L’or et l’argent de la Nouvelle Zélande // Gold and silver in New Zealand

drapeau francaisLe Lac Taupo se trouve au centre de l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. C’est la caldeira d’un immense volcan qui a été actif pendant près de 300 000 ans. Il a produit deux des plus violentes éruptions de l’histoire. Une première très violente explosion a eu lieu il y a 26 500 ans. Elle a été suivie d’une autre il y a 1800 ans. Le volcan fait partie d’un ensemble en forme de V de bouches volcaniques et de sources chaudes connu sous le nom de Zone Volcanique de Taupo (TVZ) qui étend sur environ 350 km.
Des scientifiques américains et néo-zélandais ont découvert d’énormes réserves inexploitées d’or et d’argent à l’intérieur de plusieurs réservoirs surchauffés situés dans une chaîne de volcans de la TVZ. Selon eux, les panaches magmatiques chauffent l’eau et donnent naissance à des réservoirs et des sources extrêmement chaudes et acides qui dissolvent la roche environnante. Au cours de ce processus, l’eau se charge en métaux précieux comme l’or et l’argent. Les géologues ont détecté jusqu’à 18 réservoirs volumineux, jusqu’à 3 km de profondeur avec, à l’intérieur, d’énormes quantités de ces métaux. Ils estiment qu’un seul puits foré dans le réservoir qui se trouve sous la centrale géothermique de Rotokawa, dans la région de Waikato sur l’île du Nord, pourrait produire jusqu’à 2,7 millions de dollars (2,3 millions d’euros) d’or par an. Des puits forés dans les réservoirs sous les centrales géothermiques de Rotokawa et de Mokai (qui se trouve à proximité de Rotokawa) pourraient produire jusqu’à huit tonnes d’argent par an, soit une valeur d’environ 3,6 millions de dollars (3,1 millions d’euros). Toutefois, les scientifiques ajoutent qu’une nouvelle technologie devra être mise au point pour extraire les métaux précieux sans interférer avec la production d’énergie géothermique.
Pour expliquer la formation de ces métaux précieux, les chercheurs font remarquer que l’eau riche en chlorure naît dans des réservoirs souterrains et est chauffée à des températures allant jusqu’à 400 ° C. La chaleur intense et la chimie de l’eau dans ces réservoirs font passer dans l’eau l’or et l’argent contenus dans le magma et les roches environnantes. Dans certaines sources chaudes où l’eau bouillonne à la surface, on trouve des concentrations élevées d’or et d’argent autour des bassins. Les roches sous la surface contiennent certes un peu d’or et d’argent, mais les chercheurs affirment que les concentrations sont plus élevées dans les réservoirs d’eau. Ils ont relevé des concentrations d’or atteignant 20 parties par milliard et des concentrations d’argent de 2000 parties par milliard. À partir du réservoir de Rotokawa à lui seul, ils estiment qu’on pourrait obtenir environ 70 kilogrammes d’or par an.
Les chercheurs ont indiqué dans la revue Géothermie que les métaux précieux se déposent à la surface de certaines sources chaudes comme la célèbre Champagne Pool à Waiotapu. Les beaux précipités de couleur orange et jaune qui bordent la source contiennent de l’arsenic, du mercure, du soufre, de l’antimoine et du thallium, ainsi que de très fortes concentrations d’or et d’argent.

Peut-être une ruée vers l’or en Nouvelle Zélande dans les prochaines années…..
Source: Mail Online.

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drapeau anglaisLake Taupo lies at the centre of New Zealand’s North Island and is the caldera of a huge volcano that has been active for nearly 300,000 years. It has produced two of the most violent eruptions in history when it exploded violently around 26,500 years ago and again 1,800 years ago. It is part of a V-shaped range of volcanic vents and springs known as the Taupo Volcanic Zone (TVZ) that stretches over about 350 kilometres..

