horn. Au Svalbard, les glaciers viennent vêler dans la mer en reculant à une vitesse incroyable. Un hélicoptère vous déposera sur la Mer de Glace où la grotte qui y est creusée n’a plus que quelques années à vivre. Vous ferez une halte au pied du glacier de Planpincieux dans le Val d’Aoste en Italie. Selon moi, la séquence la plus intéressante se déroule au Pérou où la ville de Huaraz est sous la menace d’un tsunami glaciaire. Des exercices d’évacuation ont lieu régulièrement, au cas où…

Vous retrouverez dans ce documentaire les messages d’alerte que j’envoie régulièrement sur ce blog. Je n’insisterai jamais assez sur les conséquences désastreuses de la fonte des glaciers et de la banquise.

Le Sawyer (Alaska) et la Mer de Glace (France) : des glaciers en perdition (Photos: C. Grandpey)

Fonte des glaciers : des chiffres qui donnent le tournis // Glacier melting : figures that make you dizzy

Dans son numéro du mois de décembre 2021, le National Geographic France consacre une rubrique à la fonte des glaciers et, sans surprise, communique des chiffres qui montrent parfaitement la catastrophe qui menace notre planète.

267 milliards de tonnes : c’est la masse d’eau perdue en moyenne chaque année par les glaciers autres que les calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique entre 2000 et 2019. Les glaciologues dont l’étude a été publiée dans la revue Nature se donnent une marge d’erreur de 16 milliards de tonnes. Au cours de la période en question, la fonte des glaciers s’est accélérée, passant de 227 milliards de tonnes par an dans les années 2000 à 292 milliards de tonnes entre 2015 et 2018.

Le National Geographic rapproche ces chiffres des populations dont la vie dépend de l’eau des glaciers. Au cours de ma conférence « Glaciers en péril », je m’attarde sur la situation au Pérou dont l’économie dépend en grande partie de l’eau de fonte des glaciers de la Cordillère des Andes. Or, ces glaciers sont en train de fondre à une vitesse impressionnante, avec des conséquences désastreuses pour les populations. Si les glaciers disparaissent, il n’y aura plus d’eau potable pour la population, plus d’électricité dans les maisons, plus d’eau pour les systèmes d’irrigation des cultures. Faute d’une ressource essentielle, la population rurale devra migrer et aller s’entasser dans des villes dont les réseaux d’alimentation en eau dépendent eux aussi en grande partie des glaciers de la Cordillère.

Plus près de nous, dans les Alpes, les glaciers sont indispensables au tourisme et à l’alpinisme. Sans oublier que si les chutes de neige diminuent, l’industrie du ski sera impactée et les stations devront se diversifier si elles veulent survivre.

Comme on peut le lire dans le magazine, « les langues glaciaires aident aussi les humains à définir leur sentiment d’appartenance à la Terre ». On s’en rend compte en lisant les légendes qui accompagnent certains glaciers. En Nouvelle Zélande, le Franz-Josef serait né des larmes déversées par une jeune femme après la mort de son amant. A noter que l’approche de ce glacier et celle de son voisin Fox est désormais interdite à cause du risque d’effondrement de l’encaissant des glaciers suite à leur fonte rapide.

Glaciers Franz-Josef and Fox (Photos: C. Grandpey)

Dans les prochaines décennies, peut-être même les prochaines années, des populations littorales devront partir car l’eau de fonte des glaciers et des banquises fera s’élever le niveau des océans. Il a déjà augmenté de 1,5 cm depuis l’an 2000 suite à la seule fonte des glaciers. Les données satellitaires permettent de savoir à quelle vitesse fondent les glaciers. On peut modéliser tous les glaciers, même les plus inaccessibles. Par exemple, en Alaska, les images fournies par la NASA permettent de se rendre compte du recul ultra-rapide du Columbia Glacier. Elles ont également permis de se rendre compte que les glaciers de Patagonie reculent aujourd’hui plus vite qu’ils ne l’ont fait en onze mille ans. En cliquant sur ce lien, vous verrez une vidéo en accéléré montrant le recul rapide et impressionnant du Columbia Glacier :

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

En théorie, la solution du problème de la fonte des glaciers et de la banquise est facile: il suffit de fermer le robinet des gaz à effet de serre produits par les activités humaines. C’est, bien sûr, plus facile à dire qu’à faire car notre mode de vie dépend encore largement des énergies fossiles. A supposer que l’on puisse arrêter par un coup de baguette magique ces émissions nocives, le problème du réchauffement climatique ne se résoudra pas du jour au lendemain. Par un effet de latence, il persistera encore pendant plusieurs décennies avant de s’estomper.

