Volcans du monde (suite) : l’éruption de l’Erta Ale (Éthiopie) // Volcanoes of the world (continued) : the eruption of Erta Ale (Ethiopia)

Des photos et vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, et la nouvelle est confirmée par les observateurs locaux : un débordement de lave dans la dépression du Danakil sur l’Erta Ale (Éthiopie) a rempli le pit crater sud avant de déborder et d’atteindre les cabanes de camping le 13 janvier 2025, pour la première fois depuis 20 ans. L’éruption effusive se maintient à un niveau élevé.

 

Capture d’écran d’une vidéo sur les réseaux sociaux

L’imagerie satellite a détecté une forte anomalie thermique le 12 janvier 2025. On pouvait voir la lave s’épancher en direction du sud-est tandis qu’une forte activité de spattering dans un grand hornito continuait à projeter des lambeaux de lave qui alimentaient les coulées de lave. Cet événement a transformé le paysage.
Les données thermiques du 28 décembre 2024 montraient déjà une nouvelle coulée de lave en train de se déplacer sur environ 180 mètres au nord-ouest , avant de s’arrêter au pied de la paroi sommitale ouest.
La plupart des coulées de lave précédentes s’étaient refroidies, mais deux bouches continuaient à montrer des anomalies thermiques le 23 décembre.
Source : VolcanoDiscovery, The Watchers.

Voici une séquence d’images satellite permettant de voir l’èvolution de la lave sur l’Erta Ale (Source : Copernicus):

https://watchhttps://watchers.news/wp-content/uploads/2025/01/erta-ale-volcano-ethiopia-dec-18-2024-to-jan-17-2025.webmers.news/wp-content/uploads/2025/01/erta-ale-volcano-ethiopia-dec-18-2024-to-jan-17-2025.webm

—————————————————

Photos could be seen on the social media these days, but the piece of news is confirmed by local observers. A surge of lava at Erta Ale’s Danakil Depression (Ethiopia has filled the southern pit summit and advanced to the camping huts on January 13th, 2025, for the first time in 20 years. The effusive eruption remains at an elevated level.

Satellite imagery detected a strong thermal anomaly on January 12th, 2025, showing lava overflowing in a southeastern direction as vigorous spattering from a large hornito continued to eject molten clots that merged into lava flows. This event transformed the landscape.

Thermal data on December 28th, 2024,already showed a new lava flow moving about 180 meters northwest, and extending over 230 meters before stopping at the western summit wall.

Most of the previous lava flows had cooled but two vents continued to emit thermal anomalies by December 23rd.

Source : VolcanoDiscovery, The Watchers.

Reprise de l’activité sur le Kilauea (Hawaï) // Resumption of activity at Kilauea Volcano (Hawaii)

Le 15 janvier 2025, vers 9 h 15 (heure locale), l’éruption du Kīlauea (Hawaï) dans la caldeira sommitale a repris avec une petite coulée de lave émise par la bouche la plus au nord, après un petit épisode de spattering. Vers 9 h 55, des fontaines de lave ont commencé à jaillir, ce qui a intensifié l’activité des coulées.
Cet événement marque le début du quatrième épisode de l’éruption sommitale en cours. À 9 h 50, l’activité de coulée de lave a augmenté et les fontaines de lave sont apparues vers 9 h 55. Leur hauteur semble atteindre une soixantaine de mètres. Il n’y a aucun signe d’activité au niveau de la bouche sud.
Source : HVO.

 

Image webcam de l’activité le 15 janvier 2025

—————————————————–

Around 9:15 a.m. (local time) on January 15th, 2025, the eruption of Kīlauea (Hawaii) within the summit caldera resumed with a small lava flow exiting the north vent, following low-level continuous lava spattering. Around 9:55 a.m., low-level lava fountaining started with more rigorous lava flow activity.

This event marks the beginning of the fourth episode of the ongoing summit eruption. By 9:50 a.m., lava flow activity increased, and lava fountaining began around 9:55 a.m. The lava fountain appears to be 60 meters high. There are no signs of activity at the south vent.

Source : HVO.

