Des difficultés à venir pour les stations de ski // A dark future for winter sport resorts

drapeau-francaisSelon une nouvelle étude scientifique de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), il va neiger de moins en moins à cause du réchauffement climatique. Le phénomène aura des conséquences sur l’environnement et les stations de ski.

Les chercheurs de l’Institut expliquent que si aucun effort n’est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, on peut s’attendre à avoir à peu près 70% d’enneigement en moins à la fin du siècle. Cela signifierait que la saison de ski sur neige naturelle commencerait beaucoup plus tard et finirait beaucoup plus tôt, avec un recours plus grand à la neige artificielle. Un quart des stations de ski se trouvent en dessous de 1200 mètres d’altitude. Elles n’auraient sans doute plus d’enneigement permanent pendant l’hiver.

Le manque de neige dans les prochaines années aura non seulement un impact sur le tourisme hivernal, mais aussi des conséquences sur l’écologie. Il y aura des répercussions au niveau du lit des rivières et donc sur l’irrigation et la production électrique. En début de saison, la neige pourrait être remplacée par de la pluie.

L’étude du WSL indique que l’on observe actuellement un réchauffement global de 1°C, mais il y a une amplification dans les régions alpines où le réchauffement est de 1,8°C. Un réchauffement global de deux degrés serait équivalent à quatre degrés dans les Alpes. Ces deux degrés étaient déjà les objectifs discutés à la COP 15 de Copenhague en 2009. Reste à savoir s’il y a une volonté politique de les atteindre….

Les faits sont là : Dans les stations autour de 900 à 1300 mètres d’altitude, les fermetures anticipées se multiplient cet hiver. Ainsi, à la station familiale de Saint-Hilaire-du-Touvet, en Chartreuse, la totalité des pistes ont dû être fermées le 23 février. La station avait ouvert le 15 janvier et subsistait grâce aux enneigeurs et un important travail de la neige. Le problème, c’est que les températures sont trop douces pour permettre aux canons à neige de fonctionner.

Depuis plusieurs années, la tendance est au manque de neige en dessous de 2000 mètres d’altitude pour tous les massifs des Alpes du Nord, y compris en Suisse et en Italie. Selon Météo France, depuis 60 ans, les observations tendent à démontrer que le phénomène s’accroît et va de pair avec le réchauffement climatique. Certes, il peut y avoir des exceptions avec un hiver neigeux ici et là. Néanmoins, toutes les projections climatiques prédisent dès 2050 une baisse généralisée de l’enneigement, en particulier en moyenne montagne en dessous de 2000 mètres d’altitude, et ce, quel que soit le scénario d’évolution du climat envisagé.
Un prévisionniste de Météo France indique que les projections climatiques vont jusqu’en 2100 et, quelle que soit l’action que l’on prend aujourd’hui, les jeux sont faits pour les 33 années à venir. Les engagements que l’on prend aujourd’hui auront des effets pour après 2050. Si on agit aujourd’hui, on peut limiter la casse pour la fin du siècle.

Source : France Info.

—————————————–

drapeau-anglaisAccording to a new scientific study by the Federal Institute for Research on Forest, Snow and Landscape (WSL), it will snow less and less because of global warming. The phenomenon will have consequences on the environment and the ski resorts.
The Institute’s researchers say that if no effort is made to reduce greenhouse gas emissions, we can expect to have about 70% less snow by the end of the century. This would mean that the ski season on natural snow would start much later and end up much earlier, with greater use of artificial snow. A quarter of the ski resorts are below 1,200 meters a.s.l. They would no longer have permanent natural snow during the winter.
The lack of snow in the coming years will not only have an impact on winter tourism, but also consequences on the environment. There will be repercussions on the beds of the rivers and thus on irrigation and electricity production. At the beginning of the season, the snow could be replaced by rain.
The WSL study indicates that global warming is currently observed at 1°C, but there is an increase in alpine regions where warming is 1.8°C. A global warming of two degrees would be equivalent to four degrees in the Alps. The two-degree increase was already the objective discussed at COP 15 of Copenhagen in 2009. It remains to be seen whether there is a political will to achieve it ….
The facts are there: In the ski resorts around 900 to 1300 meters a.s.l., the anticipated closings of ski resorts are more and more numerous this winter. For instance, at Saint-Hilaire-du-Touvet, in Chartreuse, all the ski runs had to be closed on 23 February. The resort opened on 15 January and survived thanks to the artificial snow and heavy snow work. The problem is that the temperatures are too high to allow the snow guns to work properly.
For several years now, there has been a tendency to a lack of snow below 2,000 meters a.s.l. for all the massifs of the Northern Alps, including Switzerland and Italy. According to Météo France, for 60 years, observations have shown that the phenomenon is increasing and goes hand in hand with global warming. Certainly, there may be exceptions with a snowy winter from tim to time. Nevertheless, all climate projections predict a widespread decrease in snow cover, especially in the mountains below 2,000 meters in 2050, whatever the climate change scenario.
A weather forecaster from Météo France says that climate projections go until 2100 and, whatever action we take today, no change will be observed during the next 33 years. The commitments made today will have effects after 2050. If we act today, we can limit the disaster by the end of the century.
Source: France Info.

