Les tests nucléaires nord-coréens peuvent-il déclencher une éruption du Mt Baekdu? // Can North Korean nuclear tests trigger an eruption of Mt Baekdu?

drapeau-francaisLe sujet réapparaît de temps à autre, un peu comme le monstre du Loch Ness, et aucune preuve réelle n’a jamais été donnée de son existence. La question est de savoir s’il peut y avoir un lien entre les séismes d’origine naturelle ou humaine et l’activité volcanique. Il y a quelques mois, les Japonais s’inquiétaient de l’effet possible du séisme de M 9 – qui a secoué le pays le 11 Mars 2011 – sur le Mont Fuji dont la chambre magmatique aurait pu être déstabilisée par l’événement. Au moment où j’écris ces lignes, rien ne montre que le Mont Fuji est sur le point d’entrer en éruption!
Après le dernier essai nucléaire effectué par la Corée du Nord (le 4ème depuis 2006), une équipe de scientifiques sud-coréens a indiqué que les séismes qui accompagnent inévitablement les tests pourraient déclencher une éruption du Mont Baekdu (2.750 m), une montagne de Corée du Nord située à proximité du site où ils ont lieu. Un professeur de sismologie à l’Université de Séoul a déclaré que les mouvements du sol pouvaient induire des changements de contraintes dynamiques. Cela peut entraîner une surpression dans la chambre magmatique et accélérer l’activité volcanique. Ce fut le principal argument utilisé par des scientifiques japonais à propos du Mount Fuji.
Le Mont Baekdu, un stratovolcan actif, est situé à 116 kilomètres du site nord-coréen d’essais nucléaires. Le professeur pense qu’il est suffisamment proche pour être affecté par un événement sismique de magnitude moyenne ou forte. La dernière éruption a eu lieu en 1903.
En 2011, à la demande de la Corée du Nord, à la suite du séisme et du tsunami dévastateurs au Japon, des scientifiques des deux Corées se sont rencontrés pour parler de l’activité du Mont Baekdu. Cependant, les deux parties n’ont pas réussi à tenir de nouvelles réunions ou mettre en place un travail sur le terrain.
Le Mont Baekdu a une signification importante pour les deux Corées. Pyongyang affirme que c’est le lieu de naissance de son ancien dirigeant, Kim Jong-il, le défunt père de l’actuel dirigeant Kim Jong-un. La montagne est également mentionnée dans l’hymne national de la Corée du Sud.
Source: The Korean Herald.

 ————————————–

drapeau anglaisThe topic reappears from time to time, a little like the Loch Ness monster, and no real proof has ever been given of its existence. The question is to know whether there can be a link between natural or man-triggered earthquakes and volcanic activity. A few months ago, the Japanese worried about the possible effect of the M 9 earthquake (March 11th 2011) and the possible reaction of Mount Fuji whose magma chamber might have been destabilised by the event. At the moment I’m writing these lines, there is nothing to show that Mount Fuji is about to erupt!
After the last nuclear test performed by North Korea (the 4th one since 2006), a team of South Korean experts warned that the accompanying earthquakes might trigger a volcanic eruption of Mount Baekdu (2,750 m), a North Korean mountain situated close to the test site. A professor of seismology at Seoul’s University said that strong ground motion can induce large dynamic stress changes. This may cause overpressure in the magma chamber of a volcano, thus accelerating volcanic activity. This was the main argument already used by Japanese scientists about Mount Fuji.
Mount Baekdu, an active stratovolcano, is located 116 kilometres away from the North Korean test site. The professor thinks it is close enough to be potentially affected by a moderate-sized or large seismic event. The last eruption occurred in 1903.
In 2011, experts of the two Koreas held talks on potential volcanic activity on Mount Baekdu at the North’s request, following the devastating earthquake and tsunami in Japan. However, the two sides have since failed to hold further talks or conduct an on-site survey of the mountain.
The mountain holds significance for both South and North Korea. Pyongyang claims it as the birthplace of its former leader, Kim Jong-il, the late father of the current leader Kim Jong-un. It is mentioned in the national anthem of South Korea.
Source : The Korean Herald.

