Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’éruption continue sur l’île d’Ambae (Vanuatu). Selon le VAAC de Wellington, les panaches de cendres peuvent s’élever à plus de 4 000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

L’activité à Ambae a commencé à s’intensifier fin novembre 2025, avec une forte hausse de la sismicité, des émissions de gaz et des retombées de cendres intermittentes jusqu’en décembre 2025, tandis que le volcan restait au niveau d’alerte 2. L’activité s’est intensifiée les 12 et 13 février 2026, avec une forte incandescence du cratère, une hausse des émissions de SO₂ et des retombées de cendres dans les secteurs sous le vent.

Crédit photo : VMGD

À ce moment-là, la zone à risque s’étendait sur 2 km autour des bouches éruptives actives. Le 25 février, le Département de météorologie et des risques géologiques du Vanuatu (VMGD) a relevé le niveau d’alerte à 3, ce qui correspond à une éruption mineure. La zone à risque a été étendue à 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.

Source : VMGD

Les autorités ont averti que les fortes pluies peuvent remobiliser les cendres accumulées dans les cours d’eau et les ravines, augmentant ainsi le risque de lahars. L’accès à la zone à risque de 3 km reste interdit.
Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) qui a commencé le 13 février 2026 se poursuit. L’OVPF indique qu’un nouveau bras de coulée a franchi le cassé des Grandes Pentes le 3 mars 2026, un peu plus au sud que la branche figée. Son activité est peu intense et ne présente pas de menace pour la RV2. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan. Le cône mentionné précédemment est désormais fermé latéralement On observe une importante activité en tunnel de lave en aval du cône. Le débit éruptif moyen est inférieur à 10 mètres cubes par seconde.

Le 4 mars 2026 , le volume de lave émis depuis le début de l’éruption était estimé à 10 millions de mètres cubes.

Source : OVPF.

Source: OVPF

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Cependant, une incandescence est visible mais irrégulière au niveau des deux bouches éruptives à l’intérieur du cratère de l’Halema’uma’u.

Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 10 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Il est important de rappeler que l’accès à la caldeira du Kilauea est strictement interdit. Un Hawaïen de 33 ans qui a ignoré cette interdiction est décédé après s’être aventuré sur le versant est de la caldeira. Les équipes de secours ont travaillé toute une nuit sur un terrain escarpé et instable avant de retrouver la victime le 27 février 2026. Il a été héliporté au centre médical de Hilo, où son décès a été constaté.
Dans un communiqué, le National Park Service a rappelé que la caldeira du Kilauea est un environnement dangereux, notamment avec des falaises instables et des structures volcaniques piégeuses, même en période d’absence d’activité. Il est fortement conseillé aux visiteurs de rester dans les zones autorisées et de respecter la signalisation.

Source : presse hawaïenne.

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L’éruption du Merapi (sur l’île de Java) se poursuit. Le dôme de lave sud-ouest continue de produire quotidiennement des avalanches de lave qui dévalent les flancs du volcan. Le niveau d’alerte reste à 3 (sur une échelle de 1 à 4) et le public est prié de se tenir à une distance de 3 à 7 km du sommet, selon les endroits.
Comme cela se produit souvent en Indonésie, de fortes pluies le 3 mars 2026 ont déclenché un lahar dévastateur qui a déferlé le long de la ravine de la Kali Senowo, emportant au moins trois camions d’extraction de sable et une voiture. Cette coulée de boue s’est produite après plusieurs heures de fortes pluies qui ont remobilisé des dépôts de cendres et autres matériaux qui s’étaient accumulés après des semaines d’effondrement du dôme et d’activité volcanique. Aucun blessé n’a été signalé, mais les dégâts matériels sont considérables.
Voici une courte vidéo de l’événement diffusée sur les réseaux sociaux :
https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, médias indonésiens.

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Une hausse de l’activité sismique a été enregistrée ces derniers jours sur le Bulusan (Philippines). Seize événements étaient d’origine volcano-tectonique, à des profondeurs de 3 à 6 km sous les flancs nord et sud-est du volcan. Le niveau d’alerte 0 reste en vigueur. Cependant, le PHIVOLCS précise que la récente hausse de la sismicité pourrait être causée par l’activation de processus hydrothermaux sous le volcan, ce qui est susceptible de provoquer une éruption phréatique soudaine.

Crédit photo: Wikipedia

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Toujours aux Philippines, l’activité éruptive se poursuit sur le Kanlaon. Une éruption explosive de deux minutes, le 26 février 2026, a généré un épais panache de cendres qui s’est élevé à 2,5 km au-dessus du sommet. Des éclairs ont été observés au moins trois fois dans ce panache. Des projections incandescentes ont été éjectées jusqu’à 1,5 km au-dessus du cratère sommital et ont atterri jusqu’à 1 km au sud et 1,5 km au sud-est. Ces éjectas incandescents ont déclenché deux incendies en bordure de forêt, sur les flancs sud et sud-est. Des coulées pyroclastiques ont dévalé les flancs est et sud-est jusqu’à 2 km de distance. Des retombées de cendres ont été signalées dans 16 villes.
Des séismes volcaniques et des épisodes de trémor ont été enregistrés les jours suivants. Le niveau d’alerte reste à 2 (sur une échelle de 0 à 5) et le public est prié de rester en dehors de la zone de danger permanent (ZDP) de 4 km de rayon.