Canons

Les canons à neige – comme ici au Mont Dore à 1500 mètres d’altitude – ne suffiront bientôt plus pour fournir la neige aux skieurs.

Le réchauffement climatique et ses effets sur les écosystèmes arctiques // Global warming and its effects on Arctic ecosystems

drapeau-francaisAvec le changement climatique, les eaux océaniques au large de l’Alaska se réchauffent, ce qui induit de profonds changements dans les écosystèmes marins. Les scientifiques réunis à Anchorage à la fin du mois de janvier à l’occasion du Symposium des Sciences de la Mer ont fait le point sur les nouvelles recherches effectuées autour de ces changements et de ceux qui pourraient intervenir dans les écosystèmes marins au cours des prochaines années.
Une première conclusion est que le réchauffement de l’Arctique est une mauvaise nouvelle pour la morue arctique. Le poisson est considéré comme une espèce clé de l’écosystème arctique et de son réseau alimentaire, tant pour les animaux que pour les humains. Les dernières études présentées au Symposium montrent à quel point la hausse de la température de l’eau nuit aux œufs et aux larves de la morue arctique et favorise l’arrivée de poissons moins gras en provenance de latitudes inférieures comme la morue du Pacifique et la goberge qui ont tendance à migrer vers le nord. Les scientifiques de la NOAA se sont penchés sur les œufs et les larves, étapes de vie généralement plus sensibles au réchauffement climatique. Ils ont exposé plusieurs lots d’oeufs de chaque espèce à des températures différentes, y compris celles attendues dans des scénarios climatiques futurs. Il semble que la morue arctique ait une faculté d’adaptation unique à l’eau froide, mais qu’elle soit beaucoup plus sensible aux variations de température que les autres espèces. D’autres recherches ont démontré que la morue juvénile de l’Arctique se développe sous la banquise, ce qui suscite des inquiétudes quant à la vulnérabilité de l’habitat à une époque où la glace de mer diminue en été et à l’automne.

Plus au sud, la Mer de Béring est devenue une zone intéressante pour étudier les conséquences du réchauffement de l’eau. La température de surface en Mer de Béring a atteint 14°C l’été dernier et est restée de 3 degrés supérieure à la normale.

Ces conditions plus chaudes qui entraînent une fonte et un recul plus rapides de la glace de mer ont des conséquences inquiétantes pour les oiseaux. Quarante années d’études des populations d’oiseaux dans le sud-est de la Mer de Béring ont mis en évidence que la diversité de la faune avicole est impactée pendant les années où la glace fond de bonne heure. En général, les espèces dont le nombre est faible en année normale sont encore plus rares les années où la fonte de la glace est précoce. Un exemple est l’albatros à queue courte (aussi appelé albatros de Steller), un oiseau gravement menacé qui a failli disparaître et qui voyage jusqu’en Alaska à partir de sites de reproduction au Japon.

Le réchauffement climatique favorise le développement des espèces envahissantes, et la croissance du trafic maritime, favorisée par la fonte de la glace de mer, peut contribuer à l’introduction d’espèces non indigènes. Compte tenu de cette menace, un projet regroupant plusieurs organismes recense et classe actuellement les espèces envahissantes et leurs risques pour l’écosystème de la Mer de Béring. Jusqu’à présent, les chercheurs ont évalué 26 espèces invasives possibles, dont certaines existent déjà dans la Mer de Béring. Le principal danger pour l’écosystème de la Mer de Béring est le crabe vert européen – carcinus maenas – également appelé crabe enragé. En tout, les chercheurs ont recensé quelque 160 espèces potentiellement envahissantes susceptibles de migrer en Mer de Béring.

Les eaux plus chaudes de l’Arctique favorisent la prolifération d’algues dont certaines émettent des toxines qui se sont avérées dangereuses, voire mortelles, pour les mammifères et les oiseaux. Une étude publiée il y a un an a montré que des toxines algales ont été découvertes pour la première fois dans des mammifères marins des eaux arctiques de l’Alaska. Elles sont probablement responsables de la mort de dizaines de baleines dans le Golfe d’Alaska en 2015 et 2016, et elles ont affecté d’autres mammifères marins, y compris les lions de mer, victimes d’attaques cérébrales en Californie.
Source: Alaska Dispatch News.

