Le Vésuve a-t-il pollué l’eau de Pompéi ? // Did Mt Vesuvius pollute water in Pompeii ?

Les anciens Romains étaient célèbres pour leur technique extrêmement avancée d’alimentation en eau, comme on peut s’en rendre compte en visitant les vestiges de leurs bains ou leurs aqueducs (voir les thermes de Chassenon en Charente, par exemple). Toutefois, l’eau potable qui circulait dans les conduites de Pompéi a probablement été empoisonnée à un niveau qui a pu entraîner des problèmes tels que vomissements, diarrhée, voire des lésions hépatiques et rénales.

C’est le résultat d’analyses effectuées dans un fragment de conduite d’eau de Pompéi, et publiées dans la revue Toxicology Letters. Selon un chimiste de l’Université du Danemark Méridional qui a participé à la recherche, «les concentrations étaient élevées et étaient définitivement problématiques pour les anciens Romains. Leur eau potable devait être dangereuse pour la santé». Il a analysé un fragment de conduite d’eau de Pompéi et le résultat a révélé un niveau élevé d’antimoine.
Depuis de nombreuses années, les archéologues sont persuadés que les canalisations d’eau chez les Romains étaient problématiques en matière de santé publique. Elles étaient faites de plomb, un métal lourd qui s’accumule dans le corps et finit par endommager le système nerveux et certains organes. Le plomb est également très dangereux pour les enfants. Il y a toujours eu cette idée reçue selon laquelle les Romains ont été empoisonnés par leur eau potable. Cependant, cette thèse est discutable. En effet, une conduite en plomb se calcifie assez rapidement, ce qui empêche le plomb de pénétrer dans l’eau potable. L’eau n’a pu être contaminée par le plomb que pendant de courtes périodes, par exemple lors de la pose des conduites ou pendant leur réparation.
En revanche, contrairement au plomb, l’antimoine est extrêmement toxique. Il est particulièrement irritant pour les intestins. Les réactions observées sont des vomissements et des diarrhées qui peuvent entraîner une déshydratation. Dans les cas graves, le foie et les reins peuvent être affectés et, dans le pire des cas, les troubles peuvent provoquer un arrêt cardiaque.
Comme indiqué précédemment, les concentrations d’antimoine ont été décelées dans le fragment de conduite de 40 milligrammes prélevé à Pompéi. Il a été analysé avec des équipements de haute technologie qui permettent de détecter les éléments chimiques dans un échantillon et de mesurer les endroits où ils se trouvent en grandes concentrations. Cependant, il faudra plusieurs analyses avant que les chercheurs puissent avoir une idée plus précise des effets de la contamination par l’antimoine sur la santé des anciens Romains.
Quoi qu’il en soit, il ne fait aucun doute que l’eau potable à Pompéi contenait des concentrations alarmantes d’antimoine et que la concentration était encore plus élevée que dans d’autres parties de l’Empire romain car Pompéi se trouve à proximité du Vésuve et on sait qu’il y a des concentrations d’antimoine plus élevées dans les eaux souterraines près des volcans.
Sources: Toxicology Letters (15 juillet 2017) & Science Daily.

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The ancient Romans were famous for their advanced water supply, as can be seen when you visit their baths or aqueducts. But the drinking water in the pipelines of Pompeii was probably poisoned on a scale that may have led to daily problems with vomiting, diarrhea, and liver and kidney damage.

This is the finding of analyses of water pipe from Pompeii, published in the journal Toxicology Letters. According to a chemist from University of Southern Denmark who participated in the research, « the concentrations were high and were definitely problematic for the ancient Romans. Their drinking water must have been decidedly hazardous to health. » He analysed a piece of water pipe from Pompeii, and the result surprised both him and his fellow scientists. The pipes contained high levels of antimony.

For many years, archaeologists have believed that the Romans’ water pipes were problematic when it came to public health. They were made of lead, a heavy metal that accumulates in the body and eventually shows up as damage to the nervous system and organs. Lead is also very harmful to children. So there has been a long-lived thesis that the Romans poisoned themselves to a point of ruin through their drinking water. However, this thesis is not always tenable. A lead pipe gets calcified rather quickly, thereby preventing the lead from getting into the drinking water. In other words, there were only short periods when the drinking water was poisoned by lead, for example, when the pipes were laid or when they were repaired.

Unlike lead, antimony is acutely toxic. It is particularly irritating to the bowels, and the reactions are excessive vomiting and diarrhea that can lead to dehydration. In severe cases it can also affect the liver and kidneys and, in the worst-case scenario, can cause cardiac arrest.

This new knowledge of alarmingly high concentrations of antimony comes from a 40-milligram fragment of water pipe found in Pompeii. It was analysed with very high technology equipment which enables to detect chemical elements in a sample and to measure where they occur in large concentrations. However, it will take several analyses before researchers can get a more precise picture of the extent to which Roman public health was affected.

Anyway, there is no question that the drinking water in Pompeii contained alarming concentrations of antimony, and that the concentration was even higher than in other parts of the Roman Empire, because Pompeii was located in the vicinity of Mount Vesuvius and it is well known that antimony occurs naturally in groundwater near volcanoes.

