Courses de traîneaux, réchauffement climatique et éruptions volcaniques // Sled-dog races, global warming and volcanic eruptions

drapeau francaisL’hiver en Alaska est la saison des courses de chiens de traîneaux. La Yukon Quest est une compétition de 1600 km qui traverse l’intérieur de l’Alaska et se termine au Yukon, au Canada. La plus célèbre de toutes les courses est sans aucun doute l’Iditarod, une compétition de 1700 km qui commémore le transport d’un sérum anti-diphtérique jusqu’à Nome en 1925, afin d’enrayer une épidémie de la maladie.
Le départ de l’Iditarod est prévu le 1er Mars 2014 à Anchorage. Cependant, la course pourrait avoir à subir les effets du changement climatique. En raison des températures anormalement chaudes et du faible enneigement en Alaska cet hiver, le départ pourrait bien être donné à Fairbanks, 560 km plus au nord.
Alors que la météo joue parfois un rôle inattendu dans les courses de chiens de traîneaux, d’autres forces de la nature peuvent venir perturber ces compétitions. Ainsi, au début de l’année 2009, alors que les mushers et leurs chiens étaient occupés à s’entraîner pour l’Iditarod, le spectre d’une éruption volcanique planait sur les préparatifs de la course. En effet, à l’automne 2008, la sismicité connaissait une hausse sur le Redoubt, à 60 km au sud-ouest d’Anchorage. L’activité volcanique s’est intensifiée au cours des mois suivants, avec un réel risque d’éruption. Les éruptions antérieures de ce volcan avaient causé d’importants dégâts, de sorte que son activité fut prise très au sérieux. On se souvient qu’au cours de l’éruption de 1989-1990, 5 avions de ligne avaient été endommagés par la cendre et une tragédie avait été évitée de justesse quand un Boeing 747 de la KLM s’est retrouvé par inadvertance dans un panache de cendre ; le pilote a alors dû faire face à l’arrêt de ses quatre moteurs.
En 2009, l’activité sismique du Redoubt a augmenté à nouveau et on craignait que le départ de l’Iditarod prévu le 8 mars soit perturbé par une éruption. Les concurrents qui se trouvaient à proximité du volcan redoutaient (sans jeu de mots !) d’avoir à évacuer les chenils abritant une centaine de chiens pour aller s’installer dans un endroit plus sûr, loin de la cendre du volcan. Heureusement, les séquences éruptives du Redoubt ont commencé une semaine après que les mushers se soient lancés en direction de Nome …

Source: Presse alaskienne.

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 drapeau anglaisWinter in Alaska is the season for sled-dog races. The Yukon Quest is a 1600-kilometre race that traverses the Alaskan Interior and finishes in Yukon, Canada. The most famous of all races is undoubtedly the Iditarod, a 1,700-kilometre race, that commemorates a life-saving dog-sled transport of anti-diphtheria serum to Nome in 1925.

The Iditarod is scheduled to start on March the 1st from Anchorage to Nome. However, ii might have to undergo the effects of climate change. Due to unusually warm temperatures and marginal snow conditions in Alaska this winter, the race might start from Fairbanks, 350 km to the north.

While the weather can play an unexpected role in sled-dog racing, other forces of nature exert their influence, as well. In early 2009, as Iditarod mushers and their dogs were busy training for the event, the specter of volcanic eruption loomed over the race preparations. Indeed, in the autumn of 2008, seismicity at Mount Redoubt, located 60 km southwest of Anchorage, had begun to increase. Volcanic unrest increased over the following months, suggesting that an eruption was going to occur. Prior eruptions of the volcano had caused extensive damage, so its rumblings had to be taken seriously. For instance, during the 1989-1990 Redoubt eruption, 5 commercial jetliners were damaged by ash, and tragedy was narrowly averted when a KLM 747 passenger jet inadvertently flew through an ash plume and lost power to all 4 of its engines.

In 2009, seismic activity of Mount Redoubt escalated again and there were fears that the March 8th start of the Iditarod might be disrupted by an eruption. Race contenders close to the volcano were afraid of having to evacuate hundred-dog kennels to a safer, ash-free area. Fortunately, Mount Redoubt began its 2009 sequence of eruptions a week after the mushers were well on their way to Nome…

Source: Alaska newspapers.

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Préparation pour les courses de traîneaux à proximité du Redoubt.

(Photos:  C. Grandpey)