Source : Phivolcs.

Crédit photo: Phivolcs

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Une explosion soudaine s’est produite dans la Bocca Nuova de l’Etna (Sicile), le 4 mars 2026, provoquant une brève émission de cendres visibles sur les caméras de surveillance de l’INGV. Cette éruption a suivi un essaim sismique sur le flanc sud-ouest du volcan quelques heures auparavant, avec un événement de magnitude M4,5.
Le panache de cendres s’est dissipé en quelques minutes. Aucune colonne ni émission de cendres prolongée n’a été observée.

Source : INGV

Image de l’explosion du 4 mars 2026 (Source : INGV)

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L’IGP m’a adressé un message indiquant qu’une explosion avec émission d’un panache de cendres a été observée le 4 mars 2026 sur le Sabancaya (Pérou). Le panache est monté jusqu’à plus de 2000 mètres de hauteur avant de s’étirer sur une dizaine de kilomètres.

Le niveau d’alerte reste à l’Orange (niveau 3 sur une échelle de 4 couleurs) et il est demandé au public de respecter une zone de 12 km de rayon par rapport au sommet du volcan.

Source : IGP

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C’est un peu toujours la même histoire en Islande : les scientifiques du Met Office s’attendent toujours à une éruption quelque part le long de la chaîne de cratères de Sundhnúkur, sur la péninsule de Reykjanes. Comme indiqué précédemment, avec environ 22,5 millions de mètres cubes de magma sous Svartsengi, le volume a atteint un niveau proche du record absolu enregistré entre deux éruptions depuis le début de la séquence éruptive actuelle, fin 2023. Le magma s’accumule depuis environ 210 jours.
Malgré cette pause prolongée entre les éruptions, les autorités précisent qu’une accalmie ne signifie pas nécessairement la fin de l’épisode volcanique.

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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The eruption at Ambae (Vanuatu) continues. Ash plumes may rise more than 4,000 meters above sea leval, according to the Wellington VAAC.

Volcanic activity at Ambae began increasing in late November 2025, with continued seismic unrest, gas emissions, and intermittent ash release through December 2025 while the volcano remained at Alert Level 2. Activity intensified during February 12–13, 2026, when strong crater incandescence, elevated SO2 emissions, and ashfall downwind were reported.

At that time, the designated hazard zone extended 2 km from the active vents.

On February 25, the Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD) raised the Alert Level to Level 3, indicating a minor eruption state. The hazard area was expanded to 3 km around the active vent within Lake Voui (see image above).

Authorities have warned that heavy rainfall can remobilize accumulated ash into streams and drainages, increasing the risk of lahars. Entry into the 3 km hazard zone remains prohibited.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, 2026, continues. The OVPF reports that a new lava flow coming from the existing lava field crossed the Grandes Pentes rupture on March 3, 2026, slightly further south than the motionless branch. Its activity is low and does not pose a threat to the RN2 highway. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano. The previously mentioned cone is now laterally closed. Significant lava tube activity is observed downslope of the cone. The average eruptive flow rate is less than 10 cubic meters per second.

By 4 March 2026, about 10 million cubic meters of lava had erupted since the start of the eruption.

Source: OVPF.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). However, incandescence is visible but irregular at both vents within Halema’uma’u Crater.

Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 10-16.

Source : HVO.

Visitors should keep in mind that entering the Kilauea caldera is strictly prohibited. A 33-year-old Hawaii resident who ignored the interdiction died after entering the east side of the caldera. Search and rescue teams worked through the night in steep and unstable ground before locating the individual on Febryary 27, 2026. He was airlifted from the area and taken to Hilo Medical Center, where he was pronounced deceased.

In a news release, the National Park Service reiterated that the Kilauea caldera contains inherently dangerous terrain, including unstable cliff edges and volcanic features, even when volcanic activity is paused. Visitors are urged to stay within designated open areas and comply with all closures and warning signs.

Source : Hawaiian news media.

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The eruption at Merapi (on the island of Java) continues. The SW lava dome keeps producing daily lava avalanches that descended the flanks of the volcano. The Alert Level remains at 3 (on a scale of 1-4), and the public is asked to stay 3-7 km away from the summit, based on location.

As often happens in Indonedia, heavy rainfall on March 3, 2026, triggered a destructive lahar swept through the Kali Senowo drainage, carrying at least three sand-mining trucks and one car downstream. The flow followed several hours of heavy rain that re-mobilized fresh volcanic deposits that had accumulated after weeks of dome collapse and lava-flow activity. No casualties have been reported so far, but equipment damage was considerable.

