Shinmoe & Aso (Japon / Japan)

Le Mont Shinmoe sur l’île de Kyushu est de nouveau entré en éruption le 1er mars 2018, moins de cinq mois après le précédent événement. La Japan Meteorological Agenczy (JMA) a confirmé qu’une petite éruption s’était produite vers 11 heures, avec des retombées de cendre sur la ville de Takaharu, située à l’est du volcan. On ne signale ni victimes ni dégâts. Le niveau d’alerte volcanique est maintenu à 3, sur une échelle de 5.
Le Mont Shinmoe est entré en éruption en janvier 2011 et en octobre 2017, avec des panaches de cendre jusqu’à environ 2 300 mètres au-dessus du cratère lors de l’éruption d’octobre.
Source: Kyodo News, JMA.

Suite à la diminution de l’activité volcanique (le niveau d’alerte a été abaissé à 1) et à l’installation de mesures de sécurité, les autorités ont de nouveau autorisé l’accès au cratère du Mont Aso le 28 février 2018. Le cratère avait été fermé aux visiteurs en août 2014 suite à une petite éruption. Cependant, l’exploitation du service de télécabine reste suspendue car les réparations n’ont encore été effectuées après l’éruption majeure d’octobre 2016. Une navette est mise à la disposition des touristes qui peuvent aussi emprunter une route à péage.
Source: The Japan Times.

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Mt. Shinmoe on the island of Kyushu erupted again on March 1st, 2018, less than five months after its last eruption. The JMA confirmed a small eruption at about 11 a.m. and ashfall was observed in the town of Takaharu, located east of the mountain. There were no reports of injuries or property damage. The volcanic alert level is kept at 3, on a scale of 5.

Mt Shinmoe erupted in January 2011 and October 2017, spewing ash up to around 2,300 metres above the crater in the October eruption.

Source : Kyodo News, JMA.

Local authorities reopened a crater area of Mount Aso to tourists on February 28th, 2018 for the first time in over three years following diminished volcanic activity and the installation of safety measures. The alert level was lowered to 1, which allows entry to the crater zone. The crater had been closed to visitors in August 2014 after a small-scale eruption. However, operation of the gondola lift remains suspended after its equipment was severely damaged in a large-scale eruption in October 2016. Instead a shuttle-bus service is available, while cars can also reach the entrance through a toll road.

Source: The Japan Times.

Vue du Shinmoedake (Crédit photo: Wikipedia)

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Vue du sommet de l’Aso (Crédit photo: Franck Gueffier)

Vers une exploitation commerciale des « fumeurs noirs » ? // Toward a commercial exploitation of the « black smokers » ?

