Kilauea (Hawaï) : fin de l’épisode éruptif 33 // End of Episode 33

L’Episode 33 de l’éruption du Kilauea, au niveau de la bouche nord, dans le cratère de l’Halema’uma’u, a cessé d vers 12h08 (heure locale) le 19 septembre 2025. Les fontaines de lave ont atteint 210 à 240 mètres de hauteur pendant les premières heures de l’éruption, ce qui en fait les fontaines les plus hautes depuis l’Episode 28 en juillet de cette année. Environ 6,3 millions de mètres cubes de lave ont été émis pendant l’Episode 33 et les coulées de lave ont recouvert environ les deux tiers du plancher du cratère de l’Halema’uma’u.
La fin de l’épisode a coïncidé avec une transition rapide de la déflation à l’inflation au sommet du Kilauea, et une diminution de l’intensité du tremors. Un 34ème épisode éruptif est donc probable dans quelques jours.

Source : HVO.

Image webcam de l’éruption

————————————

Episode 33 of the Kilauea eruption, within the north vent in Halema’uma’u Crater stopped erupting at approximately 12:08 p.m. (local time) on 19 September 2025. Lava fountains reached up to 210–240 meters during the early hours of the eruption, making these the highest fountains since Episode 28 in July. Approximately 6.3 million cubic meters of lava were erupted during Episode 33 and lava flows covered about 2/3 of the floor of Halemaʻumaʻu crater.

The end of the episode was coincident with a rapid change from deflation to inflation at the summit and a decrease in seismic tremor intensity. A 34th eruptive episode is the likely in a few days.

Source : HVO.

Réchauffement climatique : Et si on parlait des torchères ?

On le sait depuis longtemps, les énergies fossiles, le pétrole en tête, sont la cause principale du réchauffement climatique et de ses conséquences (fonte des glaciers, événements extrêmes, etc).

Quand on survole de nuit le Texas ou les Émirats Arabes Unis, les torchères rappellent que nous sommes au-dessus des grands producteurs de pétrole. Ces torchères illuminent presque tous les sites d’extraction.

À son petit niveau, la flamme olympique est une torchère car elle brûle du gaz naturel. Lors des Jeux de Paris en 2024, la France a eu la bonne idée de remplacer la flamme par une vasque 100% électrique et donc moins polluante, à condition que l’électricité soit produite de manière propre par des sources alternatives.

Le torchage (flaring en anglais) est l’action de brûler intentionnellement dans des torchères le gaz naturel, sans valorisation de son énergie. Cette pratique concerne principalement le gaz dissous dans le pétrole et séparé lors de l’extraction de celui-ci, pour lequel il n’existe pas de débouchés commerciaux. La Banque Mondiale nous apprend que sur les sites pétroliers et gaziers le torchage a augmenté de plus de 8 % en deux ans. Aujourd’hui, il est possible de détecter cette activité par satellite.

Document France Info

En 2024, le gaz torché dans le monde représentait un volume de 151 milliards de mètres cubes. Il s’agit de gaz brûlé en pure perte, sans être ni valorisé, ni utilisé. Dans un rapport dédié au sujet paru le 18 juillet 2025, la Banque Mondiale précise que c’est « une pratique qui a atteint son niveau record sur les sites pétroliers pour éliminer les rejets liés à l’exploitation du pétrole, au détriment de l’environnement et de l’accès à l’énergie. » Le volume de gaz ainsi détruit équivaut à la consommation annuelle de toute l’Afrique (150 milliards de mètres cubes). C’est un niveau record, jamais atteint depuis plus de vingt ans. En conséquence, ce sont près de 400 millions de tonnes de gaz à effet de serre qui ont été rejetées dans l’atmosphère et qui contribuent au réchauffement climatique. C’est plus que les émissions d’un pays comme la France.

Parmi ces émissions polluantes figurent 46 millions de tonnes de méthane, un gaz dont le pouvoir de réchauffement est bien supérieur au CO2. Les associations environnementalistes comme Oilfield Witness indiquent que la situation est catastrophique au Texas. À côté d’une torche allumée, une autre semble éteinte. Pourtant, la réalité est toute autre. La torchère n’est pas allumée mais du méthane s’en échappe. Or, on sait que le méthane est un gaz à effet de serre environ 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone. C’est un accélérateur du réchauffement climatique.

Pour les industries pétrolières, le torchage est la solution de facilité. En effet, plutôt que d’être brûlé, ce gaz pourrait être valorisé. Selon la Banque mondiale, il pourrait constituer une ressource pour la sécurité énergétique et l’accès à l’énergie. « Il est extrêmement frustrant de constater le gaspillage de cette ressource naturelle, alors que plus d’un milliard de personnes n’ont toujours pas accès à une énergie fiable et que de nombreux pays cherchent de nouvelles sources d’énergie pour répondre à une demande croissante. »

Comme le souligne le rapport de la Banque Mondiale, les pays engagés dans l’initiative mondiale pour l’élimination du torchage de routine d’ici à 2030 obtiennent de bien meilleurs résultats que les autres. Dans ces pays, l’intensité du torchage a baissé de 12 % depuis 2012, contre une hausse de 25 % dans les autres.

Source : Banque Mondiale, France Info.