Copahue (frontière entre le Chili et l’Argentine)

drapeau francais   Les autorités chiliennes ont élevé à la couleur Rouge le niveau d’alerte du Copahue qui montre des signes d’activité de plus en plus significatifs. Cet accroissement d’activité pourrait déboucher sur une éruption. En conséquence, l’évacuation de 2240 personnes (460 familles) va débuter incessamment dans un rayon de 25 km autour du volcan. Les autorités ajoutent que « cette évacuation est obligatoire, pas facultative ».La Protection Civile chilienne indique que l’évacuation devrait prendre environ 48 heures mais pourrait se prolonger à cause des fortes pluies. L’accès au volcan est interdit sur un rayon de 4 kilomètres du côté argentin mais les activités commerciales se poursuivent dans des villes comme Villa de Caviahue.
Le Copahue avait déjà émis des gaz et de la cendre en décembre 2012, avec une élévation au Rouge de son niveau d’alerte.

drapeau anglais   Chile issued a red alert on Monday for the Copahue volcano which has become increasingly active. Local authorities said the increased activity could lead to an eruption and officials will soon begin evacuating 2,240 people, or 460 families, in a 25-kilometre radius. They added that « this evacuation is obligatory; it’s not voluntary. » Chile’s Emergency Office says the evacuation could last about 48 hours, but could be delayed because of heavy rains. Access to the volcano is closed within a 4-kilometre radius on the Argentine side, but nearby towns, including Villa de Caviahue, are open for business.
Copahue started spewing ash and gas in December, prompting a red alert then.

Hélium et éruptions volcaniques // Helium and volcanic eruptions

drapeau francais   Tazieffien convaincu, j’ai toujours affirmé qu’il fallait donner priorité à l’analyse des gaz en volcanologie. Ce sont eux qui sont le moteurs des éruptions et leur analyse, plus que toute autre, peut permettre de comprendre –voire d’anticiper – le comportement d’un volcan.

C’est ce que viennent de réaliser les scientifiques espagnols en observant les échantillons de gaz recueillis pendant l’éruption de 2011-2012 à El Hierro (Iles Canaries). Suite à l’analyse de quelque 8 000 échantillons d’hélium, un géochimiste a déclaré : « Nous sommes persuadés que l’hélium peut anticiper la détection de mouvements magmatiques avant même que ces mouvements soient détectés par une activité sismique».

Dans l’étude et la prévision des éruptions volcaniques, les volcanologues se concentrent généralement sur le dioxyde de carbone, le deuxième gaz le plus abondant (après la vapeur d’eau) émis pendant leur déroulement. Pourtant, selon les scientifiques espagnols, l’hélium est « un meilleur candidat pour le suivi et la prévision des éruptions parce qu’il ne réagit pas avec les roches ou les eaux souterraines, et les microorganismes ne consomment pas ou ne produisent pas d’hélium ». Ils ont constaté que la mesure des émissions d’hélium dans le sol et l’eau d’El Hierro donnait des indications sur les périodes où le magma se déplaçait sous l’île et sa position par rapport à la surface, deux facteurs importants dans la prévision d’une éruption volcanique.
L’équipe espagnole a également mesuré deux isotopes d’hélium – atomes du même élément avec un nombre différent de neutrons. L’hélium-3, par exemple, a un seul neutron tandis que l’hélium-4 en a deux. L’hélium-4 est produit lorsque des éléments radioactifs se désintègrent dans la croûte terrestre alors que l’hélium-3, qui représente la majeure partie de l’hélium de la Terre, se trouve principalement dans le manteau.
En observant les proportions d’hélium-3 et d’hélium-4 dans un échantillon de gaz, les chercheurs ont pu déterminer quelle quantité d’hélium était venue directement du manteau et quelle quantité provenait de fractures récentes dans la croûte en dessous d’El Hierro.