U.S and New Zealand scientists have discovered huge untapped reserves of gold and silver inside the super-heated reservoirs within a string of volcanoes within the TVZ. They say magma plumes are heating the water to produce scalding hot acidic reservoirs and springs that are dissolving the surrounding rock. This is leading the water to become loaded with precious metals like gold and silver. Geologists have found up to 18 enormous reservoirs of water, up to 3 km deep, that contain huge amounts of these metals. They estimate a single well drilled into the reservoir beneath Rotokawa Geothermal Power station Waikato, on New Zealand’s North Island, could yield up to 2.7 million dollars (2.3 million euros) of gold a year. What is more, wells drilled into both the reservoirs beneath Rotokawa and nearby Mokai geothermal power stations could produce up to eight tons of silver a year – about 3.6 million dollars (3.1 million euros) worth. However, they warn that new technology would need to be developed to extract the precious metals without interfering with geothermal energy production.

The researchers say chloride rich water forms in underground reservoirs and gets heated to temperatures of up to 400°C. The intense heat and chemistry of the water in these reservoirs causes gold and silver to move from the surrounding rocks and magma into the water. At a few locations where the water bubbles to the surface in hot springs high concentrations of gold and silver can be found around their scalding pools. While the rocks beneath the surface also contain some gold and silver, the researchers say the concentrations in the water reservoirs are higher. They found gold concentrations as high as 20 parts per billion and silver reached 2,000 parts per billion. From the Rotokawa reservoir alone they estimate they could obtain about 70 kilograms of gold a year.

Writing in the journal Geothermics, the researchers indicated that the precious metals deposit at the surface in a few hot springs among which the Champagne Pool at Waiotapu is probably the best known. The nice orange and yellow precipitates that line the pool contain arsenic, mercury, sulphur, antimony, and thallium, plus very high concentrations of gold and silver.

There might be a gold rush in New Zealand in the years to come…

Source: Mail Online.

Champagne Pool: Un nouvel Eldorado?  (Photos:  C. Grandpey)

Prévision volcanique en Nouvelle Zélande // Volcanic prediction in New Zealand

drapeau francaisLa Nouvelle-Zélande possède un grand nombre de volcans actifs et une fréquence éruptive élevée. L’activité volcanique se produit dans six secteurs, dont cinq dans l’île du Nord et un au large des côtes, dans les Iles Kermadec.
Les scientifiques néo-zélandais aimeraient savoir quand se produira la prochaine éruption majeure. Ils vont essayer de répondre à cette question en utilisant les mathématiques pour calculer la date probable et l’importance de la prochaine éruption de chacun des 10 principaux volcans de ce pays.
Les éruptions les plus récentes ont eu lieu à White Island, île volcanique toujours très active, au Mont Tongariro à deux reprises en 2012, et au Mont Ruapehu il y a huit ans, quand un lahar a traversé la partie occidentale du champ de ski de Whakapapa.
A côté de ces volcans régulièrement actifs, les Néo-zélandais redoutent les prochaines éruptions de volcans en sommeil tels que le Taranaki dont on pense que la probabilité éruptive est de 50% dans les 50 prochaines années, ou de la zone volcanique d’Auckland et ses 50 volcans qui ne dorment peut-être que d’un oeil.
L’événement le plus inquiétant serait une éruption de l’une des énormes caldeiras volcaniques dans la partie centrale de l’île du Nord. Par exemple; l’éruption du Taupo, il y a environ 1800 ans, a eu des effets visibles jusqu’en Chine et à Rome. Elle a généré une coulée pyroclastique dévastatrice de 1,5 kilomètres de hauteur qui a recouvert la région de cendre et de pierre ponce sur une distance de 80 km.
Pour créer un nouveau modèle de probabilité, les chercheurs vont établir une base de données incluant l’histoire éruptive de volcans similaires à travers le monde. Une référence possible serait le Merapi en Indonésie, qui est entré en éruption en 2010, après une longue période de calme, tout comme le Taranaki. Si l’équipe scientifique peut prouver que les histoires éruptives de ces deux volcans se superposent, ils pourront étendre cette approche à d’autres dans le monde.
L’un des scientifiques, spécialiste des avalanches pyroclastiques dévastatrices, a entamé une autre étude avec ses collègues. Il va utiliser un simulateur d’éruption basé sur le campus de l’Université de Manawatu pour comprendre comment réagissent les infrastructures quand elles sont frappées par une coulée pyroclastique.
Une étude publiée le mois dernier a révélé qu’une éruption volcanique majeure dans le centre industriel d’Auckland pourrait avoir un impact économique désastreux et affecter profondément le PIB de la ville.
Source: New Zealand Herald.
Maintenant, la question est de savoir si des sciences exactes comme les mathématiques et les simulations peuvent vraiment aider à prévoir les prochaines éruptions en Nouvelle-Zélande! Il en est de même avec les cycles éruptifs qui n’ont jamais été définitivement prouvés. Quand on sait que chaque volcan a un fonctionnement qui lui est proche, il semble hasardeux de vouloir essayer de calquer les histoires éruptives de deux volcans éloignés de plusieurs milliers de kilomètres. À une époque où nous ne sommes pas capables de prévoir les éruptions de point chaud dans le court terme, j’ai des doutes sur le succès d’une telle recherche pour prévoir les éruptions des volcans Nouvelle-Zélande qui sont situés dans les zones de subduction et sont d’autant plus imprévisibles.