————————————

drapeau-anglaisWith global climate change, ocean waters off Alaska are getting warmer, meaning big changes for marine ecosystems. Scientists gathered in Anchorage by the end of January for the Alaska Marine Science Symposium reviewed new research probing those changes and what may be ongoing shifts in the marine ecosystem.

A first conclusion was that Arctic warming was bad news for Arctic cod. The fish is considered a keystone species and crucial to the Arctic ecosystem and its food web. New research presented at the Symposium shows how higher water temperatures harm Arctic cod eggs and larvae and favour lower-latitude, lower-fat fish like Pacific cod and walleye pollock that have been moving north. NOAA scientists focused on eggs and larvae, life stages that are generally more sensitive to global warming. They exposed multiple batches of eggs from each species to different temperatures, including those expected under future climate scenarios. It appears that Arctic cod have unique cold-water adaptations but are much more temperature sensitive to warming than the other species. Other recent research has shown how juvenile Arctic cod thrive under the sea ice, leading to concerns about the habitat’s vulnerability at a time when summer and fall sea ice is diminishing.

Farther south, the Bering Sea has emerged as a hot spot for warming-water studies. Sea-surface temperatures in the Bering reached 14 degrees Celsius last summer and were generally 3 degrees Celsius warmer than normal.

Warmer conditions that bring earlier sea-ice retreat have some worrying implications for birds. Forty years of bird population surveys in the southeastern Bering Sea found that in years when ice melts out early, bird diversity suffers. In general, species with low numbers in normal years are even scarcer in years when ice melted early. One example is the short-tailed albatross, a critically endangered bird that has begun recovering from the brink of extinction and that travels to Alaska waters from breeding sites in Japan.

Warming conditions are potentially more hospitable to invasives, and vessel traffic can be a way of introducing non-native species. With that threat in mind, a multiagency project is underway to assess and rank invasive species and their risks to the Bering Sea ecosystem. So far, researchers have evaluated 26 possible invasive species, including some that are already in the Bering Sea. The one that ranks as the most dangerous to the Bering Sea system is the European green crab – Carcinus maenas. In all, there are about 160 potential invasives that could move into the Bering Sea.

Warmer northern waters are stimulating more algal blooms, some of them emitting toxins that have proved harmful or even deadly to mammals and birds. A study released a year ago showed how algal toxins have been documented for the first time in marine mammals in Alaska’s Arctic waters. Algal toxins are leading suspects in the deaths of dozens of large whales found floating in the Gulf of Alaska in 2015 and 2016, and they have harmed other marine mammals, including California sea lions seen on beaches in the grip of seizures.

Source: Alaska Dispatch News.

gr-07

La fonte de la glace de mer perturbe les écosystèmes arctiques.

(Photo: C. Grandpey)

L’Arctique a toujours chaud // It is still warm in the Arctic

drapeau-francaisAlors que la majeure partie du nord-est des États-Unis et une grande partie de l’Europe étaient confrontés à des conditions de neige ou de glace, l’Arctique connaissait le phénomène contraire: une période de temps exceptionnellement doux et des températures élevées, pour la troisième fois cet hiver.
Un puissant système de basses pressions dans l’Atlantique nord a contribué à transporter l’air chaud vers le Pôle Nord cette semaine, ce qui a fait monter en flèche les températures dans l’Arctique. Selon les données fournies par l’Institut météorologique danois, le jeudi 9 février, les températures dans la zone au-dessus de 80 degrés de latitude nord avaient dépassé de plus de 11 degrés Celsius la température moyenne pour cette période de l’année. C’est la troisième fois que cela se produit cet hiver dans l’Arctique. En effet, les températures avaient déjà grimpé en flèche à deux reprises en novembre et décembre 2016. Des anomalies similaires ont également eu lieu en décembre 2015 et 2014.
Il n’y a plus El Niño pour expliquer ces hautes températures et les scientifiques doivent avoir recours à d’autres explications! Ils pensent qu’un certain nombre d’autres facteurs sont responsables du réchauffement, comme le changement climatique et des interactions entre l’air ambiant et la glace de mer dans l’Arctique, que le réchauffement global de la planète fait fondre un peu plus chaque année. La présence de systèmes basse pression n’est pas inhabituelle; ce qui est rare, c’est leur déplacement vers le nord, phénomène auquel on a assisté ces derniers temps. Un article publié en décembre indiquait que ces épisodes de réchauffement anormaux sont enregistrés depuis les années 1950, mais ils ne se produisaient généralement qu’une ou deux fois par décennie et non deux ou trois fois par an comme aujourd’hui.
Les changements intervenus dans l’étendue de la banquise arctique constituent un problème majeur. En raison du réchauffement planétaire, les températures dans l’Arctique augmentent environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale, et l’une des conséquences est une réduction de la banquise arctique. Ces changements sont plus évidents pendant les mois chauds d’été quand la glace de mer est à son minimum. Dernièrement, les scientifiques ont observé des creux historiques pour les mois d’hiver, époque de l’année où la glace devrait être en expansion.
Source: Alaska Dispatch News.

