UNOC-3 : un sommet pour rien ?

Pour qu’un sommet sur les océans, comme l’UNOC-3, se solde par un succès, il faut que tous les pays qui ont des côtes le long des mers et océans du globe soient présents. Or, c’était loin d’être le cas à Nice. Emmanuel Macron avait annoncé qu’il y aurait deux fois plus de chefs d’État et de gouvernement qu’en 2022 à Lisbonne qui avait accueilli l’UNOC-2. Au final, 63 d’entre eux se sont rendus sur la Côte d’Azur. L’Amérique latine était très bien représentée. L’Union Européenne avait à sa tête Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, mais on remarquait les absences du nouveau chancelier allemand, Friedrich Merz,, ou de Giorgia Meloni, la présidente du conseil italien. Keir Starmer, le premier ministre britannique était, lui aussi, aux abonnés absents. Pourtant ces deux pays ont des centaines de kilomètres de littoraux.

Les autres pays du monde étaient représentés par des ministres ou de simples « représentants ».C’est le cas des États-Unis, du Canada ou encore de l’Australie, dont les chefs d’État, à commencer par Donald Trump, ont été les grands absents de ce sommet. À noter tout de même la présence du vice-président chinois.

Il est bien évident que de telles absences ont inévitablement plombé l’UNOC-3 dont les résultats ne peuvent être que relatifs. Comme à l’issue de la réunion de Paris sur le climat, on va nous raconter que le bilan est très positif. On voit parfaitement aujourd’hui les effets quasi nuls de la COP 21, avec un réchauffement climatique qui ne cesse de s’accélérer ! Il est fort à parier que le sommet de Nice connaîtra le même sort.

Comme à l’issue de la COP 21, de nombreux pays auront pris des engagements sur la protection de l’océan, mais si aucune mesure n’est contraignante, une telle grand-messe ne servira à rien. De nouveaux engagements sur les aires marines protégées, la pollution plastique ou encore la sauvegarde d’espèces menacées, ont été annoncés. Un traité pour protéger la haute mer devrait bientôt être mis en œuvre. De nouvelles aires marines protégées devraient être créées, en sachant que leur délimitation est déjà critiquée par les associations environnementales françaises. Une centaine de pays se sont engagés « symboliquement » contre la pollution plastique, autrement dit contre rien, car rien de contraignant n’a été annoncé. Les délégations présentes se sont, bien sûr, élevées contre la décision de Donald Trump d’ouvrir la voie à l’extraction de minerais à grande échelle dans les fonds marins, y compris dans les eaux internationales, mais il est bien évident que cette protestation ne fera pas changer d’avis le président des États Unis.

Le 12 juin, à la veille de la clôture de l’UNOC-3, c’est un hémicycle quasi-vide qui a accueilli l’examen de la proposition de loi pour protéger les écosystèmes marins. Au final, on peut dire que ce sommet a eu le mérite d’exister mais que ce n’est pas demain que la situation de nos mers et océans commencera à s’améliorer. Rien, ou presque rien, n’étant fait pour limiter l’impact du réchauffement climatique sur les océans, la situation sera forcément problématique pour les prochaines générations.

La visite d’Emmanuel Macron au Groenland

Dans deux notes rédigées les 26 avril 2025 :

Le Groenland : un pôle économique et géostratégique majeur (1ère partie)

et 27 avril 2025 :

Le Groenland : un pôle économique et géostratégique majeur (2ème partie)

j’expliquais que le Groenland était un pôle économique et géostratégique majeur. Dans une autre note publiée le 13 mars 2025 :

Le Groenland n’a pas envie de faire partie des États Unis // Greenland does not want to be part of the United States

je confirmais que le pays nordique n’avait aucune envie de faire partie des États Unis comme le souhaite Donald Trump. Un accueil glacial a d’ailleurs été réservé au vice-président américain J.D.Vance le 28 mars dernier. Il s’était rendu au Groenland au mépris des dirigeants du territoire arctique et du gouvernement danois qui avaient pourtant martelé qu’il n’était pas invité et qu’il n’était pas le bienvenu. Vance a dû se contenter de la visite d’une base militaire perdue dans le désert de glace, et où il n’a pu s’exprimer que devant une poignée d’Américains. Les visites qu’il avait prévues sur d’autres sites ont dû être annulées et il est rentré penaud à Washington.