Le Japon a commencé à exploiter avec succès un gisement de ressources minérales en eaux profondes au large de la côte d’Okinawa. C’est, à ce jour, la plus grande extraction de ce type sur des monts hydrothermaux. Elle soulève des inquiétudes dans le monde scientifique car cette nouvelle ruée vers l’or pourrait affecter les créatures uniques qui vivent sur ces gisements.
Les gisements d’Okinawa, situés à plus de 1 500 mètres sous la surface de la mer, sont dus à la présence de bouches hydrothermales. Ces cheminées, connues sous le nom de «fumeurs noirs», émettent des panaches à haute température riches en zinc, nickel, cuivre et autres éléments rares. Lorsque les panaches entrent en contact avec l’eau de mer froide, les métaux retombent et s’accumulent sur le fond marin.
Depuis  des années, les compagnies d’extraction minière à travers le monde entier sont impatientes d’exploiter ces trésors sous-marins qui détiennent de nombreux éléments essentiels à la fabrication des smartphones et des ordinateurs. Le gisement exploité par le Japon est censé contenir une quantité de zinc équivalente à la consommation annuelle du pays. Il produit également de l’or, du cuivre et du plomb.
Le Japon exploite le gisement au large d’Okinawa depuis un mois. Il s’agit en fait davantage de tester des robots miniers sous-marins plutôt qu’une opération commerciale. Malgré tout, c’est un pas en avant vers une exploitation minière des fonds marins à grande échelle.
Les sources hydrothermales sur les fonds océaniques ont été découvertes dans les années 1970 et fascinent les scientifiques depuis cette époque. Chaque source est unique et peuplée par des créatures différentes qui se nourrissent à partir des fluides hydrothermaux toxiques qui jaillissent dans l’océan.
L’un des problèmes auxquels les scientifiques sont confrontés est que ces systèmes hydrothermaux sont très dynamiques. Ils peuvent apparaître et disparaître au cours des décennies, voire des siècles. On sait que certains systèmes ont été affectés par une éruption volcanique, recouverts de lave, mais sont redevenus actifs au bout d’une dizaine d’années.
Les « fumeurs noirs » recèlent également des substances chimiques toxiques comme le plomb et l’arsenic et on ne sait pas trop ce qui se passerait si une exploitation minière rencontrait des problèmes entraînant leur épanchement dans la mer. Les animaux qui vivent sur les fonds marins ou sur la source hydrothermale seraient-ils blessés? Que se passerait-il si un épanchement de fluides toxiques se produisait dans les eaux proches du rivage, dans une région où vivent les gens?
L’International Seabed Authority (ISA), organisme dépendant des Nations Unies pour la gestion des fonds marins, a accordé plus de 25 contrats à certains pays, parmi lesquels le Japon, pour explorer des gisements. Toutefois, aucune opération minière à des fins commerciales n’a encore lieu. L’ISA veut s’assurer que l’exploitation minière en profondeur se fera en toute sécurité. L’agence s’est engagée à élaborer des réglementations environnementales d’ici 2020, ce qui signifie que les robots sous-marins destinés à l’exploitation des gisements hydrothermaux seront commercialement opérationnels vers 2025. Si un État membre de l’ISA devait exploiter les gisements à des fins commerciales, sans attendre la diffusion des conditions environnementales de l’ISA, il y aurait des répercussions diplomatiques.
Pour le moment, le Japon se contente d’explorer les sources hydrothermales dans ses eaux côtières. Le Ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie envisage l’exploitation commerciale des gisements hydrothermaux au large d’Okinawa vers le milieu de l’année 2020.
Indépendamment de ce que le Japon fait dans ses propres eaux, les sources hydrothermales et les autres gisements minéraux sous-marins en haute mer seront bientôt ouverts à l’exploitation minière. L’enjeu concerne l’un des écosystèmes les plus rares et les plus méconnus de notre planète. À l’échelle mondiale, on pense que les sources hydrothermales dans les profondeurs des océans couvrent environ 30 kilomètres carrés, soit moins d’un pour cent de la superficie du Parc National de Yellowstone. Il ne faudrait pas oublier que les êtres vivant qui peuplent ces sources ont déjà permis de grandes découvertes. Par exemple, l’un de ces petits organismes contient un composé qui pourrait aider à traiter la maladie d’Alzheimer. Il n’est pas impossible que les « fumeurs noirs » hébergent des communautés d’organismes susceptibles de donner naissance au prochain grand médicament.
Source: Presse japonaise, en particulier The Japan Times.

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Japan has successfully tapped into a deposit of mineral resources from a deep-water seabed off the coast of Okinawa, the largest such extraction of its type. It is sparking renewed concerns among scientists about how this new gold rush will affect the unique creatures living off these ore deposits.

The Okinawa deposits, located over 1,500 metres below the sea surface, are formed by hydrothermal vents. These chimneys, known as “black smokers”, on the seafloor spew out hot plumes rife with zinc, nickel, copper, and other rare elements; when the plumes collide against the cold seawater, the metals fall out and accumulate on the seafloor.

Mineral extraction companies all over the world have been gearing up for years to tap into these underwater treasure troves which hold many of the rare elements key to power smartphones and computers. The deposit mined by Japan is believed to contain an amount of zinc equivalent to the country’s annual consumption. The ore also includes gold, copper, and lead.

Japan has been working on the deposit off Okinawa for a month. It is still part of an effort to test underwater mining robots rather than a full-blown commercial operation. Still, it’s a step forward in making large-scale seabed mining a reality.

Hydrothermal vents were discovered in the 1970s and have fascinated scientists ever since. Each vent system is unique, with different creatures inhabiting its slopes and feeding off the toxic hydrothermal fluids spewing out into the ocean.

One of the problems scientists are confronted with is that hydrothermal are very dynamic, turning on and off over the span of decades or even centuries. Some hydrothermal vent systems are known to have been completely wiped out by a volcanic eruption, buried by lava, but began spewing out fluids again after about a decade.

Hydrothermal vents also contain toxic chemicals like lead and arsenic and it is unclear what would happen if mining equipment failed, leading to a spill. Will animals on the seafloor or water column be harmed? What if there is a spill in waters close to the shore, where people live?

The International Seabed Authority (ISA), the United Nations’ independent treaty organization, has granted over 25 contracts to countries, including Japan, to explore for minerals. But no large-scale commercial mining operations are taking place just yet. The ISA is still figuring out how to make sure deep-sea mining is done safely. The agency has committed to develop environmental regulations by 2020, which means that big underwater robots mining hydrothermal vents will be commercially operational around 2025. If any ISA member state were to conduct large-scale commercial seabed mining within its own coastal waters without waiting for the production of the ISA environmental code, that would have diplomatic repercussions.

