Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska / Etats Unis): Eruption sur le déclin

drapeau francais   Il est certain qu’une éruption a débuté sur le Cleveland et que la couleur de l’alerte aérienne est passée à l’Orange. Il faut toutefois être prudent en lisant tous les articles de presse qui ne cessent de souligner les dangers que représenteraient les panaches de cendre du volcan pour le trafic aérien entre l’Amérique et l’Asie.

En effet, l’AVO indique dans son dernier rapport en date du 7 mai que les données infrasoniques laissent supposer que l’éruption est sur le déclin depuis dimanche.

Les dernières explosions du Cleveland, détectées par les réseaux sur le volcan Okmok (Ile Umnak) à 120 km au NE du Cleveland, se sont produites hier vers 12h30 (heure alaskienne).

drapeau anglais    It’s sure an eruption has started on Cleveland volcano and the aviation colour code has been raised to Orange. However, one should be careful when reading the press articles that harp on the problems the volcano’s ash plumes might cause to air traffic between America and Asia.

Indeed, AVO indicates in its latest update (May 7th) that infrasonic data suggest that the eruption has continued to wane since Sunday.

The most recent explosions of Cleveland volcano detected by networks on Okmok (Umnak Island), 120 km to the northeast of Cleveland, occurred around 12:30 pm (Alaskan time) yesterday.

Cleveland Volcano

Cleveland (Iles Aléoutiennes): L’activité reste faible

drapeau francais   Comme souvent, le Cleveland n’est pas visible sur la webcam à cause de la couverture nuageuse et de la distance (la caméra se trouve à environ 70 km du volcan). Néanmoins, l’activité actuelle est qualifiée de « basse » par l’AVO et ne suscite pas vraiment d’inquiétude. Il est surprenant de constater, une  fois encore, les exagérations de la presse anglo-saxonne !

Le seul danger potentiel  généré par le Cleveland concerne le trafic aérien entre l’Amérique et l’Asie. D’un point de vue humain au sol, l’île est inhabitée et elle ne dispose pas d’un réseau sismique. Les seuls outils dont disposent les scientifiques de l’AVO pour savoir ce qui se passe sont les sismographes situés ailleurs dans les Aléoutiennes, les signaux infrasoniques et les données satellites.

drapeau anglais   As often, Cleveland volcano is not visible on the webcam because of the clouds and the distance (the camera is about 70 km from the volcano). However, the current activity is described as « low » by AVO and does not really raise concern. It is surprising, once again, to read the exaggerations of the Anglo-Saxon press!
The only potential hazard caused by Cleveland concerns air traffic between North America and Asia. From a human point of view on the ground, the island is uninhabited and does not have a local seismic network. It is monitored using only distant seismic and infrasound instruments and satellite data.

Cleveland (Iles Aléoutiennes / Alaska / Etats Unis)

drapeau francais   Une éruption a débuté le 4 mai au matin sur le volcan Cleveland mais l’Alaska Volcano Observatory indique qu’elle a “évolué vers une éruption de faible intensité”. Les images fournies par les satellites et les webcams montrent des émissions continues mais faibles de gaz et de vapeur auxquels se mêle parfois de la cendre. Un panache s’étire vers l’est, sans dépasser une hauteur de 4500 mètres. Les satellites révèlent par ailleurs une température élevée au sommet du volcan. Aucune restriction n’a été décrétée concernant le trafic aérien.

La dernière grosse éruption du Cleveland remonte à février 2001.

drapeau anglais   An eruption started in the early morning of May 4th at Cleveland volcano but the Alaska Volcano Observatory indicated that it has now “transitioned into a continuous low-level eruption”. Satellite and webcam data suggest continuous low-level emissions of gas, steam, and minor amounts of ash over the past several hours with a faint plume extending eastward below 4,500 metres. Satellite data also show highly elevated surface temperatures at the summit. There are no flight restrictions.

Cleveland’s most recent significant eruption began in February 2001.

Le dégel du permafrost: un danger pour la planète!

Bien que ce ne soit pas lié au monde des volcans, j’aimerais m’attarder à nouveau sur le réchauffement climatique et ses effets sur notre environnement.

Il y a quelques jours, l’Anchorage Daily News, quotidien très populaire en Alaska, a publié un article consacré à la fonte du permafrost (ou pergélisol), phénomène auquel sont très sensibles les contrées nordiques. Lorsque l’on voyage en Alaska ou dans le Yukon, on s’aperçoit très vite des conséquences de sa fonte sur les infrastructures routières, avec de longues balafres qui rendent parfois la conduite délicate (voir ma note du 16 septembre 2011). Il y a deux ans, Nicolas Vanier (Le Dernier Trappeur) me confiait qu’il avait vu des forêts « s’effondrer » en Sibérie car le sol gelé n’était plus là pour les maintenir à la verticale.

L’article de l’Anchorage Daily News attire l’attention des lecteurs sur un autre aspect de la fonte du pergélisol : les émanations gazeuses. En effet, les chercheurs ont commencé récemment à mesurer les émissions de méthane (CH4) et de gaz carbonique (CO2) provoquées par la fonte du permafrost et ils se sont aperçus que les quantités – non encore prises en compte lors des réunions internationales sur le réchauffement climatique – étaient bien supérieures à ce qui avait été estimé jusqu’alors.

Le permafrost – sol qui reste gelé pendant au moins deux années d’affilée – recèle de vaste quantités de matière végétale en décomposition. Au moment du dégel, cette matière libère du CO2 et, encore plus inquiétant, du CH4. Le réchauffement global de la planète provoque un effet cyclique : au cours du réchauffement de la Terre, les températures plus élevées sont une menace pour le permafrost qui va fondre et libérer ces mêmes gaz à effet de serre qui contribuent au réchauffement de la Terre.

Il est donc urgent que la communauté internationale prenne en compte l’impact du permafrost et les émissions de CO2 et CH4 lors des réunions sur le changement climatique. Les chercheurs américains ont démontré que le permafrost présent à la surface de la Terre contient 1700 gigatonnes de carbone sous forme de matière organique gelée (une gigatonne est équivalent à un milliard – 109 tonnes). Cela représente deux fois la quantité de carbone actuellement présente dans l’atmosphère ! On réalise donc l’impact que les gaz libérés lors du dégel du  permafrost pourraient avoir dans les années à venir en cas d’accélération du phénomène.

Le rapport des chercheurs recommande par ailleurs aux nations où le permafrost est très répandu (Etats Unis, Canada, Chine et Russie) de créer des réseaux de surveillance et de mettre au point des plans afin d’atténuer les dégâts occasionnés par le dégel du pergélisol, en particulier dans les régions les plus exposées. En Alaska par exemple, des entreprises, des routes ainsi que des infrastructures gazières et pétrolières ont été construites sur des zones où le sol était gelé en permanence, donc très stable. Si ce sol vient à dégeler, ces structures peuvent s’effondrer. Actuellement, les responsables des routes du Yukon essayent de mettre au point des techniques qui permettraient de limiter les dégâts causés par le dégel du permafrost.

Drunken-forest

Exemple de « forêt ivre » (« drunken forest ») où les arbres ne sont plus maintenus en place par le permafrost

[Crédit photo:  NOAA)