Les analyses montrent que, lorsque l’activité volcanique a débuté à El Hierro, la croûte s’est fracturée et l’hélium, principalement en provenance du manteau, est remonté à la surface. Lorsque l’éruption a vraiment commencé, les émissions de gaz à la surface ont augmenté de façon spectaculaire tandis que la pression gazeuse sous l’île diminuait rapidement. Ensuite, lorsque l’activité sismique à El Hierro a recommencé, la croûte s’est profondément fracturée et déformée et l’hélium-4 est devenu une composante majoritaire de l’ensemble d’hélium émis sur l’île.
Le système utilisé par les scientifiques espagnols à El Hierro pourrait  servir de référence pour les chercheurs qui surveillent d’autres volcans actifs de la planète. Cette approche géochimique s’est avérée importante à El Hierro car le magma a migré vers la surface sans sismicité préalable.

En fait, l’étude des émissions d’hélium à El Hierro au cours de la dernière éruption n’est pas vraiment un scoop. Les géochimistes italiens – en particulier l’équipe de l’Istituto di Geochimica dei Fluidi de Palerme – a déjà mis en évidence le rôle important joué par ce gaz dans le mécanisme éruptif, que ce soit sur l’Etna ou aux Iles Eoliennes. J’avais moi-même attiré l’attention sur les émanations gazeuses (y compris l’helium) sur les basses pentes de l’Etna et indiqué dans quelle mesure elles pouvaient servir d’indicateurs sur le comportement éruptif du volcan (voir colonne de gauche de ce blog).

Source : Live Science.

drapeau anglais   In the wake of H. Tazieff, I have always asserted that we should give priority to gas analysis in volcanology. Indeed, gases drive the eruptions and their analysis, more than any other, may help understand, or even anticipate, the behaviour of a volcano. This is what Spanish scientist have realised while observing 8,000 helium samples collected during the 2011-2012 eruption at El Hierro. A geochemist declared: “We believe that helium can anticipate the detection of magmatic movement even before those movements can be detected by seismic activity. »

When studying and trying to forecast volcanic eruptions; researchers usually focus on carbon dioxide, the second most abundant gas (after water vapor) in volcanic eruptions. However, helium is a better candidate for tracking and forecasting eruptions because it doesn’t react with rocks or groundwater and microorganisms don’t consume or produce helium.

The Spanish team found that measuring the flow of helium in El Hierro’s soil and water gave them clues as to when magma under the island was moving and how close it was to the surface — both important factors in forecasting a volcanic eruption.

They also measured two helium isotopes — atoms of the same element with different numbers of neutrons. Helium-3, for example, has one neutron whereas helium-4 has two. Helium-4 is produced when radioactive elements decay in the Earth’s crust but helium-3, which accounts for the bulk of Earth’s helium, is primarily found in the mantle.

Looking at the proportions of helium-3 and helium-4 in a gas sample, the researchers could determine how much helium had come straight from the mantle, and how much came from new fractures in the crust below El Hierro island.

The analyses show that, when volcanic activity began, the crust fractured and helium, mostly from the mantle, flowed to the surface. As the actual eruption started, gas flow at the surface increased dramatically, and gas pressure beneath the island dropped. Then as seismic activity at El Hierro picked up again, the crust fractured and deformed extensively, and helium-4 became a larger component of the total helium released on the island.

The system used by Spanish scientists at El Hierro could serve as a reference for researchers who monitor other active volcanoes in the world. This geochemical approach has been important in El Hierro since the magma migrated to the surface without any preliminary seismicity.
In fact, the study of helium emissions in El Hierro during the last eruption is not really a scoop. Italian geochemists – especially the team of the Istituto di Geochimica dei Fluidi at Palermo – has already highlighted the important role of this gas in the eruptive mechanism, both of Mount Etna or the Aeolian Islands. I myself have drawn attention to the gaseous emissions (including helium) on the lower slopes of Mount Etna and indicated to what extent they could be used as indicators of the eruptive behaviour of the volcano (see left-hand column of this blog).

Source: Live Science.

