Climat / Climate: Vers 5°C de réchauffement si rien n’est fait // Toward a 5-degree warming if nothing is done !

Selon une nouvelle étude réalisée par deux chercheurs de la Carnegie Institution for Science à Standford en Californie et publiée dans la revue Nature, si les émissions de CO2 suivent la tendance actuelle, il y a 93% de chances pour que le réchauffement climatique dépasse largement les 4 degrés Celsius d’ici à la fin de ce siècle. Leurs résultats suggèrent que dans la fourchette de température proposée par les modèles les plus pessimistes du GIEC, ce serait la plus haute valeur qu’il faudrait prendre en compte, et non la moyenne.
Les modèles climatiques reposent sur des algorithmes qui travaillent à partir des équations physiques simulant le comportement de l’atmosphère et des océans. Il existe une quarantaine de modèles climatiques mondiaux qui projettent tous différents niveaux de réchauffement climatique pour un changement donné des concentrations de gaz à effet de serre. Il n’y a pas de consensus sur la meilleure façon de modéliser certains aspects du système climatique.

Le plus pessimiste des scénarios, simulé par les modèles dans le 5e rapport du GIEC, correspond à la prolongation des émissions de CO2 actuelles et projette de 2081 à 2100 une fourchette d’augmentation de température possible entre + 2,6°C et + 4,8°C par rapport aux niveaux pré-industriels.

Les deux chercheurs de la Carnegie Institution for Science ont cherché à savoir laquelle de ces deux extrémités est la plus susceptible de s’avérer exacte si les émissions de CO2 ne baissent pas. Selon eux, les modèles qui sont les plus aptes à prévoir le futur sont ceux qui doivent également être les plus aptes à simuler le climat actuel, ou d’un passé proche, en fonction des données d’observation satellites récentes. Ils ont donc comparé la performance des différents modèles, alimentés par des observations satellites récentes de l’atmosphère actuelle. Ils ont ensuite pris en compte les modèles les plus fiables pour obtenir des projections futures jusqu’en 2100. Au final, les modèles qui simulent le mieux la période actuelle ont tendance à projeter, pour le futur, un réchauffement proche de 5°C, autrement dit le haut de la fourchette du scénario le plus pessimiste du GIEC.

La perspective d’une augmentation de près de 5°C signifierait des conséquences désastreuses pour les générations futures. Cela suppose, pour aujourd’hui, des efforts de réduction des émissions encore plus significatifs pour maintenir l’objectif des 2°C de la COP 21. La partie est loin d’être gagnée !

Source : Sciences et Avenir.

——————————————

According to a new study by two researchers at the Carnegie Institution for Science in Standford, California, and published in the journal Nature, if CO2 emissions follow the current trend, there is a 93% chance that global warming will significantly exceed 4 degrees Celsius by the end of this century. Their results suggest that in the range of temperature proposed by the most pessimistic models of the IPCC, it would be the highest value that should be taken into account, not the average.
Climate models are based on algorithms that work from physical equations simulating the behaviour of the atmosphere and oceans. There are about 40 global climate models that all project different levels of global warming for a given change in greenhouse gas concentrations. There is no consensus on the best way to model some aspects of the climate system.
The most pessimistic of the scenarios, simulated by the models in the 5th report of the IPCC, corresponds to the prolongation of the current CO2 emissions and projects from 2081 to 2100 a range of possible temperature increase between + 2.6 ° C and + 4 , 8 ° C compared to pre-industrial levels.
The two researchers at the Carnegie Institution for Science looked at which of these two extremes is most likely to be accurate if CO2 emissions do not decrease. According to them, the models that are the most likely to predict the future are those that must also be best able to simulate the current climate, or a near past, based on recent satellite observation data. They therefore compared the performance of the different models, fed by recent satellite observations of the current atmosphere. They then took into account the most reliable models to obtain future projections until 2100. In the end, the models that best simulate the current period tend to project, for the future, a warming close to 5°C, in other words, the top of the range of the most pessimistic IPCC scenario.
The prospect of an increase of nearly 5°C would mean disastrous consequences for future generations. This implies, for today, more significant efforts to reduce emissions in order to maintain the 2°C goal of COP 21. The game is far from won!
Source: Sciences et Avenir.

Historique des températures moyennes de la basse atmosphère (en degrés Celsius) [Source : University of Alabama in Huntsville (UAH)]

Une réflexion au sujet de « Climat / Climate: Vers 5°C de réchauffement si rien n’est fait // Toward a 5-degree warming if nothing is done ! »

  1. Bonjour Claude,
    Des vœux assez « hotte ».
    Comme j’ai dû probablement déjà m’en exprimer, il n’y a pas que l’effet de serre qui suite à l’augmentation de la proportion de CO2 dans l’atmosphère la réchauffe. L’imposante production de chaleur par combustion des énergies fossiles, mais pas seulement, les centrales nucléaires ou les panneaux solaires en produisent également, est pour moi un facteur supplémentaire et non négligeable du réchauffement général. Il n’y a qu’à observer la différence de température ambiante entre zones urbaines et zones rurales pour s’en rendre facilement compte (Ecart souvent compris entre 4 et 6°C). Cette quantité de chaleur produite équivaut actuellement à faire exploser une bombe atomique style Hiroshima toute les seconde (Calcul NASA, le mien donne toutes les 3 seconde, j’oublie probablement une source autre que bois, charbon, pétrole, gaz…). Or, qui dit chaleur dit énergie, et à supposé que l’on parvienne à limiter nos émissions de CO2, de gré, ou de force par épuisement des ressources en pétrole notamment (Echéance INSEE 2050), ce qui est inimaginable est d’arriver à se passer d’une quelconque énergie. L’énergie est la vie de notre civilisation, aussi bien industrielle qu’agroalimentaire ou même domestique, culturelle et artistique. Par voix de conséquence, il est donc effectivement inimaginable d’espérer pouvoir contenir le réchauffement climatique en deçà des 5°C d’ici la fin du siècle, sans diminuer de manière drastique l’utilisation des énergies, quelles qu’elles soient. C’est pour moi la question centrale qui va faire que l’humanité de demain perdurera ou disparaitra.
    Devant une telle situation il est assez aisé de conclure en la deuxième hypothèse. Mais c’est affectivement sans compter sur l’apparition d’une nouvelle façon d’exister, une sorte de nouvelle donne basé sur l’évolution et l’adaptabilité, dont les profils sont encore vraiment flous, mais dont j’ai personnellement peur qu’elle ne s’insère dans la quasi perpétuelle marche des civilisations qui est qu’une nouvelle organisation est toujours née de la disparition de la précédente.
    Si le volume colossal de cris d’alertes et de constats épouvantables de toutes natures et horizons, nous oblige à prendre conscience de cet état de fait, les issues salutaires à cette spirale destructrice n’affluent vraiment pas dans l’imaginatif et le comportemental des Hommes d’aujourd’hui, qui semblent bien êtres condamnés à prendre de futurs « douches froides », certes en plein soleil, mais froides tout de même.
    Si seulement le Père Noël… !?
    Grande amitié
    Pierre Chabat

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s