C’est un accueil bien différent qui attend Emmanuel Macron ce dimanche 15 juin. Dans son discours d’ouverture de l’UNOC-3 à Nice, le président français a déclaré que « les abysses [n’étaient] pas à vendre, pas plus que le Groenland, » des propos particulièrement appréciés par les autorités danoises présentes sur la Côte d’Azur. Dans ce contexte, il n’est guère étonnant qu’Emmanuel Macron soit attendu à bras ouverts au Groenland où il doit faire escale avant de participer au G7 qui s’ouvrira ce soir au Canada.

La visite de notre président est symbolique à plus d’un titre. D’une part, ce sera le premier déplacement d’un président français sur l’île. D’autre part, Emmanuel Macron sera aussi le premier chef d’État étranger à se rendre à Nuuk, après les menaces d’annexion du territoire, proférées par Donald Trump et la crise diplomatique qui en a résulté.

Bien sûr, les adversaires politiques du président ne manqueront pas de se moquer de cette initiative. En laissant de côté la politique politicienne si chère à mes compatriotes, j’approuve personnellement la démarche de notre président. Alors que Donald Trump fait l’intéressant avec les parades militaires à Washington, Emmanuel Macron vient lui rappeler qu’il n’est pas le bienvenu dans l’Arctique. Je ne serais pas surpris que notre président le lui rappelle à un moment ou un autre au cours du G7. Contrairement à ses prédécesseurs, Emmanuel Macron manie la langue de Shakespeare et n’a donc pas besoin d’interprètes pour asséner quelques vérités.

En faisant fondre la glace au Groenland, le réchauffement climatique va mettre au jour des ressources minérales.

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Comme prévu, Emmanuel Macron a effectué cet après-midi une visite express au Groenland pour apporter un soutien appuyé au territoire nordique. À peine arrivé sur place, le chef de l’État a expliqué venir exprimer la « solidarité de la France et de l’UE pour la souveraineté et l’intégrité territoriale » du Groenland, en critiquant les menaces d’annexion formulées régulièrement par Donald Trump. « Ce n’est pas ce qui se fait entre alliés », a-t-il expliqué sur le tarmac de l’aéroport de Nuuk.

Sur les réseaux sociaux, Emmanuel Macron a remercié le Premier ministre du Groenland et la Première ministre danoise pour leur invitation. Il a ajouté que c’était un grand honneur d’effectuer cette visite au Groenland, la première d’un président français. Au cœur des échanges devaient figurer la sécurité en Atlantique Nord et dans l’Arctique, le changement climatique, la transition énergétique et les minerais critiques.

La visite du président français l’a conduit devant un glacier, dans une centrale hydroélectrique et à bord d’une frégate danoise. Selon l’Élysée, ces trois séquences comportent trois messages : le soutien européen à « la souveraineté et l’intégrité territoriale » du Groenland, à son développement économique et la mobilisation contre la « fonte alarmante des glaciers. ».

Emmanuel Macron a pu se rendre compte par lui-même de l’impact grandissant du réchauffement climatique sur un glacier du mont Nunatarsuaq, à une trentaine de kilomètres de Nuuk, la capitale groenlandaise. La glace y a fondu 17 fois plus vite que la moyenne historique entre le 15 et le 21 mai 2025 sous l’effet d’une vague de chaleur record.

L’accueil réservé au président français, même si la visite présidentielle n’a duré que quelques heures, tranche avec celui réservé au vice-président américain JD Vance le 28 mars. Les 57 000 habitants du Groenland, majoritairement des Inuits, rejettent toute perspective de devenir américains. Le Danemark martèle aussi que le Groenland « n’est pas à vendre ».

Source : presse internationale.

La fonte des glaciers s’est accélérée ces dernières semaines au Groenland (Photo: C. Grandpey)

Les Portes de l’Enfer sont-elles en train de se refermer ? // Are the Gates of Hell closing ?

On pourrait penser qu’il s’agit d’un cratère volcanique, mais ce n’en est pas un. Le site, baptisé « Portes de l’Enfer », se trouve près de Darvaza, au Turkménistan, à environ 260 kilomètres au nord de la capitale, Achgabat. Ce gisement de gaz naturel brûle sans interruption depuis des décennies grâce à l’infiltration constante de méthane. De ce fait,il est devenu l’une des attractions touristiques les plus populaires du pays, malgré sa situation au cœur du désert du Karakoum.

