Une meilleure surveillance des volcans islandais // A better monitoring of Iceland’s volcanoes

drapeau francaisAprès Le Piton de la Fournaise (Ile de la Réunion), c’est au tour des volcans islandais d’être l’objet d’une surveillance accrue. Jusqu’à 100 capteurs différents, dont certains ont été installés cet été, seront utilisés pour surveiller les volcans en Islande dans le cadre d’un vaste projet de recherche financé par l’Union Européenne grâce à une subvention de 6,3 millions d’euros.
Des réseaux GPS, des sismographes, des radars, des capteurs capables de mesurer les variations de gaz volcaniques, les changements dans le champ électrique, l’expansion des volcans ainsi que les ondes sonores, seront placés sur les principaux volcans du pays, avec une instrumentation plus dense sur les plus actifs. Certains de ces capteurs n’ont encore jamais été utilisés en Islande, comme les capteurs d’ondes sonores qui ont été placés dans la forêt de Þjórsárdalsskógur cet été.
Avec autant de capteurs, on espère pouvoir prévoir le début d’une éruption plus longtemps à l’avance. On espère aussi que le déroulement d’une éruption sera anticipé avec plus de précision et que les prévisions de distribution de la cendre seront faites de façon plus détaillée.
L’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010 a montré qu’il était nécessaire d’améliorer les plans d’intervention et l’Islande est devenue une sorte de laboratoire d’expérimentation pour le reste du monde.

La modernisation des réseaux de surveillance volcanique sur le Piton de la Fournaise et en Islande me conduit à faire plusieurs remarques. Les volcans dans les deux pays ne sont pas les plus dangereux du monde et je pense qu’une plus grande priorité devrait être accordée aux « volcans tueurs », comme le Kelut ou le Merapi en Indonésie, qui sont une menace permanente pour les populations locales. Une fois encore, cela montre que les pays en voie de développement sont encore très négligés par leurs homologues industrialisés!
En ce qui concerne les nuages ​​de cendre, même si le nouveau système permet  de mieux les anticiper, je ne suis pas certain que les autorités seront en mesure de mieux les gérer. Comme je l’ai déjà écrit, si un autre volcan islandais « malpropre »vient à entrer en éruption, je suis sûr que la gêne causée au trafic aérien sera la même qu’en 2010 !

Source: Iceland Review. L’intégralité de l’article peut être lue avec ce lien:

http://icelandreview.com/icelandreview/daily_news/Volcanoes_in_Iceland_to_be_Monitored_More_Closely_0_402558.news.aspx

 

drapeau anglaisAfter The Piton de la Fournaise (Reunion Island), it’s up to Icelandic volcanoes to be monitored more closely. Up to 100 different sensors, some of which were put in place this summer, will be used to monitor volcanoes in Iceland as part of an extensive research project sponsored by the European Union with a grant of 6.3 million euros.

The GPS monitors, seismographs, radars, sensors that pick up on volcanic gases, changes in the electric field, expansion of volcanoes and sound waves will be placed by all of the country’s main volcanoes, most densely around the most active ones. Some of these sensors have never been used in Iceland before, such as sound wave sensors that were placed in Þjórsárdalsskógur forest this summer.

With so many sensors, it is hoped that the start of an eruption can be anticipated a longer time in advance, that the development of an eruption can be predicted more accurately and that ash distribution forecasts can be made in more detail.

The volcanic eruption in Eyjafjallajökull in 2010 showed that there is need for better response plans and now Iceland has become some sort of an experimental laboratory for the rest of the world.

 

The upgrading of volcano monitoring both on the Piton de la Fournaise and in Iceland leads me to make several remarks. The volcanoes in both countries are not the most dangerous of the world and I think a greater priority should be given to “killer volcanoes” like Kelut or Merapi in Indonesia which are a permanent threat to local populations. If needs be, this shows that developing countries are still highly neglected by industrialised ones!

As far as ash clouds are concerned, even if the new system helps to anticipate them better than in the past, I’m not sure authorities will be able to manage them better. As I put it before, if another “dirty” Icelandic volcano comes to life, I’m quite sure the mess caused to air traffic will be the same as in 2010.