Here is a short video of the event as seen on the social media :

https://x.com/i/status/2028807308340551853

Source : CVGHM, Indonedian news media.

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Increased seismic activity has been recorded at Bulusan volcano (Philippines) in recent days. Sixteen events were classified as volcano-tectonic earthquakes occurring at depths of 3–6 km beneath the northern and southeastern flanks of the volcano. Alert Level 0 remains in effect,. However, PHIVOLCS specifies that the recent increase in seismicity may indicate that hydrothermal processes beneath the volcano are underway and could lead to a sudden phreatic eruption.

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Still in the Philippines, eruptive activity continues at Kanlaon (Philippines). A two-minute explosive eruption on 26 February 2026 generated a dense ash plume that rose 2.5 km above the summit. Lightning in the ash plume was visible at least three times. Incandescent ballistics were ejected as high as 1.5 km above the summit crater rim and landed as far as 1 km S and 1.5 km SE. Incandescent, hot ejecta ignited two fires along the forest margins on the upper S and SE flank. Pyroclastic flows descended the E and SE flanks as far as 2 km. Ashfall were reported in 16 cities.
Volcanic earthquakes and periods of tremor were recorded the following days. The Alert Level remains at 2 (on a scale of 0-5) and the public is asked to stay out of the 4-km-radius Permanent Danger Zone (PDZ).

Source : Phivolcs.

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An impulsive explosion occurred at Mount Etna‘s Bocca Nuova (Sicily) on March 4, 2026, producing a short-lived ash emission observed by surveillance cameras operated by the INGV (see image above). The eruption followed a seismic swarm on the volcano’s southwestern flank earlier in the day, which included a notable M4.5 event.

The ash plume dispersed within minutes. No persistent ash column or prolonged emission was reported.

Source : INGV.

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The IGP has sent me a message indicating that an explosion with an ash plume was observed on March 4, 2026, at Sabancaya (Peru). The plume rose to a height of over 2,000 meters before drifting over approximately ten kilometers. (see image above)

The Alert Level remains at Orange (the third level on a four-color scale) and the public is asked to stay outside a 12 km radius from the summit.

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It’s always the same story in Iceland where scientists at the Met Office are still expecting an eruption somewhere along the Sundhnúkur crater row on the Reykjanes Peninsula. As indicated previously, with around 22.5 million cubic metres, magma beneath the Svartsengi area is approaching the highest level recorded between eruptions since the current eruption sequence began in late 2023. Magma has been accumulating for around 210 days.

Despite the extended pause in eruptions, authorities note that a lull does not necessarily mean the volcanic episode has ended.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Mauna Loa (Hawaï) : observer le passé pour comprendre le futur // Observation of the past to understand the future

L’éruption du Mauna Loa en 2022 fut la première de ce volcan en 38 ans et la première depuis l’avènement des instruments de mesure modernes. Les scientifiques continuent d’étudier le Mauna Loa depuis cette éruption, notamment les changements subtils survenus récemment.
Sur le long terme, les premiers signes de l’éruption de 2022 sont apparus en 2014, avec une hausse de la sismicité et des déformations. Ces paramètres ont fluctué jusqu’en 2019, date à laquelle ils ont recommencé à montrer qu’une éruption était susceptible de se produire. .
En 2021, les scientifiques du HVO ont observé des changements sur un inclinomètre du Mauna Loa. C’était le premier enregistrement d’un signal volcanique par cet instrument. Il indiquait que le magma avait atteint une faible profondeur et constituait un indicateur important de la proximité d’une éruption.
L’éruption de 2022 a débuté le 27 novembre, précédée d’une crise sismique d’une heure et d’un gonflement rapide du sommet. L’éruption a débuté dans la région sommitale avant de se propager dans la zone de rift nord-est du Mauna Loa, où de multiples fissures ont généré des coulées de lave qui ont dévalé la pente en direction de la Saddle Road.
La sismicité s’est ensuite calmée et les déformations observées pendant l’éruption ont été suivies d’une déflation rapide de la chambre magmatique du Mauna Loa. L’éruption a cessé le 13 décembre 2022.
Les GPS ont rapidement commencé à enregistrer des mouvements d’inflation après la fin de l’éruption, probablement dus à la remontée de magma depuis les profondeurs vers la chambre magmatique qui s’était vidangée pendant l’éruption. Ce remplissage rapide s’est poursuivi pendant environ six mois.