Sources: Toxicology Letters (15 juillet 2017) & Science Daily.

En plus de l’éruption de l’an 79, les Romains ont-ils été contaminés par leur eau? (Photo: C. Grandpey)

 

 

Saint Valentin : La bise de Pompéi // Valentine’s Day : Pompeii’s Kiss

drapeau-francaisÀ partir de ce week-end jusqu’à la Saint-Valentin, la Maison des Chastes Amants, remarquablement conservée, sera exceptionnellement ouverte au public à Pompéi. Les visiteurs pourront explorer le site à partir d’une nouvelle passerelle surélevée, installée sous un toit en aluminium et en plexiglas.
Cette riche demeure de boulanger, avec jardin, écuries, moulin et la somptueuse fresque d’un tendre baiser, se trouve sur la Via dell’Abbondanza,  une ancienne artère très fréquentée de l’ancienne cité romaine. Les visiteurs verront également des squelettes de mules pétrifiées, surprises par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C. Le baiser décore l’un des murs du triclinium, petite salle à manger où les Romains s’allongeaient pour manger et boire.
La Maison a été explorée pour la première fois en 1912 et dévoilé un balcon qui fut endommagé par les bombes alliées pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce n’est qu’en 1982 que des fouilles sérieuses ont commencé. Elles se sont poursuivies jusqu’en 2004 et le site a ouvert brièvement en 2010, pour fermer de nouveau peu de temps après.
Pompéi, le deuxième site le plus visité en Italie après le Colisée à Rome, avec un record de 3,2 millions de visiteurs en 2016, a connu ces dernières années une série d’effondrements en raison du manque d’entretien et du mauvais temps.

Source: Journaux italiens.

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drapeau-anglaisStarting this week-end until Valentine’s Day, the exceptionally preserved House of the Chaste Lovers will be exceptionally opened to the public at Pompeii. Visitors will explore the site from a new raised walkway under an aluminum and plexiglas roof.
This rich baker’s dwelling, complete with garden, stables, mill and a sumptuous fresco of a tender kiss, stands on via dell’Abbondanza, the once-bustling thoroughfare of this ancient Roman city. It also boasts the skeletons of petrified mules caught in the 79AD eruption of Mount Vesuvius. The kiss decorates one of the walls of the triclinium, the small dining room where ancient Romans would have lounged on couches to eat and drink.

The House was first explored in 1912, unveiling a balcony later damaged by Allied bombs in the Second World War. It was not until 1982 that serious digs began. They ran until 2004 and the site opened briefly in 2010, only to close again.
Pompeii, the second most visited attraction in Italy after the Colosseum in Rome, with a record 3.2 million visitors in 2016, has been plagued in recent years by a series of collapses due to lack of maintenance and bad weather.

Source: Italian newspapers.

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Les scènes d’amour, parfois érotiques, étaient relativement fréquentes dans les demeures de Pompéi. (Photo : C. Grandpey)

Renconstitution 3D d’une maison de Pompéi // 3D renconstruction of a Pompeii house

drapeau-francaisEn associant l’archéologie traditionnelle et la technologie 3D, les chercheurs de l’Université de Lund en Suède ont réussi à reconstruire une maison de Pompéi et à la présenter telle qu’elle était avant l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C.
Après le tremblement de terre catastrophique qui a secoué l’Italie en 1980, le conservateur des ruines de Pompéi a invité la communauté internationale à effectuer des recherches sur cette ville avant qu’elle se détériore encore davantage. C’est ainsi que le Projet Pompéi a commencé à l’Institut suédois de Rome en 2000.
Depuis 2010, les recherches sont gérées par le département d’archéologie et d’histoire ancienne de l’Université de Lund. Les quartiers de la ville de Pompéi ont été scannés pendant un travail sur le terrain en 2011-2012 et les premiers modèles 3D de la ville sont maintenant terminés. Ils montrent ce qu’était la vie des habitants de Pompéi avant l’éruption du Vésuve. Les chercheurs ont même réussi à réaliser une reconstruction détaillée d’une grande maison, appartenant à Caecilius Iucundus, un homme riche de cette époque.
Entre autres choses, les chercheurs ont découvert des surfaces de plancher datant de l’année 79 ; ils ont effectué des études détaillées de l’évolution de la construction à travers l’histoire, nettoyé et documenté trois grandes propriétés, une taverne, une laverie, une boulangerie et plusieurs jardins. Dans un jardin, ils ont découvert que certains des robinets qui alimentaient une étonnante fontaine fonctionnaient au moment de l’éruption; l’eau jaillissait encore quand la pluie de cendres et de ponce s’est abattue sur Pompéi.
Les chercheurs ont parfois aussi trouvé des vestiges parfaitement intacts. Dans un magasin ils ont découvert trois fenêtres en parfait état (fabriquées à partir de gypse translucide cristallin) de la Rome antique, empilées les unes contre les autres. En étudiant les systèmes d’alimentation en eau et les égouts, ils ont pu comprendre les hiérarchies sociales de l’époque, et constater que les détaillants et les restaurants étaient tributaires des grandes familles riches pour l’eau, en sachant que les conditions se sont améliorées dans les années qui ont précédé l’éruption.
Un aqueduc a été construit à Pompéi, ce qui a permis aux habitants de ne plus avoir à compter sur les puits ou les réservoirs d’eau de pluie que possédaient les grandes familles riches.
Voici deux vidéos montrant la maison reconstruite:
https://youtu.be/btJPddjWQVc

https://youtu.be/ETd7pszxhnc

Source Université de Lund

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drapeau-anglaisBy combining traditional archaeology with 3D technology, researchers at Lund University in Sweden have managed to reconstruct a house in Pompeii to its original state before the volcano eruption of Mount Vesuvius in 79 A.D..

