En Inde, les glaciers sont désormais des personnes légales // In India, glaciers are now legal persons

La Haute Cour d’Uttarakhand a déclaré vendredi 31 mars 2017 que l’air, les glaciers, les forêts, les sources, les rivières et autres lieux naturels étaient des personnes à part entière d’un point de vue légal et que les blesser ou leur causer du mal entraînerait des poursuites. Sont particulièrement concernés par la décision de la Haute Cour les glaciers de l’Himalaya parmi lesquels figurent le Gangotri et le Yamunotri. Le village de Gangotri est un des lieux de pèlerinage les plus visités en Inde. Il se trouve au pied d’un glacier du même nom, long d’une trentaine de kilomètres, dont les eaux de fonte donnent naissance à l’un des bras du Gange supérieur. Le glacier Yamunotri  donne naissance à la Yamuna, l’un des fleuves les plus sacrés de l’Inde.

L’annonce de la Haute Cour intervient une semaine après qu’elle ait déclaré que le Gange et la Yamuna étaient des « personnes légales ». Elle a expliqué le concept en déclarant qu’une « personne juridique », comme toute autre personne physique, dispose de droits, d’obligations et de responsabilités et est soumise à la loi. Il s’agit en réalité d’une personne artificielle ayant le statut de personne morale. En d’autres termes, elle agit comme une personne physique, mais grâce à une personne désignée. Les droits de ces entités sont équivalents aux droits des êtres humains et le préjudice susceptible de leur être causé doit être considéré comme un préjudice causé aux êtres humains.

Aux yeux des juges de la Haute Cour, les générations antérieures ayant remis la « Mère Terre dans sa gloire immaculée », il existe une obligation morale de remettre la même Terre à la prochaine génération.

Source : Live Law.in.

Les glaciers Gangotri et le Yamonutri connaissent le même sort que leurs homologues de la chaîne himalayenne : ils reculent de manière spectaculaire sous l’effet du réchauffement climatique. Une étude effectuée par une équipe de glaciologues et publiée en 2015 estimait que les glaciers de la région Kush-Himalaya dominée par l’Everest pourraient perdre 70 à 99% de leur volume d’ici l’année 2100, avec des conséquences catastrophiques pour l’agriculture et l’élevage et l’alimentation hydroélectrique.

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The Uttarakhand High Court declared on Friday March 31st 2017 air, glaciers, forests, springs, rivers and other natural places as legal/juristic persons and that injuring them or causing them any harm would result in prosecution. Particularly concerned by the High Court decision are the glaciers of the Himalayas, among which are the Gangotri and the Yamunotri. The village of Gangotri is one of the most visited places by pilgrims in India. It is located at the foot of a glacier of the same name, about thirty kilometres long, whose meltwaters give birth to one of the arms of the upper Ganges. The Yamunotri glacier gives birth toYamuna, one of the most sacred rivers in India.
The High Court’s decision came a week after it declared that the Ganges and the Yamuna were « legal/juristic persons ». It explained the concept by stating that a « legal:juristic person », like any other natural person, is conferred with rights, obligations and responsibilities and is dealt with in accordance to the law.

In the eyes of the High Court judges, past generations having handed over « Mother Earth in its pristine glory », we are morally bound to hand over the same Mother Earth to the next generation.

Source: Live Law.in.

Gangotri and the Yamonutri glaciers have the same fate as the other glaciers of the Himalayas: they retreat dramatically as a result of global warming. A study carried out by a team of glaciologists and published in 2015 estimated that glaciers in the Kush-Himalayan region dominated by Mount Everest could lose 70 to 99% of their volume by the year 2100, with disastrous consequences for the agriculture and livestock and hydroelectric power.

