Semisopochnoi (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau francaisL’Alaska Volcano Observatory m’a indiqué hier que l’activité sismique sur le Semisopochnoi continuait (elle a débuté en janvier dernier) et a connu une certaine hausse au cours des derniers jours. De plus, l’Observatoire a détecté de brefs épisodes de tremor susceptibles de correspondre à des mouvements de magma ou de gaz magmatiques. En conséquence, la couleur de l’alerte aérienne est passée au jaune et l’alerte volcanique au niveau de simple vigilance.

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drapeau anglaisThe Alaska Volcano Observatory informed me yesterday that earthquake activity at Semisopochnoi that began in January continues, and has increased in intensity over the past few days. In addition, AVO has detected brief periods of seismic tremor, which can indicate movement of magma or magmatic gases. Thus, the aviation colour code has been increased to YELLOW and the volcano alert level to ADVISORY.

Marées, séismes et tsunamis // Tides, earthquakes and tsunamis

drapeau francaisPlusieurs scientifiques ont essayé de comprendre – sans grand succès – s’il y avait un lien entre la Lune, les marées et l’activité volcanique. De mon côté, j’ai essayé – sans résultats significatifs – d’étudier le lien possible entre la pression atmosphérique et l’activité éruptive (voir le résumé dans la colonne de gauche de ce blog). D’autres chercheurs tentent aujourd’hui de déterminer s’il existe un lien entre les marées et les séismes.
Il y a quelques années, une scientifique américaine a remarqué qu’il existait un lien entre les contraintes infligées par les marées à notre planète et le nombre de petits séismes dans certaines régions où cette pression est plus forte. Elle a remarqué que de tels séismes pouvaient déboucher sur de puissants tsunamis.
Un étudiant de l’Université Colombia effectue un travail de recherche dans le même sens en Alaska. Il passe au peigne fin une base de données des séismes enregistrés au large de l’Alaska pour voir s’il existe un lien entre le nombre de petits séismes provoqués par les marées et les grands tremblements de terre qui font se propager des tsunamis sur des milliers de kilomètres.
La théorie est la suivante: A marée haute, un plus grand volume d’eau s’accumule au-dessus des failles géologiques, augmentant ainsi les contraintes déjà présentes. Si la faille est sur le point de bouger, les marées sont susceptibles de déclencher de petites secousses.
Une chercheuse japonaise de l’Institut National de Recherche pour les Sciences de la Terre à Tsukuba (Japon) a étudié la relation entre les marées et les séismes. Elle a constaté que les séismes provoqués par les marées étaient fréquents au large de la côte nord-est du Japon plusieurs années avant l’événement d’une magnitude M 9 qui a déclenché le tsunami de 2011. Elle a obtenu des résultats similaires en étudiant les données concernant l’île de Sumatra avant le tsunami de 2004.
En utilisant les données concernant les séismes du passé, un autre chercheur japonais veut voir si certaines parties de l’Arc des Aléoutiennes produisent les mêmes signaux. Il a détecté trois zones dans lesquelles la sismicité semble s’intensifier lorsque augmentent les forces provoquées par les marées : le sud-est de Kodiak, le sud de Tanaga dans les Aléoutiennes centrales et le sud de Buldir dans les Aléoutiennes occidentales.
Le risque d’un séisme majeur le long de la Chaîne des Aléoutiennes n’est un secret pour personne. L’année dernière, lorsque les scientifiques de l’USGS ont imaginé un scénario associant séisme et tsunami  le jour anniversaire du séisme du Vendredi Saint de 1964, ils ont choisi un événement fictif de M 9,1 dont l’épicentre se situerait juste au sud de Sand Point. Les effets seraient dévastateurs en Alaska. Les chercheurs ont estimé que le tsunami provoqué par un tel événement inonderait les ports de Los Angeles et de Long Beach en Californie, avec les effets catastrophiques que l’on imagine.
Les scientifiques japonais espèrent que leur étude – qui s’appuie sur des statistiques – permettra de mieux prévoir les séismes dans les grandes zones de subduction.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau anglaisSeveral scientists have tried to see – without much success – if there was a link between the Moon, the tides and volcanic activity. As far as I’m concerned, I tried – without significant results either – to study the possible link between atmospheric pressure and eruptive activity (see abstract in the left-hand column of this blog). In the same way, other researchers are trying to determine whether there exists a connection between tides and earthquakes.

A few years ago, a U.S. scientist noticed a connection between the stress that tides inflict on the planet and the number of small earthquakes that happen in some areas when that pressure is greatest. She saw a pattern to these earthquakes leading up to great tsunamis.

A student of Colombia University is now looking for a similar signal in Alaska. He is combing through a database of offshore Alaska earthquakes to see if there is any link between the number of small earthquakes triggered by tides and great earthquakes that send tsunamis racing thousands of kilometres.

The theory goes like this: At high tide, more water piles on top of geological faults, adding to the stress already there. If the fault is close to slipping, tides can trigger small tremors.

A Japanese researcher of the National Research Institute for Earth Sciences in Tsukuba, Japan, has studied the relationship between tides and earthquakes. She found that tidally triggered earthquakes were common off the northeast coast of Japan several years before the M 9 event that triggered the tsunami in 2011. She found similar results when she looked at data from around Sumatra before the 2004 tsunami.