Le schéma de déformation autour du sommet du Mauna Loa a changé en novembre 2025. Alors que les instruments indiquaient précédemment un regonflement de la chambre magmatique sous la caldeira sommitale du Mauna Loa, l’inflation s’est déplacée vers un secteur situé sous la partie sud-ouest de la zone sommitale. Ce n’était pas la première fois que ce schéma était observé. Les déformations observées en 2015 avaient évolué de manière similaire. À cette époque, le gonflement de la chambre magmatique sud-ouest s’était poursuivi jusqu’à fin 2016 avant de se déplacer vers la partie centrale située sous la caldeira sommitale. En 2025, la déformation a connu un retour à sa position initiale beaucoup plus rapide ; en effet, dès le 15 décembre, le centre de gonflement se trouvait de nouveau sous la caldeira sommitale.
Fait intéressant, les changements de déformation de 2025 se sont accompagnés de variations du tilt nettement visibles sur un inclinomètre au sommet. Ce n’était pas le cas en 2015, année où seule une déformation volcanique a été enregistrée.
Le fait que cette déformation de 2025 soit détectable par les inclinomètres indique que le magma est encore relativement peu profond à l’intérieur du volcan, probablement entre 2 et 2,8 kilomètres sous la surface. Cependant, la sismicité du Mauna Loa est plus faible que pendant les huit années qui ont précédé l’éruption de 2022. Cela signifie que la déformation observée correspond probablement à un simple remplissage passif de la chambre magmatique, sans aucun signe d’éruption imminente. Ce schéma a également été observé après les éruptions du Mauna Loa en 1975 et 1984. Une inflation rapide a été enregistrée sans forte sismicité. Ce n’est qu’avec la reprise des séismes que le volcan a clairement annoncé sa prochaine éruption.

La préparation de la prochaine éruption pourrait être différente de celle de 2022, notamment si le Mauna Loa reprend un rythme d’éruptions plus rapproché, comme ce fut le cas avant 1984. Le niveau d’alerte volcanique du Mauna Loa est actuellement Normal. Les scientifiques du HVO s’attendent à observer d’autres changements, tels qu’une hausse de la sismicité ou des émissions de gaz, avant toute nouvelle éruption.
Source : USGS / HVO.

 

Graphiques montrant la déformation du sol et les données sismiques au cours de trois éruptions du Mauna Loa : 2022, 1984 et 1975. Les barres vertes indiquent le nombre de séismes de magnitude supérieure à M2,0 pour chaque mois. Les points et lignes bleus correspondent aux variations de longueur de ligne mesurées par des télémètres en 1975 et 1984, et par GPS en 2022, entre deux stations situées de part et d’autre de la caldeira sommitale. Les points noirs du graphique de 2022 représentent les mesures d’inclinaison du sol effectuées par un inclinomètre installé au sommet du Mauna Loa en 1999. (Source : USGS / HVO).

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The 2022 Mauna Loa eruption was the first eruption of this volcano in 38 years and the first during the current era of modern instrumentation. Scientists continue to learn about Mauna Loa monitoring since the 2022 eruption, including subtle recent changes.

The long-term buildup to the 2022 eruption began in 2014, with an increase in seismicity and deformation as measured by the Hawaiian Volcano Observatory (HVO). These parameters fluctuated until 2019, when they began to increase again.

HVO scientists observed changes in 2021 on a Mauna Loa tiltmeter, representing the first time a volcanic signal was recorded on that instrument. The signal was evidence that magma reached a shallow depth in 2021, and it was an important indicator that the buildup to eruption was evolving.

The 2022 eruption began on November 27, preceded by an hourlong earthquake swarm and rapid summit inflation. It started in the summit region before moving into Mauna Loa’s Northeast Rift Zone.where multiple fissures produced lava flows that travelled downslope toward the Saddle Road.

Seismicity quieted down and deformation during the eruption indicated rapid deflation of Mauna Loa’s magma chambers. The eruption stopped by December 13, 2022.

GPS instruments quickly began to show inflationary motion following the end of the eruption, presumably because magma rose from deeper in the volcano into the magma chambers depleted during the eruption. This rapid refilling continued for about 6 months.

The deformation pattern around Mauna Loa’s summit changed in November 2025. Where previous motions indicated reinflation of magma chamber underneath Mauna Loa’s summit caldera, inflation shifted to a body underneath the southwestern portion of the summit region. This was not the first time this pattern was observed. Deformation seen in 2015 with GPS shifted in a similar way. By that time, inflation of the southwestern magma chamber continued until late 2016 before switching back to the more central body under the summit caldera. In 2025, deformation switched back much faster ; indeed, by December 15, the inflation center was again under the summit caldera.

Interestingly, the 2025 deformation changes were also accompanied by clear changes in tilt at a summit tiltmeter. This was not the case in 2015, when only volcanic deformation was recorded.

The fact that this deformation is detectable on tiltmeters is an indication that magma is still fairly shallow in the volcano, possibly between 2 to 2.8 kilometers below the surface. However, there is less seismicity at Mauna Loa than at almost any time during the 8 years of unrest before the 2022 eruption. This means the deformation we are seeing is likely just passive refilling in the volcano, with no indication that it is moving toward eruption.

