Dans les profondeurs des Champs Phlégréens (Italie)… // In the depths of the Campi Flegrei (Italy)…

drapeau francaisDans une note écrite en juillet 2012, j’indiquais que le forage des Champs Phlégréens qui devait commencer en 2010 était entré dans sa phase active et que les foreuses avaient déjà atteint une profondeur de 200 mètres. Le travail s’est poursuivi au cours des mois suivants et les scientifiques viennent de révéler les premiers résultats.

Le forage a permis de découvrir que la caldeira des Champs Phlégréens s’étend de Monte di Procida jusqu’à Posillipo, mais ne comprend pas tout Naples, comme on le pensait jusqu’à présent.

Par ailleurs, le forage a permis de comprendre le « moteur » de l’activité bradysismique qui affecte régulièrement la région. Le rapport scientifique indique que « le phénomène est causé pour 50% par le magma et pour 50% par l’eau dans les roches ». D’un point de vue pratique, « le magma monte jusqu’à 5 ou 6 km et chauffe l’eau qui va faire gonfler les roches, entraînant un soulèvement du sol. »

Les Champs Phlégréens sont considérés comme un supervolcan dont les éruptions peuvent être violentes, mais ne se produisent que rarement. C’est pour mieux étudier le volcan que ce premier forage de 500 mètres a été effectué, avec installation de capteurs qui contrôlent en permanence des paramètres comme la température et la sismicité. Le programme scientifique prévoit un autre forage qui devrait atteindre une profondeur de 3,5 km.

Source : Presse italienne.

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drapeau anglaisIn a note written in July 2012, I indicated that the drilling of the Campi Flegrei scheduled to begin in 2010 had entered its active phase and had reached a depth of 200 meters. The work continued over the following months and scientists have just revealed the first results.
The drilling allowed to discover that the Campi Flegrei caldera stretches from Monte di Procida to Posillipo, but does not include all Naples, as was thought until now.
In addition, the drilling helped to understand the « engine » of the bradyseismic activity that regularly affects the region. The scientific report indicates that « the phenomenon is caused in 50% by magma and 50% by the water in the rocks. » From a practical standpoint, « magma rises up to 5 or 6 km and heats the water that swells the rocks, causing inflation.  »
The Campi Flegrei are considered a supervolcano whose eruptions which can be violent but occur only rarely. The aim of the first 500-metre drilling was to better study the volcano, with the installation of sensors that continuously monitor parameters such as temperature and seismicity. The scientific program includes another drilling that should should reach a depth of 3.5 km.
Source: Italian newspapers.

Champs Phlegreens 02

La recherche scientifique a beaucoup évolué depuis les années 1900 lorsque fut construit dans la Solfatara l’Observatoire Friedlaender, aujourd’hui disparu.  (Photo:  C.  Grandpey)

Une réflexion au sujet de « Dans les profondeurs des Champs Phlégréens (Italie)… // In the depths of the Campi Flegrei (Italy)… »

  1. Bonjour Claude,
    « La clé du sol ! »
    Probablement inspirée à l’origine par une réelle et sincère ambition scientifique d’analyse et de compréhension des phénomènes bradysismiques, ce projet de forage a eu, à ma connaissance quelques difficultés à démarrer. La controverse scientifique le concernant, et dont on ne parle plus du tout, portait essentiellement sur le risque encouru de provoquer une quelconque perturbation de l’équilibre instable du sous sol, et ainsi avait amené le Maire d’alors, par prudence, à interdire la poursuite du forage. Depuis les travaux ont repris, à la suite du changement de Maire, et leur objet semble un peut différent puisqu’il s’agirait aujourd’hui d’études sur le potentiel géothermique de la région. S’agissant de mieux comprendre les principes de cohabitation profonde de l’eau et du magma, cela ne m’inspire pas vraiment une grande confiance et je ne peux éviter de penser à Lusi, le forage loupé de Sidoarjo à Java en 2006, ou de celui du Krafla en Islande en 2011. Pour comprendre un phénomène magmato-volcanique, des équipes très compétentes et super outillées sont à même de modéliser de telles activités et d’en tirer l’enseignement et la dynamique voulus, sans pour autant jouer directement avec le feu et la vie de nombreuses Personnes.
    Il n’y a jamais eu au préalable d’annonce de grands dangers à emmener une équipe en visite sur le Galéra ou de laisser des touristes piétiner l’Ontake, d’urbaniser les pentes de la Montagne pelée ou celles du Vésuve, ou voir même d’approcher les coulées ardentes de l’Unzen.
    S’agissant de sciences de la terre, l’expérimentation in vivo n’est pas vraiment une méthode adéquate et sans risque. Là encore, comme dans bien d’autres domaines, le diable surgit toujours dans les détails. Un mystère à toujours sa raison d’être qu’il vaut mieux comprendre avant même de le percer.
    Bonne journée
    Amitié
    Pierre Chabat

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    1. Bonjour Pierre,
      Je suis tout à fait d’accord avec vos remarques. S’agissant du retard pris par le forage des Champs Phlégréens, j’avais donné les explications en juillet 2012. Le maire de l’époque s’y était effectivement opposé à cause des risques encourus et le changement de premier magistrat a modifié la donne. Pour le reste, il y a toujours un risque à vouloir jouer les apprentis-sorciers. Dans le cas des Campi Flegrei, le forage n’apporte pas grand-chose de nouveau. Même si on sait maintenant que la caldeira ne va pas jusqu’à Naples proprement dite, une éruption dans le secteur aurait des conséquences désastreuses étant donné la densité de population. Pour ce qui est de l’activité bradysismique, le fait de savoir que l’eau dans les roches y contribue pour la moitié n’a rien de très extraordinaire.
      Amitiés.
      Claude Grandpey

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