Les pétroliers américains se moquent de la COP 21 // U.S. oil producers don’t care about COP 21

drapeau-francaisUn forage dans l’Arctique, au large des côtes de l’Alaska, par la compagnie pétrolière Shell a attiré une vague de protestations cette année, mais un autre projet, certes plus modeste, d’extraction de pétrole a vu le jour beaucoup plus discrètement.
Alors que Shell envisageait le forage de puits d’exploration dans la mer de Chukchi à environ 130 km au large de la côte nord ouest de l’Alaska, une société de pétrole texane – Hilcorp Alaska LLC, une filiale de Hilcorp Energy Co basée à Houston – prévoit de créer une île de gravier en guise de plate-forme pétrolière pour y installer cinq puits d’extraction ou plus qui pourraient pomper le pétrole à une dizaine de kilomètres des côtes dans la mer de Beaufort.
Un succès du projet représenterait la première production de pétrole dans les eaux arctiques fédérales.
Le projet Hilcorp consistant à construire une île de gravier de la taille de 17 terrains de football a attiré des critiques mitigées du Département de Conservation et une condamnation totale des écologistes qui pensent que l’exploitation pétrolière doit rester sur la terre ferme. En effet, les impacts d’une marée noire pourraient être catastrophiques et pratiquement impossibles à nettoyer.
Pour le projet Hilcorp, des camions achemineraient le gravier en roulant sur la banquise jusqu’à un trou découpé dans la glace. Ils déverseraient 65 000 mètres cubes de gravier dans 6 mètres d’eau. La surface de l’île de gravier serait de 37 000 mètres carrés, avec un mur tout autour qui la protégerait des assauts de la glace, des vagues et de la faune.
Hilcorp prévoit une production maximale de 70 000 barils de pétrole par jour dans les deux premières années. Sur une période de 15 à 20 ans, la société prévoit une production de 80 à 150 millions de barils.
La population de la région craignent que le projet perturbe la migration des baleines boréales qui représentent une nourriture de subsistance pour les habitants. De plus, comme le pétrole serait produit dans les eaux fédérales, la population locale ne participerait pas aux revenus du pétrole. En revanche, elle subirait tous les inconvénients d’une pollution.
L’évaluation environnementale du projet Hilcorp ne sera pas achevée avant 2017, et la production commencerait quelques années plus tard.
Une fois les puits de pétrole taris, Hilcorp affirme qu’ils seraient colmatés et que la glace et les vagues éroderaient l’île pour la faire disparaître.
Félicitations!
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisArctic offshore drilling by the Shell oil company drew huge protests this year, but a more modest proposal for extracting petroleum has moved forward with much less attention.
While Shell proposed exploratory wells in the Chukchi Sea about 130 km off Alaska’s northwest coast, a Texas oil company – Hilcorp Alaska LLC, a subsidiary of Houston-based Hilcorp Energy Co – wants to build a gravel island as a platform for five or more extraction wells that could tap oil 10 km from shore in the Beaufort Sea.
A successful well would mean the first petroleum production in federal Arctic waters.
Hilcorp’s plan for a gravel island about the size of 17 football fields has drawn mixed reviews from conservationists and outright condemnation from environmentalists who believe the oil should stay in the ground. Indeed, the impacts of an oil spill could be devastating and would be nearly impossible to clean up.
For the Hilcorp project, trucks carrying gravel would travel by ice road to a hole cut in sea ice. The trucks would deposit 65,000 cubic metres of gravel into 6 metres of water. The work surface would be 37,000 square metres surrounded by a wall, providing a barrier to ice, waves and wildlife.
Hilcorp projects a peak production rate of up to 70,000 barrels of oil per day within two years of initial production. Over 15 to 20 years, the company predicts it would yield 80 to 150 million barrels of oil.
Residents worry that the project will affect the migration patterns of bowhead whales harvested by subsistence hunters. Because the oil would come from federal waters, residents would not see revenues, but would be the ones most harmed by any spill.
The environmental review won’t be completed until at least 2017, and production could be several more years off.
At the end of production, Hilcorp says it would plug the wells and remove slope protection, allowing ice and waves to erode the island.
Congratulations!
Source : Alaska Dispatch News.