Paterno-blog

Emanations gazeuses dans les salinelle de Paterno  (Sicile)  [Photo:  C. Grandpey]

Réouverture de la Volcano House sur le Kilauea (Hawaii / Etats Unis)

drapeau francais   La mythique Volcano House va à nouveau ouvrir ses portes le mois prochain sur la lèvre de la caldeira du Kilauea, au terme d’une rénovation qui a coûté plusieurs millions de dollars.
Les flammes de la cheminée d’origine en pierre de lave réchaufferont le hall d’entrée et projetteront leur lumière sur un imposant bronze de la déesse Pele. Le visiteur découvrira ensuite un salon confortable avec, au-delà de grandes baies vitrées, des vues spectaculaires sur le cratère de Halema’uma’u.
C’est en 1846 qu’un habitant de Hilo, Benjamin Pitman, eu l’idée de construire une maison d’agrément qu’il baptisa « Volcano House. » Le nom est resté et la véritable structure en bois susceptible d’accueillir des hôtes sur le Kilauea a été construite en 1877. Des écrivains célèbres comme Mark Twain, Isabella Bird et Robert Louis Stevenson figurent parmi les personnes qui ont résidé dans bâtiment de1877, tout comme le microbiologiste français, Louis Pasteur.
En 1895, un Hawaiien d’origine grecque, George Lycurgue – dit « Uncle George » – a fait l’acquisition de la Volcano House et lui a apporté plusieurs évolutions structurelles, y compris un bâtiment de style victorien de deux étages qui a accueilli de nombreux invités de marque comme Franklin D. Roosevelt en 1934, premier président américain à visiter Hawaii.
En 1940, un incendie a ravagé la Volcano House de style victorien. Il n’y a eu aucune victime, mais l’ensemble de l’hôtel a été totalement détruit. «Uncle George» a négocié la construction d’un nouvel hôtel avec le Parc des Volcans, à quelque 200 mètres de son ancien site. Fin 1941, il a été inauguré en grande pompe sur le bord du cratère.

La Volcano House ouvre à nouveau en 2013 en préservant le caractère historique des années 1940. Si «Uncle George » était vivant aujourd’hui, il apprécierait probablement le retour de Pele  dans le cratère de Halema’uma’u redevenu actif en 2008 et, dans le même temps, le retour des clients dans la célèbre Volcano House.

Source : Hawaii 24/7.

 

 

drapeau anglais   The mythical Volcano House will fully reopen on the rim of Kilauea caldera in Hawaii Volcanoes National Park next month, following a multi-million dollar upgrade.

Flames from the original lava rock fireplace will warm the lobby and cast their light upon an imposing bronze of goddess Pele. A few more steps will reveal a comfortable sitting room with spectacular views of Halema’uma’u Crater beyond large glass windows.

It was in 1846 that Hilo resident Benjamin Pitman built a grass house, and christened it “Volcano House.” The name stuck, and the first substantial wooden structure to welcome guests at Kilauea was built in 1877

Famed writers Mark Twain, Isabella Bird and Robert Louis Stevenson were among guests in the 1877 building, as was French microbiologist, Louis Pasteur.

In 1895, Greek-born George “Uncle George” Lycurgus acquired the Volcano House, and several structural evolutions ensued, including the construction of a two-story Victorian-style building that served many distinguished guests. Visitors included President Franklin D. Roosevelt in 1934, the first U.S. president to visit Hawaii.

In 1940, a fire destroyed the Victorian-style Volcano House. No lives were lost, but the entire hotel was a complete loss.  “Uncle George” negotiated the construction of a new hotel with the Park some 200 metres from its former site.

In late 1941, the new Volcano House was unveiled with great fanfare on the crater rim – and it is unveiled again in 2013 in the historic character of the 1940s.

If “Uncle George” were alive today, perhaps he’d marvel over the coincidental return of Pele to her home at Halema’uma’u Crater, which began to erupt again in 2008, and to the return of guests to historic Volcano House.

Source: Hawaii 24/7.

Pele-Volcano-House

Pele veille sur la Volcano House   (Photo:  C. Grandpey)

Des éruptions à l’ouest d’Hawaii? // Eruptions to the west of Hawaii?