Front du glacier Gangotri, source du Gange supérieur (Crédit photo: Wikipedia)

 

L’Inde et la COP 21 // India and the Paris climate conference

drapeau-francaisBien que ce ne soit pas vraiment une surprise, il semble que l’Inde soit indifférente aux conclusions de la COP 21. En effet, le pays a toujours l’intention de doubler sa production de charbon d’ici 2020 et compte bien s’appuyer sur cette ressource dans les années à venir. L’Inde vise une production de 1,5 milliard de tonnes cette décennie et affirme que le charbon fournit l’énergie la moins chère pour une industrialisation rapide qui fera sortir de la misère des millions de gens.
L’Inde, le troisième plus grand émetteur de carbone au monde, dépend du charbon pour environ les deux tiers de ses besoins en énergie et a promis de l’exploiter encore davantage pour satisfaire son économie dont les besoins en charbon sont énormes, tout en promettant d’accroître la production d’énergie propre.
Les autorités indiennes affirment qu’elles respectent scrupuleusement l’environnement, mais que la dépendance du pays envers le charbon va continuer parce qu’il n’y a pas de solutions de rechange. L’Inde prévoit de produire 30 fois plus d’énergie solaire d’ici 2022, mais l’énergie propre a ses limites et le charbon restera la source d’énergie dominante pendant des décennies.
Selon le ministre indien pour l’électricité, le charbon et l’énergie renouvelable, la contribution de l’Inde aux émissions mondiales de gaz à effet de serre est seulement de 2,5 %, avec 17% de la population mondiale, tandis que les pays développés ont produit un cinquième des émissions avec seulement 5% de la population mondiale.
Même si de nombreux chefs de gouvernements à travers le monde refusent de financer de nouveaux projets charbon et préfèrent favoriser le gaz et les énergies renouvelables, l’Inde ne devrait guère avoir de difficulté à financer des dizaines de nouvelles mines. Par exemple, la société Coal India à elle seule dispose de suffisamment de trésorerie pour générer davantage de production.
Les écologistes craignent que malgré l’engagement de l’Inde à développer l’énergie renouvelable, son utilisation croissante du charbon à un moment où de nombreux pays occidentaux rejettent les combustibles fossiles nuira à la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.
Source: Agence Reuters.

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drapeau-anglaisWithout it being a surprise, it looks as if India is indifferent to the conclusions of the Paris climate conference. Indeed, the country still plans to double its coal output by 2020 and rely on the resource for decades afterwards. It is targeting 1.5 billion tonnes this decade, saying coal provides the cheapest energy for rapid industrialisation that would lift millions out of poverty.
India, the world’s third-largest carbon emitter, depends on coal for about two-thirds of its energy needs and has pledged to mine more of the fuel to power its coal-hungry economy while also promising to increase clean energy generation.
While saying they are extremely careful about the environment, Indian authorities indicate that the country’s dependence on coal will continue because there are no other alternatives available. India has plans to add 30 times more solar-powered generation capacity by 2022, but there are limitations to clean energy and coal will remain the most efficient energy source for decades.
According to the Indian Minister for Power, Coal and Renewable Energy, India’s contribution to global greenhouse gases emissions is just 2.5 percent with 17 percent of the world’s population, while developed countries contributed a fifth of emissions with just 5 percent of the world’s population.
Even though many international lenders are refusing to finance new coal projects and favour gas and renewable energy, India should have few difficulties in financing dozens more new mines. For instance, the Coal India company alone has enough internal cash resources to drive more production.
Environmentalists worry that despite India’s commitment to renewable energy, its rising use of coal at a time when many Western nations are rejecting fossil fuel will hamper the world’s fight against climate change.
Source : Reuters press agency.

