Juillet 2022 : Trop chaud, trop sec ! // July 2022 : Too hot and too dry !

Ce n’est pas vraiment une surprise. Selon les Centres d’information sur l’environnement de la NOAA, juillet 2021 a été le mois le plus chaud de tous les temps à l’échelle de la planète.
Partout dans le monde, la température combinée de la surface des terres et des océans a été de 0,93°C supérieure à la moyenne de 15,8°C du 20ème siècle. C’est le mois de juillet le plus chaud depuis le début des relevés il y a 142 ans. Il dépasse de 0,01 °C le précédent record établi en juillet 2016, qui avait ensuite été égalé en 2019 et 2020.
Dans l’hémisphère nord, la température de surface du sol a été la plus élevée jamais enregistrée en juillet, avec 1,54 °C au-dessus de la moyenne, dépassant le précédent record établi en 2012.
En ce qui concerne les régions du monde, l’Asie a connu son mois de juillet le plus chaud jamais enregistré, battant le précédent record établi en 2010. L’Europe a connu son deuxième mois de juillet le plus chaud, à égalité avec juillet 2010 et derrière juillet 2018. L’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océanie se trouvent toutes dans le top 10 des mois de juillet les plus chauds.
Au vu des données du mois dernier, il est très probable que 2022 se classera parmi les 10 années les plus chaudes au monde.
Source : NOAA.

Juillet 2022 restera dans l’Histoire de la météo comme étant le plus sec jamais enregistré en France, ainsi que l’un des plus chauds.

Selon Météo France, le mois de juillet 2022 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré en France. La moyenne des températures a atteint 23,2 °C, comme en 2018. Seuls les mois de juillet 2006 (24,4 °C) et 1983 avaient été plus chauds (23,4 °C).

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It does not really come as a surprise. According to NOAA’s National Centers for Environmental Information, July 2021 was the world’s hottest month ever recorded.

Around the globe, the combined land and ocean-surface temperature was 0.93°C above the 20th-century average 15.8°C, making it the hottest July since records began 142 years ago. It was 0.01°C higher than the previous record set in July 2016, which was then tied in 2019 and 2020.

In the Northern Hemisphere, the land-surface only temperature was the highest ever recorded for July, at an unprecedented 1.54°C above average, surpassing the previous record set in 2012.

As far as the world’s regions are concerned, Asia had its hottest July on record, besting the previous record set in 2010; Europe had its second-hottest July on record, tying with July 2010 and trailing behind July 2018; and North America, South America, Africa and Oceania all had a top-10 warmest July.

With last month’s data, it remains very likely that 2022 will rank among the world’s 10-warmest years on record.

Source: NOAA.

July 2022 will go down in weather history as the driest ever recorded in France, as well as one of the hottest.
According to Météo France, July 2022 was the third hottest July ever recorded in France. The average temperature reached 23.2°C, like in 2018. Only the months of July 2006 (24.4°C) and 1983 were warmer (23.4°C).

Sale temps pour les glaciers, comme ici le Glacier Blanc (Photo: C. Grandpey)

Une pluie…de records de chaleur !

En France, de nombreux records absolus de chaleur ont été battus, voire pulvérisés, le lundi 18 juillet 2022 dans le Sud-Ouest et sur la façade atlantique. La chaleur se décale vers l’est du pays, qui devrait connaître des températures très élevées ce 19 juillet. D’après Météo France, la vague de chaleur pourrait durer une quinzaine de jours car des vigilances canicule sont susceptibles de persister dans le sud du pays, particulièrement autour de la vallée du Rhône.

Météo-France explique que « des hautes pressions ont favorisé en début de semaine dernière un réchauffement progressif de la masse d’air par effet de compression. Une dépression d’altitude située au large de la péninsule ibérique s’est dirigée vers le golfe de Gascogne, favorisant la remontée d’air particulièrement chaud, et a contribué à l’intensification de la vague de chaleur. »

Il n’en reste pas moins que les valeurs observées le 18 juillet dans l’Ouest après les épisodes récents de juin et juillet 2019, puis juin 2022, ne laissent guère de doute sur le rôle joué par le réchauffement climatique dans la multiplication d’événements aussi intenses. Météo France ne pourra pas se contenter éternellement d’invoquer le contexte météorologique et prendre ces canicules à répétition comme des phénomènes isolés!

Selon la NASA, la température globale en 2022 pour l’ensemble de la planète devrait, une fois de plus, figurer parmi les cinq plus élevées depuis les début des relevés.

Indicateur thermique national du 1er janvier au 18 juillet 2022. Source : Infoclimat, via global-climat

France : toujours plus chaud!

Météo-France indique que le trimestre avril-mai-juin 2022 a été le plus chaud en France depuis 1900 avec une température moyenne de 16,9°C. La moyenne sur trois mois dépasse très légèrement celle d’avril-mai-juin 2003 (16,8°C).

La température moyenne en avril a été de 11,82°C, soit +0,6°C par rapport à 1981-2010 (+0°C par rapport à 1991-2020).