Dans une note publiée le 9 janvier 2022, j’expliquais que le président du Turkménistan avait demandé de mettre terme au feu dans le cratère. Il avait ordonné à son gouvernement de chercher des moyens de l’éteindre car le site cause des dégâts à l’environnement et affecte la santé des personnes qui vivent dans la région.
Aujourd’hui, un nouveau rapport nous apprend que la situation pourrait évoluer dans ce sens. Le 6 juin 2025, des responsables turkmènes ont déclaré que les émissions de gaz étaient trois fois moins importantes, bien que l’Agence France-Presse (AFP) précise qu’aucun détail n’a été fourni pour justifier cette diminution. Cette information concorde avec des rapports publiés en 2024, selon lesquels les observations satellites des Portes de l’Enfer montraient une baisse de 50 % des émissions.
Personne ne sait vraiment comment s’est formé le cratère en feu. L’histoire populaire raconte que des prospecteurs soviétiques auraient accidentellement fait s’effondrer une mine dans les années 1960, puis auraient mis le feu au gaz. Toutefois, la presse locale affirme que l’incendie a en réalité été déclenché dans les années 1980 pour empêcher le gaz nocif de s’échapper. Selon un article du National Geographic en 2013, il n’existe aucune trace ni aucun rapport sur la formation initiale du gisement de gaz.
Bien que le puits en feu soit une attraction touristique, l’arrêt de son activité serait probablement la meilleure solution pour de nombreuses raisons. Le gaz émis est du méthane ; il a un impact sur la population locale et contribue au réchauffement climatique, c’est un gaz à effet de serre extrêmement puissant, encore plus destructeur que le dioxyde de carbone.
Comme indiqué plus haut, la fermeture du cratère est un sujet d’actualité depuis au moins 15 ans. Son comblement avait été envisagé, mais la plupart des experts estimaient que le gaz s’échapperait probablement ailleurs. Cependant, ces dernières années, il semble que le gouvernement ait évolué dans son approche du problème. En 2024, des puits d’exploration ont été forés près du cratère. L’objectif était, semble-t-il, d’extraire le méthane du puits et de l’exploiter à d’autres fins, mais ces informations ne sont que des rumeurs.
Alors que les flammes à l’intérieur du cratère de gaz de Darvaza s’éteignent lentement, certains habitants s’inquiètent des pertes financières, liées au tourisme, qu’occasionnerait la disparition des Portes de l’Enfer..
Source : Popular Machanics.

Crédit photo: Wikipedia

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It might look like a volcanic crater but it is not. The site named « Gates of Hell » lies near Darvaza, Turkmenistan. It is located about 260 kilometers north of the capital, Ashgabat. This natural gas field has been burning continuously for decades thanks to its steady infiltration of methane, and as such, this burning pit has become one of the country’s most popular tourist attractions despite its location in the middle of the Karakum desert.

In a post published on 9 January 2022, I explained that the president of Turkmenistan had called for an end to the blazing crater. He had ordered his government to look for ways to put the fire out because it was causing ecological damage and affecting the health of people living in the area.

Today, a new report suggests those efforts may be bearing fruit. On June 6th, 2025, officials in Turkmenistan said that gas being emitted from the pit had diminished three-fold, though the Agence France-Presse (AFP) reports that no timeframe for this gaseous decrease was provided. This news is in line with previous reports released in 2024 that satellite observations of the Gates of Hell showed a 50 percent decline in emissions.

There is some debate about how the gas crater initially formed. The popular story goes that Soviet prospectors accidentally collapsed a mine in the 1960s and then lit the gas on fire, but local reporting says that the fire was actually started in the 1980s to prevent the harmful gas from escaping. As National Geographic article indicated in 2013, there were no records or reports of the gas field’s initial formation.

Although the pit is a tourist attraction, closing it off is likely for the best for many reasons. The harmful gas impacts the local population and contributes to global warming as the emitted gas is methane, an extremely potent greenhouse gas, even more destructive than carbon dioxide.

The closure of the gas crater for has been a topic for at least 15 years. Filling the pit had been considered an option, but most experts said that the gas would likely just escape somewhere else. However, in the last few years, it appears that the government has made some progress. In 2024, exploratory wells were drilled near the crater. It was said that the aim was both to draw away the pit’s methane and to leverage the natural resource for other purposes, but these reports are only rumors.

As the flames of the Darvaza gas crater slowly flicker out, some locals are concerned about the loss of money from tourism.