This pattern was observed following the 1975 and 1984 Mauna Loa eruptions as well. Rapid inflationary deformation was recorded without much seismicity. It wasn’t until earthquakes started again that the volcano clearly began moving toward its next eruption.

Buildup to the next eruption might not look the same as it did in 2022. Especially if Mauna Loa returns to producing eruptions more frequently than decades apart, as it did prior to 1984. The Volcano Alert Level for Mauna Loa is currently at Normal. HVO scientists expect to see additional changes such as increased seismicity or gas emissions before any future eruption.

Source : USGS / HVO.

Volcans du monde // Volcanoes of the world

Voici quelques informations sur l’activité volcanique dans le monde, fournies par les observatoires et par le Global Volcanism Network de la Smithsonian Institution.

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L’activité de la Montagne Pelée (Martinique) montre un niveau faible avec 4 séismes d’origine volcanique enregistrés entre le 13 février et le 20 février 2026, contre 52 événements de ce type du 6 au 13 février 2026, entre 1,0 et 1,4 km de profondeur sous le sommet du volcan. D’après l’OVSM, cette sismicité est associée à de la micro-fracturation dans l’édifice volcanique, en lien avec la réactivation globale du volcan observée depuis 2019.

L’Observatoire n’a pas divulgué les résultats de la campagne effectuée en janvier 2026 pour analyser les éventuelles déformations de l’édifice volcanique.

Si la probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible, l’OVSM précise qu’une évolution de la situation à moyen terme ne peut être exclue au regard des observations collectées depuis fin 2018.

Le niveau d’alerte volcanique reste en vigilance Jaune.

Source : OVSM.

Photo: C. Grandpey

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L’USGS indique qu’aucun signe d’activité volcanique n’a été observé au niveau du volcan sous-marin Ahyi (Îles Mariannes du Nord) depuis le 9 janvier 2026, date à laquelle les dernières images satellites ont révélé un panache d’eau décolorée à proximité du volcan. Des capteurs de pression sous-marins installés près de l’île de Wake (à 2 250 km à l’est d’Ahyi) n’ont également détecté aucune activité en provenance de l’Ahyi depuis plusieurs semaines.
En raison de l’absence apparente d’activité et du manque de stations de surveillance à proximité de l’Ahyi, la couleur de l’alerte aérienne et le niveau d’alerte volcanique ont été abaissés à « Unassigned », ce qui signifie qu’aucun niveau d’alerte n’est actuellement attribué à ce volcan.
Source : USGS.

Source: USGS

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Le niveau d’alerte volcanique pour Ambae (Vanuatu) a été relevé à 3 le 23 février 2026, suite à une intensification de l’activité éruptive qui avait débuté le 20 février. Les émissions de cendres atteignaient 4 900 m d’altitude le 24 février, et la zone à risque a été étendue à un rayon de 3 km autour de la bouche active dans le lac Voui.
Les données sismiques montrent un trémor volcanique continu et des événements volcano-sismiques; elles indiquent une activité éruptive soutenue au sein du lac Voui, confirmée par les images de webcams et les observations au sol qui montrent de volumineux panaches de cendres.
https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

En début de journée le 24 février, les panaches atteignaient une altitude estimée à 2 500 m. Les données satellitaires ont détecté des émissions de SO₂ très élevées et des anomalies thermiques modérées, reflétant des températures de surface élevées. Des retombées de cendres et des pluies acides pourraient affecter les villages d’Ambae et des îles voisines, en particulier ceux situés sous le vent.

L’île d’Ambae (16 x 38 km) possède un cône sommital abritant trois lacs de cratère. L’activité éruptive actuelle reste confinée au lac Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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L’éruption du Piton de la Fournaise (Île de la Réunion) débutée le 13 février, se poursuit. Un seul site éruptif reste actif sur le flanc sud-sud-est du volcan, avec des fontaines de lave et la formation progressive d’un cône. Une activité en tunnel de lave se développe en aval.

Le trémor éruptif reste globalement faible et stable, avec des fluctuations d’amplitude observées de façon périodique.

Les débits de lave en surface sont estimés entre 1 et 19 m³/s. Le 24 février 2026, environ 7 millions de mètres cubes de lave avaient été émis depuis le début de l’éruption.

À noter que la baisse de la sismicité sommitale se confirme. Un seul séisme sommital a été observé depuis le 22 février. Il est donc peu probable que l’on assiste à l’ouverture de nouvelles fissures.

De plus, la phase de déflation de la zone sommitale liée à la vidange du réservoir magmatique superficiel alimentant le site éruptif est désormais terminée.

Source : OVPF.

La seule question est de savoir pendant combien de jours l’éruption va encore durer.

