Eruptions en Indonésie

drapeau francaisDeux volcans indonésiens sont entrés en éruption ce lundi, avec des panaches de cendre susceptibles de perturber le trafic aérien et un risque pour les populations qui doivent se tenir prêtes pour une éventuelle évacuation.
Le Sinabung a de nouveau émis de volumineux panaches de cendre jusqu’à 8 km de hauteur. C’est la plus forte crise éruptive de ces derniers jours. Une alerte aérienne a été émise par le Ministère des Transports qui demande aux pilotes d’éviter la zone autour du Sinabung.
Quelques heures plus tôt, le Mérapi (Ile de Java) a envoyé un panache de cendre à 2 km de hauteur, avec des retombées sur plusieurs localités. 600 familles doivent se préparer à une possible évacuation.

Source: The Jakarta Post.

 

drapeau anglaisTwo volcanoes erupted Monday in Indonesia, prompting warnings for flights and evacuation preparations.
Mount Sinabung produced voluminous ash plumes as high as 8,000 metres, the highest of its eruptions in recent days.The Transportation Ministry has issued a notice Monday for all airlines to avoid routes near the mountain.
Hours earlier, Mount Merapi in Central Java spewed volcanic ash about 2,000 metres into the sky, causing ash to fall in several towns. About 600 families have gathered for a possible evacuation.

Source: The Jakarta Post.

Le sultan, la déesse et le volcan…

La chaîne de télévision Planète +Thalassa diffusait hier soir un documentaire intitulé « Le sultan, la déesse et le Volcan ». Je l’ai beaucoup aimé car je trouve qu’il reflète bien les mentalités de l’île de Java où les habitants de Jogjakarta vivent en permanence sous la menace des forces de la nature. Ils ont encore en mémoire les pertes humaines et les dégâts causés par la catastrophe du tsunami de 2004, et ceux du volcan Merapi dont la dernière éruption d’octobre 2010 a contraint des dizaines de milliers de Javanais à quitter leur foyer. Sur la côte sud de Java, Songkono, à l’instar de tous les pêcheurs, a peur des déchaînements de la mer, même s’il croit en la protection de la déesse Ratu Kidul, depuis qu’un pacte a été scellé entre la déesse de la mer et le Sultan, au 16è siècle…

Cet excellent documentaire de 55 minutes (réalisé en 2011) sera à nouveau diffusé le vendredi 2 août à 11h30 sur Planète + Thalassa.

Episode explosif sur le Merapi (Indonésie) // Explosive episode at Mount Merapi (Indonesia)

drapeau francaisSelon la presse asiatique, le Merapi a connu un épisode éruptif explosif entre 4 heures et 5 heures ce matin (heure locale). Le volcan a émis des panaches de gaz et de cendres jusqu’à 1000 mètres de hauteur, obligeant des centaines de personnes à fuir leurs villages sur ses pentes. L’événement a eu lieu au cours d’une période de fortes pluies de sorte que les nuages ​​cachaient la zone sommitale. Le volcan est d’ailleurs invisible sur les webcams. Le bruit de l’explosion a été entendu à 30 kilomètres, mais aucun autre événement éruptif n’a été observé et le niveau d’alerte du volcan n’a pas été relevé.
La dernière grande éruption du Merapi en 2010 a tué plus de 300 personnes. Elle est décrite en détail dans mon livre « Killer volcanoes » (voir colonne de gauche de ce blog).

 

drapeau anglaisAccording to the Asian press, Mount Merapi went through an explosive eruptive episode between 4 and 5 o’clock this morning (local time). The volcano spewed gas and ash up to 1,000 metres high, forcing hundreds of people to flee their villages along its slopes. The event took place during a period of heavy rain so that the clouds concealed the summit area. By the way, the volcano can’t be seen on the webcams. The sound was heard 30 kilometres away, but no other eruptive event was observed and the volcano’s alert level was not raised.