For now, Japan is mining vents in its own coastal water. The country’s Economy, Trade and Industry Ministry then plans to commercialize mining at the sites off Okinawa around the middle of 2020.

Regardless of what Japan is doing in its own waters, hydrothermal vents and other underwater mineral deposits in the high seas will be opened to mining soon. At stake is one of the most unique ecosystems on our planet. Globally, active vents are estimated to cover about 30 square kilometres, less than one percent of the area of Yellowstone National Park. It should not be forgotten that deep-sea animals have yielded big discoveries before, including one small organism that contains a compound that could help treat Alzheimer’s. Maybe hydrothermal vents host communities of organisms that may yield the next big drug. Source: Presse japonaise, en particulier The Japan Times.

« Fumeur noir » dans l’Atlantique (Source : Wikipedia)

Voyage au centre de la Terre // Journey to the centre of the Earth

Une équipe scientifique japonaise espère être la première à atteindre et explorer avec succès le manteau terrestre. Les chercheurs de l’Agence Japonaise pour la Science et la Technologie Mer-Terre (JAMSTEC) espèrent mieux comprendre comment la Terre s’est formée et quelle est la composition du manteau. Ce dernier représente plus de 80% de la masse de notre planète, à une dizaine de kilomètres sous le plancher océanique. Le gouvernement japonais, qui participe au financement de l’expédition, espère que les recherches pourront permettre de mieux prévoir les séismes.
Trois sites de forage sont actuellement à l’étude, tous dans l’océan Pacifique. L’un d’eux est au large des côtes hawaiiennes, un autre au large du Costa Rica et le dernier au large du Mexique. Pour accéder au manteau, la JAMSTEC veut utiliser le Chikyu, l’un des navires de forage les plus performants actuellement. C’est le plus grand navire de forage, avec une capacité de forage trois fois plus profonde que les navires précédents. Le trépan du Chikyu descendra à 4 kilomètres de profondeur dans les eaux océaniques avant d’atteindre plancher. Il perforera ensuite la croûte terrestre sur 6 kilomètres avant d’atteindre le manteau.
Les scientifiques ont déjà foré et récupéré des échantillons du fond de l’océan, mais seulement en surface. Ils veulent maintenant creuser le plancher océanique jusqu’au manteau proprement dit. Le forage débutera en 2030 au plus tard. Le projet a quatre objectifs principaux. Le premier (en cours) consiste à accéder au manteau de la planète en traversant le plancher océanique. Le deuxième objectif est d’étudier la frontière entre la croûte océanique et le manteau. Le troisième est de savoir comment s’est formée la croûte océanique. L’objectif final est d’examiner à quelle profondeur existe la vie microbienne à l’intérieur de la planète.
Source: CNN.

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A group of Japanese scientists plans to be the first to successfully drill into the Earth’s mantle. Researchers at Japan’s Agency for Marine-Earth Science and Technology (JAMSTEC) say they are hoping to discover more about how our planet was formed and what the mantle is composed of. The mantle makes up more than 80% of the entire Earth’s mass, lying about 10 km beneath the ocean floor. The Japanese government, which is helping fund the expedition, hopes the research could help discover ways to better predict earthquakes.

Three drilling sites are currently under consideration, all of them in the Pacific Ocean. One is off Hawaii, another one is off Costa Rica and the last one is off Mexico. To access the mantle, JAMSTEC wants to use one of the most advanced drilling vessels currently available, the Chikyu. It is the biggest drilling ship today, so the drilling capability is three times deeper than the previous vessels. The Chikyu’s drill will drop down through almost 4 kilometres of ocean before reaching the ocean floor. It will then bore through 6 kilometres of the sea floor, or the planet’s crust, before it reaches the mantle.

The scientists have already drilled and have taken some samples from the ocean floor but only from the top. They now want to dig from the ocean floor to the deep pristine mantle. Drilling will start by 2030 at the latest. The project has four primary objectives, only the first of which is to access the planet’s mantle by drilling through the sea floor. The second aim is to investigate the boundary between the oceanic crust and the mantle. The third one is to know how the oceanic crust formed. The final objective is to further examine how deep microbial life exists inside the planet.

Source: CNN.

Nodules de péridotite, roche magmatique qui constitue la majeure partie du manteau supérieur. (Photo : C. Grandpey)

Le Premier Ministre japonais à Pearl Harbor aujourd’hui // Japanese Prime Minister to visit Pearl Harbor today

drapeau-francaisHawaii est certes un archipel volcanique, mais c’est aussi un Etat américain chargé en Histoire. L’un des points forts se situe le 7 décembre 1941 à 7h53 quand une armada de kamikaze japonais déferla sur la base américaine de Pearl Harbor sur l’Ile d’Oahu, tout près de Honolulu.