 

Évolution de l’amplitude du trémor éruptif entre le 13 et le 25 février 2026 (Source : OVPF)

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L’activité de coulée de lave observée 22 février 2026 sur le Stromboli (Sicile) est terminée, jusqu’à la prochaine fois, car le phénomène est récurrent. L’activité strombolienne se poursuit dans les zones cratèriques nord et centre-sud. D’un point de vue sismique, l’amplitude moyenne du trémor volcanique se situe actuellement dans la moyenne. Les réseaux de surveillance des déformations du sol ne montrent aucun changement significatif.

Source : INGV.

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Après la fin de l’Épisode 42 le 15 février 2026, aucune activité significative n’est actuellement observée sur le Kilauea (Hawaï). Les modèles préliminaires montrent que le déclenchement des fontaines de lave de l’Épisode 43 pourrait se produire entre le 6 et le 16 mars 2026.
Source : HVO.

Image webcam de l’Épisode 42

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Un volcan de boue est entré en éruption dans la municipalité de San Juan de Urabá (Colombie) le 25 février 2026, générant une haute colonne de flammes qui a ravagé la végétation sèche et provoqué de larges fissures sur les routes menant à Siete Vueltas et Juancito Viejo. Trois maisons ont dû être évacuées. Bien qu’aucun blessé ni aucune perte humaine n’ait été signalé, plusieurs animaux de la région ont péri. L’éruption a également endommagé la station d’épuration des eaux voisine.
L’événement s’est produit dans le bassin du golfe d’Urabá, sur la plaine côtière caraïbe, où se trouvent des couches sédimentaires sous pression et des sols riches en hydrocarbures. Les éruptions se produisent lorsque des fluides sous pression remontent à travers des failles à l’intérieur des sédiments marins, libérant de la boue, de la saumure et du gaz. Lorsque les concentrations de méthane sont élevées, le gaz peut s’enflammer au contact de l’oxygène ou d’une source de chaleur externe.

Selon le Service géologique colombien (SGC), la Colombie compte plus de 100 volcans de boue et de nombreuses sources de gaz et de boue de plus petite taille, réparties dans les districts d’Atlántico, de Córdoba, de Sucre, de Bolívar et d’Antioquia.
Source : Service géologique colombien (SGC).

Image de l’éruption (Source : réseaux sociaux)

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Le Sheveluch est le seul volcan du Kamtchatka dont la couleur de l’alerte aérienne est actuellement Orange. Elle est Jaune ou Verte pour les autres volcans.
L’éruption explosive-extrusive se poursuit, accompagnée de puissantes émissions de gaz et de vapeur. Les données satellitaires montrent des explosions qui projettent des cendres jusqu’à 10 km d’altitude. Les panaches de cendres dérivent généralement sur plus de 450 km à l’est du volcan, où une anomalie thermique est également observée.
Source : KVERT.

Crédit photo: KVERT

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L’activité reste globalement stable sur les autres volcans mentionnés dans les bulletins précédents « Volcans du monde ».
Ces informations ne sont pas exhaustives. Vous pourrez en obtenir d’autres en lisant le rapport hebdomadaire de la Smithsonian Institution :
https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Here is some news about eruptive activity around the world, provided by observatories and the Smithsonian Institution’s Global Volcanism Network.

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Volcanic activity at Mount Pelée (Martinique) is currently low, with only 4 volcanic earthquakes recorded between February 13 and 20, 2026, compared to 52 such events between February 6 and 13, 2026, occurring at depths of 1.0 to 1.4 km beneath the volcano’s summit. According to the OVSM, this seismicity is associated with microfracturing within the volcanic edifice, linked to the overall reactivation of the volcano observed since 2019.

The Observatory has not yet released the results of the campaign conducted in January 2026 to analyze potential deformation of the volcanic edifice.
While the probability of an eruptive activity in the short term remains low, the OVSM specifies that a change in the situation in the medium term cannot be ruled out, given the observations collected since the end of 2018.

The volcanic alert level remains at Yellow.

Source: OVSM.

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The USGS indicates that no signs of volcanic unrest have been observed at Ahyi seamount (Northern Mariana Islands) since January 9, 2026, when satellite views last saw a plume of discolored water near the seamount. Distant underwater pressure sensors near Wake Island (2,250 km east of Ahyi) have also not detected any activity from the direction of Ahyi seamount for several weeks.
Due to the apparent absence of activity, and the lack of local monitoring stations near Ahyi Seamount, the Aviation Color Code and Volcano Alert Level are being lowered to UNASSIGNED.

Source : USGS.

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The Volcanic Alert Level for Ambae (Vanuatu) was raised to 3 on February 23, 2026, following increased eruptive activity that began on February 20. Ash emissions reached up to 4 900 m above sea level on February 24, and the hazard zone was extended to a 3 km radius around the active vent in Lake Voui.