Mercure, elle aussi une planète volcanique // Mercury, another volcanic planet

Après Io, la lune de Jupiter, voici Mercure qui a été survolée par une sonde de la NASA : BepiColombo. BepiColombo a réalisé son sixième et dernier survol de la planète la plus proche du Soleil. La sonde a capturé des images extraordinaires qui révèlent certains des mystères de la planète. La mission conjointe de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA) a effectué son dernier passage au-dessus de Mercure le 8 janvier 2025.

Source: NASA

Lors de ce survol, BepiColombo, lancée le 20 octobre 2018, s’est approchée à environ 295 kilomètres de la face cachée de Mercure, dos au Soleil. Environ sept minutes plus tard, la sonde a survolé le pôle nord de la planète.
Les six survols de Mercure sont un prélude à l’entrée de la sonde en orbite polaire autour de la planète ; c’est le moment où elle débutera sa mission proprement dite. L’insertion orbitale est prévue pour le 21 novembre 2026. Cependant, les six survols déjà effectués ont fourni aux scientifiques des informations inestimables sur la planète. L’image ci-dessous montre une vue de la surface de Mercure au moment où BepiColombo franchissait la ligne de démarcation entre la partie nuit et la partie jour de la planète.

Source : ESA

Cette image de Mercure a permis aux scientifiques d’avoir une vue directe sur les cratères perpétuellement dans l’ombre : Prokofiev, Kandinsky, Tolkien et Gordimer. Malgré la proximité de Mercure avec le soleil, le fond de ces cratères est l’un des endroits les plus froids du système solaire. Ces cratères suscitent un vif intérêt pour les scientifiques car il existe des preuves de la présence de glace d’eau à l’intérieur. Ce sera l’un des principaux domaines d’investigation de BepiColombo lorsque lae vaisseau spatial entrera en orbite autour de Mercure.
Près de la crête de Mercure sur l’image ci-dessous se trouve la Nathair Facula, créée par la plus grande explosion volcanique connue au monde.

Source: ESA

Au centre de cette formation volcanique se trouve une bouche d’environ 40 km de large. Elle a été le site d’au moins trois éruptions majeures qui ont laissé un dépôt volcanique d’environ 300 km de diamètre.
À gauche de la Nathair Facula se trouve le cratère d’impact Fonteyn, qui s’est formé il y a 300 millions d’années, ce qui le rend relativement jeune par rapport à la planète qui est âgée de 4,6 milliards d’années. Le cratère est entouré d’éjectas à la couleur vive, en référence aux débris rocheux projetés par l’impact de l’astéroïde.
Lorsque BepiColombo passera sur l’orbite de Mercure, il étudiera la composition de la lave et des éjectas. Les scientifiques voudraient savoir pourquoi la matière à la surface de la planète s’assombrit avec l’âge.
L’image ci-dessous montre les vastes plaines volcaniques de Mercure, la Borealis Planitia, qui se trouve à gauche de son pôle nord. Cette région relativement lisse a été créée par des éruptions qui ont produit de vastes épanchements de lave il y a environ 3,7 milliards d’années.

Source: ESA

La lave s’est déversée dans des cratères qui avaient déjà été creusés dans la surface de Mercure : Henri et Lismer. Le refroidissement de la lave a provoqué une contraction de la surface de la planète, ce qui explique la présence de « rides » dans ces plaines. Les images de BepiColombo montrent que ces plaines s’étendent sur une grande partie de la surface de Mercure.
Le cratère Mendelssohn est bien visible sur l’image ci-dessus. Son bord extérieur dépasse à peine de la lave qui s’y est déversée il y a des milliards d’années. Le cratère Rustaveli se trouve également à côté de la Borealis Planitia. La surface de la lave solidifiée qui remplit ces deux cratères est ponctuée de cratères d’impact plus petits et plus récents.
En bas à gauche de l’image se trouve le bassin Caloris de Mercure, le plus grand cratère d’impact de la planète, qui mesure plus de 1 500 km de diamètre.
L’une des caractéristiques les plus étranges observée sur les nouvelles images de BepiColombo est une coulée de lave en forme de boomerang au-dessus du bassin Caloris. Cette lave est d’une couleur semblable à celle du bassin Caloris et de la Borealis Planitia plus au nord. Au cours des prochains mois, BepiColombo recueillera des données que les scientifiques utiliseront pour déterminer si cette lave est entrée ou sortie du bassin Caloris.

