Taxes sur les carburants et transition énergétique : les glaciers vont continuer à fondre !

Officiellement, le gouvernement indique que l’augmentation du prix des carburants servira à financer la transition énergétique. Certains analystes ont cherché à vérifier si cela était vrai. La réalité n’est pas aussi reluisante ! En effet, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, seulement 20,5% de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques sert à financer la transition énergétique.

Les analystes ont décrypté le partage des 34 milliards de taxes perçues par l’Etat via la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Energétiques), alors que sur un litre de carburant affiché à 1,50 euro, le prix du pétrole ne pèse que 50 centimes.

Le montant des taxes sur le carburant alloué à la transition énergétique pour l’année 2018 s’élève à 7 milliards d’euros, soit environ 20,5% des 34 milliards d’euros de la TICPE. Le reste de la cette taxe est partagée entre les régions, les départements qui s’en servent notamment pour financer le RSA ou l’apprentissage. Sans oublier la ponction de 13 milliards d’euros prise par l’Etat pour son budget général !

Avec l’augmentation de six centimes sur le litre de diesel, et trois centimes sur le litre d’essence, la TICPE devrait rapporter quatre milliards supplémentaires en 2019, pour un total de 38 milliards d’euros. Malheureusement, ce surcroît de recettes ne sera pas affecté à la transition énergétique mais au budget de l’Etat qui est en déficit de 60 milliards d’euros !

De là à dire que le gouvernement français se moque de l’écologie, il n’y a qu’un pas que j’aurais tendance à franchir !

Source : Europe 1.

Photo: C. Grandpey

Nouvel effondrement glaciaire au Groenland // New glacier collapse in Greenland

Certains vont peut-être dire que je me répète, que je radote, mais c’est la triste réalité. Un effondrement glaciaire majeure a eu lieu au Groenland au début de l’été 2018.

Le 22 juin 2018, une équipe de chercheurs de l’Université de New York a filmé le vêlage du glacier Helheim, au Groenland. Les images sont impressionnantes et sous-entendent des conséquences pour le niveau des océans.

Une gigantesque masse de glace, de 6 kilomètres de large, s’est séparée du glacier et a glissé vers la mer. Le phénomène, qui a duré une trentaine de minutes en réalité, a été accéléré dans cette petite vidéo de 90 secondes :

https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Le vêlage est un phénomène classique sur les glaciers. J’ai personnellement eu l’occasion de l’observer à plusieurs reprises en Alaska, comme ici sur le glacier Sawyer :.

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

Il est facile de comprendre le processus d’un vêlage glaciaire. Un glacier se forme par accumulation de neige sur le continent ; cette neige qui se tasse devient de la glace qui s’écoule sous son propre poids jusque vers la mer. En temps normal, il y a un équilibre entre la quantité de neige qui tombe sur la calotte chaque année et la perte de masse par vêlage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui du fait du changement climatique.

Le glacier Helheim fait partie de ceux étudiés par les scientifiques pour mesurer l’ampleur du réchauffement climatique. Le constat est sans appel. Selon les observations de la NASA, le front du glacier a reculé de plus de 4 kilomètres entre 1998 et 2013. Il s’est également perdu une centaine de mètres d’épaisseur pendant cette période.

Les très nombreux icebergs produits lors du vêlage gagnent la mer où ils contribuent à la hausse du niveau de l’eau. Actuellement, le niveau des océans augmente d’environ 3 millimètres par an, dont un millimètre par dilation thermique, 1 millimètre par la fonte des glaciers de montagnes et 1 millimètre par la fonte des calottes arctique et antarctique. Or, ce dernier millimètre n’existait pas dans les années 1990 car les calottes du Groenland et de l’Antarctique étaient dans une situation d’équilibre. L’iceberg qui s’est détaché du glacier de Helheim au mois de juin ne devrait pas provoquer une hausse spectaculaire du niveau de la mer, mais il est la preuve d’un phénomène qui inquiète les climatologues.