Seismic data show continuous volcanic tremor and volcano-seismic events, indicating sustained eruptive processes within Lake Voui.Webcam imagery and ground observations confirm ongoing emissions of ash and volcanic gas.

https://twitter.com/i/status/2026263680942289295

Early on February 24, volcanic clouds reached an estimated height of 2 500 m above sea level. Satellite data detected very high SO2 emissions and moderate thermal anomalies, reflecting elevated surface temperatures. Ashfall and acid rain may affect villages on Ambae and nearby islands, particularly downwind sectors.

Ambae (16 x 38 km) contains a summit cone with three crater lakes. The current eruptive activity remains confined to Lake Voui.

Source : Vanuatu Meteorology and Geo-Hazards Department (VMGD).

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The eruption of Piton de la Fournaise (Réunion Island), which began on February 13, continues. Only one eruptive site remains active on the south-southeast flank of the volcano, with lava fountains and the progressive formation of a cone. Lava tube activity is developing downslope.
The eruptive tremor remains generally low and stable, with amplitude fluctuations observed periodically.
Surface lava flow rates are estimated at between 1 and 19 m³/s. By February 24, 2026, approximately 7 million cubic meters of lava had been emitted since the start of the eruption.

It should be noted that the decrease in summit seismicity is confirmed. Only one summit earthquake has been observed since February 22nd. Therefore, the opening of new fissures is unlikely.

Furthermore, the deflation phase of the summit area linked to the drainage of the shallow magma reservoir feeding the eruptive site is now over.
Source: OVPF.

The only question is how many more days the eruption will last.

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The lava flow activity observed on February 22, 2026, on Stromboli (Sicily) has ended, until the next time, as the phenomenon is recurrent. Strombolian activity continues in the northern and central-southern crater areas. From a seismic perspective, the average amplitude of volcanic tremor is currently within the normal range. Ground deformation monitoring networks show no significant changes.
Source: INGV.

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After the end of Episode 42 on February 15 2026, no significant activity is currently observed at Kilauea (Hawaii). Preliminary models suggest the likely forecast window for the onset of Episode 43 lava fountaining is March 6-16.

Source : HVO.

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Sheveluch is the only volcano in Kamchatka whose aviation color code is Orange. It is Yellow or green for the other volcanoes.

The explosive-extrusive eruption of the volcano continues, accompanied by powerful gas-steam activity. Satellite data show explosions that send ash up to 10 km a.s.l. Ash plumes usually drift over 450 km to the east of the volcano where a thermal anomaly is also observed.

Source : KVERT.

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Activity remains globally stable on other volcanoes mentioned in the previous bulletins « Volcanoes of the world ».

This information is not exhaustive. You can find more by reading the Smithsonian Institution’s weekly report:

https://volcano.si.edu/reports_weekly.cfm

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Analyse des inclusions pour mieux comprendre le magma // Analysis of inclusions to better understand magma

Les gaz volcaniques peuvent nous fournir des informations essentielles avant une éruption. Pour les analyser, les scientifiques du HVO font appel à des pétrologues, spécialistes de l’étude de la formation des roches et des minéraux, capables de détecter les gaz emprisonnés dans les roches volcaniques. La mesure des gaz contenus dans les roches volcaniques permet d’estimer leur composition et la profondeur du magma avant l’éruption et l’émission de la lave. Ces gaz emprisonnés sous la surface sont appelés éléments volatils et peuvent se présenter sous forme solide, liquide ou gazeuse.

L’expression « gaz » désigne un élément volatil passé à l’état de vapeur. Les gaz les plus fréquemment émis en surface (ou éléments volatils en phase vapeur) sont l’eau, le dioxyde de carbone (CO₂) et le dioxyde de soufre (SO₂).

Les scientifiques peuvent mesurer les éléments volatils piégés dans le magma avant son éruption en analysant de minuscules gouttelettes emprisonnées dans des cristaux comme l’olivine. Ces gouttelettes, appelées inclusions, peuvent contenir différents matériaux : des inclusions de magma (liquide) ou des inclusions fluides. Les inclusions de magma contiennent le magma à l’état solide, tandis que les inclusions fluides peuvent contenir des gouttelettes d’eau, de dioxyde de carbone et de dioxyde de soufre à l’état liquide ou gazeux. Une fois piégée, l’inclusion est contenue dans le cristal qui l’entoure, qui agit comme une capsule de pression et conserve des informations sur le magma au moment de sa formation.

Les inclusions fluides dans les volcans sont principalement composées de dioxyde de carbone. Aux températures magmatiques (1 200 °C, soit 2 192 °F), la densité du dioxyde de carbone dépend fortement de la pression, elle-même influencée par la profondeur du magma à cet instant précis. Ainsi, en mesurant la densité du dioxyde de carbone au sein d’une inclusion fluide, on peut estimer la pression à laquelle cette inclusion a été piégée dans le cristal en croissance et en déduire la profondeur à laquelle se trouvait le magma lors de la formation de ce cristal. La détermination de la profondeur de stockage des cristaux est essentielle pour comprendre où résident et comment se comportent les magmas, superficiels ou profonds, sous la surface avant une éruption.