After the catastrophic earthquake in Italy in 1980, the Pompeii city curator invited the international research community to help document the ruin city, before the state of the finds from the volcano eruption in AD 79 would deteriorate even further. The Swedish Pompeii Project was therefore started at the Swedish Institute in Rome in 2000.

Since 2010, the research has been managed by the Department of Archaeology and Ancient History in Lund. The Pompeii city district was scanned during the field work in 2011–2012 and the first 3D models of the ruin city have now been completed. The models show what life was like for the people of Pompeii before the volcano eruption of Mount Vesuvius. The researchers have managed to complete a detailed reconstruction of a large house, belonging to the wealthy man Caecilius Iucundus.

Among other things, the researchers have uncovered floor surfaces from AD 79, performed detailed studies of the building development through history, cleaned and documented three large wealthy estates, a tavern, a laundry, a bakery and several gardens. In one garden, they discovered that some of the taps to a stunning fountain were on at the time of eruption ; the water was still gushing when the rain of ash and pumice fell over Pompeii.

The researchers occasionally also found completely untouched layers. In a shop were three intact windows (made out of translucent crystalline gypsum) from Ancient Rome, stacked against each other. By studying the water and sewer systems they were able to interpret the social hierarchies at the time, and see how retailers and restaurants were dependent on large wealthy families for water, and how the conditions improved towards the end, before the eruption.

An aqueduct was built in Pompeii, enabling residents to no longer having to rely on a few deep wells or the tanks of collected rainwater in large wealthy households.

Here are two videos showing the reconstructed house:

https://youtu.be/btJPddjWQVc

https://youtu.be/ETd7pszxhnc

Source University of Lund

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Intérieur d’une maison à Pompéi (Photo: C. Grandpey)

 

Nouvelle découvertes de victimes à Pompéi // New discovery of victims at Pompeii

drapeau francaisDes fouilles récentes effectuées à la périphérie de Pompéi ont mis à jour de nouvelles victimes de l’éruption du Vésuve en l’an 79. Les archéologues ont découvert les restes de quatre personnes, dont une adolescente, dans les ruines d’un magasin. Il semble que le groupe cherchait à se mettre à l’abri dans l’arrière-boutique quand le volcan est entré en éruption
Les images des fouilles montrent une masse d’os au fond d’une tranchée. Les squelettes semblent avoir reçu la visite de pillards à la recherche d’objets de valeur, peu de temps après l’éruption. Ils ont toutefois oublié trois pièces d’or qui remontent aux années 74 et 78, ainsi qu’une fleur dans une feuille d’or qui faisait probablement partie d’un pendentif. Un four découvert dans la boutique laisse à penser que le bâtiment était un atelier de bronze.
La découverte vient s’ajouter aux centaines de corps qui ont déjà été mis à jour à Pompéi depuis le 19ème siècle. Les squelettes se trouvaient près de la nécropole située à l’extérieur de la Porta Ercolano qui ouvre la route vers Herculanum, autre ville ensevelie par l’éruption de 79.
En outre, les archéologues ont découvert une tombe datant du 4ème siècle avant. J.-C., avec six pots peints en noir autour du squelette de l’occupant de la tombe.
Source: Live Science.

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drapeau anglaisRecent excavations on the outskirts of Pompeii have revealed more victims of Mt Vesuvius eruption in 79 A.D. Archaeologists have discovered the remains of four people, including one teenage girl, in the ruins of a shop. It looks as if the group was trying to take shelter in the backroom of the shop when the volcano erupted

Images from the excavation show a jumbled mass of bones emerging from a trench. The skeletons appear to have been disturbed by looters who went digging through the ash in search of valuables some time after the volcanic eruption. However, they missed three gold coins that date back to between the years 74 and 78, as well as a flower in gold leaf, which probably was part of a pendant from a necklace. A furnace discovered in the shop has led the excavators to speculate that the building was a bronze workshop.

The discovery adds to the hundreds of bodies that have been found at Pompeii since the 19th century. The newly discovered skeletons were found near the necropolis outside of the Porta Ercolano which opened onto a road to Herculaneum, the other city that was buried in the same eruption.

Additionally, the archaeologists uncovered an intact pre-Roman tomb dating back to the fourth century B.C., complete with six black-painted pots surrounding the skeleton of the tomb’s occupant.

Source: Live Science.

Pompei fouilles

Crédit photo :  Soprintendenza Pompeii.