MerdeBeaufort

Ours polaires contre grizzlis // Polar bears vs. grizzlies

drapeau-francaisUne récente étude effectuée par des scientifiques du Fish and Wildlife Service et publiée dans le Journal of Mammalogy, révèle que les grizzlis dominent les ours polaires, pourtant de plus grande taille, pendant la recherche de nourriture au sein des carcasses de baleines laissées sur la plage de Kaktovik (petit port du district de North Pole sur la côte nord de l’Alaska) par les baleiniers Inupiat.
L’étude s’appuie sur des observations détaillées réalisées entre 2005 et 2007 par des biologistes qui se sont relayés jour et nuit devant une carcasse de baleine. En sécurité dans leurs véhicules, ils ont pris des notes détaillées sur le comportement des ursidés qu’ils éclairaient la nuit à l’aide d’un projecteur, comme on peut le voir dans cette vidéo :.
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GrMAZiWiSm0
Dans la plupart des 137 rencontres qu’ils ont observées entre les deux espèces d’ours, les ours polaires ont réagi avec soumission, même si les grizzlis ne présentaient pas un comportement ouvertement agressif. En fait, même s’ils sont beaucoup moins nombreux et plus petits, les grizzlis faisaient fuir les ours polaires de la carcasse dans environ la moitié des situations observées. Même si les ours polaires agissaient parfois agressivement entre eux, ils se tolèraient globalement assez bien. En revanche ils ont presque toujours essayé d’éviter les grizzlis. Ce comportement a été confirmé par des observations les plus récentes en septembre dernier.
Cette étude surprenante arrive au cœur d’une période d’incertitude sur l’avenir de l’ours polaire qui est de plus en plus chassé de son habitat par le rétrécissement de la banquise. Au cours des dernières années, avec la diminution de l’étendue de la banquise pendant l’été et l’automne, de plus en plus d’ours polaires en provenance du sud la mer de Beaufort ont été contraints à trouver refuge sur terre, en particulier à Kaktovik, où les carcasses des baleines boréales sont devenues importantes pour leur alimentation. En 2012, l’année du record de rétrécissement de la banquise, 80 ours polaires ont été observés autour des carcasses de baleines à Kakotvik.
Pour les grizzlis du district de North Pole – les plus petits ours bruns d’Alaska – les carcasses de baleines représentent également une source de nourriture alléchante. Pendant la plus grande partie de l’année, ils dépendent des plantes et de petits animaux ; la viande grasse des baleines est donc un changement de nourriture bienvenu.
Les biologistes ne pensent pas que les grizzlis agissent uniquement pour provoquer la fuite des ours polaires. Il se peut que le comportement d’intimidation joue un rôle, ainsi que l’odeur. Il y a même eu un cas où un cadavre de grizzli déposé par les villageois à côté de la carcasse d’une baleine a suffi pour effrayer les ours polaires.
Une raison de cette situation peut être la nature agressive naturelle des grizzlis. Ils ne grognent pas comme le font les loups et les chiens ; ils montrent leur agressivité par leur attitude, la position de leurs oreilles ou simplement leur façon de marcher.
Les grizzlis de North Pole sont relativement éparpillés dans le district et leur comportement agressif est peut-être la conséquence d’un habitat où la nourriture est rare. Les ours polaires, en revanche, sont habitués à vivre dans un environnement marin et loin des animaux terrestres qui pourraient être des concurrents pour la nourriture.
En outre, les grizzlis de North Pole ont probablement un besoin plus pressant de viande à cette époque de l’année où ils engraissent en vue de l’hibernation. Dans le même temps, les ours polaires, qui n’hibernent pas, conservent de l’énergie en attendant le retour de la banquise et ils peuvent se permettre de laisser aux grizzlis des morceaux de carcasses de baleines. Ce n’est pas la peine qu’ils dépensent leur énergie en rivalisant avec les grizzlis, surtout à cette époque de l’année.
D’autres observations seront effectuées pour parvenir à des conclusions fiables sur le comportement des deux espèces d’ursidés quand elles se retrouvent face à face.
Adapté d’un article dans l’Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisA recent study by U.S. Fish and Wildlife Service scientists, published in the Journal of Mammalogy, found that the smaller grizzly bears dominate the larger polar bears during foraging sessions at the bone pile left on the beach by Inupiat whalers from Kaktovik.
The study is based on detailed observations recorded from 2005 to 2007 by biologists stationed in shifts at the bone pile. From the safety of their vehicles, they worked three-hour shifts from dusk to dawn and make detailed notes of all the interactions they saw with the help of a spotlight, as can be seen in this video:
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=GrMAZiWiSm0
In most of the 137 encounters they observed between the two bear species, polar bears reacted submissively, even though the grizzlies did not exhibit overtly aggressive behaviour. In fact, though they are far fewer and smaller, the grizzly bears completely displaced the polar bears from the bone pile in about half the encounters. Though polar bears sometimes acted aggressively among themselves, they mostly tolerated each other. But they almost always tried to avoid the grizzlies. This behaviour was confirmed by more recent observations in last September.
The surprising finding comes amid uncertainty about polar bears’ future, as they are increasingly driven from their shrinking sea ice. In recent years, as summer and fall sea ice has dwindled, more Southern Beaufort Sea polar bears have been spending time on land, especially in Kaktovik, where bowhead scraps have become important to their diet. In 2012, the year of the record-low ice minimum, 80 polar bears were spotted around the Kakotvik bone pile.
For North Slope grizzlies – the smallest of Alaska’s brown bears – the bone pile is also an enticing food source. For most of the year, they depend on plants and lean prey animals, so fatty whale meat is a welcome change.
Biologists don’t think the grizzlies are specifically acting to cause polar bears to flee. There is possibly a “stare-down,” and scent likely plays a role. In one instance, even the carcass of a grizzly bear that was dumped by villagers at the bone pile was enough to spook the polar bears.
A reason may be the grizzly bears’ natural aggressive nature. They don’t snarl in the way that wolves and dogs do, but they show their aggression in their stances, their ear positions and just the way they walk.
North Slope grizzlies are sparsely distributed and may have got their aggressive behaviour out of necessity in a habitat where food is scarce. Polar bears, in contrast, evolved to thrive in a marine environment, swimming away from land-based animals that might be competitors for food.
Besides, North Slope grizzlies may have a more pressing need for meat at that time of the year, as they are fattening up for hibernation. Meanwhile, polar bears, which do not hibernate, are conserving energy as they wait for sea ice to return and may be able to afford to cede first dibs at the bone pile to the grizzlies. It may not be not worthwhile for polar bears to spend the energy competing with grizzlies, especially at that time of the year.
More observations will be made to reach reliable conclusions about the behaviour of both species when they are confronted with one another.
Adapted from an article in the Alaska Dispatch News.