Source: Iceland Review. The whole article can be read at this address:

http://icelandreview.com/icelandreview/daily_news/Volcanoes_in_Iceland_to_be_Monitored_More_Closely_0_402558.news.aspx

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Fracture éruptive du Laki, à l’origine de la plus grosse éruption islandaise  (Photo: C. Grandpey)

L’Islande va-t-elle bientôt exporter son énergie géothermique ? // Will Iceland soo export its geothermal energy ?

drapeau francaisIl y a quelques années, une étude a été faite sur la faisabilité d’un projet d’exportation de l’électricité islandaise vers l’Ecosse via un immense câble électrique sous-marin, mais le projet a été abandonné en raison de son coût.
Aujourd’hui, le projet est remis à l’ordre du jour. En effet, après avoir reçu des estimations très différentes sur la rentabilité de la construction du câble sous-marin, l’Islande a demandé une deuxième étude sur le sujet.
La première étude de faisabilité avait émis des doutes considérables sur les bénéfices que l’Islande pourrait tirer de l’exportation de son énergie vers les marchés européens. L’étude a indiqué que la construction du câble pourrait générer un revenu d’exportation annuel allant de 32 millions de dollars à 62,5 millions de dollars.
Une décision sur l’opportunité de construire ou non le câble électrique devrait être prise dans les prochaines semaines. Ce serait le plus long câble (1170 km) jamais construit au fond de l’océan. Mais cela pourrait valoir  la peine: L’Islande a du mal à sortir de la crise économique de 2008. Si le projet aboutissait, ce pourrait être un bon moyen de gagner de l’argent. L’île a produit 17,2 térawatts-heure d’électricité en 2012 pour ses besoins domestiques. Le Royaume-Uni évalue 17 térawatt-heure à 1,2 milliards de dollars. Considérant que le gouvernement islandais a estimé que près de trois quarts de l’énergie géothermique du pays restent inexploités, le projet pourrait devenir une grande opportunité. En outre, le pays dispose de ressources hydroélectriques qui contribuent pour 73 pour cent à la production d’électricité de l’Islande.
Un problème majeur est que pour doubler ou tripler la puissance fournie, il faudrait exploiter certaines régions écologiquement sensibles. Si l’Islande veut construire un câble de 700 mégawatts ou 1.100 mégawatts à destination du Royaume-Uni ou d’autres pays européens, il faudra prendre en compte l’impact sur l’environnement qu’un tel projet pourrait avoir. Comme l’a dit le Ministre de l’Industrie islandais: « Il ne s’agit pas simplement de brancher le câble sur la première prise électrique disponible. »

Source: Site Internet Green Technology.

 

drapeau anglaisA few years ago, a study was made about the feasibility of a project to export Icelandic electricity to Scotland via a gigantic undersea power cable but the project was shelved because of its cost.

Today, the project has come to life again. Indeed, after receiving wildly disparate estimations on the profitability of building the undersea power cable, Iceland has asked for a second study on the subject.

The country’s first feasibility study had found a “considerable degree of uncertainty” as to how profitable it would be for Iceland to export its power to European markets. The study said that the building of the power cable could result in an annual export revenue ranging from $32 million to $62.5 million.

A decision about whether to build the power cable or not should be taken in the coming weeks. It would be the longest one ever built, stretching 1170 kilometres undersea. But could very well be worth the trouble: With Iceland struggling to get out of its 2008 economic crisis, it could be a good means to make money. The island produced 17.2 terawatt-hours of electricity in 2012 for its domestic needs. The U.K. month-ahead spot price values 17 terawatt-hours at $1.2 billion. Considering that the government has estimated that as much as three-quarters of Iceland’s geothermal energy is untapped, the project could become a big opportunity.  Besides, the country has hydropower resources which contribute 73 percent of Iceland’s electricity production.