40 avions-torpilleurs étaient au coeur de l’attaque. Seize attaquèrent par le nord-ouest tandis que les vingt-quatre autres arrivèrent par le sud. Les marins américains pensaient qu’il s’agissait d’appareils américains. Les Japonais avaient misé sur des attaques simultanées. Le croiseur Raleigh fut touché, tout comme le vieux cuirassé Utah. Au Sud, les cuirassés Oklahoma, West Virginia, California furent endommagés avant l’arrivée des 49 bombardiers de type « Kate ». Divisés en dix groupes espacés de 200 mètres, leurs cibles principales étaient les cuirassés Maryland, Tennessee et Arizona qui sera coulé, victime de huit bombes.

Le bilan de l’attaque de Pearl Harbor est lourd côté américain. L’attaque japonaise a coûté la vie à 2 340 soldats et 50 civils. Les forces américaines ont perdu 166 avions alors que 21 navires présents dans la rade furent détruits ou endommagés. L’attaque a précipité l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale

Aujourd’hui, Pearl Harbor est un lieu de pèlerinage pour de nombreux Américains et étrangers dont je fais partie. Un jour que je séjournais à Honolulu, j’ai acheté une visite organisée de Pearl Harbor par la mer. Le bateau est entré dans la rade tandis que la bataille se déroulait sur un écran géant sur le pont du bateau. C’était très impressionnant. Aujourd’hui, l’Arizona Memorial chevauche la coque du cuirassé coulé.

Ce mardi 27 décembre 2016 est un jour à marquer d’une pierre blanche car Barack Obama reçoit, pour la première fois dans l’histoire le Premier Ministre japonais Shinzo Abe sur le site de Pearl Harbor à l’occasion des 75 ans du bombardement de la base navale américaine. C’est le premier chef de gouvernement japonais à se rendre sur les lieux depuis 1941.

Le Premier Ministre japonais a reçu le Président Obama sur le site d’Hiroshima en mai dernier dans un effort de réconciliation entre les deux nations

D’un point de vue diplomatique, ce déplacement permet d’envoyer un message à l’administration Trump concernant le partenariat entre Washington et Tokyo. Le président élu a envoyé plusieurs signaux contradictoires sur ses intentions diplomatiques en Asie du Sud-Est. Parmi les points de tension, Shinzo Abe est par exemple un fervent défenseur de l’accord trans-Pacifique initié par Barack Obama, mais très critiqué par Donald Trump.

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drapeau-anglaisHawaii is a volcanic archipelago, but it is also an American State with a solid historical background. One of the major events took place on 7 December 1941 at 7:53 am when a Japanese kamikaze armada rushed on the US base at Pearl Harbor on the island of Oahu, near Honolulu.
40 torpedo planes were at the heart of the attack. Sixteen attacked from the northwest while the remaining twenty-four arrived from the south. American sailors thought they were American aircraft. The Japanese had bet on simultaneous attacks. Cruiser Raleigh was hit, as was the old battleship Utah. To the south, the battleships Oklahoma, West Virginia and California were damaged before the arrival of the 49 « Kate » bombers. Divided into ten groups spaced 200 meters apart, their main targets were the battleships Maryland, Tennessee and Arizona which was sunk by eight bombs.
The toll of the Pearl Harbor attack was heavy on the American side. The Japanese attack killed 2,340 soldiers and 50 civilians. US forces lost 166 aircraft while 21 ships in the harbor were destroyed or damaged. The attack precipitated the entry of the United States in the Second World War

Today, Pearl Harbor is a place of pilgrimage for many Americans and foreigners. I was one of them. One day, while staying in Honolulu, I bought an organized tour of Pearl Harbor by the sea. The boat entered the harbor while the battle was unfolding on a giant screen on the deck of the boat. It was very impressive. Today, the Arizona Memorial straddles the hull of the sunk battleship.

This Tuesday, December 27th 2016 is a very special day because Barack Obama welcomes for the first time in history the Japanese Prime Minister Shinzo Abe on the site of Pearl Harbor on the occasion of the 75th anniversary of the bombing of the American naval base. He is the first Japanese head of government to visit the scene since 1941.
The Japanese Prime Minister welcomed President Obama at the Hiroshima site last May in an effort to reconcile the two nations
From a diplomatic point of view, this trip sends a message to the Trump administration concerning the partnership between Washington and Tokyo. The president-elect sent several contradictory signals about his diplomatic intentions in Southeast Asia. Among the points of tension, Shinzo Abe is for example a fervent defender of the trans-Pacific agreement initiated by Barack Obama, but very criticized by Donald Trump.

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L’Arizona Memorial (Photo: C. Grandpey)