drapeau francais   Dans un de ses derniers numéros, le journal West Hawaii Today pose une question très intéressante: Des éruptions sont-elles susceptibles de se produire à l’ouest d’Hawaii dans les années à venir? Les dernières éruptions connues ont eu lieu sur la grande île d’Hawaï sans oublier que l’Haleakala sur l’île de Maui n’a probablement pas dit son dernier mot.
Beaucoup moins connues et médiatisées, des éruptions sous-marines à l’ouest de Maui ont été signalées à trois reprises au cours des 60 dernières années. La première a eu lieu en août et septembre 1955 près de Necker Island, à 650 km au NO de Honolulu. La plus récente a été observée début 2011, quand le capitaine d’un navire a fait état de « vapeur montant violemment à la surface de la mer » dans les environs de Milwaukee Bank, près de 3200 km au NO de Honolulu. Aucun échantillon n’a été prélevé et l’éruption n’a donc pas pu recevoir de confirmation.
L’éruption sous-marine qui a suscité le plus de questions a été observée beaucoup plus près d’Oahu. Le 22 mai 1956, alors qu’il volait à basse altitude au-dessus du Kauai Channel, le pilote d’un avion militaire a observé « un mile carré d’eau bouillante avec du soufre et de la cendre sur les vagues. » Son équipage a signalé des vapeurs et une odeur de soufre sur la zone. Les vols ultérieurs n’ont signalé que des stries jaunes à la surface de l’eau. Le 24 mai, tous les signes d’une éruption semblaient avoir disparu.
Cet événement est exceptionnel car des morceaux de ponce se sont échoués sur les plages d’Oahu le 28 mai. Des échantillons ont été envoyés au HVO pour identification. Les fragments ont été décrits comme « de la ponce basaltique brun foncé à noire » et des tests ont révélé qu’ils pouvaient flotter pendant quelques heures seulement.
Il y a de fortes chances pour que les événements du 22 mai aient eu lieu le long d’une dorsale sous-marine qui s’étend au nord-ouest de Kaena Point, au large d’Oahu. Cependant, ces dernières années, l’Université d’Hawaii et l’USGS ont exploré minutieusement cette région et n’ont trouvé aucune preuve d’éruptions récentes sur le plancher océanique. On a alors pensé que les fragments pouvaient provenir d’une éruption qui avait eu lieu en1952 sur l’Ile San Benedicto au large de la côte ouest du Mexique, mais les échantillons collectés à Oahu étaient différents. La ponce émise en 1952 à San Benedicto a été décrite comme « brun verdâtre » et n’avait pas de cristaux, tandis que les échantillons de 1956 avaient des cristaux d’olivine et de labradorite – minéraux communs dans les éruptions hawaïennes.

drapeau anglais   In one of its latest issues, the newspaper West Hawaii Today asks a very interesting question : Are future eruptions possible west of the Island of Hawaii? The last known eruptions occurred on Hawaii Big Island without forgetting that Maui’s Haleakala is probably not extinct.

Surprisingly, submarine eruptions west of Maui have been reported three times in the past 60 years. The first was in August and September 1955, near Necker Island, 650 km northwest of Honolulu. The most recent was in early 2011, when a sea captain reported “steam rising up violently from the sea surface” in the vicinity of Milwaukee Bank, almost 3,200 km northwest of Honolulu. No samples were obtained, so volcanic activity could not be confirmed.

The most intriguing possible submarine eruption was reported much closer to Oahu. On May 22nd, 1956, while flying low over the Kauai Channel, the pilot of a military transport reported “a square mile of boiling water with sulphur and ashes on the waves.” His crew reported smelling sulphur fumes hanging over the area; however, subsequent flights over the same area reported only yellow streaks in the water. By May 24th, all signs of an eruption seemed to be dissipating.

This event was exceptional because some pumice washed up on Oahu beaches on May 28th. A few samples were sent to the Hawaiian Volcano Observatory for identification. The fragments were described as “dark brown to black basaltic pumice”and tests revealed that they would float for only a few hours.

The events of May 22nd were most likely located along a submarine ridge extending northwest from Kaena Point, Oahu. However, in recent years, University of Hawaii and U.S. Geological Survey scientists have explored this region in detail and found no evidence of recent eruptions on the ocean floor. It was thought the fragments might have originated from a 1952 eruption in the San Benedicto Islands off the west coast of Mexico, but the Oahu samples were different. The 1952 San Benedicto pumice was described as “greenish brown” and had no crystals, while the 1956 samples had crystals of olivine and labradorite — minerals common in Hawaiian eruptions.

Haleakala blog

Haleakala: sa dernière éruption a probablement eu lieu dans la 2ème moitié du 18ème siècle.

(Photo:  C. Grandpey)