Au vu de la faillite de la dernière COP 26 de Glasgow, ce n’est pas demain que ceux qui nous gouvernent décideront de prendre des mesures permettant de sauver l’avenir des prochaines générations et celui de la planète Terre.

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In its December 2021 issue, National Geographic France devotes a chapter to the melting of glaciers and, unsurprisingly, communicates figures which perfectly show the catastrophe which threatens our planet.
267 billion tonnes: this is the mass of water lost on average each year by glaciers other than the ice caps of Greenland and Antarctica between 2000 and 2019. The glaciologists whose study was published in the journal Nature give themselves a margin of error of 16 billion tonnes. During this period, the melting of glaciers accelerated from 227 billion tonnes per year in the 2000s to 292 billion tonnes between 2015 and 2018.
National Geographic compares these numbers with populations whose lives depend on water from the glaciers. During my conference « Glaciers at Risk », I explain the situation in Peru whose economy depends largely on glacier meltwater in the Andes. However, these glaciers are melting at an impressive rate, with disastrous consequences for the populations. If the glaciers disappear, there will be no more drinking water for the population, no more electricity in the houses, no more water for the irrigation systems of the crops. For lack of an essential resource, the rural population will have to migrate and crowd into towns whose water supply networks also depend largely on the glaciers of the Andes.
Closer to home, in the Alps, glaciers are essential to tourism and mountaineering. Not to mention that if the snowfall decreases, the ski industry will be impacted and the resorts will have to diversify if they are to survive.
As one can read in the National Geographic magazine, « glacial tongues also help humans define their sense of belonging to the Earth ». We realize this by reading the legends that accompany certain glaciers. In New Zealand, the Franz-Josef is said to have been created by the tears shed by a young woman after the death of her lover. It should be noted that the approach to this glacier and that of its neighbor Fox is now prohibited because of the risk of collapse of their valleys following their rapid melting.
In the coming decades, perhaps even the next few years, coastal populations will have to leave as the meltwater of glaciers and ice caps will cause the level of the oceans to rise; it has already risen by 1.5 cm since the year 2000 following the only melting of the glaciers. Satellite data makes it possible to know how fast glaciers are melting. Scientists can model all glaciers, even the most inaccessible. For example, in Alaska, the images provided by NASA mak eus realize the ultra-rapid retreat of the Columbia Glacier. They also make us realize that the glaciers of Patagonia are retreating faster today than they have done in eleven thousand years.
By clicking on this link, you’ll see a NASA time lapse video showing the retreat of the Columbia Glacier between 1986 and 2019. It’s impressive!

https://earthobservatory.nasa.gov/world-of-change/ColumbiaGlacier

In theory, the solution to the problem of melting glaciers and sea ice is easy: just turn off the tap on greenhouse gases produced by human activities. This is, of course, easier said than done because our way of life still depends heavily on fossil fuels. Assuming that we can stop these noxious emissions with a magic wand, the problem of global warming will not be resolved overnight. By a latency effect, it will persist for several decades before fading.
In view of the total failure of the last COP 26 in Glasgow, those who govern us will not soon decide to take measures to save the future of the next generations and that of planet Earth.

Recul des glaciers dans les Alpes françaises (Photo: C. Grandpey)

La fonte des glaciers alpins (suite)

Les glaciers de la Meije.

Je rentre d’un séjour dans les Alpes où je voulais voir l’évolution de la fonte des glaciers. En ce mois de septembre 2021, j’avais opté pour les glaciers du massif de la Meije et en particulier celui de la Girose dont un projet de prolongement du téléphérique actuel enflamme le village de La Grave, bien connu de ceux qui, comme moi, ont escaladé à vélo le Col du Lautaret avant de s’attaquer au mythique col du Galibier.

Ma dernière visite dans ce secteur des Hautes Alpes remontait à 2017, année où j’étais également allé explorer les superbes ophiolites du Chenaillet, pas très loin du col du Montgenèvre.