Le 28 mai 2008, une équipe de glaciologues avait filmé un vêlage du glacier Ilulissat, dans l’ouest du Groenland. Le film est entré dans le livre Guinness des Records car c’est le plus important événement de ce type jamais filmé. Il a duré 75 minutes. Pour se donner une idée, la hauteur totale de la glace est de 900 mètres, avec une partie émergée de 90-120 mètres

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

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Some people may say that I repeat myself, but it is the sad reality. A major glacial collapse occurred in Greenland early in the summer of 2018.
On June 22nd, 2018, a team of researchers from New York University filmed the calving of the Helheim Glacier in Greenland. The images are impressive and imply consequences for the level of the oceans.
A gigantic mass of ice, 6 kilometres wide, broke away from the glacier and slid towards the sea. The phenomenon, which lasted about thirty minutes, was accelerated in this small video of 90 seconds:
https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Calving is a frequent phenomenon on glaciers. I personally have had the opportunity to observe it several times in Alaska, as here on the Sawyer Glacier:.
https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

It is easy to understand the process of glacial calving. A glacier is formed by snow accumulation on the continent; this falling snow becomes ice that moves under its own weight toward the sea. Normally, there is a balance between the amount of snow falling on the ice cap each year and the loss of mass by calving. . This is no longer the case today because of climate change.
The Helheim Glacier is one of those studied by scientists to measure the extent of global warming. The conclusion makes no doubt. According to NASA observations, the glacier front retreated more than 4 kilometres between 1998 and 2013. It also lost a hundred metres in thickness during this period.
The numerous icebergs produced at calving reach the sea where they contribute to the rise of the water level. At present, the level of the oceans is increasing by about 3 millimetres per year, of which one millimetre by thermal expansion, 1 millimetre by the melting of mountain glaciers and 1 millimetre by the melting of the Arctic and Antarctic ice caps. However, this last millimeter did not exist in the 1990s because the ice caps of Greenland and Antarctica were in a state of equilibrium. The iceberg that broke away from the Helheim Glacier in June is not expected to cause a dramatic rise in sea level, but it is the evidence of a phenomenon that worries climatologists.
On May 28th, 2008, a team of glaciologists had filmed a calving of the Ilulissat Glacier in West Greenland. The film entered the Guinness Book of Records because it was the most important event of its kind ever filmed. It lasted 75 minutes. To get an idea, the total height of the ice is 900 metres, with 90-120 metres above the water.
https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

Effondrement sur le front du Columbia Glacier (Alaska) [Photo: C. Grandpey]

Fonte des glaciers au Groenland // Glacier melting in Greenland

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous verrez une vidéo montrant un impressionnant vêlage du glacier Helheim au Groenland. Le document a été réalisé par une équipe de chercheurs de l’Université de New York. Une surface de glace de 6,5 kilomètres de long se détache du glacier et emprunte le fjord en direction de l’Atlantique. La masse de glace vient heurter un autre iceberg plus loin dans le fjord, ce qui cause une nouvelle fragmentation.
La vidéo offre de nouvelles preuves visuelles du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau de la mer qui s’ensuit. Elle offre également l’occasion d’étudier la production d’icebergs. Savoir comment et de quelle manière les icebergs naissent est important pour les simulations car ils déterminent en fin de compte l’élévation globale du niveau de la mer.
https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Une autre vidéo spectaculaire de la fonte des glaciers apparaît dans le document de James Balog intitulé « Chasing Ice ». Le 28 mai 2008, deux membres de son équipe ont filmé le vêlage très impressionnant du glacier d’Ilulissat dans l’ouest du Groenland. L’événement a duré 75 minutes et le glacier a reculé de plus de 1,5 km avec un front de vêlage de 5 km de largeur. La hauteur de la glace est d’environ 100 mètres au-dessus de l’eau.
https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

J’ai eu la chance de voir le vêlage du glacier Sawyer en Alaska:

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

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By clicking on the link below, you will see a video of Greenland’s Helheim Glacier losing a massive chunk of ice to the ocean. The video was captured by a team of New York University researchers. The 6.5-kilometre-long iceberg can be seen separating from the glacier and flowing down the fjord towards the Atlantic. The iceberg can be seen smashing into another iceberg further down the fjord, causing additional fragmentation.