Mount Merapi’s last major eruption in 2010 killed more than 300 people. It is fully described in my book “Killer volcanoes” (see left-hand column of this blog)..

Les évacués du Merapi (Ile de Java / Indonésie)

Souvenez –vous. En octobre 2010, le volcan Merapi, au coeur de l’île de Java, entrait en éruption et déversait pendant plusieurs semaines des avalanches de cendre à haute température. Au final, le bilan faisait état de 320-350 morts. Plusieurs villages étaient détruits et leurs habitants relogés dans des zones éloignées du volcan et donc censées être plus sures.

Aujourd’hui, un rapport de l’INRI (Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies) rend compte de la situation autour du Merapi plus de deux ans après la catastrophe.

On peut lire que les habitants se sentent plus en sécurité qu’auparavant car ils ont pris conscience du danger que représente le volcan. Les autorités leur ont distribué des radios réglées sur une fréquence qui permet d’obtenir et d’échanger des informations sur la situation volcanique.

Un système d’information à trois niveaux a été mis en place en 2011 grâce auquel les autorités gouvernementales sont en relation avec les responsables locaux qui peuvent ensuite diffuser les informations auprès de la population. Avant l’éruption de 2010, le système d’alerte fonctionnait mal et, par manque de coordination, transmettait souvent des informations contradictoires.

Les infrastructures routières et les ponts conduisant au Merapi ont été renforcés afin de rendre les évacuations plus rapides. Des exercices d’évacuation ont même été organisés dans certaines communautés qui seront ainsi mieux préparées en cas d’urgence.

Une mesure importante et nécessaire a été d’interdire la réimplantation de la population sur les hautes pentes du Merapi, autrement dit les plus exposées aux coulées pyroclastiques. C’est ainsi que 2500 familles ont été relogées sur des sites où le gouvernement a édifié des logements à leur attention. Les autorités indiquent que 668 autres familles seront prochainement relogées elles aussi.

Comme ce fut le cas pendant l’éruption de 2010, des centaines de familles refusent toutefois de partir, en dépit du danger. Elles affirment que la zone où elles habitent n’a pas été affectée par la dernière éruption et pensent donc qu’elles ne sont pas menacées. C’est pourtant en croyant, à tort, que les coulées pyroclastiques suivaient toujours la même trajectoire que des centaines de personnes ont perdu la vie en 2010.

Au début, beaucoup de familles ont quitté à contrecoeur les pentes du volcan. Comme je l’ai indiqué à l’époque dans une note intitulée « Merapi mon amour », il existe un très fort attachement ancestral à la terre chez ces habitants qui sont habitués à cultiver un petit lopin et à élever quelques animaux à la ferme. Ceux qui ont tout perdu pendant l’éruption n’avaient pourtant pas d’autre choix que d’accepter la proposition gouvernementale de les reloger.

Parmi les familles relogées, 81 habitent désormais à Karang Kendal, plusieurs kilomètres plus en aval sur le versant de la montagne. Les maisons sont neuves et les rues sont goudronnées. Malgré tout, ces familles éprouvent de grosses difficultés à s’adapter à ce nouvel environnement, en particulier les personnes les plus âgées qui se sentent perdues dans cet univers dépourvu de champs et de cours de fermes.

De nombreux fermiers qui ont perdu récoltes et bétail en 2010 doivent maintenant trouver du travail. Ils possèdent toujours leur lopin de terre plus en amont sur le volcan mais ne disposent pas de suffisamment d’argent pour le remettre en valeur. De plus, leur faible niveau d’enseignement limite fortement la possibilité de trouver un emploi non agricole.

 

Le Merapi fait bien sûr partie des volcans tueurs dont les éruptions sont décrites dans mon livre « Killer Volcanoes – Eruptions meurtrières des temps modernes » (voir colonne de gauche de ce blog).

Merapi-NASA

Les coulées pyroclastiques du Merapi en 2010  (Avec l’aimable autorisation de la NASA)