Douceur en novembre : agréable, oui mais…

Il est très agréable de pouvoir se promener en t-shirt et de déjeuner à la terrasse d’un restaurant limousin un 5 novembre. Je suis le premier à le reconnaître. J’ai connu un de ces moments agréables aux Sables d’Olonne où j’étais venu admirer les bateaux des 40 concurrents du Vendée Globe dont le départ sera donné le 10 novembre.

Un peu plus normal que dans le Limousin, les effets du réchauffement climatique se font ressentir à Nice (Alpes-Maritimes) où le thermomètre a avoisiné les 20°C le mardi 5 novembre, battant un record de chaleur.

Tempérant la joie des promeneurs sur la Promenade des Anglais, Météo-France prévient que Nice et la Côte d’Azur font partie des zones françaises qui seraient le plus touchées par le réchauffement climatique, avec 3 à 5 degrés de plus en moyenne d’ici 2100 et de très fortes pluies. « C’est typiquement l’endroit en France métropolitaine qui va être concerné par des épisodes méditerranéens plus intenses. »

Source: France Info.

Ces prévisions pessimistes confirment les propos du Premier Ministre le 25 octobre 2024, et auxquels la presse n’a pas, selon moi,  accordé suffisamment d’attention et d’importance.

Monsieur Barnier a déclaré que « la France doit anticiper une vie avec +2,7°C en 2050. Le précédent plan d’adaptation (2018-2022) prévoyait un réchauffement de 1,5°C à +2°C d’ici 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle. Toutefois, au vu de l’accélération de la hausse des températures, les prévisions ont dû être corrigées. La France hexagonale se prépare désormais, d’ici à la fin du siècle, à un réchauffement de +4°C, à côté de +3°C en moyenne à l’échelle mondiale. Le calendrier de hausse de la température prévoit +2°C en 2030, et +2,7°C en 2050. Selon cette trajectoire de réchauffement climatique, les glaciers alpins situés en France auront disparu d’ici 2100. Le risque de sécheresse sera multiplié par trois à l’horizon 2030 par rapport aux années 1960, et multiplié par 4 d’ici 2100. »

La chaleur agréable de ce début novembre, tout en étant préoccupante d’un point de vue climatique, ne présente pas d’inquiétude en France pour les prochains mois car les abondantes précipitations au cours du printemps et de l’automne ont permis de recharger les nappes phréatiques et les réserves d’eau. Toutefois il ne faudrait pas que nous traversions un hiver et un printemps secs, car le problème de l’eau ne manquerait pas de se poser à nouveau. Cette crainte d’une pénurie fait partie des conséquences les plus alarmantes du réchauffement climatique.

La hausse des tempéraures continue de manière inexorable sur l’ensemble de la planète.

Automne 2023, le plus chaud en France !

Météo- France indique ce 30 novembre 2023 que l’automne météorologique (septembre-octobre-novembre) 2023 est « le plus chaud » enregistré en France depuis 1900. Toujours en France, l’année 2023 devrait se classer au deuxième rang des années les plus chaudes avec une température moyenne de 14,2 °C. A l’échelle de la planète, il se pourrait que 2023 soit l’année la plus chaude jamais enregistrée. Pour avoir confirmation, il faudra attendre la mi-janvier 2024.

Ce record de chaleur automnal n’est pas vraiment une surprise quand on sait que le mois de septembre a été le plus chaud de l’histoire, le mois d’octobre au 2ème rang et un mois de novembre encore trop doux, même si la fraîcheur des derniers jours peut faire illusion. Toutefois, quatre départements alpins ont été placés en vigilance Orange à la pluie et aux inondations, avec les pluies abondantes et la fonte partielle de la neige présente sur le relief.

2023 reste donc dans la continuité de 2022, année la plus chaude que la France ait connue depuis le début du 20ème siècle. L’anomalie thermique en France sur l’ensemble de l’année devrait se situer autour de + 1,3 °C  par rapport aux normales 1991-2020.

On peut s’attendre à des températures encore hautes pour la saison au cours des prochains mois. En effet, la planète est sous l’effet du phénomène El Niño dans le Pacifique oriental, dont les effets, selon les climatologues, devraient se faire sentir au moins jusqu’au mois d’avril 2024.

Cette année, les arbres tardent à perdre leurs feuilles; les grues sont en retard. Pas de doute, le climat est bien en train de changer… (Photos: C. Grandpey)

Réchauffement climatique : vers une hausse de 4°C des températures d’ici 2100 ?

S’agissant du réchauffement climatique, il y a le langage officiel et celui, plus discret, que l’on entend à l’occasion d’interviews dans les médias. Alors que la politique gouvernementale s’attache à respecter une hausse des températures de 1,5°C – 2°C telle qu’elle a été souhaitée par l’accord de Paris en 2015, Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique estime que la stratégie d’adaptation de la France doit aussi prendre en compte un scénario « pessimiste » à +4°C.