La densité des inclusions fluides est mesurée en préparant de fines lames de cristaux, analysées par spectroscopie Raman. La spectroscopie Raman est définie comme « une méthode d’analyse chimique non invasive. C’est une spectroscopie vibrationnelle à l’instar de la spectroscopie infrarouge (IR) qui fournit une caractérisation simultanée de la composition chimique d’un matériau, de son environnement ou encore de son degré d’oxydation. » L’une des difficultés de ce processus réside toutefois dans la taille infime des inclusions fluides, qui les rend difficiles à identifier. Leur diamètre peut varier de 0,010 mm à 0,10 mm environ.

En 2025, des scientifiques du HVO ont animé et participé à un atelier à l’Université d’Hawaï à Hilo, destiné aux étudiants de premier cycle et aux professeurs. Cet atelier portait sur la préparation et l’identification des échantillons d’inclusions fluides. Les participants ont appris les techniques de laboratoire permettant d’identifier les inclusions fluides et de préparer correctement les cristaux pour la spectroscopie Raman. Les résultats préliminaires d’étude d’échantillons s’étalant de mi-janvier 2025 à début juillet 2025 montrent que les magmas provenaient d’une profondeur d’environ 1,6 km sous la surface, ce qui correspond à l’emplacement de la chambre magmatique superficielle de l’Halemaʻumaʻu.

Voici deux images d’un cristal d’olivine observé au microscope pétrographique (ou polarisant).

L’image A montre l’olivine avec inclusion de magma (melt – couleur jaunâtre) contenant une bulle de gaz (cercle noir).

L’image B est un gros plan de l’olivine mettant en évidence une inclusion fluide (cercle noir, point blanc au centre) et une inclusion de magma (melt).

Source : Volcano Watch, USGS / HVO.

 Cette étude sur les inclusions en milieu volcanique a fait remonter en moi le souvenir d’une très longue conversation que j’ai eue un jour à Nicolosi (Sicile) avec Roberto Clocchiatti qui m’a expliqué l’intérêt d’étudier les inclusions pour mieux appréhender le comportement du magma. Roberto m’a conseillé la lecture de plusieurs ouvrages. Un de ces moments précieux que j’ai eu le privilège de vivre sur le terrain volcanique…

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Volcanic gases can give us critical information in the lead up to an eruption. To analyse them, HVO scientists need to turn to petrologists who study the origins of rocks and minerals and who can find gases trapped within volcanic rocks. Gases within volcanic rocks can be measured to estimate gas compositions and magma storage depths before lava erupts on the surface. These gases trapped below the surface are called volatiles whose composition can be a solid, liquid or vapor phase.

When referred to as a gas, it means a volatile transitioned into the vapor phase. The most common gases – or vapor phase volatiles – emitted at the surface are water, carbon dioxide (CO2) and sulfur dioxide (SO2).

Scientists can measure volatiles trapped within the magma before it erupts by analyzing tiny droplets that become trapped within crystals such as olivine. These tiny droplets, called inclusions, can contain different materials. They can be melt inclusions or fluid inclusions. Melt inclusions contain the magma, in solid form, while fluid inclusions can contain drops of water, carbon dioxide and sulfur dioxide in the liquid or gas phase. Once an inclusion is trapped, the surrounding crystal acts as a pressure-capsule and retains information about the magma at the time the inclusion was formed.

Fluid inclusions in volcanoes are dominantly composed of carbon dioxide. At magmatic temperatures – 1,200 degrees Celsius, 2,192 degrees Fahrenheit- the density of the carbon dioxide strongly depends on pressure, which is influenced by the depth of the magma at that point in time.

Thus, if we can measure the density of the carbon dioxide within a fluid inclusion, we can estimate the pressure at which that fluid inclusion was trapped in the growing crystal and infer the depth under the volcano where the magma was when that crystal grew. Determining storage depths of crystals has large implications for how we understand volcanoes and how shallow or deep magmas reside below the surface before they rise to erupt.

Fluid inclusion density is measured by creating thin slices of the crystals that are analyzed using Raman Spectroscopy. One challenge in this process, however, is that fluid inclusions are so very tiny they can be hard to identify. They can range in size from about 0.0004 (0.010 mm) to 0.004 inches 0,10 mm) in diameter.

Hawaiian Volcano Observatory scientists in 2025 conducted and participated in a short workshop at University of Hawaiʻi at Hilo for undergraduate students and professors discussing fluid inclusion sample preparation and identification. They learned laboratory techniques for identifying fluid inclusions and how to properly prepare the crystals for Raman Spectroscopy. Preliminary results from episodes that span from mid-January 2025 to early July 2025 show that the magmas came from about 1.6 km deep beneath the surface, which is the location of the shallow Halemaʻumaʻu magma chamber.

Source : USGS / HVO.