The video offers new visual evidence of the realities of global warming and sea level rise. It also offers an opportunity to study iceberg calving. Knowing how and in what ways icebergs calve is important for simulations because they ultimately determine global sea-level rise.

https://youtu.be/7tyfSlnMe8E

Another dramatic footage of glacier melting can be seen in James Balog’s document entitled “Chasing Ice”. On May 28th, 2008, two members of his team filmed a historic breakup at the Ilulissat Glacier in Western Greenland. The calving event lasted for 75 minutes and the glacier retreated more than 1.5 km across a calving face 5 km wide. The height of the ice is about 100 metres above water.

https://youtu.be/hC3VTgIPoGU

I was fortunate to see the calving of the Sawyer Glacier in Alaska :

https://youtu.be/vYN3qp-9Adw

Vêlage du Columbia (Glacier) en Alaska [Photo: C. Grandpey]

L’Everest, le plus haut tas d’ordures de la planète // Mount Everest, the highest rubbish dump of the world

Des décennies d’expéditions commerciales ont transformé l’Everest en une véritable décharge, sans aucun doute la plus haute du monde. La cause de cette catastrophe environnementale, c’est le nombre croissant d’alpinistes qui n’accordent que peu d’attention aux déchets qu’ils laissent derrière eux. Des tentes fluorescentes, du matériel d’escalade, des bouteilles de gaz vides et même des excréments humains jonchent le parcours qui conduit vers le sommet et ses 8 848 mètres.
Le nombre de candidats à l’ascension de l’Everest a grimpé en flèche – au moins 600 personnes ont escaladé la montagne jusqu’à présent rien que cette année – ce qui a contribué à aggraver le problème. Dans le même temps, la fonte des glaciers causée par le réchauffement climatique expose les déchets qui se sont accumulés sur la montagne depuis qu’Edmund Hillary et le sherpa Tenzing Norgay ont atteint le sommet pour la première fois il y a 65 ans.
Certes, des efforts ont été faits pour essayer d’enrayer le problème. Il y a cinq ans, le Népal a mis en place une caution de 4 000 dollars par équipe, qui serait remboursée si chaque alpiniste rapportait au moins 8 kilogrammes de déchets. Du côté tibétain, une mesure analogue a été adoptée et les alpinistes sont condamnés à une amende de 100 dollars par kilogramme de déchets non redescendus. En 2017, les alpinistes du côté népalais ont ramené près de 25 tonnes de déchets domestiques et 15 tonnes d’excréments. Cette saison, une récolte de déchets encore plus importante a été réalisée, mais ce n’est qu’une petite fraction comparée à la masse d’immondices laissés sur place chaque année, en sachant que seulement la moitié des alpinistes rapportent les quantités requises. D’autres préfèrent abandonner l’argent de la caution, mais ce n’est que peu de chose à côté des sommes de 20 000 à 100 000 dollars qu’ils ont déboursées pour tenter l’aventure de l’ascension. Le problème est aussi aggravé par les pots-de-vin acceptés par certains responsables pour fermer les yeux.
L’ascension de l’Everest est une entreprise commerciale qui a connu un grand essor au cours des deux dernières décennies. Cela a fait venir de plus en plus d’alpinistes inexpérimentés, attirés par des organisateurs d’expédition bon marché qui cherchaient à tout prix une clientèle. Cette inexpérience n’a fait qu’accroître le problème des ordures.
Les sherpas, les guides de haute montagne et d’autres personnes issues de la population locale transportent des équipements de plus en plus lourds comprenant, entre autres, des tentes, des bouteilles d’oxygène et des cordes. Autrefois, la plupart des alpinistes transportaient leur propre équipement, comme des vêtements, de la nourriture, un sac de couchage ainsi que de des bouteilles d’oxygène. Aujourd’hui, beaucoup d’alpinistes préfèrent engager des sherpas pour tout transporter. Comme ces derniers doivent s’occuper de l’équipement de leurs clients, ils ne sont plus en mesure de transporter les déchets.
Les écologistes craignent que la pollution de l’Everest affecte également les sources d’eau potable dans la vallée. À l’heure actuelle, les déchets du camp de base sont descendus au village voisin, situé à une heure de marche, et déversés dans des tranchées. Ces déchets sont ensuite emportés vers l’aval par les pluies de la mousson et les effluents se déversent dans la rivière.
Certains ingénieurs envisagent d’installer une usine de biogaz près du camp de base de l’Everest ; elle permettrait de transformer les excréments des alpinistes en engrais. Une autre solution serait de mettre en place une équipe spéciale dédiée au ramassage des ordures. La plupart des sherpas admettent que ce n’est pas tâche facile et que le gouvernement devrait obliger les groupes d’alpinistes à nettoyer et appliquer les lois de manière plus stricte.
Source: The Japan Times.