 Baekdu

Caldeira sommitale du Mont Baekdu (Crédit photo: Wikipedia)

Protection contre les projections volcaniques au Japon

drapeau-francaisLa protection des structures d’évacuation et autres bâtiments contre les projections volcaniques est une question importante au Japon, l’une des régions volcaniques les plus actives du monde. Dans ce but, la société Teijin Ltd, basée à Tokyo, a mis au point deux nouveaux matériaux composés de fibres para-aramides Twaron et Technora destinés à protéger des bâtiments tels que les centres d’évacuation contre des projections volcaniques mesurant jusqu’à environ 100 mm de diamètre. Les nouveaux matériaux sont conçus et fabriqués en conformité avec les dernières normes officielles japonaises.
Teijin a développé ses nouveaux matériaux à base de fibres para-aramides Twaron et Technora en consultation avec le Cabinet du 1er Ministre, le Ministère de la Défense et l’Institut de Recherche du Mont Fuji de Yamanashi. Au cours des tests de simulation effectués dans une installation du Ministère de la Défense en septembre 2015, les matériaux ont démontré leur capacité à résister à des projections de la taille du poing, semblables à celles émises par le Mont Ontake au cours de l’éruption de 2014.
La société Teijin indique que la fibre Twaron offre six fois plus de résistance à la traction que l’acier de même poids, ainsi qu’une résistance supérieure à la chaleur et une plus grande élasticité. La fibre Technora possède une plus grande résistance à la traction et une bonne résistance aux chocs, à l’usure et aux produits chimiques.
Le choix du type de fibre para-aramide dépendra du niveau de protection requis pour chaque structure à protéger, en fonction de l’activité volcanique, de l’altitude et des conditions météorologiques locales. Teijin concentrera ses activités de marketing sur les municipalités et les entreprises privées situées dans les zones sujettes à l’activité volcanique, avec des ventes qui devraient atteindre 50 000 m2 fin mars 2017.
Source: Composites World: http://www.compositesworld.com/

———————————–

drapeau anglaisProtecting evacuation facilities and other structures from large airborne volcanic fragments is an important issue in Japan, one of the world’s more active volcanic regions.
Teijin Ltd, a Tokyo company, has developed two new fabrics of Twaron and Technora para-aramid fibers to protect facilities such as evacuation shelters from airborne volcanic fragments measuring as much as about 100 mm in diameter. The new fabrics are designed and produced in accordance with the Japanese Cabinet Office’s new regulations.
Teijin developed its new Twaron and Technora para-aramid-fiber fabrics in consultation with the Cabinet Office, the National Defense Academy and the Yamanashi Mount Fuji Research Institute. In simulation tests held at a National Defense Academy facility in September 2015, the fabrics demonstrated their capacity to withstand fist-sized airborne fragments similar to those produced during the 2014 eruption of Mt. Ontake.
Teijin says Twaron offers six times more tensile strength than steel of the same weight, as well as superior heat resistance and elastic modulus. Technora boasts even greater tensile strength and resistance to impact, fatigue and chemicals.
The choice of which para-aramid fiber to use depends on the envisioned level of protection required for each facility, based on a specific volcano’s activity level, altitude and local weather patterns. Teijin will focus marketing activities on local municipalities and private enterprises in areas prone to volcanic activity, with sales expected to reach 50,000m2 by the fiscal year ending in March 2017.
Source: Composites World: http://www.compositesworld.com/

Twaron

La fibre Twaron offrira une bonne résistance aux matériaux volcaniques.

(Source: Teijin Ltd.)

La tomographie muonique: de la Soufrière (Guadeloupe) au Puy de Dôme (Auvergne) // Muon tomography: from the Soufrière to the Puy de Dôme

drapeau-francaisIl y a quelques jours, j’ai assisté à une conférence intitulée « La tomographie muonique » et donnée à Limoges dans le cadre de Récréasciences par un jeune chercheur en poste au CEA de Saclay.

En mai 2007 et décembre 2010, et plus récemment le 21 novembre 2015, j’ai écrit des articles expliquant que les scientifiques japonais essayaient d’observer l’intérieur des volcans en utilisant une nouvelle technologie basée sur l’utilisation des muons. Lorsque le rayonnement cosmique produit par les explosions de supernovae et autres événements dans l’espace lointain atteint la Terre et entre en collision avec l’atmosphère, cela génère un grand nombre de muons. Ils représentent 70% des rayons cosmiques qui atteignent la surface de la Terre. Comme ils ont une masse très faible, les muons passent à travers tous les objets, mais certaines substances les bloquent plus que d’autres, de la même façon que les os interfèrent avec des particules des rayons X. Pour les volcanologues, la radiographie par les muons, ou tomographie muonique, est un outil relativement nouveau qui pourrait permettre de percer les mystères qui entourent l’activité volcanique.
La tomographie muonique a été utilisée par les Japonais pour visualiser la structure interne de volcans comme l’Asama, l’Iwate ou encore le volcan Satsuma-Iojima dans la préfecture de Kagoshima. Les scientifiques savaient que ce volcan dissimulait un réservoir magmatique, mais la nouvelle technologie a révélé que la quantité de magma était beaucoup plus grande que prévu.

Les scientifiques français ont eux aussi utilisé la tomographie muonique dans le cadre du projet DIAPHANE sur le volcan de la Soufrière à la Guadeloupe. Des équipes du CNRS ont installé un capteur de muons cosmiques sur le flanc du volcan. La technologie a permis de « suspecter la présence d’importantes cavités » à l’intérieur de l’édifice volcanique.