 Source : Space.com via Yahoo Actualités.

————————————————-

After Io, Jupiter’s moon, here is Mercury which was flown over by another NASA spacecraft : BepiColombo. BepiColombo has made its sixth and final flyby of the planet which is the closest to the sun.

The spacecraft captured some incredible images that reveal some of the planet’smysteries. The joint European Space Agency (ESA) and Japan Aerospace Exploration Agency (JAXA) mission made its latest passage of Mercury on January 8th, 2025.
During the flyby, BepiColombo, which was launched on October 20th, 2018, came to within around 295 kilometers of Mercury’s nightside, facing away from the sun. Around seven minutes later, the spacecraft flew over the planet’s north pole.

The six flybys of Mercury are a prelude to the spacecraft entering a polar orbit of the planet, which is when its actual mission will kick off. Orbital insertion is set to occur on November 21st, 2026. However, the six current flybys of Mercury have given scientists invaluable new information about the planet. The image below shows a view of Mercury’s surface as BepiColombo crossed the dividing line between the planet’s night side and day side.

This view allowed scientists to get a view directly into the perpetually shadowed craters of Mercury. : Prokofiev, Kandinsky, Tolkien and Gordimer. Despite Mercury’s proximity to the sun, the bottom of these craters are some of the coldest places in the solar system. These craters are of intense interest to scientists because there is some evidence that water ice exists within. This will be one of the key areas of investigation for BepiColombo when it enters orbit around Mercury.

Near the crest of Mercury in the image below is the Nathair Facula, created by the largest known volcanic explosion on the world.

At the center of this volcanic fossil is a vent that is around 40 km wide. This has been the location of at least three major eruptions, leaving a volcanic deposit that is around 300 km in diameter.

To the left of the Nathair Facula is the Fonteyn impact crater, which was formed 300 million years ago, making it relatively young in relation to the 4.6-billion-year-old planet. The crater is ringed by bright ejecta, in reference to rocky debris thrown out by the asteroid impact.

During BepiColombo’s time in Mercury’s orbit, it will investigate the composition of lava and ejecta with scientists aiming to discover why material at the planet’s surface darkens with age.

The below image shows Mercury’s vast volcanic plains, the Borealis Planitia, which lies to the left of its north pole. This relatively smooth region was created by widespread lava eruptions around 3.7 billion years ago.

The lava poured into craters that had already been carved into the surface of Mercury, the Henri and Lismer craters. After the lava hardened, the cooling of the planet’s interior caused its surface to contract, which embedded « wrinkles » in these plains. The BepiColombo images reveal that these plains extend across a wide proportion of Mercury’s surface.

Prominent in the above image is the Mendelssohn crater, the outer rim of which barely extends above the lava which poured into it billions of years ago. Also with the Borealis Planitia is the Rustaveli crater. The surface of the solidified lava that fills both of these craters is scarred by smaller and more recent impact craters.

At the bottom left of the image is Mercury’s Caloris basin, the planet’s largest impact crater which is over 1,500 km wide.
One of the oddest features in the new BepiColombo images is a boomerang-shaped lava flow above the Caloris basin. This lava is similar in color to that of the Caloris basin and the Borealis Planitia further to its north. BepiColombo will collect data that scientists will use to determine if this lava moved into or out of the Caloris basin.

Source : Space.com via Yahoo News.

Une nouvelle vie pour Grindavik (Islande) ? // A new life for Grindavik (Iceland) ?

Le port de pêche de Grindavik, dans le sud-ouest de l’Islande, a été évacué lorsqu’une intense sismicité a ouvert d’impressionnantes fissures au cœur même de la ville le 10 novembre 2023.