Using records of past earthquakes, another Japanese researcher wants to see if any parts of the Aleutian Arc are giving the same signals. He has seen three areas that seem to increase in seismicity when tidal forces are high. Those zones are southeast of Kodiak, south of Tanaga in the central Aleutians and south of Buldir in the western Aleutians.

The potential for a giant earthquake along the sweep of the Aleutians is no secret. When U.S.G.S. scientists last year imagined an earthquake/tsunami scenario on the anniversary of the 1964 Good Friday earthquake, they chose a fictional M 9.1 event with its epicentre just south of Sand Point. The Alaska effects would be terrifying and deadly, and researchers estimated the resulting tsunami would inundate the ports of Los Angeles and Long Beach in California, with disastrous effects.

The Japanese scientists hope to see if their approach of using statistics could be useful in improving forecasting earthquakes in great subduction zones.

Source: Alaska Dispatch News.

Good Friday

Good-Friday-2

Le « Good Friday Quake »: Un événement majeur dans l’histoire de l’Alaska  (Photos:  C. Grandpey)

Shishaldin (Iles Aléoutiennes / Alaska)

drapeau francaisOn observe actuellement une augmentation de la sismicité sur le Shishaldin, ce qui indique probablement une intensification de l’activité éruptive, avec des émissions de cendre. Les dernières images satellites révèlent une augmentation de la température près du sommet du volcan.

Source: AVO.

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drapeau anglaisSeismic activity has increased, suggesting that eruptive activity at Shishaldin has intensified. Ash emissions may have occurred. Satellite images show elevated surface temperatures near the volcano’s summit.

Source: AVO.

Shishaldin

Cratère du Shishaldin le 10 août 2014  (Crédit photo:  AVO)

5 volcans sous étroite surveillance en Alaska // 5 volcanoes are being closely monitored in Alaska

drapeau francaisLes scientifiques en poste à l’Alaska Volcano Observatory (AVO) sont actuellement très occupés car cinq volcans se sont réveillés et doivent être étroitement surveillés. Tous ces volcans sont situés dans les Iles Aléoutiennes, une zone peu habitée, mais qui est sur la trajectoire des vols entre l’Amérique et l’Asie. Cela signifie que la cendre crachée par les volcans est susceptible d’affecter les moteurs des avions et causer de graves problèmes.
Le volcan le plus actif récemment est le Pavlof, qui connaît une éruption continue depuis le 31 mai, avec une activité explosive et des coulées de lave le long du flanc nord-ouest. Son niveau d’alerte est actuellement « Vigilance » et la couleur de l’alerte aérienne est « Jaune ». .
Le Shishaldin est un autre volcan en alerte « Vigilance » et avec la couleur « jaune » pour l’alerte aérienne. Il connaît une activité éruptive faible mais continue. La plupart du temps, on observe de petites extrusions de lave à l’intérieur du cratère sommital.
Le Cleveland a été le volcan le plus actif au cours des dix dernières années. Le 5 Juin dernier, l’AVO a enregistré deux explosions par l’intermédiaire des stations de surveillance sismique et les données infrasoniques. A cause de son éloignement, l’Observatoire surveille essentiellement le volcan avec les images satellitaires.
Le Semisopochnoi est le plus éloigné des 5 volcans actifs. Il se trouve à plus de 1600 km à l’ouest du Pavlof. L’AVO a fait passer l’alerte aérienne à la couleur « Jaune » en raison d’une séquence d’activité sismique élevée.
Le Veniaminof est également actif. L’AVO a enregistré une éruption importante l’été dernier et l’activité sismique a continué tout au long de l’année. Chaque fois que les scientifiques observent le volcan, ils pensent qu’ils peuvent réduire les niveaux d’alerte mais le volcan reprend du service, ce qui suppose une surveillance permanente.

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drapeau anglaisScientists at the Alaska Volcano Observatory (AVO) are currently very busy as 5 volcanoes have become active and need to be closely monitored. All volcanoes are located along the Aleutian Islands, an area that is little inhabited but which is on the path of airlines between America and Asia. This means the ash spewed by the volcanoes might affect plane engines and cause serious problems.

The most active volcano recently has been Pavlof, which has erupted continuously since the May 31st with some explosive activity and lava flows along the NW side. It currently has a « Watch » Alert Level and an « Orange » Aviation Colour Code.
Shishaldin is the other volcano with a “Watch” Alert Level, and “Orange” Aviation Colour Code. It has experienced continuing low level eruptive activity. Most of the time, one observes minor magma extrusions inside the summit crater.

Cleveland has been the most active volcano over the last ten years. On June 5th, AVO recorded two explosions from seismic monitoring stations and infrasonic data. The observatory primarily monitors the volcano via satellite data because of its remote location.
Semisopochnoi is the most remote of the 5 active volcanoes. It’s more than 1,600 km west of Pavlof. AVO raised its Aviation Colour Code to “Yellow” due to a sequence of elevated earthquake activity.

Veniaminof is also showing volcanic activity. It had a sizeable eruption last summer and seismic activity has continued throughout the year. Every time AVO scientists look at it, they think it’s time to lower the alert levels, but the volcano does a little bit more, and they are continuing to watch it just as closely as they can.

Aleoutiennes blog

Les volcans des Aléoutiennes et leurs niveaux d’alerte  (Source:  AVO)