Source : Popular Machanics.

https://www.popularmechanics.com/

Avis de chaleur en Alaska ! // Heat advisories in Alaska !

Pour la première fois, certaines régions de l’Alaska seront soumises à un « avis de chaleur », une expression qui remplace les anciens « bulletins météorologiques spéciaux ». Les services météorologiques de l’Alaska affirment que ce changement n’a rien à voir avec le réchauffement climatique, mais c’est pourtant le cas. Comme dans tout l’Arctique, les vagues de chaleur sont de plus en plus fréquentes dans l’État et la population doit être alertée de plus en plus souvent. Les services météorologiques de l’Alaska craignent clairement de subir les restrictions budgétaires imposées par le président Trump et sont donc très modérés dans leurs écrits, évitant de parler du réchauffement climatique.
L’utilisation du terme « avis de chaleur » permettra à la population à mieux comprendre la gravité des conditions météorologiques et les dangers potentiels, ce que l’habituel « bulletin météo spécial » ne reflétait pas. Selon un météorologue de Fairbanks, « c’est un changement important ; le public doit savoir que les températures augmenteront et qu’elles pourraient devenir dangereuses, car l’Alaska n’est pas habitué à de telles températures élevées ».

Le premier ‘avis de chaleur’ est prévu pour le 15 juin 2025 à Fairbanks, où les températures devraient dépasser les 29 °C. Fairbanks a connu des températures plus chaudes par le passé – elles ont atteint 32 °C en 2024 – mais les services météorologiques indiquent que c’est inhabituel pour un mois de juin.
Si les températures prévues pour l’Alaska ne sont pas considérées comme extrêmes dans d’autres États américains, la situation dans le 49ème État de l’Union est différente, car la plupart des bâtiments ne sont pas climatisés. Au contraire, la plupart des bâtiments en Alaska sont conçus pour conserver la chaleur pendant la majeure partie de l’année. On peut, bien sûr, ouvrir les fenêtres pour laisser entrer l’air frais tôt le matin, mais à condition qu’il n’y ait pas d’incendies de forêt dans cet État où ils sont fréquents. En présence de fumée et si les fenêtres doivent rester fermées, les bâtiments peuvent surchauffer très rapidement. 2024 a été la troisième année consécutive à Fairbanks avec plus de cent heures de fumée réduisant la visibilité ; c’est la première fois que cela s’est produit pendant trois années consécutives. Il a été démontré que les incendies de forêt sont liés au réchauffement climatique qui assèche la végétation. Au 21ème siècle, Fairbanks n’a connu que deux étés sans aucune heure de fumée.

Source : Médias d’information de l’Alaska.

Températures moyennes à Fairbanks (Source: Services météo)

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For the first time ever, parts of Alaska will be under a ‘heat advisory’, an expression that will replace the previous ‘special weather advisories. ‘ Alaska’s weather services that the change has nothing to do with climate change, but it has. Like in the Arctic as a whole, heat waves are getting more and more frequent in the State and the population needs to be warned more frequently. There is an obvious fear of Alaska’s weather services of president’s Trump budget restrictions.

Using the ‘heat advisory’ label could help people better understand the weather’s severity and potential danger, something a nondescript “special weather advisory” did not convey. According to a Fairbanks-based meteorologist, “this is an important statement, and the public needs to know that there will be increasing temperatures, and they could be dangerous because Alaska is not used to high temperatures like these”.The first advisory is forJune 15th, 2025 in Fairbanks, where temperatures are expected to top 29 degrees Celsius. Fairbanks has has been warmer in the past – temperatures reached 32°C in 2024 – but the Weather Service says this is unusual for June.

While the temperatures in the forecast for Alaska would not be considered extreme in other U.S. states, the sitution in the 49t State is different as most Alaska buildings don’t have air conditioning. On the contrary, most buildings in Alaska are designed to retain heat for most of the year. People can open their windows to allow cooler air in during early morning hours, provided wildfires are not burning in the blaze-prone state. If there is smoke around and the windows have to remain shut, buildings can heat up very rapidly. 2024 was the third year in a row in Fairbanks with more than a hundred hours of visibility-reducing smoke, the first time this occurred three consecutive years over a hundred hours. The wildfires are definitely linked to global warming and the drier vegetation. There have only been two summers in Fairbanks in the 21st century with no hours of smoke that reduced visibility.

Source : Alaska’s news media.