Le 14 janvier 2024, une nouvelle fissure éruptive a contourné les digues de terre érigées pour protéger la ville et une coulée de lave a atteint et brûlé plusieurs maisons.

Après les évacuations, les habitants de Grindavik sont partis vivre dans d’autres endroits et le gouvernement islandais leur a accordé de l’argent en guise de compensation. On pensait que la ville allait être abandonnée à jamais. Pourtant, il existe aujourd’hui un plan-cadre pour donner une nouvelle vie à Grindavik.

Photos: Iceland Monitor, Iceland Review

Le conseil municipal souhaite préserver les traces de la catastrophe et ainsi unir le passé et l’avenir de la ville. Le nouveau plan-cadre vient d’être présenté et comprend, entre autres, la préservation et l’utilisation des fissures, de la lave et de certaines traces de bâtiments de manière innovante.

Le projet s’appuie sur les idées et suggestions des habitants de Grindvík, mais un appel à idées a également été lancé en octobre 2024. Parmi les bâtiments destinés à être préservés figurent Hópið, Salthúsið et la maison de l’Union sur le Víkurbraut. Le projet prévoit aussi des expositions, des sentiers de randonnée et des panneaux pour mettre en valeur les forces de la nature et leurs effets, ainsi que la préservation d’une fissure au bord du graben qui s’est formé lorsque la sismicité était la plus intense.
Le site Web de Grindavik indique que l’objectif n’est pas seulement de reconstruire la ville, mais aussi de faire de cette ville « un lieu unique dont les habitants et les visiteurs pourront profiter et tirer des leçons pendant les années à venir. »
La ville de Grindavík appelle désormais les habitants de Grindvík à faire des suggestions sur le projet de plan-cadre.
Source : Iceland Monitor.

NDLR : On peut se demander s’il n’est pas trop tôt pour lancer un tel projet de reconstruction à Grindavik. Les éruptions ne semblent pas avoir l’intention de s’arrêter sur la péninsule de Reykjanes. La dixième de la série vient de se terminer et le soulèvement du sol à Svarstengy laisse présager qu’une autre éruption se produira en 2025. Personne ne sait où l’éruption commencera, ni où et comment la lave se déplacera. Il reste aux autorités islandaises à espérer que de nouvelles fissures ne s’ouvrent pas à proximité ou dans la ville.

——————————————————-

The fishing port of Grindavik in southwest Iceland was evacuated when intense seismicity opened impressive fissures within the town on November 10th, 2023.

On January 14th, 2024, a new eruptive fissure bypassed the earth barriers erected to protect the town and a lava flow reached and burnt several houses.

After the evacuations, the residents of Grindavik went to live in other places and the Icelandic government granted them money as a compensation. It looked as if the town would be abandoned for ever. However, today there is a framework plan to give Grindavik a new life.

The town council wants to preserve the traces of the disaster and thereby unite the town’s past and future. A draft of a new framework plan has just been presented and includes, among other things, the preservation and use of cracks, lava, and some traces of buildings in an innovative way.

The draft is based on ideas and suggestions from Grindvík residents, but a call for ideas was made in October. Among the buildings proposed for preservation are Hópið, Salthúsið, and the Union house  at Víkurbraut Road. It is also proposed that exhibitions, walking trails, and signs be installed to make the forces of nature and their effects visible.

The preliminary draft includes ideas for hiking trails around Víkurbraut Road, around the lava that emerged through a crack within the defense walls, and preserving a crack at the edge of the graben that formed.

The town’s website says that the goal is not only to rebuild the town but also to make Grindavík « a unique place that residents and visitors can enjoy and learn from for years to come. »

Grindavík Town is now calling for suggestions from Grindvík residents about the draft framework plan.

Source : Iceland Monitor.

One can wonder whether it is not too early to launch such a reconstruction plan for Grindavik. It seems eruptions are not to stop on the Reykjanes Peninsula. The tenth of the series has just stopped and ground uplift at Svarstengy shows another one is likely in 2025. Nobody knows where the eruption will start and nobody knows where lava will travel. Icelandic authoritis will just need to hope that new fissures do not open close to the town.