Le mois de mai 2022 a été le plus chaud jamais observé avec une moyenne de 17,76°C, soit +2,7°C par rapport à 1981-2010 (+2,3°C par rapport à 1991-2020 ; +3,6°C par rapport à 1961-1990).

Le mois de juin 2022 a été le 2ème plus chaud avec une température moyenne de 21,16°C, soit +2,7°C par rapport à 1981-2010 (+2,2°C par rapport à 1991-2020). Le mois de juin 2003 reste le plus chaud jamais observé avec 22,5°C.

Le premier semestre 2022 est l’un des plus chauds depuis le début des relevés. La température moyenne sur janvier-juin s’élève à 12,31°C, au 3ème rang des premiers semestres les plus chauds derrière 2007 (12,47°C) et 2020 (12,46°C). L’anomalie est de 1,6°C au-dessus de 1981-2010 et 2,2°C au-dessus de 1961-1990.

Source: Météo-France.

Indicateur thermique national du 1er janvier au 30 juin 2022. (Source : Infoclimat, global-climat)

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Et ça continue…!

Avec +0,482°C au-dessus de la moyenne 1981-2010, le mois de juin 2022 est le 3ème plus chaud des archives ERA5.Par rapport à cette nouvelle période de référence, l’anomalie est de +0,308°C.

D’une manière plus globale, le mois de juin 2022 a été le plus chaud en France depuis le début des relevés avec une anomalie de +2,7°C par rapport à 1981-2010. Le mois de mai avait déjà été le plus chaud des annales en France. Cette hausse des températures se produit alors que des conditions de refroidissement La Niña sont toujours présentes dans le Pacifique. Ce sera donc encore bien pire lorsque El Niño fera son retour.

Source: ERA5.

Carte des anomalies thermiques pour juin 2022 (Source: ERA5)

 

Réchauffement climatique et événements extrêmes // Global warming and extreme events

Une grande partie de la France a été touchée par de violents orages le 5 juin 2022, avec des chutes de grêle qui ont causé de très gros dégâts dans certains départements. C’est chaque fois la même rengaine: du jamais vu! Les climatologue lancent pourtant message d’alerte sur message d’alerte. Avec le réchauffement climatique, de tels événements seront de plus en plus fréquents et de plus en plus violents.

Il est très étonnant de lire sur le site de la radio France Info que [les orages] ne sont pas plus nombreux selon les spécialistes. Selon un prévisionniste de Météo-France, « on n’a pas de motif concret de penser que les orages sont plus nombreux qu’avant, notamment en lien avec le changement climatique. D’autant plus que le recul qu’on a sur ce type de phénomène n’est que d’une vingtaine d’années. […]. Donc c’est difficile de faire un lien entre changement climatique et occurrence d’orages. »,

En admettant qu’ils ne sont pas plus fréquents, force est de constater qu’ils sont de plus en plus souvent très violents avec des chutes de grêle destructrices. Avant les dégâts du week-end dernier, la grêle avait détruit toits et pare-brises à Châteauroux dans la nuit de dimanche 22 à lundi 23 mai 2022.

Les derniers rapports du GIEC ont mis en évidence les conséquences du changement climatique sur les précipitations extrêmes. Pour chaque degré supplémentaire de réchauffement global, ces précipitations s’intensifient de 7%. Après les ravages causés aux cultures et aux structures le week-end dernier, le ministre de l’Agriculture a déclaré qu’il faudrait s’adapter à ces phénomènes extrêmes. Facile à dire, car les solutions préventives sont coûteuses et pas toujours très efficaces. Il est tout de même très étonnant que le ministre n’ait pas ajouté qu’il faudrait enfin s’attaquer aux causes du réchauffement climatique, à savoir les émissions de gaz à effet de serre et leurs sources.

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A large part of France was affected by violent storms on June 5th, 2022, with hail which caused very serious damage in certain departments. It’s the same story each time: never seen before! Climatologists, however, issue warning message after warning message. With global warming, such events will become more frequent and more violent.
It is very surprising to read on the France Info radio site that [thunderstorms] are not more numerous according to specialists. According to a forecaster from Météo-France, « we have no concrete reason to think that storms are more numerous than before, particularly in connection with climate change. Especially since the hindsight we have on this type of phenomenon is only twenty years old. […] So it is difficult to make a link between climate change and the occurrence of storms. »,
Admitting that they are not more frequent, it is clear that they are more and more often very violent with destructive hailstorms. Before the damage last weekend, hail had destroyed roofs and windshields in Châteauroux on the night of Sunday May 22nd to Monday May 23rd, 2022.
The latest IPCC reports have highlighted the consequences of climate change on extreme precipitation. For each additional degree of global warming, this precipitation intensifies by 7%. After the devastation caused to crops and structures last weekend, the Minister of Agriculture said that it would be necessary to adapt to these extreme phenomena. Easy to say, because preventive solutions are expensive and not always very effective. It is very surprising that the minister did not add that we should finally tackle the causes of global warming, namely greenhouse gas emissions and their sources.

Panneaux photovoltaïques totalement détruits par la grêle sur un bâtiment agricole en Creuse (Source: France 3 Nouvelle Aquitaine)