———————————–

drapeau-anglaisWhile much of the Northeast of the US and much of Europe were confronted with snowy or icy conditions, the Arctic experienced the opposite: a period of unseasonably mild weather and high temperatures, for the third time this winter.

A powerful low-pressure system in the northern Atlantic has helped carry warm air up to the north this week, sending temperatures in the Arctic soaring. Data from the Danish Meteorological Institute suggests that, as of Thursday, temperatures in the area above 80 degrees north latitude were already more than 11 degrees Celsius warmer than the average temperature for this time of year. It’s the third such extreme winter-warming event for the Arctic this season – temperatures skyrocketed on two occasions in November and December as well. Similar incidents also occurred in December of 2015 and 2014.

There is no longer El Niño to account for such high temperatures and scientists have to resort to other explanations! They believe that a number of different factors are feeding into these warming events, including the steady march of climate change and interactions between the air and Arctic sea ice, which global warming is melting a little more each year. The presence of low-pressure systems itself is not unusual; what is uncommon is just how far north some of them have been making it lately. A recent paper published in December indicated that these types of anomalous warming events have been recorded since the 1950s, but they usually only occur once or twice a decade instead of two or three times a year. .

Changes in Arctic sea ice extent are one major issue. As a result of global warming, temperatures in the Arctic are rising at about twice the global average rate, and one of the consequences is a reduction in Arctic sea ice. These changes are most obvious in the warm summer months, when sea ice is at a minimum; but lately, scientists have been observing record lows for the frozen winter months as well, a time of year when the ice is actually expanding.

Source: Alaska Dispatch News.

temp-02

Image très révélatrice du réchauffement de l’Arctique

(Source: Université de l’Etat du Maine)

L’Alaska a toujours chaud // Alaska is still warm

drapeau-francaisHabitués à des hivers particulièrement doux ces dernières années, les habitants de l’Alaska, ont eu l’impression que des conditions hivernales normales étaient revenues au cours du mois de janvier 2017. En fait, si le mois a été plus froid et plus neigeux qu’en janvier 2016, les températures sont restées au-dessus de la normale.

La NOAA indique que la température moyenne de janvier a été de -15°C, soit 1°C de plus que la moyenne pour la période 1925 – 200 et 0,2°C de plus que la moyenne pour la période 1981 – 2010.

Dans la partie septentrionale de l’Alaska, le réchauffement du climat reste beaucoup plus sensible. Ainsi, à Utqiavik (anciennement Barrow), le mois de janvier a été le deuxième mois le plus chaud depuis 1920 et la période novembre-janvier a été la plus chaude de tous les temps avec une température moyenne de -15,3°C, soit 6 degrés de plus que la normale pour cette période.

En parallèle, l’étendue de la glace de mer a été la plus faible jamais observée en 38 années de relevés satellitaires.

A noter que le réchauffement s’est poursuivi en février puisque la température à Utqiavik dépassait d’une dizaine de degrés celles normalement enregistrées dans cette localité à cette époque de l’année. Une température de -3,3°C a même été enregistrée le 2 février 2017.

Sources : NOAA & National Weather Service.

————————————–

drapeau-anglaisAs they have been used to particularly mild winters in recent years, the people of Alaska got the impression that normal winter conditions had returned during January 2017. Actually, if the weather was colder and more snowy than in January 2016, temperatures remained above normal.
NOAA indicates that the average January temperature was -15°C, which is 1°C higher than the average for the period 1925-2002 and 0.2°C above the average for the period 1981-2010.
In the northern part of Alaska, climate warming remains much more obvious. For example, in Utqiavik (formerly Barrow), January was the second warmest month since 1920 and the November-January period was the warmest of all times with an average temperature of -15,3°C, or 6 degrees more than normal for this period.
At the same time, the sea ice extent was the lowest observed in 38 years of satellite records.
It should be noted that the warming continued in February as the temperatures in Utqiavik were more than ten degrees higher than those normally recorded in this munucipality at this time of the year. A temperature of -3.3°C was even recorded on 2 February 2017.
Sources: NOAA & National Weather Service.

gr-07

La glace de mer continue à souffrir du réchauffement climatique

(Photo: C. Grandpey)