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Decades of commercial mountaineering have turned Mount Everest into the world’s highest rubbish dump as an increasing number of climbers pay little attention to the ugly footprint they leave behind. Fluorescent tents, discarded climbing equipment, empty gas canisters and even human excrement litter the route to the summit of the 8,848-metre peak.

As the number of climbers on the mountain has soared – at least 600 people have scaled the peak so far this year alone – the problem has worsened. Meanwhile, melting glaciers caused by global warming are exposing trash that has accumulated on the mountain since Edmund Hillary and Tenzing Norgay made the first successful summit 65 years ago.

Efforts have been made. Five years ago Nepal implemented a 4,000-dollar rubbish deposit per team that would be refunded if each climber brought down at least 8 kilograms of waste. On the Tibet side of Mt Everest, they are required to bring down the same amount and are fined 100 dollars per kilogram if they don’t. In 2017 climbers in Nepal brought down nearly 25 tons of trash and 15 tons of human waste. This season, even more was carried down but this is just a fraction of the rubbish dumped each year, with only half of climbers lugging down the required amounts. Instead, many climbers opt to forfeit the deposit, a drop in the ocean compared to the $20,000-$100,000 they will have forked out for the experience. Compounding the problem, some officials accept small bribes to turn a blind eye.

The Everest industry has boomed in the last two decades. This has drawn inexperienced mountaineers attracted by low-cost expedition operators desperate for customers. This inexperience is exacerbating the rubbish problem.

Sherpas, high altitude guides and workers drawn from the indigenous local ethnic group, carry heavier items including tents, extra oxygen cylinders and ropes up the mountain. Previously most climbers would take their own personal kit like extra clothes, food, a sleeping bag as well as supplemental oxygen. But now, many climbers can’t manage, leaving the Sherpas to carry everything. As they have to carry the client’s gear, so they are unable to carry down rubbish.

Environmentalists are concerned that the pollution on Everest is also affecting water sources down in the valley. At the moment the raw sewage from base camp is carried to the next village – located at a one-hour walk – and dumped into trenches. This waste then gets flushed downhill during the monsoon into the river.

Some engineers are considering installing a biogas plant near Everest base camp that would turn climber poo into a useful fertilizer. Another solution would be a dedicated rubbish collection team. Most sherpas admit it is not an easy job ans that the government needs to motivate groups to clean up and enforce rules more strictly.

Source : The Japan Times.

Vue du camp de base de l’Everest, côté népalais (Crédit photo : Wikipedia)