India_Coal_Production copie

Source: Wikipedia

Découverte d’une ancienne microplaque océanique dans l’Océan Indien // Discovery of an ancient oceanic microplate in the Indian Ocean

drapeau-francaisDes scientifiques australiens de l’Université de Sydney et des chercheurs américains viennent de découvrir une très ancienne microplaque océanique dans l’océan Indien. Cette découverte a permis d’identifier la période au cours de laquelle a eu lieu la collision initiale entre l’Inde et l’Eurasie, événement qui a donné naissance à la chaîne de l’Himalaya.
Les images d’un faisceau radar émises par un satellite dont la mission est de mesurer la variation du niveau de la surface de la mer dans les zones de montagnes et de vallées sous-marines, associées à des ensembles de données géophysiques marines classiques, ont permis aux scientifiques de découvrir la première microplaque dans l’océan Indien. La grande collision entre l’Inde et l’Eurasie a probablement eu lieu il y a 47 millions d’années.
Cette microplaque a été baptisée Mammerickx, en référence au Dr Jacqueline Mammerickx, pionnière célèbre dans le domaine de la cartographie des fonds marins.
La découverte de la microplaque révèle le niveau de contrainte subi par la plaque indienne lorsque sa bordure nord est entrée en collision avec la plaque eurasienne. Il y a environ 50 millions d’années, l’Inde se déplaçait vers le nord à environ 15 cm par an. Peu de temps après avoir heurté l’Eurasie, les contraintes dans la croûte le long de la dorsale médio-océanique entre l’Inde et l’Antarctique se sont intensifiées jusqu’à atteindre un point de rupture. Une partie de la croûte de l’Antarctique, de la taille de la Tasmanie, s’est alors détachée en effectuant une rotation et en donnant naissance à la microplaque. Il est particulièrement important de connaître l’âge de la collision entre les deux plaques tectoniques pour comprendre le lien entre la croissance des chaînes de montagnes et un changement climatique majeur.
Malgré les énormes progrès de la science qui ont permis aux scientifiques de cartographier des planètes lointaines, environ 90% du plancher océanique restent inconnus. Nous connaissons mieux la surface de Pluton que celle de notre propre planète car environ 71% de la surface de la Terre sont recouverts d’eau. Voilà pourquoi la technologie satellitaire, pas très coûteuse, est la clé de la cartographie des plaines abyssales relativement inconnues qui se dissimulent au fond des océans.
Source: Université de Sydney.

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drapeau-anglaisThe first ancient oceanic microplate has been discovered in the Indian Ocean by a team of Australian scientists from the University of Sydney and US researchers. The discovery helped in identifying the timeline in which the initial collision between India and Eurasia has taken place, an event which gave birth to the Himalayas Mountain Chain.
The radar beam images from an orbiting satellite, which measure the change in sea surface level caused by the water being attracted by submarine mountains and valleys, in combination with conventional marine geophysical datasets, have helped scientists in uncovering the first microplate in the Indian Ocean. The large collision between India and Eurasia is estimated to had happened 47 million years ago.
The discovered microplate was named the Mammerickx Microplate, after Dr. Jacqueline Mammerickx, a well known pioneer in the field of seafloor mapping.
The finding indicates how stressed the Indian Plate had become when its northern edge first collided with Eurasian Plate. According to the discovery, India was travelling northwards about 15 cm annually about 50 million years ago. Shortly after it hit Eurasia, crustal stresses along the mid-ocean ridge between India and Antarctica have intensified to a breaking point and a part of Antarctica’s crust , about the size of Tasmania, broke off rotating and forming the microplate.
Knowing the age of the collision is particularly important for understanding the link between the growth of mountain belts and major climate change.
Despite a huge advancement in science which allowed the experts to map distant planets, about 90% of the seafloor of our oceans remains uncharted. We have more detailed maps of Pluto than most of our own planet because about 71 per cent of the Earth’s surface is covered with water. That’s why advances in comparatively low-cost satellite technology are the key to charting the deep, relatively unknown abyssal plains, at the bottom of the oceans.
Source : University of Sydney.