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drapeau anglaisNew Zealand has a lot of active volcanoes and a high frequency of eruptions. Volcanic activity occurs in six areas, five in the North Island and one offshore in the Kermadec Islands.

Kiwi scientists would like to know when the next major eruption will occur. They will try to answer the question by using maths to calculate the estimated time and size of the next eruption of each of New Zealand’s 10 main volcano centres.

The most recent eruptions have taken place at White Island which is still quite active, at Mt Tongariro twice in 2012, and at Mt Ruapehu eight years ago, when a large lahar travelled through the western boundary of Whakapapa skifield.

Beside these regularly active volcanoes, a greater fears concern the next eruptions at quiet mountains such as Mt Taranaki, which is said to have a 50 per cent probability of erupting in the next 50 years, or at one of Auckland’s long-silent field of 50 volcanoes.

More worrying still is the thought of an eruption at one of the huge caldera volcanoes in the Central North Island. For instance; the Taupo eruption around 1800 years ago created effects visible in China and Rome and generated a devastating 1.5 km-high pyroclastic flow that covered the landscape with ash and pumice for a distance of 80km.

To create a new probability model, the researchers will build a database of historical records from similar volcanoes worldwide. A possible reference would be Mt Merapi in Indonesia which erupted in 2010 after a long quiet past, just like Mt Taranaki. If the scientific team can work out how the records of the two volcanoes can map on to one another, then they will extend it to other ones worldwide.

One of the scientists, who specialises in devastating pyroclastic surges, is starting another study with his colleagues. It will use a large-scale eruption simulator based at the Manawatu University campus to understand what happens to infrastructures when they are hit by a pyroclastic flow.

A research published last month indicated that a catastrophic volcanic eruption in Auckland’s industrial heart could have a disastrous economic impact and knock out a large area of the city’s Gross Domestic Product (GDP).

Source : New Zealand Herald.

Now, the question is to know whether exact sciences like mathematics and simulations can really help predict the next eruptions in New Zealand! It’s the same with eruptive cycles which have never been definitively proved. Knowing that each volcano has its own eruptive process, superimposing the eruptive histories of two volcanoes which are thousands of kilometres apart seems a bit far-fetched. At a time when we are not able to predict hotspot eruptions in the short term, I have doubts about the success of such research to predict the eruptions of New Zealand volcanoes which are located in subduction zones and are all the more unpredictable.

Ruapehu-blog

White-Island-lac

Le Ruapehu et White Island sont deux volcans actifs de Nouvelle Zélande.

(Photos:  C. Grandpey)