Ours blanc

Ours-Katmai-2

Photos: C. Grandpey

La fonte du permafrost en Alaska // Permafrost thawing in Alaska

drapeau-francaisSelon une étude de l’USGS, le pergélisol peu profond se trouve sous un peu plus du tiers de la surface de l’Alaska continentale, mais une superficie de 16% à 24% de ce permafrost superficiel va disparaître d’ici la fin du siècle.
Les auteurs de l’étude ont calculé le dégel qui devrait survenir suite à l’accélération prévue du réchauffement climatique dans la toundra et dans l’écosystème boréal des latitudes septentrionales. Ils ont utilisé des données cartographiques actuelles pour localiser le pergélisol qui commence à moins d’un mètre sous la surface et ont conclu que 38% de l’Alaska continentale est concernée.
Pour prédire la future disparition du permafrost, l’étude analyse les effets des changements de température et de précipitations à venir. Cependant, les résultats pourraient être sous-estimés car l’étude ne tient pas compte des changements subis par la végétation ou les incendies de forêts dont le nombre a augmenté avec le réchauffement climatique en Alaska.
Selon l’étude, les zones où la perte du pergélisol de surface sera la plus spectaculaire se trouvent dans la partie centrale de l’Etat où la probabilité de rencontrer du pergélisol en 2 090 sera de 10%, voire moins.
Le dégel du permafrost affecte l’écoulement des eaux souterraines et de surface, ainsi que les voies de communication qui subissent de gros dégâts. Certains bâtiments et autres structures pourraient souffrir des mouvements du sol. Plus important encore, le dégel continu du pergélisol devrait libérer dans l’atmosphère le carbone stocké jusque là dans le sol. Cela signifierait une énorme source de carbone supplémentaire dans l’atmosphère et une rétroaction positive d’un cycle: les émissions de carbone causées par le réchauffement climatique provoquent à leur tour un réchauffement de l’atmosphère.
L’étude ne prend pas en compte les effets du réchauffement climatique sur le pergélisol profond.
Source: Alaska Dispatch News.