Microplate

Source: Université de Sydney

Une éruption volcanique dans l’Himachal Pradesh (Inde) ? Non! // A volcanic eruption in Himachal Pradesh (India) ? No!

drapeau francaisL’Himachal Pradesh est un état du nord de l’Inde. La région est connue pour sa grande beauté naturelle. Son nom signifie littéralement « Au cœur de l’Himalaya enneigé ». Aujourd’hui, l’Himachal Pradesh fait la une des journaux car il se pourrait qu’une éruption volcanique soit en cours dans le district de Kangra, avec un mouvement de  panique parmi les habitants de la région.
Des flammes et un « écoulement à très haute température » ont été observés sur une colline à 100 mètres du village de Gadiyada, situé à plus de 200 km de Shimla, la capitale. Les géologues ont confirmé qu’il s’agissait d’une «petite activité magmatique ». C’est la première fois qu’une telle activité volcanique est constatée dans l’Etat.
Malgré la menace que pourrait représenter l’activité volcanique, le site est devenu un endroit touristique et des centaines de personnes sont venues des régions environnantes pour voir le phénomène. Afin d’éviter tout accident, l’administration du district a décidé de clôturer l’ensemble de la zone et déployer des gardes de sécurité.
Un secrétaire parlementaire qui a visité mardi le lieu de l’événement a fait état d’ »une très importante hausse de la température du sous-sol dans le secteur ; les gens disent qu’un poteau électrique en acier était devenu rouge sous l’effet de la chaleur il y a quelques jours. » Le secrétaire parlementaire a ajouté qu’un matériau ressemblant à du soufre et de la roche noire était en train d’être émis dans le secteur de la colline.
Un ancien géologue a déclaré que c’est la première fois que l’on observe un tel phénomène éruptif dans l’Himachal Pradesh mais la présence de substance magmatique n’est pas nouvelle dans cet Etat. L’existence de sources chaudes soufrées à Manikaran, Kalath, Tattapni et Vashishth confirme que du magma est présent sous ces sources.

Dans son édition d’aujourd’hui, le Times of India indique qu’aucune activité magmatique n’a eu lieu à Gadyiada. Des géologues ont constaté que la fusion très superficielle de matériaux était due au passage souterrain d’un courant haute tension de 33 kilovolts. C’est d’ailleurs ce qui expliquerait qu’un poteau électrique en acier soit devenu rouge. Aucune crainte donc pour la population du village!

Source : The Times of India.

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drapeau anglaisHimachal Pradesh is a state in northern India. The region is known for its great natural beauty. Litteraly, the name means “in the lap of the snowy Himalayas”. Today, Himachal Pradesh is making the headlines as there are reports of a « volcano-like eruption » in Kangra district, with panic among the people of the area.

Flames and a “hot liquid stream” were seen spewing out of a hill 100 metres from Gadiyada village, located over 200 km from Shimla.
Geologists confirmed the eruption as ‘small magmatic activity’. This is the first time such a volcanic activity has been witnessed in the state.
Unmindful of the threat of more volcanic activity the site has turned into a tourist spot with hundreds of people from surrounding areas heading there to see the phenomenon. To prevent any accident, the district administration has decided to fence off the entire area and deploy security guards.
A parliamentary secretary who visited the place on Tuesday said « underground temperature in the area has increased manifold and people say that a steel electricity pole had become red hot a couple of days back.” He also said a sulphur-like material and black stone was flowing out from the perimeter of the hill.
A former state geologist said occurrence of such a volcanic eruption has been reported for the first time in Himachal Pradesh but the presence of magmatic substance is not new to the state. He said that existence of hot sulphur springs at Manikaran, Kalath, Tattapni and Vashishth confirms that magmatic material is present underneath these springs.

In its issue of June 7th, The Times of India indicates that no magmatic activity took place at Gadyiada. The geologists who were sent to the place concluded that the shallow meltdown of materials was caused by the passing underground of high tension (33KV) current. This would explain why a steel  electric pole had become red. Thus, the population of the village does not need to be anxious.

Source : The Times of India.

Manikaran-blog

Sources chaudes à Manikaran dans l’Himachal Pradesh  (Source:  Wikipedia)