Tom Simkin nous a quittés

1475806114.57.jpgTom Simkin, fondateur et directeur pendant de nombreuses années du Global Volcanism Program auquel je fais souvent référence, est décédé le 10 juin à l’âge de 75 ans.

Le rôle joué par Tom dans la volcanologie moderne est remarquable. Il suffit de citer quelques lignes de l’hommage que lui rend la Smithsonian Institution : « La carrière remarquable de Tom Simkin dans le département de volcanologie de la Smithsonian s’étend sur quatre décennies. Tom est l’un des premiers à avoir étudié la volcanologie dans sa globalité. En tant que tel, il a été le fondateur el le directeur du Global Volcanism Program (GVP) jusqu’en 1995 ».

Si vous désirez en savoir plus sur Tom, vous pouvez cliquer sur le lien suivant :

http://www.volcano.si.edu/info/simkin/

Vous y découvrirez en particulier une photo qui fait ressortir la gentillesse de cet homme avec lequel j’ai eu plusieurs contacts extrêmement chaleureux.   

 

993348610.50.jpgTom Simkin, founder and director for many years of the Global Volcanism Program I’m often referring to, died on June 10th at the age of 75.

Tom’s role in modern volcanology is remarkable. It suffices to quote a few lines of the homage paid by the Smithsonian Institution:

“Tom Simkin’s distinguished career in volcanology at the Smithsonian spanned more than four decades. He was a pioneer in the investigation of volcanism on a global scale, and was the founder and director of the Smithsonian’s Global Volcanism Program (GVP) until 1995. »

If you’d like to know more about Tom, you van click on the following link:

http://www.volcano.si.edu/info/simkin/

You’ll see a photo showing perfectly the kindness of this man with whom I had several warm contacts.

Le Mont St Helens serait-il un « supervolcan »?

Tel le monstre du Loch Ness (que je n’ai pas vu lors de mon périple écossais), le mythe du « supervolcan » vient de refaire surface ! Il ne s’agit plus de celui de Yellowstone, mais c’est le Mont St Helens qui pourrait bien recevoir ce grade…

En effet, en utilisant la magnétotellurique, des scientifiques néo-zélandais ont détecté ce qu’ils pensent être une vaste zone de roche en fusion partielle, et qui pourrait alimenter une éruption de grande ampleur. La magnétotellurique consiste à mesurer les fluctuations des champs électriques et magnétiques en surface et créer une image de ce qui se passe en profondeur.  Ces champs se modifient en relation avec les courants électriques – induits par les orages et autres phénomènes – qui se déplacent sous la surface de la terre. Ces courants sont plus puissants quand ils entrent en contact avec le magma puisque ce dernier est meilleur conducteur que la roche solide.

Les mesures révélées par les capteurs magnétotelluriques installés par les chercheurs néo-zélandais autour du Mont St Helens ont révélé la présence d’une colonne de matériau conducteur à la verticale du volcan. A une quinzaine de kilomètres de profondeur, cette colonne semble se connecter à une zone conductrice beaucoup plus large, déjà identifiée dans les années 1980 par la même technique. A l’époque, les scientifiques avaient découvert qu’elle s’étendait jusque sous le Mont Rainier – qui se dresse à 70 km au nord – et le Mont Adams, à 50 km à l’est). On pensait alors qu’il s’agissait d’une zone de sédiments humides, donc bons conducteurs.  

Au vu des dernières mesures (effectuées alors que le St Helens émettait des matériaux en fusion partielle), les chercheurs néo-zélandais pensent que cette vaste zone n’est pas composée de matériaux sédimentaires, mais de matériaux en fusion partielle. Sa conductivité n’est pas suffisante pour que ce soit du magma à l’état pur. Il s’agit probablement d’un mélange de roches solides et en fusion.

L’opinion des scientifiques américains est plus réservée quant à la notion de « supervolcan » pour le St Helens. Ils pensent eux aussi qu’il existe des matériaux en fusion partielle, mais la conduction, selon eux, serait surtout due à la présence d’eau.

S’il y avait, effectivement, une immense poche de magma sous les trois volcans mentionnés dans cet article, elle ressemblerait beaucoup à celle qui sommeille sous le Parc de Yellowstone et qui, comme chacun sait, s’est réveillée il y a 640 000 ans et devrait bientôt causer de graves soucis au Président Obama puisqu’elle ne semble pas avoir entendu son réveil !! Toutefois, faisant preuve d’une certaine modestie, les chercheurs pensent que l’éruption du « supervolcan » de la région du St Helens n’est pas pour demain et que, de toute façon, ils ne sont pas en mesure de dire quand elle se produira…. !

Source : The New Scientist.

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Le Mont Rainier vu depuis le St Helens, avec Spirit Lake au premier plan (Photo: C. Grandpey)

Sarychev (Iles Kouriles / Russie)

1475806114.52.jpgAprès qu’une anomalie thermique ait été détectée les 11 et 12 juin, de volumineux panaches de cendres montant à plus de 7 km d’altitude ont été observés le 13 juin. Le 14 juin, une violente éruption a propulsé un nuage de cendre à 12 km d’altitude, puis à 8 km le lendemain. Ces nuages ont sérieusement perturbé le trafic aérien, en particulier entre l’Asie et l’Amérique.

Le Pic Sarychev est l’un des volcans les plus actifs des Iles Kouriles. Le cône andésitique central culmine à 1492 m d’altitude. Les éruptions historiques consistent en des effusions de lave paisibles qui alternent avec des éruptions violentes comme celle qui a lieu actuellement. La dernière éruption majeure a eu lieu en 1946, avec des coulées pyroclastiques qui ont atteint la mer.

Source : Global Volcanism Network.

 

993348610.48.jpgAfter a thermal anomaly was detected on June 11th and 12th, voluminous ash plumes – more than 7 km a.s.l. – were observed on June 13th. On June 14th, a violent eruption sent an ash plume up to 12 km a.s.l., then up to 8 km a.s.l. the following day. These ash pumes seriously disrupted air traffic between Asia and America.

Sarychev Peak is one of the most active volcanoes of the Kuril Islands. The andesitic cone reaches 1492 metres a.s.l.  Historical eruptions include both quiet lava effusion and violent explosions like the one that is taking place at the moment. The largest eruption of Sarychev Peak occurred in 1946 with pyroclastic flows that reached the sea.

Source : Global Volcanism Network

Des vacances écossaises….

La retraite permet de partir en dehors des vacances scolaires. Quand cela coïncide avec l’ouverture d’une ligne aérienne à bas prix entre Limoges et Edimbourg, il est tentant d’aller faire une virée en Ecosse pendant que les autres travaillent !

Donc, jusqu’à vendredi prochain, je vais faire une cure de haggis et de whisky et je ne serai donc pas en mesure de mettre à jour les informations volcaniques…. Non pas que mes capacités intellectuelles seront affaiblies, mais j’imagine que les B&B des petits bleds où j’ai prévu de m’arrêter ne bénéficieront pas de la wifi !

De toute façon, mis à part le Galeras (Colombie), il n’y a pas grand-chose à ce mettre sous la dent volcanique en ce moment. J’espère que l’Etna et les autres resteront sages pendant mon absence !

A bientôt donc.

En attendant, histoire de vous faire patienter, voici un belle gerbe de lave projetée par le vénérable – et vénéré – Stromboli.

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 (Photo: C. Grandpey)