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drapeau-anglaisAccording to a USGS study, shallow permafrost lies beneath the surface of more than a third of mainland Alaska, but 16 % to 24 % will disappear by the end of the century.
The study calculates the thaw that is expected to occur as accelerated warming continues in the tundra and boreal ecosystem of the northern latitudes. It uses current mapping data to estimate locations of existing near-surface permafrost which starts within one metre below the surface. About 38 % of mainland Alaska has such permafrost.
To predict future permafrost loss, the study analyzes effects from expected temperature and precipitation changes. However, the results might be underestimated as the study does not take into account changes to vegetation or wildfires, which have become more plentiful and large as the Alaska climate warms.
According to the study, the areas where near-surface permafrost loss will be most dramatic will be in the central part of the state, where probability of encountering near-surface permafrost in 2090 will drop to 10 % or below.
Permafrost thaw affects flow of groundwater and surface water and local transportation. Some buidings and structures could suffer from movements of the ground. Most importantly, continued permafrost thaw is expected to release previously stored carbon into the atmosphere. This would mean a huge source of additional carbon into the atmosphere and a positive feedback to the cycle: warming-caused carbon release that causes more warming.
The study does not predict effects to deep permafrost.
Source: Alaska Dispatch News.

Permafrost Alaska

Carte montrant la répartition du pergélisol de surface en Alaska (Source: USGS)

Des chiffres à méditer avant la COP 21 // Figures to take into account before the Paris Climate Conference

drapeau-francaisMon amour de l’Alaska n’est un secret pour personne et je garde des contacts quasi permanents avec le 49ème Etat de l’Union. Plusieurs visites m’ont permis de constater avec effroi la vitesse avec laquelle les glaciers fondent. Les relevés de températures de ces dernières années sont plutôt inquiétants et devraient inciter les participants à la COP 21 à prendre des mesures contraignantes car il y a urgence.
Voici les relevés des températures moyennes dans les principales villes de l’Alaska pour le mois d’octobre des trois dernières années. Ce sont les chiffres officiels communiqués par l’Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Les températures sont communiquées en degrés Fahrenheit, mais cela ne change rien au problème. Hormis un réchauffement moins flagrant en 2014, 2013 et 2015 affolent le mercure !

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drapeau-anglaisMy love for Alaska is no secret and I keep almost permanent contact with the 49th State of the Union. Several visits have enabled me to see how fast glaciers are melting. The temperature readings of recent years are rather worrying and should encourage participants to the COP 21 to take binding measures because it is urgent.
Here are the average temperatures recorded in the main cities of Alaska in October for the last three years. These are the official figures provided by the Alaska Climate Research Center (http://climate.gi.alaska.edu/). Temperatures are reported in degrees Fahrenheit, but this does not change the problem. Apart from some less blatant warming in 2014, 2013 and 2015 temperatures were incredibly high!

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Températures moyennes pour octobre 2013// Average temperatures for October 2013:

Fairbanks: 36.1°F, 11.9°F au-dessus de la normale. (= above normal)
Anchorage: 43.0°F, 8.2°F au-dessus de la normale (= above normal). Le mois le plus chaud depuis que des relevés sont effectués en Alaska // The warmest October on record.
Barrow: 24.7°F, 7.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 37.2°F, 13.1°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.7°F, 2.3°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 47°F, 1.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 42.9°F, 9.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 44.4°F, 3.9°F au-dessus de la normale (= above normal).
Nome: 35.6°F, 6.9°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2014 // Average temperatures for October 2014:

Fairbanks: 25.2°F, 1.0°F au-dessus de la normale (= above normal).
Anchorage: 33.4°F, -1.4°F en-dessous de la normale (= below normal).
Barrow: 21.3°F, 4.1°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Delta Junction: 21.7°F, 2.4°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Juneau: 43.8°F, 1.4°F au-dessus de la normale (= above normal)..
Ketchikan: 48.7°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
King Salmon: 32.0°F, 1.5°F en-dessous de la normale (= below normal)..
Nome: 29.1°F, 0.4°F au-dessus de la normale (= above normal).

Températures moyennes pour octobre 2015 // Average temperatures for October 2015:

Fairbanks: 31.8°F, 7.6°F au-dessus de la normale (= above normal). .
Anchorage: 40.5°F, 5.7°F au-dessus de la normale (= above normal).
Barrow: 20.6°F, 3.4°F au-dessus de la normale (= above normal).
Delta Junction: 31.9°F, 7.8°F au-dessus de la normale (= above normal).
Juneau: 44.6°F, 2.2°F au-dessus de la normale (= above normal).
Ketchikan: 49.8°F, 4.5°F au-dessus de la normale (= above normal).
Kodiak: 45.5°F, 5.0°F au-dessus de la normale (= above normal).

Gla 14

…et pendant ce temps, les glaciers fondent!

…and in the meantime, glaciers are melting!

(Photo: C. Grandpey)