On le sait depuis longtemps : l’objectif de 1,5°C de la COP 21 est désormais hors de portée. Le ministre va beaucoup plus loin et juge qu’il faut anticiper en « modélisant » une trajectoire à +4°C de réchauffement d’ici à 2100. Selon lui – il rejoint en cela la position du GIEC – il faut prendre en compte deux scénarios. L’un retient une hausse des températures de 2°C en 2100 par rapport aux niveaux préindustriels, l’autre une hausse de 4°C.

Alors que les politiques menées actuellement à l’échelle de la planète nous conduisent vers un réchauffement global de +2,8°C, selon l’ONU, la situation risque d’être bien pire pour la France. Des scientifiques de Météo France et du CNRS ont fait savoir, en octobre, que le réchauffement climatique pourrait conduire à une hausse de la température moyenne dans l’Hexagone de 3,8°C en 2100. On se trouve donc avec une hausse de presque 50% par rapport aux estimations précédentes. Cela confirme, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, l’accélération fulgurante du réchauffement climatique actuellement.

L’article paru sur le site de la radio France Info conclut en nous rappelant à demi-mots ce que l’on savait déjà : la COP 27 qui s’est réunie fin 2022 en Egypte n’a servi à rien car aucun nouveau moyen n’a été mentionné pour renforcer la tenue de l’engagement de la COP 21 à maintenir la hausse des températures à 15°C – 2°C.

Source : France Info.

Une hausse de 4°C serait catastrophique pour les glaciers

(Photo: C. Grandpey)

Comme la plume au vent… une « plume de chaleur »…!

« Inédite », « exceptionnelle », tels sont les qualificatifs utilisés par Météo France pour parler de la vague de chaleur qui touche la France en cette fin de mois d’octobre. Malheureusement, on le voit avec les événements extrêmes à répétition, le « jamais vu » ou l' »exceptionnel » ont tendance à se répéter!

Actuellement, sur l’ensemble du territoire français, les températures dépassent largement les normales de saison, avec des pointes supérieures à 30°C relevées localement dans le Sud. C’est bien sûr une conséquence directe du réchauffement climatique, une expression beaucoup plus parlante que « changement » ou « dérèglement » régulièrement utilisées par les médias français.

Météo France confirme que l’on a bien affaire à une vague de chaleur car les températures nettement supérieures (souvent de 4 ou 5 degrés, voire plus) à la normale se sont installées durablement et concernent une large zone géographique.

Comme d’habitude, Météo France rechigne à inclure d’emblée la vague de chaleur actuelle dans le cadre plus global du réchauffement climatique. On nous parle d’une « poussée d’air chaud nord-africain », et même d’une « plume de chaleur » (!) qui serait à l’origine des canicules de l’été 2022. [NDLR :Je sens qu’on ne va pas tarder à nous parler de « duvet » pour faire référence au peu de neige qui va bientôt recouvrir nos montagnes!]

Météo France constate que des périodes de chaleur ont déjà été observées à l’automne, en septembre et en octobre, mais elles étaient généralement plus courtes et pas aussi tardives. En 2022, les prévisions la font s’étendre jusqu’à la fin du mois. Après, on ne sait pas.

Avec la vague de chaleur que nous connaissons, tout porte à croire qu’octobre 2022 sera le plus chaud jamais enregistré depuis le début des relevés en France. Une climatologue de Météo France reconnaît que « c’est un signal de l’emballement du changement climatique. » [NDLR: toujours pas de « réchauffement »!!]

Les données ne livreront une réponse définitive qu’en janvier 2023, mais l’année 2022 est bien partie pour figurer, une fois de plus, parmi les années les plus chaudes en France et ailleurs dans le monde. A moins que les mois de novembre et décembre ne soient particulièrement froids, mais les instituts météorologiques qui osent faire des prévisions à long terme ne vont pas dans ce sens. Toujours est-il qu’au vu des températures enregistrées entre le 1er janvier et le 24 octobre, l’année 2022 est bien, pour le moment, l’année la plus chaude jamais enregistrée dans le pays.

Un climatologue au CNRS explique que la situation soit-disant exceptionnelle de cette année « pourrait être la norme au cours du siècle. » et le réchauffement (enfin!!) climatique actuel, lié aux activités humaines, s’annonce pire que prévu en France. En 2100, la hausse de la température moyenne en France hexagonale risque d’atteindre ou même dépasser 3,8°C, soit un réchauffement potentiellement beaucoup plus important que prévu.

L’article paru sur le site de France Info n’en parle pas, mais les épisodes de sécheresse à répétition vont faire apparaître des problèmes d’alimentation en eau dans certaines régions. Sans parler de la réduction de la couche neigeuse, avec ses conséquences sur les glaciers qui, rappelons le, participent à notre approvisionnement en eau.

Source: Adapté d’un article paru sur le site de la radio France Info.

Photo: C. Grandpey