Une autre application de la tomographie muonique  a eu pour cadre le vénérable Puy de Dôme en Auvergne. Le but du projet TOMUVOL était « la connaissance de l’historique du volcan de par sa structure pour prédire le comportement futur – Preuve de la faisabilité de la muographie sur un grand volcan (~ 2 km à la base). »
La tomographie de ces deux volcans est très bien décrite à cette adresse :
http://www.cnrs.fr/mi/IMG/pdf/gibert_instrumlimites_07jan2014.pdf

Voici l’image obtenue pour la Soufrière de La Guadeloupe :

Muons Soufrière

  (Source : CNRS)

La conclusion des équipes scientifiques qui ont mené les observations à la Guadeloupe et en Auvergne est fort intéressante. Il ne fait aucun doute que la tomographie muonique  a de beaux jours devant elle en volcanologie. Cette technologie n’en est qu’à ses débuts et des améliorations devront être apportées pour pouvoir « radiographier des volcans en éruption ».
Son application devra aussi surmonter certains obstacles tel le coût, à une époque où il est demandé aux laboratoires de se serrer la ceinture. D’autre part, dans un domaine comme la volcanologie, elle suppose la présence de deux équipes, l’une spécialisée en physique des particules et l’autre experte en volcanologie.

————————————-

drapeau anglaisA few days ago, I attended a conference entitled « The muon tomography » and given in Limoges by a young researcher at the CEA of Saclay.

In May 2007 and December 2010, most recently on November 21st, 2015, I wrote articles explaining that Japanese scientists had tried to observe the inside of volcanoes using a new technology based on the use of muons. When the cosmic radiation produced by supernova explosions and other events in deep space reaches the Earth and collides with the atmosphere, it generates a large number of muons. They represent 70% of the cosmic rays that reach the surface of the Earth. As they have a very low mass, muons pass through all objects, but some substances block them more than others, in the same way as bone particles interfere with X rays. For volcanologists, radiography by means of muons, or muon tomography, is a relatively new tool that could help unravel the mysteries surrounding volcanic activity.
Muon tomographywas used by the Japanese to visualize the internal structure of volcanoes like Asama, Iwate or Satsuma-Iojima in Kagoshima Prefecture. Scientists knew that this last volcano concealed a magma chamber, but the new technology revealed that the amount of magma was much larger than expected.

French scientists have also used muon tomography  in the DIAPHANE project on the Soufriere volcano in Guadeloupe. CNRS teams have installed a cosmic muon sensor on the flanks of the volcano. The technology has « revealed the presence of large cavities » within the volcanic edifice.

Another application of muon tomography was performed on the venerable Puy de Dome in Auvergne. The goal of the TOMUVOL project was the « knowledge of the history of the volcano through its structure to predict future behaviour – Proof of the feasibility of muography on a large volcano (~ 2 km at the base). »
The tomography of the two volcanoes is well described at:
http://www.cnrs.fr/mi/IMG/pdf/gibert_instrumlimites_07jan2014.pdf

The image for the Soufriere of Guadeloupe can be seen above.

The conclusion of the scientific teams who conducted the observations in Guadeloupe and in Auvergne is very interesting. There is no doubt that muon tomography has a bright future in volcanology. This technology is still in its infancy and improvements are needed in order to « radiograph erupting volcanoes. »
Its application must also overcome obstacles such as the cost, at a time when laboratories are requested to tighten their belts. On the other hand, in a field such as volcanology, it assumes the presence of two teams, one specialized in particle physics and another one expert in volcanology.

Eruption du Sakurajima (Japon)

drapeau-francaisLe Sakurajima a connu un violent épisode éruptif aujourd’hui vers 18h56 (heure locale). Toutefois, l’éruption ne présente pas de danger pour les habitants de Kagoshima. La JMA a élevé le niveau d’alerte volcanique à 3, ce qui signifie que l’approche du volcan est interdite.
Voici une petite vidéo de l’éruption d’aujourd’hui. On remarquera les éclairs qui apparaissent de temps en temps dans le panache de cendre.
https://youtu.be/fuN0IpW8mwU
Source : The Japan Times.

————————————

drapeau anglaisSakurajima volcano went through a violent eruptive episode today at around 6:56 p.m. (local time). However, there was no immediate word of danger to the residents. JMA has upgraded the volcanic alert level to 3, which prohibits people from entering the area.
Here is a short video of the events. One can notice the flashes of lightning in the ash plume.
https://youtu.be/fuN0IpW8mwU
Source : The Japan Times.

Sakurajima-blog

Sakurajima & Kagoshima  (Crédit photo: Wikipedia)