Pour observer l’ensemble des glaciers de la Meije, je me suis hissé au village du Chazelet qui offre un superbe panorama sur la massif. Sans être vraiment surpris, j’ai pu constater que les différentes langues de glace, que ce soit celles du Tabuchet, de la Meije ou du Rateau, continuent leur implacable recul, s’amincissent et raccourcissent à vue d’oeil. Au train où vont les choses, il n’y aura plus trace de glace sur la roche dans un très proche avenir.

 

Je me suis ensuite rendu à La Grave où j’ai pris le téléphérique des Glaciers de la Meije qui, en deux étapes et en déboursant 30 euros aller-retour atteint 3200 mètres d’altitude et fait débarquer les passagers en bordure du glacier de la Girose.

N’ayant jamais effectué cette excursion dans le passé, je ne peux pas établir de comparaison, mais les employés du site avec lesquels j’ai discuté m’ont montré le niveau que la glace atteignait il y a seulement deux décennies. J’ai aussi compris que l’expression « réchauffement climatique » était assez tabou dans la région. Il est bien évident que s’il arrête de faire froid, la neige va devenir de la pluie et l’or blanc va faire cruellement défaut.

Cette volonté d’ignorer le réchauffement climatique et la perspective d’hivers sans neige trouve son couronnement dans un projet qualifié de pharaonique par certains. Il consisterait à prolonger le téléphérique actuel en lui faisant effectuer un bond au-dessus du glacier de la Girose, jusqu’au Dôme de la Lauze à 3500 m d’altitude.

Ce projet fracture en ce moment le village de La Grave. Certains pensent qu’il est nécessaire à la survie de la station – en permettant de rejoindre le domaine de ski des Deux-Alpes, si mes sources sont exactes – tandis que d’autres sont persuadés qu’il va dénaturer la montagne. A l’heure actuelle, le chantier a été retardé car l’administration demande des études complémentaires, et il ne devrait pas reprendre avant 2022.

Pour en revenir à la fonte des glaciers, il faut lui associer le dégel du permafrost qui, comme je l’ai souvent souligné, scelle les roches en profondeur à haute altitude et les empêche de s’effondrer. J’ai déjà mentionné les effondrements des Drus en 2005 et de l’arête des Cosmiques en 2018. Il ne faudrait pas oublier celui qui a eu lieu dans le Parc des Ecrins, à La Meije, en août 2018 et plus récemment dans l’impressionnante face nord de l’Olan le 1er septembre 2019. La Meije quant à elle, a connu son plus spectaculaire effondrement en 1964. Mais le réchauffement climatique a causé de nouveaux déboires depuis cette époque. En 2017, le refuge du Promontoire a reçu de plein fouet plusieurs blocs qui se sont détachés de l’amont. En 2018, c’est une partie du pic du Glacier Carré qui s’est effondrée sur le glacier éponyme, réduisant à néant le cheminement de la voie normale.

Source: Parc National des Ecrins

En conclusion, le réchauffement climatique poursuit son œuvre de destruction dans les Alpes. Certaines années, comme 2021, peuvent paraître moins catastrophiques car les canicules ont été moins sévères, mais c’est l’évolution globale du climat qu’il faut prendre en compte et elle n’est pas bonne.

Evettes, Grand Motte, Pisaillas.

Les conditions météo étant optimales en ce début du mois de septembre, j’ai décidé de prolonger mon séjour alpin en basculant côté Maurienne, après avoir franchi les cols du Montgenèvre et du Mont Cenis.

Il y a une vingtaine d’années, j’avais emprunté le sentier qui part du parking de l’Ecot, près du superbe village de Bonneval-sur-Arc, pour atteindre le Cirque des Evettes. Le glacier du même nom se trouvait alors au fond de cette vaste combe et une longue marche très agréable permettait d’atteindre son front. Aujourd’hui c’est fini. Tout comme ses voisins, le glacier est remonté dans la montagne. On se rend parfaitement compte de ce recul glaciaire depuis les premières rampes du col de l’Iseran.

Il n’y a pas si longtemps, le sommet du col de l’Iseran (2770m) était très fréquenté par les adeptes du ski d’été. Tout près, le glacier du Pisaillas permettait de garder le contact avec la neige. Aujourd’hui c’est terminé. Il ne reste plus qu’une maigre langue de glace sous la Pointe du Montet. L’année 2021 a été une exception. La météo pourrie du mois de juillet a permis un enneigement correct et les skieurs ont pu pratiquer leur sport favori jusqu’à la mi-août.