A major problem is that doubling or tripling the power output would require exploiting some environmentally sensitive regions. If Iceland wants to build a 700-megawatt or 1,100-megawatt cable to the U.K. or other European countries, it will have to realize the potential environmental impact such a project may have. Said Iceland’s Industry Minister: “It’s not just a question of plugging the cable into the next available socket.”

Source: Green Technology website.

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L’Islande : un pays qui a de l’énergie à revendre !  (Photo:  C.  Grandpey)

L’éruption du Laki a-t-elle eu un impact sur l’hémisphère sud?

L’éruption du Laki (1783) a-t-elle eu un impact sur l’hémisphère sud?

C’est la question à laquelle ont essayé de répondre R. Trigo, J.M. Vaquero et R.B. Stothers dans un article publié dans la revue Climatic Change In Climatic Change, Vol. 99, No. 3-4. (2010), pp. 535-546.

 

Les effets catastrophiques de l’éruption du Laki sur l’Islande et l’hémisphère nord en 1783 sont bien connus. La lave émise il y a 230 ans par la très longue fracture éruptive a recouvert les pâturages d’une cendre riche en fluor et donc très nocive pour les animaux. Une importante partie du cheptel islandais est morte d’intoxication. Au niveau de la population, l’éruption a provoqué une famine sévère qui entraîna la mort de près de 10 000 personnes ainsi qu’un important exode. A l’échelle européenne, les conséquences de l’éruption sont évidentes, avec de profondes modifications climatiques et un brouillard volcanique qui affecta de nombreux pays.

L’impact météorologique de l’éruption du Laki se fit également sentir les années suivantes avec plusieurs hivers très rigoureux en Europe et d’autres dérèglements climatiques qui contribuèrent à la pauvreté et la famine, facteurs qui, selon de nombreux historiens, ont provoqué la Révolution Française de 1789.

 

Si les effets de l’éruption du Laki sur l’hémisphère nord ont largement été étudiés, on ne trouvait jusqu’à présent aucune description concernant l’hémisphère sud. C’est un vide qu’ont essayé de combler les auteurs de l’article mentionné ci-dessus. Pour ce faire, ils se sont inspirés des observations de Bento Sanches Dorta, un astronome portugais qui a fait une description précise des effets anormaux de plusieurs journée de brume et de brouillard sec entre 1784 et 1786 à Rio de Janeiro au Brésil. Si l’on observe les relevés mensuels moyens de jours de brouillard entre 1781 et 1788, on remarque un pic significatif entre septembre et novembre 1784 qui pourrait bien être lié à l’éruption du Laki.

La plupart des observations et des modélisations réalisées à ce jour vont à l’encontre d’une telle hypothèse. Pourtant, de récentes études sur l’impact des éruptions majeures survenues dans les hautes latitudes font état d’anomalies climatiques de grande ampleur dans la région tropicale de l’hémisphère sud et en particulier de l’apparition d’une couverture nuageuse supérieure à la normale au-dessus de la partie centrale du Brésil.

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Aperçu de la fracture éruptive du Laki  (Photo:  C. Grandpey)

 

Histoire de bière et saucisses allemandes…

Voici une petite anecdote sympa mais qui montre aux touristes qui s’apprêtent à visiter l’Islande que l’on ne peut pas faire n’importe quoi !

En début de semaine, les douaniers islandais ont contrôlé des cars de touristes allemands qui arrivaient dans le port de Seyðisfjörður et ils ont constaté que les Teutons ne venaient pas les mains vides. Les conducteurs avaient apporté une provision de hotdogs (avec saucisses allemandes, bien sûr), bières et autre schnapps (il peut faire froid en Islande) qu’ils avaient l’intention de vendre à leurs passagers pendant le voyage. Ils avaient même prévu des réchauds! C’est ce qu’ils ont déclaré en toute honnêteté aux douaniers qui leur ont fait remarquer que la vente de nourriture importée est interdite sur le sol islandais sans autorisation. Saucisses et bière devront donc rester à Seyðisfjörður pendant que les Allemands visiteront l’île et ils récupéreront leurs biens au retour! Schade !