Alaska Volcano Observatory

drapeau francaisTrès souvent, quand je donne des nouvelles des volcans de l’Alaska, je me réfère à l’Alaska Volcano Observatory (AVO) qui les supervise, en particulier ceux des îles Aléoutiennes. Il y a quelques jours, le Hawaiian Volcano Observatory (HVO) a consacré un article à l’AVO qui a célébré son 25ème anniversaire en Avril 2013.
L’AVO a eu beaucoup de travail au cours de ce quart de siècle car plus de 70 épisodes d’éruption ou de simple activité ont agité près de 30 volcans de l’Alaska.
L’événement le plus spectaculaire fut sans aucun doute l’éruption du Mont Redoubt en 1989-1990. En effet, un nuage de cendre a presque fait s’écraser un Boeing 747 transportant 244 personnes qui se dirigeait vers Anchorage. Les quatre moteurs ont vu leur puissance diminuer rapidement. Après une descente vertigineuse jusqu’à 1.200 mètres seulement du sol, les pilotes ont réussi à redémarrer les moteurs et atterrir sans encombre.
Cet événement a eu pour conséquence l’intensification de la surveillance des volcans historiquement et potentiellement actifs de l’Alaska avec l’augmentation du nombre d’instruments au sol et l’utilisation des ressources satellitaires. Ainsi, le nombre de sismographes est passé de 4 en 1995 à 29 en début de 2013, un exploit remarquable compte tenu de la grande longueur de la chaîne volcanique qui s’étend de Cook Inlet jusqu’aux îles Aléoutiennes sur plus de 2.500 km.
L’utilisation des ressources satellitaires a été intensifiée dans un triple but : (1) détecter les signes de réveil des volcans, (2) identifier et suivre le déplacement des nuages ​​de cendre d’un volcan en éruption et ( 3 ) développer des modèles informatiques pour prévoir la trajectoire de la cendre.
Au cours de l’éruption du Redoubt en 1989-90, l’AVO a mis en place un nouveau schéma de couleurs avec 4 niveaux (vert, jaune, orange, rouge) pour communiquer la situation immédiate ou le niveau de risque d’un volcan de manière simple et cohérente. Cet ensemble de couleurs a finalement été approuvé par l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile et est désormais utilisé par les observatoires volcanologiques du monde entier.
Le système d’alerte standardisé a permis la création du Service de Notification Volcanique (VNS) qui envoie des e-mails aux abonnés sur l’activité des volcans américains. Pour vous abonner, il suffit d’aller sur le site volcanoes.usgs.gov/vns/. Il y a maintenant près de 4500 abonnés depuis qu’il a été mis en place pour le public en 2012. Je suis l’un d’entre eux !
Cette année, l’AVO a lancé un nouvel outil informatique afin d’améliorer la collecte en temps réel d’informations concernant les retombées de cendre. Le service permet aux gens d’envoyer des rapports sur la date et le lieu des chutes de cendre, ainsi que l’épaisseur du dépôt. Ces témoignages aident les scientifiques à mieux identifier la trajectoire et l’évolution des nuages ​​de cendre, quantifier les dépôts de cendre, et améliorer les messages d’alerte. Ils viennent en complément de l’imagerie satellite et des modèles informatiques utilisés pour prévoir quand et où la cendre ira et donc quelle région sera concernée par les retombées.

 

drapeau anglaisVery often, when giving news about Alaskan volcanoes, I refer to the Alaska Volcano Observatory (AVO) that supervises the volcanoes of the region, especially the Aleutians. A few days ago, the Hawaiian Volcano Observatory (HVO) dedicated an article to AVO that celebrated its 25th anniversary in April 2013.

These years kept AVO quite busy as more than 70 episodes of eruption of unrest from nearly 30 different Alaskan volcanoes were recorded during that quarter century.

The most dramatic event was undoubtedly the 1989-90 eruption of Mount Redoubt. Indeed, an ash cloud nearly brought down a Boeing-747 jetliner carrying 244 people as it descended into Anchorage. The plane quickly lost power to all four engines. After a steep and terrifying descent to within 1,200 metres of the ground, the pilots were able to restart the engines and land safely at Anchorage airport.

This event led to an aggressive effort to scale-up the monitoring of Alaska’s historically active and potentially active volcanoes by increasing the number of ground-based instruments and the use of satellite resources. Thus, the number of seismic instruments increased from 4 in 1995 to 29 in early 2013, a remarkable feat, given the great length of the volcanic chain that stretches from Cook Inlet to the Aleutian Islands over more than 2,500 km.

The use of satellite resources was intensified as well in order to (1) detect signs of unrest; (2) identify and track ash clouds from an erupting volcano and (3) advance computer models used to forecast the path of ash.

During the 1989-90 Redoubt eruption, AVO implemented an innovative 4-level colour scheme (Green, Yellow, Orange, Red) for communicating the immediate status or hazard level of the volcano in a simple, consistent manner. This colour scheme was eventually endorsed by the International Civil Aviation Organization for use by volcano observatories worldwide.

The standardized alert system enabled the creation of the Volcano Notification Service (VNS) that sends emails to subscribers about volcanic activity at monitored U.S. volcanoes. To subscribe, visit volcanoes.usgs.gov/vns/. There are now nearly 4,500 subscribers since it was launched for the public in 2012. I am one of them!

This year, AVO launched a new Web tool called “Is Ash Falling?”to help improve the collection of ashfall information in near real-time. The service allows people to report on the timing and location of ashfall and the thickness of the deposit. These firsthand accounts of ashfall information help scientists better identify the path of developing ash clouds, quantify ash deposition, and improve warning messages about ash. They come as a complement to satellite imagery and computer models used to forecast when and where ash will go and what areas it will affect.

Iliamna-blog-2

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L’Iliamna, le Redoubt et l’Augustine figurent parmi les principaux volcans surveillés par l’AVO.

(Photos:  C.  Grandpey)