J’ai déjà expliqué sur ce blog (voir ma note du 30 septembre 2019) les problèmes rencontrés sur le glacier de la Grande Motte à Tignes. En septembre 2019, une étude montrait qu’en certains endroits, il y avait encore 60 mètres de glace, mais que le glacier s’amincissait énormément. En l’espace de 20 ans, il a perdu entre 25 et 30 mètres d’épaisseur. Il perd 1,5 mètre d’épaisseur par an. Comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, les stations de ski de basse et moyenne altitude vont d’ores et déjà devoir diversifier leurs activités, avec le risque d’être confrontées à de sérieuses difficultés si elles ne le font pas.

Je suis surpris par le nombre incroyable d’enneigeurs sur les pentes des montagnes. Des retenues collinaires permettent en général de les alimenter, sans utiliser le réseau d’eau à usage domestique, mais est-ce une bonne option ? Pour que ces canons à neige fonctionnent correctement, il faut une température suffisamment basse, ce qui est loin d’être gagné avec le réchauffement climatique actuel !

Photos: C. Grandpey

 

Réchauffement climatique: l’altimétrie radar pour observer les glaciers // Global warming: radar altimetry to observe glaciers

Grâce aux nouvelles technologies, les scientifiques sont mieux à même de mesurer l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers. Par exemple, les progrès de la technologie satellitaire révèlent aujourd’hui que les glaciers en Alaska et en Asie ont perdu 4 % de leur volume entre 2011 et 2019.
Les chercheurs ont utilisé la technologie d’altimétrie radar à bord d’un satellite de l’Agence Spatiale Européenne (ESA). Selon eux, c’est la première étape vers l’observation en continu, en haute résolution et.pendant toute l’année, de tous les glaciers de la Terre depuis l’espace.
La fonte de l’ensemble des glaciers a représenté près d’un tiers de l’élévation du niveau de la mer au cours de ce siècle, même s’ils représentent moins de 1 % de la glace terrestre. Le recul des glaciers déstabilise les pentes des montagnes, entraînant des glissements de terrain et des inondations, tandis que la diminution de la glace a déjà causé et continuera d’avoir un impact sur l’agriculture, l’hydroélectricité et la qualité de l’eau dans certaines régions.
Mesurer exactement combien et à quelle vitesse les glaciers fondent n’est pas chose aisée. La méthode traditionnelle consiste à les observer sur place, ce qui est valable pour les glaciers accessibles à plus basse altitude comme la Mer de Glace en France, l’une des masses de glace les plus étudiées au monde.
Le problème est que les techniques traditionnelles sont difficiles à mettre en place dans les zones reculées de l’Himalaya ou des montagnes de l’Alaska. Les progrès de la technologie satellitaire au cours de la dernière décennie ont permis aux scientifiques de commencer à effectuer une certaine surveillance depuis l’espace.
L’altimétrie radar avait été utilisée dans le passé pour mesurer les calottes glaciaires et les terrains très plats. C’est une méthode simple : le satellite émet une onde radar vers un point particulier de la Terre. Lorsque ce signal rebondit sur la surface et revient vers le satellite, il est possible de calculer la hauteur de la surface qu’il a percutée.
Ces dernières années, les améliorations technologiques ont permis d’obtenir des mesures avec une résolution beaucoup plus élevée, ce qui a permis d’utiliser l’altimétrie radar sur les glaciers de Patagonie et d’Islande. Les résultats étant positifs dans ces régions, les chercheurs ont appliqué la nouvelle technologie aux glaciers de l’Alaska et de l’Asie qui constituaient le centre de leur étude. Le travail de recherche consistait à effectuer des relevés mensuels d’un peu plus de la moitié des glaciers du Golfe d’Alaska et d’environ un tiers des glaciers asiatiques. Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que la diminution de la masse de glace a entraîné jusqu’à 0,016 millimètre par an d’élévation du niveau de la mer, soit 0,16 millimètre par décennie en moyenne.
Les chercheurs ont découvert que les glaciers à basse altitude et à proximité des océans sont très sensibles aux événements climatiques saisonniers et pluriannuels. L’oscillation décennale du Pacifique, un modèle récurrent de hausse et de baisse des températures de surface des océans, a contribué à une augmentation substantielle des températures en Alaska à partir de 2014 et à une accélération de la fonte des glaciers. Les glaciers continentaux du plateau tibétain n’ont montré pratiquement aucun changement saisonnier, et les variations d’une année à l’autre étaient plus progressives.
Le type de données recueillies par le satellite de l’ESA est essentiel pour alimenter les modèles complexes qui permettent aux scientifiques d’estimer ce qui se passera dans le climat du futur. Il y a dix ans, on avait une idée plus ou moins précise de l’évolution d’une zone entière. Aujourd’hui, avec les données satellitaires, les glaciologues peuvent dire avec précision comment chaque glacier a évolué au cours des années passées; ils peuvent ensuite calibrer leur modèle pour savoir ce qui se passera dans le futur.
Les scientifiques s’accordent à dire que dans presque toutes les régions du monde, les glaciers continueront de reculer au cours des prochaines décennies au fur et à mesure que la planète se réchauffera. Beaucoup disparaîtront, même si l’humanité réussit à freiner les émissions de gaz à effet de serre. Même si nous parvenons à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2° Celsius par rapport à l’époque préindustrielle – l’objectif de l’Accord de Paris en 2015 – il ne restera qu’entre 724 et 1 484 des quelque 4 000 glaciers qui existent dans les Alpes aujourd’hui.
Source : Bloomberg Green.

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Thanks to newtechnologies, scientits are better able to measure the impact of global warming on the glaciers. For instance, advances in satellite technology reveal that ice masses in Alaska and Asia have lost 4% of their volume between 2011 and 2019.

Researchers used radar altimetry technology on board a European Space Agency satellite,. They say it is the first step toward year-round observation of all of the Earth’s glaciers from space in high resolution.

Glacier melting as a whole accounted for almost a third of the sea level rise this century, even as they represent less than 1% of land ice. The shrinking of glaciers is making mountain slopes less stable, resulting in landslides and floods, while the decrease in ice is already and will continue to impact agriculture, hydropower and water quality in some regions.

Measuring exactly how much and how fast glaciers are melting has been a challenge. The traditional methodconsists in observing them on site, which is OK for accessible glaciers at lower altitudes like France’s Mer de Glace, one of the most thoroughly-studied ice masses in human history.

The problem is that traditional techniques are hard to deploy in remote areas high up in the Himalayas or deep in the Alaskan mountains. Advances in satellite technology over the past decade have allowed scientists to conduct some monitoring from space.

Radar altimetry had been used in the past to measure ice sheets and very flat terrain. It’s a simple method: the satellite emits a radar wave to a particular point on Earth. As that signal bounces off the surface and back to the satellite, it is possible to calculate the height of the surface it first struck.

In recent years, improvements in technology have led to readings with much higher resolution,which allowed to use the technology on glaciers in South America’s Patagonia region and in Iceland. As the results were positive, the researchers moved on to the two glacier systems – Alaska and Asia – in their current study. The research involved monthly readings of just over half the glaciers in the Gulf of Alaska, and about a third in Asia. It concluded that the decrease in ice mass contributed as much as 0.016 millimetres per year to sea level rise, or 0.16 millimetres per decade on average.

Researchers found that glaciers at low altitudes and close to the oceans are highly sensitive to seasonal and multi-annual climatic events. The Pacific decadal oscillation, a recurring pattern of rising and falling ocean surface temperatures, has contributed to a substantial increase in temperatures in Alaska since 2014, and to an acceleration of glacial melting. Continental glaciers in the Tibetan Plateau showed almost no seasonal changes, and year-to-year changes were more gradual.

The sort of data being gathered by ESA satellite is essential to feed the complex models that allow scientists to estimate what will happen in the climate of the future. Ten years ago there was more or less an idea of how an entire area evolved, Today with satellite data glaciologists can really say how each glacier evolved in past years, and then they can calibrate their model to know what will happen in the future.

Scientists agree that in almost all parts of the world, glaciers will continue retreating in coming decades as the planet warms. Many will disappear regardless of how humanity reins in emissions. If we manage to keep global warming below 2º Celsius compared to pre-industrial times—the target of the Paris Agreement in 2015—only between 724 and 1,484 of the roughly 4,000 glaciers in the Alps today will remain.

Source: Bloomberg Green.

Que ce soit en Alaska (Columbia), en Islande (Vatnajökull) ou dans les Alpes (Mer de Glace), les glaciers sont une espèce en voie de disparition.

Photos: C. Grandpey